Selon que vous serez puissant ou misérable…

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir
».
Jean de La Fontaine, Les animaux malades de la peste

La leçon de la fable n’a pas perdu une ride, et c’est Éric Mettout, directeur éditorial de L’Express.fr, qui le rappelle.

Selon lui, trois raisons principales expliquent le manque de soutien de la presse à Mediapart aux débuts de l’affaire Cahuzac. Les deux premières sont connues et admises de tous : l’exaspération de la profession face aux « incessantes leçons de déontologie d’Edwy Plenel » et la proximité des journalistes et des hommes politiques. Jusqu’ici, rien de neuf.

Mais Éric Mettout va plus loin, avec, précise-t-il, une « hypothèse acrobatique qui n’engage que » lui : « Cahuzac est socialiste et […] autant les attaques contre le clan Sarkozy paraissaient aller de soi, autant les accusations à l’encontre d’un respectable (!) et respecté (y compris, jadis, par ses opposants politiques) père la rigueur de gauche heurtaient les convictions – je devrais dire les préjugés, défaut pourtant rédhibitoire dans notre profession ». Autrement dit : selon que vous serez de droite ou de gauche, les jugements du système médiatique vous rendront blanc ou noir !

Est-ce donc une (dernière?) pudeur corporatiste qui empêche Éric Mettout de qualifier son « hypothèse acrobatique » de constat, d’autocritique ou, puisqu’il s’agit de l’affaire Cahuzac, d’aveu ?

Source : L’Express – blog Nouvelle formule – Crédit Photo : Razak via Nouvelle Formule (cc)