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Jean-François Kahn

11 septembre 2014

Temps de lecture : 11 minutes
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Jean-François Kahn

Le modéré engagé

« Quelque part le réal­isme est tou­jours une forme de pétainisme. »
JFK, Le Nou­v­el Obs, 7 juin 2011

Jean-François Kahn, communément appelé « JFK », est un journaliste et écrivain français très présent et estimé dans la sphère médiatique. Issu d’une famille d’origine juive alsacienne, il est né à Viroflay (Seine-et-Oise) en juin 1938. Historien de formation, il est le fils du philosophe Jean-Kahn-Dessertenne, et le frère du chimiste Olivier Kahn ainsi que du généticien Axel Kahn. Sous l’Occupation, Jean-François Kahn portera le nom de jeune fille de sa mère, Ferriot, et ne reprendra son nom de Kahn qu’à la fin des années 1950.

Con­nu pour ses posi­tions libérales et sa cri­tique du « néolibéral­isme », qui trahit selon lui le vrai libéral­isme en devenant une sorte de « com­mu­nisme pri­vatisé », JFK est avant tout l’un des cofon­da­teurs de l’heb­do­madaire Mar­i­anne. Proche du Modem de François Bay­rou, il sou­tien­dra le can­di­dat à plusieurs repris­es et se présen­tera même sur une liste Modem aux européennes de 2009.

Son ascen­sion jour­nal­is­tique, mar­quée de nom­breuses pub­li­ca­tions d’ou­vrages alarmistes et d’un anti-sarkozysme acharné, se ter­min­era en même temps que l’af­faire DSK, lors de laque­lle un com­men­taire de mau­vais goût le con­train­dra à se retir­er du journalisme.

Engagement militant

Durant ses études à l’u­ni­ver­sité, Jean-François Kahn adhère au Par­ti com­mu­niste pen­dant 2 ans.

Arrivé au rang de jour­nal­iste recon­nu, il sou­tien­dra François Bay­rou à plusieurs repris­es et se présen­tera aux européennes de 2009, sous l’é­ti­quette du Mou­ve­ment démocrate.

Parcours

JFK n’est pas issu des grandes écoles de jour­nal­isme. Il a fait une licence d’his­toire, qu’il a obtenue, avant de s’en aller tra­vailler dans le tri postal puis dans une imprimerie. C’est par la suite qu’il se lancera dans le jour­nal­isme. Il débute au jour­nal Paris Presse l’In­tran­sigeant en 1959 et cou­vre la guerre d’Al­gérie. Il passe ensuite au Monde puis à L’Ex­press en 1964 en tant que reporter. C’est lui qui est notam­ment à l’o­rig­ine des révéla­tions sur l’af­faire de l’en­lève­ment du leader maro­cain Ben Barka.

Après un pas­sage comme chroniqueur sur Europe 1, il est nom­mé directeur de la rédac­tion des Nou­velles Lit­téraires en 1977 et con­tribue à redress­er le titre. Au cours des années 70–80, il investit la télévi­sion et les plateaux d’émis­sions poli­tiques comme « L’Heure de vérité » sur Antenne 2. Il ani­me au cours de la même péri­ode deux émis­sions de chan­son française : « Avec tam­bour et trompette » sur France Inter puis « Chantez-le moi » sur Antenne 2. 

En 1984, il lance le mag­a­zine L’Événe­ment du Jeu­di, qui traite de l’ac­tu­al­ité générale sur un ton vir­u­lent, avec un sys­tème orig­i­nal de souscrip­tions auprès des lecteurs. Après avoir été racheté par Lagardère puis récupéré par JFK, l’heb­do­madaire devient un mag­a­zine cul­turel. Les ventes étant stag­nantes, il décide alors de le reven­dre à France-Soir, qui en fait son sup­plé­ment cul­turel en 2000. Devenu L’Événe­ment France-Soir, il sera rem­placé en févri­er 2001 par TV Mag­a­zine, après 23 numéros parus.

En 1997, Jean-François Kahn crée l’heb­do­madaire Mar­i­anne et assur­era sa direc­tion durant 10 ans. Après 2007, il con­tin­ue à tenir une chronique inti­t­ulée « bloc-notes » jusqu’en 2011. En par­al­lèle, il col­la­bore à l’émis­sion radio « Pourquoi pas dimanche ? » sur les ondes de la Pre­mière chaîne de Radio-Cana­da. Il y tient une chronique heb­do­madaire sur l’ac­tu­al­ité poli­tique française et européenne.

