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Pub­lié le 6 août 2018 | Éti­quettes : , ,

Arrêt sur images : ça black débloque dur !

Rediffusion. Première diffusion le 15 mai 2018

L’analyse critique des médias est un art nécessaire et difficile. Par exemple sur les black blocks, les médias bégaient ou sont frappés d’Alzheimer. Reprenant le sujet, le fondateur et animateur du site Arrêt sur images (par ailleurs souvent excellent), Daniel Schneidermann, semble passer d’une observation critique des médias à une forme de militantisme. Illustration.

Cortège de tête et cagoulés

Le 6 mai, Libération a publié dans l’indifférence générale une « chronique médiatique » étonnante de l’animateur d’@rrêt sur images, Daniel Schneidermann, sous le titre « Nous sommes tous le cortège de tête ». Le journaliste y analyse le développement du « cortège de tête  » qui manifeste au côté des casseurs appelés « black blocs ». Les passages les plus saillants de l’article :

« La fonte des masses syndiquées et l’inflation des cagoulés en début de manif, c’est le mouvement de l’Histoire, sous nos yeux myopes ». « Il fallait tendre l’oreille aux chiffres de la préfecture de police de Paris. Ainsi se décomposait la manif : en tête, 1 200 cagoulés. Dans la manif syndicale proprement dite, sous les ballons, derrière les banderoles, 15000 manifestants environ. Et entre les deux, 14 000 autres. Tiens tiens, qui sont donc ces 14 000 ? Le cortège de tête. Des manifestants, fatigués de piétiner sagement derrière les banderoles syndicales, qui préfèrent bader en liberté, non loin des cagoulés, devant, derrière, autour. Comme son noyau dur - les cagoulés - le cortège de tête est opaque aux médias ». « Désolant constat : tous les cagoulés ne sont pas casseurs, et tous les casseurs ne sont pas cagoulés ».

Le meilleur est pour la fin : « Le cortège de tête ne va pas saccager le McDo, mais par sa masse même, il autorise le saccage. Le cortège de tête ne soutient pas, mais ne condamne pas ». « Comme on disait il y a cinquante ans à propos d’autre chose, nous sommes tous le cortège de tête ».

On se frotte les yeux pour s’assurer que l’on a bien lu ce qui peut a minima être qualifié d’une sorte de bienveillance vis-à-vis des violences contre les biens (commerces divers) et les personnes (CRS) commises lors des manifestations.

Black blocks et Identitaires, deux poids et deux mesures

On pense aussitôt aux motifs invoqués par Facebook pour fermer le compte de Génération identitaire après son opération d’agit prop non violente à la frontière franco-italienne : « Nous n'autorisons pas les discours incitant à la haine sur Facebook, parce que ces discours créent une atmosphère d'intimidation et d'exclusion, et peuvent aboutir à des violences dans le monde réel ».

La consultation du site @rrêt sur images est du même tabac. Dans un débat consacré aux black blocs, on apprend au sujet des violences des casseurs que « les médias sont dans le jugement moral ». Les invités du débat organisé à ce sujet s’y interrogent gravement : « faut-il condamner la violence ? »

Le rédacteur en chef de Radio Parleur, « née sous les auspices de la place de la République et de Nuit Debout », affirme : « À force de crier « ça va péter » pendant des années, [les syndicats] perdent une certaine crédibilité pour beaucoup de militant.e.s pour qui ces moyens de confrontation politique sont devenus inefficaces ». Une historienne renchérit : « Le succès du cortège de tête est le résultat de la crise du syndicalisme et de la démocratie représentative. C'est la conséquence de la mise à mort du vieux monde ».

Pendant ce temps, on apprend dans Sud-Ouest que « la plupart (des personnes interpellées lors de la manifestation du 1er mai) ont été libérées ». Le Monde indique pour sa part que « les militants de Génération identitaire pourraient être poursuivis » pour leur action non violente à la frontière franco –italienne, qui a mis en lumière le passage illégal de dizaines de milliers de clandestins chaque année.

Tout « rentre dans l’ordre », si l’on ose dire… 

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