RFI refuse un droit de réponse à Jean-Paul Gourévitch

RFI refuse un droit de réponse à Jean-Paul Gourévitch

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Le 12 mars 2014, RFI publiait sur son site un article intitulé « L’immigration sans effet sur les comptes de la Sécurité sociale », signé par Dominique Baillard. « Avec la crise, certains pays européens ont commencé à rogner les prestations dues aux travailleurs étrangers. Ces pays comme le Royaume-Uni considèrent que l’immigration est un fardeau pour la société. Pourtant la réalité statistique n’est pas facile à démontrer », commençait l’article avant de présenter, pour le cas de la France, « les deux principales études consacrées au sujet » ayant « abouti à des résultats opposés ».

La première de ces études est celle de Jean-Paul Gourévitch, écrivain, essayiste et consultant international sur l’Afrique et les migrations, ayant en effet publié en 2012 L’immigration en France, dépenses, recettes, investissements, rentabilité (édition Contribuables associés). Cette étude, écrit Dominique Braillard, « conclut que les immigrés coûtent plus qu’ils ne rapportent à la protection sociale. Entre 2010 et 2012, la facture moyenne s’élève à 17 milliards d’euros. Ce n’est pas rien, c’est l’équivalent du déficit de la sécurité sociale pour l’année 2011. L’étude est largement médiatisée par le Front national. Sauf que le résultat est très vite remis en cause par une autre étude réalisée par des économistes (Xavier Chojnicki et Lionel Ragot) cette fois basée sur l’année 2005 ».

A la lecture de l’article, Jean-Claude Gourévitch a envoyé un droit de réponse à RFI pour rectifier plusieurs propos inexacts de la journaliste, et corriger ce qu’il considère être une malveillance.

Première inexactitude : l’étude de Chojnicki et Ragot (L’immigration coûte cher à la France. Qu’en pensent les économistes ?), est paru six mois avant celle de Gourévitch… qu’elle remettrait soi-disant en cause ! La réalité, c’est que c’est l’étude de Gourévitch qui analyse et remet en cause celle de Chojnicki et Ragot, et non l’inverse…

Deuxième inexactitude : la présentation de Dominique Baillard des 17 milliards d’euros que coûtent les immigrés est faussée. Selon Gourévitch, les dépenses de prestations sociales étant en effet, pour la période 2010-2012, de 69,979 milliards d’euros et les recettes fiscales et sociales de 83,370 milliards d’euros, le solde est donc bel et bien positif. « Si en définitive les dépenses d’immigration sont plus importantes que ses recettes (déficit de 8,76 milliards d’euros), c’est en raison de coûts de structure, des coûts sociétaux et des coûts sécuritaires générées par l’immigration régulière et surtout par l’immigration irrégulière que l’étude Chojnicki-Ragot ne prend pas en compte », écrit le consultant, qui dans ses travaux a ajouté « les investissements faits pour les pays d’origine des migrations et pour les dépenses d’éducation, de logement et de politique de la ville à l’égard des immigrés et de leurs enfants dont la rentabilité « est nulle pour l’aide au développement et difficilement mesurable pour les politiques d’intégration », ce qui explique ce chiffre de 17 milliards d’euros ». Pas un mot évidemment de tout cela dans l’article.

Quant à la malveillance, il s’agit bien entendu de l’affirmation selon laquelle l’étude de Gourévitch est « très largement médiatisée par le Front national », le but étant de diaboliser ses travaux en assimilant son auteur au parti d’extrême-droite. Or, le consultant rappelle dans son droit de réponse que Marine Le Pen a mentionné, lors de sa dernière intervention sur les ondes, un déficit de 70 milliards pour l’immigration, chiffre que lui n’a jamais avancé, et que « nombre des propositions qu’il a faites pour réduire les coûts comme « la régularisation des immigrés ayant un travail » ou « l’arrivée de dizaines de milliers de migrants célibataires actifs occupés » sont aux antipodes des positions du Front National »…

Le droit de réponse de Jean-Paul Gourévitch a pourtant été refusé par le médiateur de RFI, Jean-Pierre Constantin. Celui-ci reconnaît, du bout des lèvres, « que l’expression « remettre en question » peut paraître imprécise (sic) dans la mesure où l’étude

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de vos confrères est antérieure à la votre »… Mais selon lui, « le sens est clair lorsqu’on replace l’expression dans son contexte et il n’y a aucune équivoque »…

Mais le plus cocasse est à venir : « dans un souci d’apaisement », le médiateur propose en effet une mise au point publiée sur le site et rédigée de la manière suivante : « Suite à notre rubrique sur le coût de l’immigration pour la sécurité sociale, M. Jean-Paul Gourévitch tient à préciser qu’il n’a rien à voir avec le Front national, et qu’il n’est en rien responsable de la récupération abusive de ses travaux à des fins politiques ». Ainsi, la seule chose qui est demandée à l’écrivain dont les propos ont été tronqués et qui demande réparation, c’est qu’il mette en cause le Front national…

Au-delà de l’information technique, le refus adressé à Jean-Paul Gourévitch est symptomatique d’une crispation des médias mainstream sur ce sujet, à un moment où la doxa concernant l’immigration est de moins en moins audible et crédible, les récentes élections en font foi.

Crédit photo : styeb via Flickr (cc)

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