En 2011, en pleine affaire du Sof­i­tel de New-York impli­quant Dominique Strauss-Kahn et une accu­sa­tion de ten­ta­tive de viol sur une femme de cham­bre, JFK prend la défense du prési­dent du FMI en déclarant qu’il est « pra­tique­ment cer­tain qu’il n’y a pas eu ten­ta­tive vio­lente de viol ». Par ailleurs, il rel­a­tivise l’af­faire en esti­mant qu’il ne s’ag­it que d’un « trous­sage de domes­tique ». Ses pro­pos provo­quent un tol­lé. Accusé de man­i­fester une « sol­i­dar­ité de caste » (par la Droite Pop­u­laire) et de jus­ti­fi­er un viol, il présente ses excus­es et annonce qu’il se retire du jour­nal­isme. Il déclar­era que son expres­sion était « totale­ment inac­cept­able », con­fi­ant avoir « rarement vécu une telle déchirure intérieure ».

En mai 2013, Mar­i­anne rap­pellera JFK pour ses « con­seils » en matière de ligne édi­to­ri­ale. Mais pour Téléra­ma, pen­dant trois mois, ce dernier a eu « les pleins pou­voirs ». « Il a ren­du la une plus agres­sive, réin­jec­té de la polémique dans les arti­cles, viré les chroniqueurs, qui alour­dis­saient, selon lui, le jour­nal, déboulon­né les ser­vices », écrit l’heb­do­madaire. Cepen­dant, cela ne fera pas repar­tir les ventes du mag­a­zine, qui avait tout misé sur l’an­ti-sarkozysme avant de som­br­er sous le man­dat Hol­lande. « Les recettes d’antan du directeur des Nou­velles lit­téraires et fon­da­teur de L’évènement du jeu­di ne font plus mir­a­cle », con­clut Téléra­ma.

Depuis, JFK con­tin­ue l’écri­t­ure de ses livres et se tient plus ou moins en marge du monde médiatique.

Prises de position

Par­mi les sujets sou­vent traités par JFK, on retrou­ve l’idée que le néolibéral­isme est à l’op­posé des « vraies valeurs libérales », devenant une sorte de « com­mu­nisme pri­vatisé ». Dans un tout autre reg­istre, il s’op­pose à l’in­ter­ven­tion de l’OTAN en Ser­bie en 1999 et à la guerre d’I­rak en 2003.

En 2005, il prend posi­tion pour le « oui » à la Con­sti­tu­tion européenne tout en dénonçant le peu de temps de parole médi­a­tique des par­ti­sans du « non ».

À l’élec­tion prési­den­tielle de 2007, il sou­tient ouverte­ment François Bay­rou et s’en­gage dans un com­bat con­tre Nico­las Sarkozy. Il fera d’ailleurs paraître une longue enquête sur la cam­pagne de celui-ci dans Mar­i­anne, à une semaine du pre­mier tour.

En 2008, il s’in­vestit en tant que can­di­dat du Mou­ve­ment démoc­rate pour les élec­tions européennes de 2009. Lors de celles-ci, il recueille 9,43 % des suf­frages mais se désiste, con­for­mé­ment à sa promesse, au prof­it de la députée européenne sor­tante Nathalie Gries­beck. Lors des élec­tions prési­den­tielles de 2012, il sou­tient à nou­veau François Bay­rou. Au sec­ond tour, il appelle « tous les répub­li­cains et tous les démoc­rates » à « bar­rer la route » à Nico­las Sarkozy, dénonçant « un dis­cours ouverte­ment pétainiste »…

En 2009, il crée le club de réflex­ion Crréa (cen­tre de réflex­ion et de recherche pour l’élaboration d’alternatives), des­tiné à « tra­vailler à des alter­na­tives qui dépassent les dis­cours anciens et les approches qui ont fait faillite ».

À par­tir de 2013, il cri­tique ouverte­ment la stratégie du « front répub­li­cain » face au Front Nation­al, démon­trant qu’elle ne fonc­tionne pas et laisse à penser que PS et UMP défend­ent un même système.

