Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Lucie Soullier

12 septembre 2020

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Portraits | Lucie Soullier

Lucie Soullier

Le camp du Bien du Monde

C’est la journaliste « spécialiste de l’extrême droite » qui monte au Monde. Comme ses compères Tristan Berteloot (Libé), Ivanne Trippenbach (L’Opinion) ou Camille Vigogne (L’Express), Lucie Soullier ne semble pas avoir de l’appétence pour son sujet, mais au contraire, un dégoût qui peut confiner à la haine.

Formation

De 2005 à 2009, elle suit les cours de Sci­ences Po Stras­bourg, d’où elle sort avec un Mas­ter 2 en « Études européennes et Rela­tions inter­na­tionales », puis en 2009 ‑2010, elle décroche un Mas­ter 2 « Métiers du jour­nal­isme » à Sci­ences Po Lille.

Parcours professionnel

Elle débute dans le méti­er par une année au quo­ti­di­en gra­tu­it 20 min­utes (2010–2011). Rapi­de­ment, elle rejoint l’hebdomadaire L’Express, où elle reste encore un an. Enfin, en mars 2013, elle entre au quo­ti­di­en Le Monde comme rédac­trice mul­ti­mé­dia. Un sans-faute du côté du cen­tre-gauche libéral lib­er­taire. Après le web, elle rejoint en 2017, le ser­vice poli­tique, où elle est chargée, sous la houlette d’Abel Mestre, de cou­vrir « l’extrême droite » et par­fois la droite dite clas­sique.

Férue de longs for­mats, de reportages et de réc­its, elle cou­vre avec régu­lar­ité les atten­tats et le phénomène migra­toire. Blonde au vis­age anguleux et d’un pre­mier abord sym­pa­thique, Lucie Soul­li­er a cer­taine­ment gardé de son pas­sage dans les sci­ences-po de province la con­vic­tion que le fas­cisme est à nos portes et que s’il s’agit de le juguler, tous les moyens sont per­mis.

Parcours militant

Elle n’est affil­iée offi­cielle­ment à aucun par­ti

Au mois de mai 2020, elle dresse en com­pag­nie d’Abel Mestre, une liste noire des per­son­nal­ités d’une cer­taine droite qui s’étaient abon­nées à la nou­velle revue de Michel Onfray, comme si cet abon­nement prou­vait quoique ce soit dans un sens ou dans l’autre, Lucie Soul­li­er et Abel Mestre ne font pas dans la nuance : ils titrent leur arti­cle con­sacré à la revue dont le pre­mier numéro n’est pas encore paru : « Avec sa nou­velle revue, Michel Onfray devient la coqueluche de l’extrême droite ». Par­mi ces dan­gereux per­son­nages, on comp­tait entre autres le prési­dent de l’OJIM, Claude Chol­let. Un exer­ci­ce de déla­tion un peu puéril, qui n’est pas pour éton­ner de la part du jour­nal libéral lib­er­taire du soir.

Elle man­i­feste une obses­sion pour Mar­i­on Maréchal, avec des méth­odes peu ortho­dox­es pour décrire la jeune retraitée de la poli­tique.

Lucie Soul­li­er est aus­si un ferme sou­tien des « migrants ». En 2015, elle avait été envoyée par le ser­vice numérique du Monde à Istan­bul pour suiv­re les vagues de migrants qui défer­lent sur l’Europe. Elle en avait ramené un long for­mat sous un angle orig­nal, à tra­vers le What­sApp d’une famille de Syriens fuyant la guerre. Un spec­ta­cle en a même été tiré début 2020, au Théâtre de la Vil­lette.

Adepte du ter­rain, elle réalise des reportages au long cours, générale­ment bien ren­seignés, comme sur l’élection de Louis Aliot à Per­pig­nan.

