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Procès Assange : abandon des poursuites par le parquet suédois

21 novembre 2019

Temps de lecture : 2 minutes
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Procès Assange : abandon des poursuites par le parquet suédois

Temps de lecture : 2 minutes

Résumons les faits : Julian Assange (portrait) est en prison en Angleterre depuis le 11 avril 2019 pour avoir fui la justice britannique en se réfugiant en 2012 à l’ambassade d’Équateur suite à une plainte des autorités suédoises pour « viol ». La Suède vient d’abandonner les poursuites. Assange sera-t-il libéré pour autant ? Pas si sûr.

Un drôle de viol

La plainte sué­doise remonte à août 2010. Une plaig­nante sué­doise reproche à Assange d’avoir eu des « rap­ports non pro­tégés » alors qu’elle s’y oppo­sait. Remar­quons que les deux intéressés étaient amants con­sen­tants. Assange main­tient que ce rap­port non pro­tégé était accep­té. Les faits remon­tent exacte­ment au moment où Assange qui avait fondé Wil­ikeaks en 2006 à Mel­bourne, était en train de pré­par­er la fuite de plus de 250.000 doc­u­ments diplo­ma­tiques secrets notam­ment sur les con­flits en Irak et en Afghanistan déclenchés par les américains.

À l’été 2015, la plate­forme fait fuiter des doc­u­ments qui démon­trent que la NSA a directe­ment espi­onné les prési­dents Chirac, Sarkozy et Hol­lande. Une opéra­tion que Assange inti­t­ule « France­leaks », affir­mant que les raisons de ces sur­veil­lances sont à la fois poli­tiques et économiques, et qu’elles s’inscrivent dans une manœu­vre d’espionnage indus­triel, ayant pour final­ité de min­er la com­péti­tiv­ité des entre­pris­es français­es au prof­it des États-Unis.

Abandon des poursuites, mais…

Le 19 novem­bre 2019, la pro­cureur sué­doise qui suit l’affaire, Eva-Marie Pers­son annonce l’arrêt des pour­suites, l’enquête n’ayant pas per­mis d’apporter une preuve quel­conque pour une con­damna­tion. C’est la deux­ième fois que l’enquête est classée sans suite. La pre­mière fois en 2017, puis rou­verte en 2019 après l’incarcération d’Assange expul­sé de l’ambassade par les autorités équa­to­ri­ennes sur pres­sion des États-Unis.

Assange va-t-il être libéré ? La plaig­nante sué­doise peut encore faire appel. Surtout sa libéra­tion par les autorités bri­tan­niques est plus que dou­teuse. Les liens entre le « petit frère » anglais et le « grand frère » améri­cain sont nom­breux sur tous les plans en par­ti­c­uli­er dans le domaine du ren­seigne­ment où les échanges d’information sont automa­tiques entre les deux pays. On voit mal les États-Unis renon­cer à une pos­si­ble extra­di­tion. Assange est sous la men­ace d’une peine de prison dépas­sant les 160 ans (sic). Malade, affaib­li, dépres­sif, large­ment aban­don­né à lui-même, si l’oncle Sam veut sa peau et on voit mal la Grande-Bre­tagne faire de la peine à son grand frère.