Ce qu’il gagne

Extrait d’un entre­tien à Gala, le 21 juin 2009 : « Je m’en fous com­plète­ment. L’argent ne joue aucun rôle dans ma vie. J’ai créé des jour­naux, ça ne m’a jamais rap­porté un franc, rien ! C’est de famille. Mon père était prof de phi­lo, il écrivait des choses mer­veilleuses mais telle­ment com­pliquées qu’il n’a jamais trou­vé un éditeur. »

Publications

  • La Guerre civile, Seuil, 1982
  • Et si on essayait autre chose ?, Seuil, 1983
  • Les Français sont for­mi­da­bles, Bal­land, 1987
  • Esquisse d’une philoso­phie du men­songe, Flam­mar­i­on, 1992
  • La Pen­sée unique, Fayard, 1995
  • On prend les mêmes et on recom­mence, Édi­tions Gras­set & Fasquelle, 1997
  • Les Poèmes poli­tiques, Fayard, 1998
  • Tout était faux, Fayard, 1998
  • Demain la révo­lu­tion, Flam­mar­i­on, 1999
  • Cha­cun son tour, Stock, 2000
  • Com­plot con­tre la Démoc­ra­tie, Denoël, 2000
  • Le Retour de terre de Djid Andrew, Cri­tique de la rai­son cap­i­tal­iste, Fayard, 2000
  • Vic­tor Hugo un révo­lu­tion­naire, L’Ex­tra­or­di­naire Méta­mor­phose, Fayard, 2001
  • Moi, l’autre et le loup, Fayard, 2001
  • Les rebelles, ceux et celles qui ont dit non, Plon, 2001
  • Ce que Mar­i­anne en pense, Édi­tions Mille et une nuits, 2002
  • Le Camp de la guerre, Cri­tique de la dérai­son impure, Fayard, 2004
  • Dic­tio­n­naire incor­rect, Plon, 2005
  • Comme deux frères — mémoire et visions croisées (avec Axel Kahn), Stock, 2006
  • Les Bul­locrates, Fayard, 2006
  • Tout change parce que rien ne change, Fayard, 2006
  • L’Abécé­daire mal-pen­sant, Plon, 2007
  • Sur l’in­vari­ance en poli­tique, Fayard, 2008
  • Où va-t-on ? Com­ment on y va, Fayard, 2008
  • Pourquoi il faut dis­soudre le PS, Larousse, 2008
  • L’Al­ter­na­tive. Oui, c’est pos­si­ble !, Fayard, 2009
  • Dernières salves. Sup­plé­ment au Dic­tio­n­naire incor­rect et à l’Abécé­daire mal-pen­sant, Plon, 2009
  • Faut-il croire les jour­nal­istes ?, avec Philippe Gavi, Edwy Plenel, Jean-François Kahn et Serge July, Édi­tions Mordi­cus,? 2009
  • Philoso­phie de la réal­ité. Cri­tique du réal­isme, Fayard, 2011
  • Petit César : com­ment a‑t-on pu accepter ça…, Fayard, 2011
  • Menteurs !, Plon, 2012
  • La Cat­a­stro­phe du 6 mai 2012, Plon, 2012
  • L’Invention des Français, Fayard, 2013.
  • Com­ment s’en sor­tir, Plon, 2013
  • L’Hor­reur médi­a­tique, Plon, 2014
  • Marine Le Pen vous dit MERCI !, Plon, 2014

Il l’a dit

« Depuis 30 ans, les intel­lectuels médi­a­tiques comme Aymer­ic Caron ont monop­o­lisé le com­bat con­tre le FN. Et pour­tant, celui-ci n’a cessé de pro­gress­er. Au vu des résul­tats des dernières européennes, leur échec est man­i­feste. Loin d’avoir con­tribué à faire baiss­er le FN, leur refus de voir cer­taines réal­ités, notam­ment en matière d’in­sécu­rité ou d’im­mi­gra­tion, a au con­traire con­sciem­ment ou incon­sciem­ment fait le jeu du Front nation­al. Peut-être parce qu’ils ont tout renié et que leurs engage­ments se lim­i­tent désor­mais à affecter des pos­tures, cer­tains ont-ils besoin d’un dia­ble qui rem­plisse la man­geoire », Le Figaro, 6 juin 2014

