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RSF accuse Dupont-Aignan, l’inversion accusatoire ?

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5 mai 2024

Temps de lecture : 3 minutes
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RSF accuse Dupont-Aignan, l’inversion accusatoire ?

Temps de lecture : 3 minutes

Le 1er avril 2024, le président de Debout la France avait publié sur YouTube une vidéo dans laquelle il accusait la macronie de verrouiller à la fois les institutions et le système médiatique. Son analyse se centrait principalement sur le rôle de Conspiracy Watch, censé officiellement lutter contre les fausses nouvelles. Dans un article publié sur son site le 10 avril 2024, Reporters sans frontières accuse Nicolas-Dupont-Aignan d’avoir déclenché une campagne de cyberharcèlement et de haine contre les “journalistes” (sic) de Conspiracy Watch.

Retour sur les accusations de Dupont-Aignan

Pour le député, ces “fact-check­ers” for­ment un “cab­i­net noir” au ser­vice de la macronie. Pour preuve, il dénonce d’abord les nom­breux fonds publics dont béné­fi­cie l’organisation pilotée par Rudy Reich­stadt, notam­ment les 60 000 euros du fonds Mar­i­anne, affaire révélée par un rap­port du Sénat.

Il rap­pelle égale­ment que Con­spir­a­cy Watch a caché, ce qui est factuelle­ment incon­testable, le fait d’avoir reçu dès 2017 de l’argent des ser­vices du pre­mier min­istre via la DILCRAH (la Délé­ga­tion inter­min­istérielle de la lutte con­tre le racisme et l’antisémitisme et la haine anti LGBT) qui dépend directe­ment de Matignon.

Voir aus­si : Fonds Mar­i­anne : Con­spir­a­cy Watch pris les doigts dans le pot de confiture

Enfin, il fait remar­quer qu’en dépit de faible nom­bre de vues, le site de Reich­stadt, béné­fi­cie, grâce à d’importants relais dans les médias publics (en par­ti­c­uli­er France Info), d’un poids exagéré dans l’espace pub­lic. Le but de ces opéra­tions serait de manip­uler l’opinion en faveur du pou­voir, en décrédi­bil­isant toutes per­son­nal­ités le con­tes­tant, en leur accolant l’étiquette de “com­plo­tiste”. Un pro­fil qui se con­firme à la lec­ture du por­trait de son fon­da­teur Rudy Reich­stadt.

Reporters sans frontières formule des accusations graves contre le chef de Debout la France

Reporters sans fron­tières accuse Nico­las Dupont-Aig­nan d’avoir, par cette vidéo, mis physique­ment en dan­ger les mem­bres de Con­spir­a­cy Watch. Ces “jour­nal­istes” subi­raient des atteintes jusque dans leur intimité.

Au-delà du car­ac­tère spé­cieux de l’accusation — en quoi Dupont-Aig­nan devrait il assumer les actions de per­son­nes qui lui sont extérieures et respon­s­ables de leurs agisse­ments ? — l’ONG, cen­sée défendre le plu­ral­isme et la lib­erté d’expression, ne répond pas sur le fond.

Reporters sans fron­tières se con­tente de citer un arti­cle de Libéra­tion daté du 15 juin 2023 dans lequel le quo­ti­di­en de la gauche libérale lib­er­taire jus­ti­fie de manière alam­biquée les raisons l’ayant poussé à révéler les béné­fi­ci­aires du fond Mar­i­anne tout en dédoua­nant Con­spir­a­cy Watch car celui-ci aurait été d’une trans­parence absolue…

Voir aus­si : Rudy Reich­stadt, portrait

Nicolas Dupont-Aignan répond à “Rapporteurs sans frontières”

Nous nous sommes entretenus par télé­phone avec Nico­las Dupont-Aig­nan. Selon lui, Con­spir­a­cy Watch comme Reporters sans fron­tières pra­tiquent l’inversion accusatoire. “C’est le monde à l’envers” nous explique-t-il. Pour le député, ces organ­i­sa­tions pra­tiquent pré­cisé­ment ce qu’elles dénon­cent et d’abord le cyber­har­cèle­ment, sans scrupules et tra­vail­lant en bande. Il martèle que son accu­sa­tion porte sur deux points pré­cis. D’une part la per­cep­tion indue d’importantes sommes publiques. D’autre part, le dévoiement de caus­es nobles : la lutte con­tre les fauss­es nou­velles, et la lutte con­tre le séparatisme et l’antisémitisme.

Accusé par Con­spir­a­cy Watch et Reporter Sans Fron­tières de con­tribuer à dévelop­per l’antisémitisme en attaquant Rudy Reich­stadt, Nico­las Dupont-Aig­nan répond fer­me­ment : “C’est révoltant, c’est abom­inable !”. Il est vrai que RSF est devenu Rap­por­teurs sans fron­tières, comme le démon­tre notre dossier numérique con­sacré à cette police du jour­nal­isme et réservé à nos abon­nés.

Je sou­tiens l’O­JIM et j’ob­tiens mon dossier sur RSF : ojim.fr/faireundon/