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Vandalisme contre l’ISSEP de Marion Maréchal, où sont les médias ?

9 avril 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Vandalisme contre l’ISSEP de Marion Maréchal, où sont les médias ?

La France médiatique trouve souvent à redire quand il s’agit de régimes qu’elle n’apprécie pas, ou encore de démocraties dites illibérales au sujet de la liberté de la presse. Par contre quand on vandalise un Institut d’études supérieures à Lyon il n’y a plus grand-monde.

Les faits

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2019, des agi­ta­teurs d’ultra gauche se revendi­quant des black-blocs ont van­dal­isé un Insti­tut d’Études supérieures recon­nu par l’État, l’ISSEP, dans le quarti­er con­flu­ence de Lyon. Cet acte noc­turne a été revendiqué sur les réseaux soci­aux par un « groupe antifas­ciste » qui y tient libre­ment page sans être inquiété, comme tous les groupes black-blocs de France et de Navarre, près de deux semaines après les faits, et sans qu’une quel­conque Com­mis­sion de lutte con­tre les vio­lences d’ultra gauche ait vu le jour, con­traire­ment à celles d’ultra droite, à l’Assemblée nationale. Ces indi­vidus se sont d’ailleurs filmés en train de per­pétr­er leur atten­tat.

L’ISSEP, ou Insti­tut de Sci­ences Sociales Économiques et Poli­tiques est réputé pour être « l’école de Mar­i­on Maréchal » dans les médias. Ceci explique-t-il la façon dont ils ont traité cet acte de vio­lence mené par un grou­pus­cule d’ultra gauche à l’encontre d’un lieu d’enseignement et de savoir, sur le ter­ri­toire de la République ? Cela ne paraît guère dou­teux. Que l’on en juge : les rares médias qui ont évo­qué les faits se sont con­tentés de repren­dre les ter­mes d’une infor­ma­tion d’abord pub­liée sur le site du Figaro, et ont veil­lé à demeur­er dans le pur factuel, sans con­damn­er l’acte,ce qui est une façon déguisée de ne rien dire. Une réac­tion très éloignée de ce qui aurait eu lieu si un insti­tut d’enseignement, recon­nu offi­cielle­ment par l’État, insis­tons sur ce point, avait été ain­si attaqué par un grou­pus­cule appar­tenant à d’autres courants extrémistes de la vie poli­tique française. Dif­fi­cile de ne pas voir un deux poids deux mesures dans le silence assour­dis­sant de l’immense majorité des chaînes de télévi­sion et sta­tions de radios d’État.

Qui en a parlé et comment ?

Le Figaro, Fran­ce­in­fo, avec un arti­cle qui est exem­plaire de la façon dont un média offi­ciel peut ne pas par­ler du sujet dont… il par­le.

L’AFP en fin de journée de 27 mars, une agence infor­mée par… Le Figaro (le monde de la presse à l’envers), Le Parisien, Libéra­tion, L’express Cnews, quelques médias locaux.

En apparence, cela peut ressem­bler à une bonne cou­ver­ture médi­a­tique. Ce n’est en réal­ité par le cas. La ques­tion n’étant pas seule­ment qui en a par­lé, quoique (où sont Le Monde, France Inter…), mais plutôt com­ment : repren­dre de façon aus­si dis­crète une telle infor­ma­tion, la plu­part du temps en dans une rubrique faits divers, sans inter­peller plus avant sur la grav­ité des faits peut laiss­er pan­tois tout obser­va­teur soucieux de la plu­ral­ité d’opinions comme d’information . Les médias qui se fend­ent d’une brève recopi­ent l’AFP qui… recopie Le Figaro.

Notons que Valeurs Actuelles, TV Lib­ertés et le quo­ti­di­en Présent ont réa­gi à la vio­lence per­pétrée con­tre l’ISSEP en la con­damnant.

Délit d’opinion et délit de voies de fait sont traités différemment

Pour qui douterait que les con­cep­tions poli­tiques ne sont pas traitées de la même façon en France, il est intéres­sant de remar­quer la réac­tion médi­a­tique mas­sive, et gou­verne­men­tale rapi­de quant à l’action menée par Généra­tion iden­ti­taire sur le toit de la CAF de Seine Saint-Denis, départe­ment où la pop­u­la­tion est majori­taire­ment issue de l’immigration et où 14 % des femmes qui accouchent sont excisées. Dans ce cas, le pre­mier min­istre a indiqué qu’il étu­di­ait les pos­si­bil­ités de dis­soudre Généra­tion iden­ti­taire. Notons que cette organ­i­sa­tion n’a mené aucun acte de vio­lence, ni aucune dégra­da­tion, ce qui est du reste la mar­que de fab­rique de ses actions poli­tiques. Il s’agit donc de la mise en œuvre d’un délit d’opinion au sein de la République, le seul fait qui peut leur être reproché, sauf mau­vaise foi, est d’avoir demandé de l’argent pour les Français et non pour les étrangers, ain­si que l’indiquait leur ban­de­role. La majorité des per­son­nes touchant de l’argent de la CAF dans ce départe­ment où la majorité de la pop­u­la­tion est issue de l’immigration, cette reven­di­ca­tion tient de l’opinion, une opin­ion dont l’illégalité demeure à démon­tr­er. Reste que 19 mil­i­tants de Généra­tion iden­ti­taire, délogés par la police, seront jugés pour entrave à la lib­erté du tra­vail, encour­ant des peines de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

En France, en 2019, la lib­erté d’expression a donc un coût. Ce qui n’est pas le cas de la vio­lence poli­tique. Tout dépend du bord poli­tique auquel les uns et les autres sont cen­sés appartenir.

Médias et poli­tiques du poli­tique­ment cor­rects se plaig­nent sou­vent d’être mis dans la même case, voire d’être accusés de col­lu­sion. Que dire dans ce cas ? Non seule­ment la majorité des médias taisent un acte d’une extrême grav­ité, con­tre l’ISSEP, aucun n’appelant par exem­ple à la dis­so­lu­tion de ce genre d’organisation gauchiste para­mil­i­taire et vio­lente, mais le silence règne de même dans la classe poli­tique. Dans le même temps, tout le monde se pré­cip­ite con­tre Généra­tion iden­ti­taire. Qu’un insti­tut d’enseignement supérieur soit attaqué et, dans toute démoc­ra­tie digne de ce nom, un mem­bre du gou­verne­ment ou le pre­mier min­istre serait mon­té au créneau pour défendre la lib­erté d’enseigner et d’apprendre. Ou alors les médias se seraient indignés d’un tel silence.

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