« Jean-Marie Le Pen est un mon­stre d’é­goïsme, de nar­cis­sisme, d’é­go­cen­trisme et ses pro­pos sont intolérables. Il est lui aus­si inca­pable de se remet­tre en cause. Mais la dif­fi­culté à laque­lle nous sommes con­fron­tés, c’est que Marine Le Pen s’est net­te­ment démar­qué de ces pro­pos. Nous ne pou­vons plus faire comme si cela n’é­tait pas le cas », Le Figaro, 6 juin 2014

« Or, que con­sta­tons-nous? Que là où il faudrait ren­vers­er les bar­rières, cisailler les fils de fer bar­belés, sor­tir des tranchées, Inter­net, trop sou­vent, sert de récep­ta­cle à des auto-enfer­me­ments. On ne dyna­mite pas, on bétonne. On ne révo­lu­tionne pas, on se crispe. Ici, le libéral tri­cote et ret­ri­cote ses fon­da­men­taux, jusqu’à nier la spé­ci­ficité du néolibéral­isme et jusqu’à cen­sur­er le con­stat des dégâts que cette muta­tion a provo­qués. Là, l’altermondialiste de la gauche rad­i­cale décline et redé­cline une doxa qui n’intègre ni les expéri­ences qui la démentent, ni le réel quand il la con­tred­it », Le Huff­in­g­ton Post, 10 juil­let 2013

« Les nervis d’extrême droite sont tous des tarés, mais tous les tarés ne sont pas des nervis d’extrême droite », Twit­ter (@JF_Kahn), 7 juin 2013

« Les Chi­nois ont cette par­tic­u­lar­ité, en matière gas­tronomique, qu’ils sont capa­bles de tout cuisin­er, du bœuf, du porc, du canard, mais aus­si du ser­pent, du chien et de la limace. Le Front Nation­al de Marine Le Pen, c’est pareil. Tout ce qui marche, il prend! C’est con­tra­dic­toire, inco­hérent? Qu’importe, il prend! Sil­vio Berlus­coni, George Bush, ça marche: il prend. Mais aus­si Chavez. Et même Che Gue­vara. Pétain il prend, mais de Gaulle aus­si. Mus­soli­ni, Per­on, Churchill et Cas­tro, il met tout dans le même sac et il sec­oue », Le Huff­in­g­ton Post, 25 juin 2013

« Vous l’auriez imag­iné, vous, il y a six ans, que dans un fief rad­i­cal-social­iste, le Front Nation­al obtiendrait 47% des suf­frages ? », Twit­ter (@JF_Kahn), 24 juin 2013

« Petit Bona­parte pré­pare son retour de l’Ile d’Elbe. Il a déjà lancé son pre­mier sous-marin d’attaque : Patrick Buis­son », Twit­ter (@JF_Kahn), 14 juin 2013

« Un gouf­fre se creuse entre le pays légal et le pays réel. Et c’est la démoc­ra­tie représen­ta­tive qui s’en trou­ve défig­urée. Dans ces con­di­tions le “front répub­li­cain” ne peut que ren­forcer l’idée que l’UMP et le PS sont com­plices pour préserv­er l’ordre établi et par­ticipent du même sys­tème qu’ils enten­dent le ver­rouiller », Le Huff­in­g­ton Post, 19 juin 2013

« Qu’est-ce que le néolibéral­isme? C’est l’inverse du véri­ta­ble libéral­isme. C’est l’éradication du plu­ral­isme et de la con­cur­rence. C’est la recon­sti­tu­tion du com­mu­nisme, mais sur une base pri­vatisée », Le Huff­in­g­ton Post, 12 juin 2013

« Aujourd’hui, les Lazareff d’hier ont lais­sé place aux Roth­schild, Bouygues, Bol­loré, Arnault, Lagardère, Tapie et Das­sault », Le Huff­in­g­ton Post, 12 juin 2013

« Une pseu­do gauche libérale-lib­er­taire boboïsée et une droite du fric et de la trique, qui ne représen­tent que 30 % de l’opinion, con­trô­lent 90% des moyens d’information. Vous avez dit plu­ral­isme libéral », Le Huff­in­g­ton Post, 12 juin 2013

« Je ne suis pas à 100% d’ac­cord avec lui mais en tant que patri­ote, je suis con­va­in­cu que c’est l’homme dont la France à besoin pour incar­n­er le change­ment dans un cli­mat de haine et de cli­vages. Il est le seul qui pour­ra fédér­er la pop­u­la­tion et instau­r­er une cohé­sion sociale autour d’un pro­gramme alter­natif » (à pro­pos de François Bay­rou), Le Point, 4 décem­bre 2011

