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Wikipédia, une encyclopédie très médiatique avec un parti-pris libéral libertaire

27 août 2021

Temps de lecture : 4 minutes

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Wikipédia, une encyclopédie très médiatique avec un parti-pris libéral libertaire

27 août 2021

« La relative neutralité de l’encyclopédie en ligne écrite par les internautes doit beaucoup au tout petit noyau de ses contributeurs les plus actifs, dominés par des hommes attirés par le savoir. », assurait encore le journal Le Monde en janvier dernier. Mais ce que ce journal de gauche libérale libertaire considère comme neutre ne l’est pas forcément pour les gens qui ne partagent pas sa vision considérée par beaucoup comme très orientée.

Le fondateur : Wikipédia a été piraté !

Pour l’Américain Lar­ry Sanger, le philosophe et développeur de pro­jets sur Inter­net qui a cofondé Wikipé­dia en 2001 avec l’homme d’affaires Jim­my Wales, la gauche a désor­mais piraté l’encyclopédie en ligne, la pri­vant de sa neu­tral­ité. Résul­tat : on ne peut plus faire con­fi­ance à ses arti­cles, en par­ti­c­uli­er s’ils con­cer­nent la poli­tique ou des débats de société. Dans plusieurs inter­views don­nées à des médias anglo-sax­ons en juil­let, Sanger met­tait en garde con­tre le fonc­tion­nement biaisé de Wikipé­dia et esti­mait que l’encyclopédie en ligne était dev­enue irré­formable. Il citait l’exemple des arti­cles sur Joe Biden et sur son fils Hunter Biden qui sont très avares en infor­ma­tions gênantes pour les deux hommes, avec très peu de références, par exem­ple aux scan­dales et accu­sa­tions con­cer­nant leurs affaires en Ukraine.

Selon Sanger, c’est au cours des 4 ou 5 dernières années que Wikipé­dia est devenu otage de ses con­tribu­teurs bénév­oles et admin­is­tra­teurs adhérant à une vision du monde gau­cho-libérale (« libéral » est ici à com­pren­dre au sens améri­cain de pro­gres­siste et lib­er­taire) et con­sid­érant le point de vue de l’establishment comme étant for­cé­ment une vérité objec­tive, à l’exclusion de toute descrip­tion qui pour­rait con­tredire cette vérité-là.

Le rôle des entreprises et des espions

Dans un entre­tien avec Tuck­er Carl­son sur Fox News, Sanger a égale­ment expliqué que la pos­si­bil­ité d’apporter des con­tri­bu­tions anonymes aux entrées de l’encyclopédie en ligne est une « inci­ta­tion naturelle pour que les gou­verne­ments, les entre­pris­es, les espi­ons et même les organ­i­sa­tions crim­inelles appren­nent à jouer le jeu de Wikipé­dia ». Le site con­ser­va­teur Bre­it­bart, qui relatait le 23 juil­let l’entretien de Tuck­er Carl­son avec Lar­ry Sanger, expo­sait en ces ter­mes l’étendue du prob­lème posé par le par­ti-pris libéral lib­er­taire de Wikipédia :

« Ces dernières années, Google et d’autres grandes entre­pris­es tech­nologiques se sont large­ment appuyés sur Wikipé­dia pour lut­ter con­tre les “fake news” en ligne (…). De nom­breux groupes et per­son­nal­ités con­ser­va­teurs ont fait l’objet de diffama­tions qui ont ensuite été dif­fusées par des plate­formes en ligne util­isant Wikipé­dia dans leurs ser­vices. Carl­son lui-même a été dén­i­gré à plusieurs repris­es sur Wikipé­dia, des rédac­teurs l’accusant de racisme ou de faire l’apologie de la Russie en rai­son de ses cri­tiques à l’égard des affir­ma­tions dis­créditées selon lesquelles M. Trump aurait col­laboré avec ce pays pour tru­quer l’élection de 2016. Cer­tains ont même cher­ché à ratio­nalis­er une attaque d’Antifa con­tre le domi­cile de Carl­son, tout en cen­surant les aspects vio­lents de l’incident.L’influence de Wikipé­dia ne se lim­ite pas à son util­i­sa­tion par les grandes entre­pris­es tech­nologiques, car les médias et les uni­ver­sités s’appuient égale­ment sur le site pour obtenir des infor­ma­tions, par­fois en pla­giant le con­tenu du site. Cela a sou­vent per­mis de dif­fuser des can­u­lars provenant de Wikipé­dia. Out­re les cri­tiques de Sanger, des études et des analy­ses ont égale­ment démon­tré l’existence d’un par­ti pris de gauche sur l’encyclopédie en ligne. Sanger lui-même a été dure­ment attaqué par les édi­teurs de Wikipé­dia pour ses cri­tiques, cer­tains l’ayant qual­i­fié de “théoricien du com­plot” et même d’“antisémite” en réponse à sa dis­cus­sion sur le par­ti-pris de gauche du site. »

