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Pub­lié le 10 octobre 2016 | Éti­quettes : , ,

Vol massif de journaux à Paris

Les limiers de la Brigade de la répression de la délinquance astucieuse (BRDA), l'une des sept divisions de la PJ parisienne, tentent de démanteler un nouveau trafic de journaux dans la capitale. Un travail de fourmi.

Les éditeurs de quotidiens nationaux, Le Monde, Le Figaro, L’Équipe et Le Parisien, ont déposé plainte le 10 novembre 2015 devant la justice. En cause, un trafic de leurs journaux. Déjà victimes par le passé de détournements massifs, démantelés en principe, ils se sont rendus compte en début d'année dernière que les vols continuaient. À la clé, des marques sur certains quotidiens, appliquées de manière aléatoire, qui ont permis de constater les malversations. Le préjudice pourrait cette fois représenter 10% de la vente de quotidiens à Paris, soit environ 40 000 exemplaires par jour. Le trafic générerait ainsi 1,5 million d'euros de recettes par mois selon une source judiciaire. Une manne destinée à alimenter financièrement les différents maillons de la chaîne.

En 2003 puis en 2008, deux grosses affaires avait déjà permis de mettre à jour un énorme trafic de journaux à Paris. Dans la seconde, pas moins de 40 prévenus avaient été convoqués par la justice. Une partie avait été condamnée à de la prise ferme. Malgré ce coup de pied dans la fourmilière, de nouvelles filières, mêlant employés des expéditions des imprimeries, routeurs des messageries, répartiteurs et enfin kiosquiers indélicats, se sont reformées. Les quotidiens, difficiles à contrôler à toutes les étapes de la distribution, sont une proie très tentante pour les malfaiteurs. Arrivée trois jours avant les attentats de Paris, la plainte des quotidiens est passée au second plan. Pour cause de manque d'effectifs disponibles, elle est restée dans les cartons. Aiguillonné par les critiques, notamment sur la lenteur du Parquet, le Procureur de la République de Paris a enfin lancé en mars les inspecteurs de la BRDA sur ce trafic. Leur enquête est loin d'être terminée. En admettant que des interpellations aient lieu d'ici fin 2016, cette nouvelle affaire ne devrait pas être jugée avant fin 2019.

Crédit photo : Raphaël V. via Flickr (cc)

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