« C’est vrai, il n’é­tait pas objec­tif. Il allait dans un sens comme un com­mis­saire de police qui s’est mis en tête qu’un type est coupable. Mais en même temps il lais­sait la parole à toutes les sen­si­bil­ités » (à pro­pos de Michel Polac), Le Point, 7 août 2012

« Pour la pre­mière fois depuis des lus­tres, on entend un dis­cours ouverte­ment pétain­iste sor­tir de la bouche d’un prési­dent de la République encore en place (…) Tous les répub­li­cains, tous les démoc­rates qui refusent, par patri­o­tisme, le dis­cours de guerre civile et de lacéra­tion de notre nation com­mune, qu’ils se récla­ment de Jau­rès, de Clemenceau, de De Gaulle, de Mendès France ou de Robert Schu­man, doivent vot­er de façon à bar­rer la route à l’ap­pren­ti sor­ci­er et à per­me­t­tre qu’on tourne cette page » (à pro­pos de Nico­las Sarkozy), le 24 avril 2012, par com­mu­niqué

« Il a le men­songe brut de décof­frage. On pour­rait dire qu’il est franc du men­songe » (à pro­pos de Nico­las Sarkozy) in « Menteurs ! », édi­tions Plon, 2012.

« Je ne suis pas de gauche. Hol­lande, con­traire­ment aux autres, je pense qu’il a les épaules, mais il est le can­di­dat d’une tribu can­ni­bale ! Quant à Sarkozy, la seule ques­tion qui compte, c’est : “Qu’est-ce qui va mieux depuis cinq ans ?” Et per­son­ne ne peut me le dire ! », Le Point, 7 décem­bre 2011

« J’ai des désac­cords avec François Bay­rou. Je ne crois pas à l’idée du cen­tre ; je crois qu’il faut être en avant. Mais, je raisonne en patri­ote. Il arrive à artic­uler deux dimen­sions : une dimen­sion de réal­isme à court terme et une autre pour sor­tir du sys­tème insti­tu­tion­nel et éco­nom­i­co-financier. C’est un vote révo­lu­tion­naire qui pour­rait débouch­er sur une nou­velle utopie. En France, on est telle­ment bipo­lar­isés : c’est ham­burg­er ou piz­za. Eh bien, moi, j’ai envie d’un boudin blanc avec un peu de truffe ! », Le Point, 7 décem­bre 2011

« Ils vivent tous dans la même ville, fréquentent les mêmes endroits, ce n’est pas le cas en Ital­ie ou aux Etats-Unis, où les jour­nal­istes vivent éloignés les uns des autres… Ils provi­en­nent sou­vent du même milieu soci­ologique — de gauche — et ont fréquen­té les mêmes écoles, suiv­is les mêmes cur­sus. Bref, ils vivent dans le même milieu fer­mé et sont tous pro­gres­sistes en matière de mœurs, bien-pen­sants, mais ont adop­té des idées néolibérales sur le plan économique. Per­son­ne ne les oblige, ils sont sur cette ligne, car c’est ce qu’ils pensent majori­taire­ment et sincère­ment », La Libre Bel­gique, 1er févri­er 2014

« Il y a deux ans, ses spec­ta­cles rassem­blaient 3 à 400 per­son­nes, aujourd’hui il rem­plit des salles de 6 à 7.000 per­son­nes. La mesure d’interdiction de ses spec­ta­cles n’est pas un suc­cès, on lui a au con­traire fait une pub­lic­ité inouïe. Une pub­lic­ité de dis­si­dent, une pub­lic­ité d’insoumis, une pub­lic­ité de rebelle,… C’est tout à fait ridicule. En revanche, on aurait dû le met­tre en prison depuis longtemps parce qu’il ne paie pas ses impôts, ne paie pas ses amendes, etc. On a fait preuve d’un lax­isme incroy­able en ne le sanc­tion­nant pas pour ses dél­its » (à pro­pos de Dieudon­né), La Libre Bel­gique, 1er févri­er 2014