Les défenseurs de l’encyclopédie en ligne font toute­fois remar­quer que Lar­ry Sanger avait quit­té l’encyclopédie un an seule­ment après sa créa­tion et qu’il s’est depuis lancé dans des entre­pris­es con­cur­rentes, dont aucune n’a jamais con­nu le suc­cès de Wikipé­dia, tout en mul­ti­pli­ant les cri­tiques à l’égard de son pre­mier bébé. La dernière créa­tion de Sanger, c’est « Ency­clos­phere », qui se veut être un por­tail d’accès à dif­férentes encyclopédies.

Les médias conservateurs ostracisés

Il n’empêche que les médias con­ser­va­teurs sont moins util­isés comme sources des infor­ma­tions don­nées dans les arti­cles de Wikipé­dia que les médias de la gauche libérale lib­er­taire et peu­vent même être refusés comme sources fiables, ce qui va dans le sens des reproches for­mulés par Sanger.

Ain­si, sur la page « Obser­va­toire des sources » de la ver­sion fran­coph­o­ne de Wikipé­dia, un heb­do­madaire comme Valeurs Actuelles est décrit comme suit : « Valeurs actuelles est un mag­a­zine mar­qué poli­tique­ment à droite, voire à l’extrême-droite. Les dis­cus­sions insis­tent quant à la néces­sité de ne l’utiliser qu’en com­plé­ment d’une source sec­ondaire de qual­ité, et de veiller à WP:Proportion. ». « Veiller à WP :Pro­por­tion » sig­ni­fie ici qu’on ne devra utilis­er des sources pris­es dans Valeurs Actuelles qu’en faibles pro­por­tions. Autre exem­ple, celui du site Boule­vard Voltaire : « Boule­vard Voltaire est un site d’opinion d’extrême-droite. Les dis­cus­sions à son sujet indiquent que son con­tenu est par ailleurs générale­ment con­sid­éré comme pou­vant être peu fiable. » Quant au très pop­u­laire site bre­ton Breizh Info, égale­ment mar­qué à droite, selon l’Observatoire des sources de Wikipé­dia, ce site « est un faux site d’infos. A été ajouté en liste noire locale. » Ceci veut dire qu’un rédac­teur ne pour­ra pas met­tre un ren­voi à un arti­cle de Breizh Info pour doc­u­menter ses asser­tions. Dans la ver­sion anglo­phone de Wikipé­dia, ce sont par­fois de grands médias con­ser­va­teurs comme le jour­nal Dai­ly Mail (« Quo­ti­di­en bri­tan­nique de presse people/à scan­dale, cf. Dai­ly Mail. Sa fia­bil­ité est sujette à cau­tion et le jour­nal tend à pub­li­er des arti­cles sen­sa­tion­nal­istes ; la Wikipé­dia anglo­phone a décidé en 2017 d’en dis­suad­er l’usage », selon l’Observatoire des sources fran­coph­o­ne), la chaîne d’information en con­tinu Fox News, le site Epoch Times ou le site Gate­way Pun­dit qui ont ain­si été bannis.

L’Observatoire des sources de la ver­sion fran­coph­o­ne de Wikipé­dia ne men­tionne pas les jour­naux comme L’Express, L’Humanité, Libéra­tion, Le Monde, etc., ce qui veut dire que leur fia­bil­ité n’est pas sujette à dis­cus­sion pour les rédac­teurs de Wikipédia.

Des études vien­nent d’ailleurs con­firmer la valid­ité des cri­tiques exprimées par le cofon­da­teur de l’encyclopédie en ligne. Pour ce qui con­cerne la ver­sion anglaise du site, une étude de 2018 mon­trait par exem­ple que les trois sources les plus fréquentes des arti­cles Wikipé­dia par­mi les médias étaient le New York Times, la BBC et le Guardian, tous dans le giron libéral libertaire.

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