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Vague de démissions à Télématin

12 octobre 2019

Temps de lecture : 3 minutes

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Vague de démissions à Télématin

12 octobre 2019

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Télématin, la matinale de France 2. Fin septembre, nombreux sont les chroniqueurs de Télématin qui n’ont porté que du noir, « pour témoigner notre soutien et notre tristesse envers ceux qui ont été contraints de quitter l’émission », s’épanche une chroniqueuse dans Le Parisien du 6 octobre. Le présentateur Laurent Bignolas, en poste depuis deux saisons, leur a répondu « que ça ne ferait pas une ligne dans le Canard Enchaîné ».

Harcèlement moral

Depuis le 30 sep­tem­bre, onze chroniqueurs his­toriques dont Brigitte-Fan­ny Cohen, Anis­sa Arfaoui, Sarah Dor­aghi, Jean-Philippe Viaud, Marie-Dominique Per­rin etc. ont dis­paru de l’antenne. Isabelle Chalençon a dénon­cé un « har­cèle­ment moral » et expliqué qu’elle avait fait un burn-out.

Jean-Philippe Viaud s’est fendu d’un post lap­idaire sur Face­book au moment de son départ : « Après avoir inter­viewé quelques 2800 artistes pour leurs créa­tions filmées et présen­tées dans 1432 chroniques choisies par­mi près de 5000 œuvres vues ou lues, après avoir signé plus de 630 con­trats pré­caires, le numéro 1433, de la chronique ” Spec­ta­cles ” de Télé­matin sur France2, ne ver­ra plus le jour… Clap de fin. Rideau. Faisant suite à d’inacceptables propo­si­tions, suivi d’une annonce de fin de col­lab­o­ra­tion en quelques mots, je n’ai hélas, d’autre choix que de deman­der répa­ra­tion en sai­sis­sant les insti­tu­tions juridiques com­pé­tentes… »

Et de pour­suiv­re : « Les 31 ans de fidél­ité au ser­vice pub­lic, passées, à sign­er chaque mois, mes con­trats pré­caires d’intermittent du spec­ta­cle, en tant que col­lab­o­ra­teur spé­cial­isé puis réal­isa­teur, et par­al­lèle­ment ceux de pigiste jour­nal­iste, s’arrêtent donc mal­gré moi… Après m’être bat­tu sans cesse, caméra au poing, pour défendre les spec­ta­cles vivants et leurs créa­teurs, con­nus ou incon­nus, il est temps pour moi, aujourd’hui, de ne plus subir les anx­iétés, pres­sions, intim­i­da­tions, agres­sions ver­bales ou physiques, dis­crim­i­na­tions, chan­tages, incom­pé­tences, abus de pou­voir, indif­férences, etc etc. Me bat­tre pour moi-même en pen­sant à tous ceux qui sont dans la même sit­u­a­tion, devient une urgence et une néces­sité … »

Réduction des coûts

Depuis que la pro­duc­tion a été con­fiée cette sai­son à France Télévi­sions stu­dios, une fil­iale du groupe, pour réduire les coûts, la quar­an­taine d’employés de l’émission a eu le choix entre la porte, ou un CDI, avec 20 à 40% de réduc­tion de salaire à la clé et une affec­ta­tion aléa­toire dans le groupe. Pour l’objectif affiché de réduire la pré­car­ité – ces salariés cumu­laient les CDD aupar­a­vant, par­fois depuis des années – c’est raté.

Un chroniqueur explique au Parisien : « on a vécu l’enfer. Dans ce dossier il y a vrai­ment eu de la mal­trai­tance de la part de la direc­tion. C’est du mépris total, cer­tains sont sous anti-dépresseurs ». Pour un autre, « en sig­nant ce con­trat, on pou­vait très bien se retrou­ver sur la chaîne info ou sur le site web alors qu’on a tra­vail­lé vingt ans pour Télé­matin ».

La CGT muette

Lau­rent Big­no­las, lui, ne voit aucun prob­lème, et ne com­mente pas. Ce que con­tes­tent ses troupes : « il n’a rien fait pour nous défendre alors qu’il est représen­tant CGT du per­son­nel, cherchez l’erreur ! », affirme au Parisien une anci­enne chroniqueuse qui a saisi les prud’hommes comme plusieurs de ses ex-collègues.

Dans Paris-Match (3.10) il explique « J’ai débar­qué dans une équipe qui en par­tie ne voulait pas de moi. Je me suis donc prudem­ment glis­sé dans le mod­èle édi­to­r­i­al et je n’ai rien mod­i­fié. Je n’ai changé aucun chroniqueur par exem­ple ! J’ai, au con­traire ten­du des mains au niveau édi­to­r­i­al sur des choix d’an­gle par exem­ple. J’ai fait juste­ment atten­tion à ne pas être agres­sif. Cer­tains m’ont pris de très haut mais d’autres ont accep­té et écouté mes con­seils ».

Bruno https://www.ojim.fr/portraits/bruno-roger-petit/Roger-Petit aurait réa­gi sur Twit­ter : « Ce qui se passe à Télé­matin dont j’ai présen­té les jour­naux, est une honte pour France 2…Une honte ». Ce que com­mente le syn­di­cat CGC-Médias sur son blog : « Il a évidem­ment raison…les pra­tiques qui con­sis­tent à vir­er par wag­ons les col­lab­o­ra­teurs his­toriques de l’émis­sion mati­nale de France 2 (une majorité de femmes) est effec­tive­ment une honte ».

Selon la CGC-Médias, le prob­lème s’étend à d’autres chroniqueurs issus d’autres émis­sions repris­es en interne : « Ils sont tous aus­si nom­breux les CDDU de L’Actu comme de la Prod à non seule­ment n’avoir reçu la moin­dre propo­si­tion d’un quel­conque CDI mais surtout à avoir reçu par recom­mandé leur let­tre de fin de col­lab­o­ra­tion (licen­ciement abusif pour par­ler clair) accom­pa­g­né d’un doc­u­ment inti­t­ulé « sol­de de tout compte » qui est à la fin de con­trat ce que la clé à molette est à la may­on­naise qui leur indique qu’après des années et des années passées dans l’entreprise — cer­tains jusqu’à 30 ans – la société va leur vir­er quelques mil­liers d’euros seule­ment sur leur compte en banque (sou­vent moins de 10.000€ pour beau­coup) ». De quoi augur­er d’autres con­flits aux prud’hommes.

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