Ce qu’elle gagne

Non ren­seigné

Publications

Sa nébuleuse

  • Abel Mestre, qui la chap­er­onne au Monde.
  • Olivi­er Faye, jour­nal­iste au Monde

Elle l’a dit

Par­lant des con­tribu­teurs à Front Pop­u­laire de Michel onfray « On y croise aus­si Patrick Lus­inchi, l’un des dirigeants d’Eléments, la revue de ce courant ; l’identitaire bre­ton Yann Val­lerie (à qui M. Onfray a accordé un entre­tien pour le site Breizh-Info) ; Claude Chol­let, patron d’un obser­va­toire (d’extrême droite) des médias ; Robert et Emmanuelle Ménard, respec­tive­ment maire de Béziers et députée, chantres de « l’union des droites », ou encore Philippe Var­don, ancien du Bloc iden­ti­taire, désor­mais mem­bre du bureau nation­al du Rassem­ble­ment nation­al (RN) ». Pour rap­pel, ce que la revue Front Pop­u­laire appelle con­tribu­teurs sont de sim­ples abon­nés. Claude Chol­let, inter­rogé par la jour­nal­iste, l’avait sig­nalé à Lucie Soul­li­er. Le Monde 19 mai 2020.

« L’extrême droite exulte. Des réseaux soci­aux aux chaînes d’information en con­tinu, l’une de ses expres­sions favorites est très util­isée en cette ren­trée poli­tique. Jusqu’à divis­er la majorité et une par­tie de l’exécutif. Le 24 juil­let, le min­istre de l’intérieur, Gérald Dar­manin, avait en effet choisit de par­ler d’« ensauvage­ment d’une par­tie de la société » dans un entre­tien accordé au Figaro. Le min­istre de la jus­tice, Eric Dupont-Moret­ti, est venu le récuser au micro d’Europe 1, mar­di 1er sep­tem­bre, affir­mant que « l’ensauvagement, c’est un mot qui (…) développe le sen­ti­ment d’insécurité ». Cock­tail gag­nant pour Marine Le Pen, qui en a prof­ité pour fustiger les deux min­istres ».   Le Monde 2 sep­tem­bre 2020

« Invec­tives per­ma­nentes, ban­deaux out­ranciers, star­i­fi­ca­tion d’Eric Zem­mour, édi­to­ri­al­istes de plus en plus à droite… Qu’arrive-t-il aux chaînes d’infos en con­tinu français­es ?… Sur les plateaux où se tien­nent des joutes inces­santes, la part belle est don­née à l’outrance. Avec, comme corol­laire, la libéra­tion de la parole d’extrême droite. Ce cli­mat aurait per­mis la pub­li­ca­tion dans Valeurs actuelles du texte et des dessins représen­tant Danièle Obono en esclave. C’est, en tout cas, ce que la députée (La France insoumise, LFI) de Paris croit. « Cette attaque n’arrive pas de nulle part. Elle a été ren­due pos­si­ble par un con­texte, un cli­mat devenu tox­ique, irres­pirable du fait de la “lep­éni­sa­tion” et de la “zem­mouri­sa­tion” de la vie poli­tique et médi­a­tique. Des années de banal­i­sa­tion, de légiti­ma­tion par le sys­tème », écrit ain­si Mme Obono sur son site ». Le Monde 11 sep­tem­bre 2020.

Ils ont dit

« Procès d’intention qui per­met d’éliminer l’adversaire du champ cul­turel et poli­tique. Est-ce encore du jour­nal­isme ? » (Ojim, 30 jan­vi­er 2019), au sujet d’un arti­cle de Lucie Soul­li­er sur une inter­ven­tion de Mar­i­on Maréchal à Oxford.

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : première audience le 7 octobre 2020

L’Observatoire du journalisme (OJIM), créé en 2012 par Claude Chollet et quelques amis, rentre dans sa neuvième année d’existence. En 230 portraits publiés, 30 infographies et plus de 4500 articles nous n’avions eu — jusqu’à présent — aucune plainte en justice. À la suite d’un article de 2018 où nous parlions du groupe Lagardère et de manière incidente sur deux lignes du porte-parole du groupe, Monsieur Ramzi Khiroun, ce dernier a porté plainte pour « injures publiques ». La première audience est fixée au 7 octobre 2020 à 13h30. Lire la suite