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France Inter refuse la publicité sur le référendum citoyen

22 novembre 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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France Inter refuse la publicité sur le référendum citoyen

Prenez un président de la République, au hasard Emmanuel Macron. Prenez une présidente de Radio France, au hasard Sibyle Veil. Toujours au hasard, prenez-les comme camarades de promotion à l’ENA. Que croyez-vous qu’il arriva ? Vous le saurez ci-après. 

Française des Jeux et Aéroports de Paris

Les pou­voirs publics ont décidé de pri­va­tis­er les deux entre­pris­es. La pri­vati­sa­tion de la FDJ ne soulève que peu de ques­tions, sinon son prix. Le jeu n’est pas une entre­prise rel­e­vant du régalien et l’essentiel des revenus pour l’État provient des tax­es qui per­dureront. L’opération sem­ble un suc­cès avec plus de cinq cent mille souscrip­teurs indi­vidu­els. Il n’en est pas de même pour ADP où des opposants récla­ment un RIP, référen­dum d’initiative pop­u­laire. Pour cela il faut au moins 4,5 mil­lions de sig­na­tures, encore faut-il faire un peu de battage pour les rassem­bler et moins d’un mil­lion sont réu­nies mi-novem­bre 2019.

Publicité oui, publicité non

Radio France dif­fuse des spots, sans doute réglés par l’État, pour que le pub­lic achète des actions de la FDJ. Fort bien. Au même moment, les séna­teurs hos­tiles à la pri­vati­sa­tion d’ADP et par­ti­sans du RIP réalisent un spot audio de 30 sec­on­des et met­tent 100.000 euros sur la table pour le dif­fuser sur Radio France.

Réponse de la cama­rade d’école et de karaoké du Prési­dent : spots refusés, car le cahi­er des charges de l’entreprise Radio France stip­ule dans son arti­cle 37 que “les mes­sages pub­lic­i­taires ne doivent con­tenir aucun élé­ment de nature à cho­quer les con­vic­tions poli­tiques des audi­teurs”. Quid alors des con­vic­tions poli­tiques des audi­teurs opposés à la pri­vati­sa­tion de la FDJ ?

Comme le souligne Daniel Schnei­der­mann, « Vient tou­jours un moment, pour les tit­u­laires de man­dats publics, affec­tant la plus irréprochable neu­tral­ité, où il faut sor­tir du bois, et faire allégeance à celui qui vous a nom­mé ». On ne saurait mieux dire.

Jusqu’à présent, on pou­vait, avec beau­coup de bonne volon­té, met­tre l’indifférence médi­a­tique pour la cam­pagne de sou­tien au Référen­dum d’Initiative Partagée sur le compte du dés­in­térêt pour une ques­tion con­sid­érée comme sec­ondaire, ou trop com­plexe, ou tout ce qu’on voudra. Mais voici, pour crev­er le mur du silence, que les par­lemen­taires opposants pro­duisent des spots de trente sec­on­des. Qu’ils les finan­cent eux-mêmes (à la hau­teur, con­sid­érable, de 100 000 euros, à com­par­er aux 12 mil­lions engloutis dans la pro­mo­tion du “grand débat” du pou­voir, au print­emps dernier). Radio France, qui dif­fuse en ce moment d’autres spots appelant les épargnants à inve­stir dans la pri­vati­sa­tion de la Française des Jeux, a fait savoir, sur ses pro­pres antennes, qu’il refuserait les spots ADP. La société de Sibyle Veil, cama­rade de pro­mo­tion (et de karaoké) d’Emmanuel Macron à l’ENA, se fonde sur l’article 37 de son cahi­er des charges : “les mes­sages pub­lic­i­taires ne doivent con­tenir aucun élé­ment de nature à cho­quer les con­vic­tions poli­tiques des audi­teurs”. Mais quid des audi­teurs choqués dans leurs con­vic­tions poli­tiques par la pri­vati­sa­tion de la Française des Jeux ?

Ce niet présente le triste avan­tage de clar­i­fi­er de paysage. Avant-hier, invité par Frédéric Tad­dei, dans son émis­sion de RT France (oui oui, Télé Pou­tine !), à un débat con­tra­dic­toire sur la pri­vati­sa­tion de ADP, au titre de mon livre Pou­voir Dire Stop, je soulig­nais ce para­doxe : cette émis­sion était la pre­mière de son genre, ‑longue durée, con­tra­dic­toire- sur une chaîne dif­fusée en France. Jusqu’à présent, pour jus­ti­fi­er l’étouffement médi­a­tique de cette grande pre­mière démoc­ra­tique, les habiles nous ont expliqué que cette pri­vati­sa­tion, pour­tant au coeur de trois enjeux essen­tiels ‑démoc­ra­tique, économique, écologique- “n’intéressait pas les Français”. La preuve ? Seules 900 000 sig­na­tures, sur les 4,7 mil­lions req­ui­s­es, ont été à ce jour recueil­lies ! Le car­ac­tère dis­suasif du site de recueil des sig­na­tures ? Dû à son âge vénérable, bien enten­du. Aucune inten­tion maligne ! Avec la déci­sion de Sibyle Veil, au lende­main et dans la droite ligne du désor­mais célèbre “Ferme ta gueule” du général Georgelin, on peut appel­er les choses par leur nom : un sab­o­tage d’État.

Source : Arrêt sur Images, Daniel Schnei­der­mann, 15 novem­bre 2019

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