« D’abord, à dix-huit ans, j’étais très pau­vre. Il n’était pas con­cev­able que j’achète une voiture. Puis très vite, je suis devenu grand reporter, je voy­ageais dans le monde entier et je n’avais pas la pos­si­bil­ité de pass­er mon per­mis. Et surtout, je déteste la voiture. On ne peut rien faire, c’est du temps per­du. En revanche, j’adore pren­dre le train, je tra­vaille, je lis. C’est pour ça que l’on me prend pour un tra­vailleur ter­ri­ble ! En vérité, je suis assez paresseux. Mais comme je n’ai pas non plus de télévi­sion, j’ai plus de temps libre, donc je donne l’impression de boss­er énor­mé­ment ! », Gala, 21 juin 2009

« Peu­ple élu : Une seule ques­tion se pose : a‑t-il été élu démoc­ra­tique­ment ? D’ailleurs, y avait-il d’autres can­di­dats ? », In « Dic­tio­n­naire incor­rect », 2005

« Plus sérieuse­ment, on peut s’in­ter­roger sur sa légitim­ité [celle de BHL, ndlr] et sur la com­plai­sance des média à son égard. BHL n’a aucune respon­s­abil­ité poli­tique, il n’est pas élu. Dans ces con­di­tions, com­ment expli­quer qu’il lui suff­ise d’un coup de télé­phone pour béné­fici­er d’une dépêche AFP ? Sur le fond, je rap­pellerais sim­ple­ment que BHL nous a entraînés dans la guerre en Libye dont nous payons aujour­d’hui les con­séquences, notam­ment au Mali. Comme tout le monde, je suis choqué par la vio­lence des événe­ments qui se déroulent en Ukraine. Mais je refuse totale­ment la vision sim­pliste et néo-stal­in­i­enne de BHL. Sait-il par exem­ple qu’une par­tie des man­i­fes­tants de Kiev appar­ti­en­nent à un par­ti d’ex­trême droite qui se revendique « nation­al-social­iste » ? », Le Figaro, 21 févri­er 2014

« Je con­sid­ère le FN comme un par­ti légitime. Et j’affirme qu’avec 18% à la prési­den­tielle, résul­tat dont je me désole, il soit seule­ment représen­té par deux ou trois députés [sic], alors que EELV en a obtenu 18 mal­gré les 2,6% d’Eva Joly. Dans ces con­di­tions, com­ment peut-on deman­der aux gens de croire à la démoc­ra­tie, à la représen­ta­tiv­ité du Par­lement, au plu­ral­isme ? », Causeur, 29 août 2012

« Quelque part le réal­isme est tou­jours une forme de pétain­isme », Le Nou­v­el Obs, 7 juin 2011

Ils l’ont dit

« Jean-François Kahn est en colère. Il n’y a là rien de sur­prenant. Comme dirait Ségolène Roy­al, c’est encore une colère saine. En tout cas, jus­ti­fiée. Car les médias ne vont pas bien », Renaud Dély, Le Nou­v­el Obs, 7 mars 2014

« Dans “Marine Le Pen vous dit mer­ci !” (1), petit livre rouge de colère et d’in­tel­li­gence, Jean-François Kahn met le doigt sur l’une des raisons prin­ci­pales du suc­cès du Front nation­al : la France s’est prise en grippe », Franz-Olivi­er Gies­bert, Le Point, 26 juin 2014

« Juste une petite propo­si­tion, comme ça, à l’adresse des can­di­dats à la prési­dence de la République : faites en sorte que l’É­tat sub­ven­tionne les livres de Jean-François Kahn, tant ils sont d’u­til­ité publique ! On peut aimer ou vom­ir le fon­da­teur de Mar­i­anne, zap­per ses inter­ven­tions télé ou glo­ri­fi­er ses ouvrages, force est de recon­naître que le jeune homme de plus de 70 ans agit tou­jours dans le souci de l’in­térêt com­mun, sinon répub­li­cain. Et que dans ses livres, le bon sens paysan est tou­jours de mise », Saïd Mahrane, Le Point, 21 jan­vi­er 2012

« Le dernier livre de Jean-François Kahn est un livre de colère. Il procède par emporte­ments. Il est rongé par une inquié­tude sincère. Il assène beau­coup et démon­tre peu. Il séduit par sa rage. Il agace par ses rac­cour­cis. Il est le livre de cet hon­nête homme qui voit mon­ter depuis des années la mer du pop­ulisme et qui veut crier : assez ! », Bruno Lemaire, Mar­i­anne, 24 juin 2013

Crédit pho­to : fon­dapol via Flickr (cc)

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