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Denis Jeambar

Néoconservateur à la française

Tour à tour journaliste, patron de rédaction, écrivain, réalisateur et éditeur, le parcours de Denis Jeambar tient d’une forme de « success story » à la française. Parti du bas de l’échelle comme sa biographie officielle le présente, il est devenu quatre décennies plus tard, ce faiseur d’opinion, omnipuissant et omniprésent. Pourtant cet agent d’influence de la pensée néoconservatrice, fait preuve d’une très grande discrétion sur sa famille et son entourage. Car c’est sûrement dans les nombreuses zones d’ombre, que cette biographie met pour la première fois en lumière, que se cache les raisons de cette ascension.

Il est né à Val­réas (Vau­cluse) en jan­vi­er 1948. Sa mère Jacque­line Cerf, réfugiée juive s’est « mar­iée à un goy » André Jeam­bar, « totale­ment irre­ligieux, pour ne pas dire mécréant. Le petit Denis est bap­tisé, mais sa foi pre­mière le porte vers la laïque, les mythes et les valeurs répub­li­caines de l’école », « Denis Jeam­bar, l’homme qui pilote l’Express », revue-medias.com. Présen­té comme « issus d’un milieu mod­este » son père a tout de même été l’un des anciens prési­dents du Lions Clubs Inter­na­tion­al du dis­trict Val­réas enclave des papes. Même si la ressem­blance physique entre les deux hommes est plus que trou­blante, une inter­ro­ga­tion demeure sur les liens de par­en­té entre Denis Jeam­bar et Patrick Simon Jeam­bar, né lui aus­si à Val­réas le 01/06/1946, présen­té comme « issu d’une famille appar­en­tée au papi­er ». Une ques­tion légitime au vu du CV de Patrick Jeam­bar qui a fait toute sa car­rière dans l’industrie papetière, comme prési­dent d’Ahlstrom Brig­noud et du Groupe­ment des indus­tries papetières du Sud-Est (Gipse) (voir suc­cincte biogra­phie), secteur com­plé­men­taire d’un Denis Jeam­bar ayant fait la sienne dans le jour­nal­isme et l’édition ! Une famille Jeam­bar qui devait béné­fici­er de réseaux appré­cia­bles puisque ce sont eux qui ont per­mis à Denis Jeam­bar de lancer sa car­rière. Son entrée à Paris Match se fait grâce à la « la fil­ière val­réassi­enne (…) une amie d’enfance de Madame Jeam­bar mère se trou­ve être l’épouse de Robert Ser­rou, alors l’une des émi­nences de Paris Match. C’est ain­si qu’au sor­tir de Sci­ences-Po, le jeune homme fran­chit l’auguste seuil comme si c’était la chose la plus naturelle du monde à 22 ans. A l’époque, il est vrai, sem­blables aubaines n’étaient pas tout à fait incon­cev­ables », « Denis Jeam­bar, l’homme qui pilote l’Express », revue-medias.com.

Au niveau de la reli­gion, Denis Jeam­bar redé­cou­vre sur le tard sa judéité : « Enfant, j’étais fasciné par mes grands-par­ents juifs chez qui je me rendais en vacances à Paris, dans le quarti­er des Arts-et-Métiers. Je les aimais beau­coup, mais tout cela n’a pris son sens qu’assez récem­ment. » Cette redé­cou­verte de ses racines juives aurait eu des inci­dences pro­fes­sion­nelles selon Michel Richard, un de ses plus anciens amis et son adjoint au Point qui « lui impute une brouille durable : ”J’avais piloté une cov­er sto­ry reprenant le ques­tion­nement sar­trien : “Qu’est-ce qu’être juif ?” et rédigé trois ou qua­tre feuil­lets d’introduction, relus par Imbert et approu­vés, après paru­tion, spon­tané­ment, par divers­es instances juives de Paris. Moyen­nant quoi, je reçois un coup de télé­phone glacial de Denis : — C’est toi qui as écrit ça ? — Oui. — Alors, nous n’avons plus rien à nous dire. Et nous ne nous sommes plus rien dit, en dehors d’un échange de let­tres où je me suis évidem­ment trou­vé acculé à l’épouvantable exer­ci­ce qui con­siste à faire la preuve de la pureté de mes inten­tions. J’ai beau­coup souf­fert de cette espèce de procès stal­in­ien dont je n’ai tou­jours pas com­pris la sig­ni­fi­ca­tion.” » Des déc­la­ra­tions qui vont dans le sens de celles faites par Denis Jeam­bar au mag­a­zine Tri­bune juive le 14 mars 1996, lorsqu’il avait affir­mé se « sen­tir très attaché à Israël » (« Je suis d’origine juive par ma mère, bien que bap­tisé. Je me sens très attaché à Israël et la plus grande par­tie de ce qui me reste de famille aujourd’hui est juive »).

Du côté famil­ial, il est mar­ié à Nicole (de son nom de jeune fille Amic), ren­con­trée à Val­réas. Avec sa fille Élodie (désor­mais Guillemin) et sa femme, et alors qu’il était prési­dent du direc­toire du groupe L’Express-L’Expansion et béné­fi­ciant donc d’une puis­sance de feu dans les médias, ils ont créé en 2003 l’agence de com­mu­ni­ca­tion NJB Com­mu­ni­ca­tion avec pour clients : la fon­da­tion de la Mai­son de la Chimie, l’académie des Sci­ences, l’académie des Sci­ences Morales et Poli­tiques, le col­lège de France, Cristi­na Rubal­ca­va – pein­tre, Jean-Alexan­dre Delat­tre – sculp­teur ou GDF-Suez, etc. Par ailleurs, la famille Jeam­bar, à tra­vers la SARL NJB Com­mu­ni­ca­tion, gère le site inter­net art-en-scene.com. Ce « site fait une place à des artistes que nous aimons et soutenons » comme Chris­tine Bry, Syl­vain Canaux, Jean-Alexan­dre Delat­tre, Daniel Lin­de­mann et André Perl­stein. De 2003 à 2006, Nicole Jeam­bar s’occupe par ailleurs du fes­ti­val des Nuits de l’enclave à Val­réas.

Formation

Licen­cié en droit et diplômé de Sci­ences-Po (1970).

Parcours professionnel

1970 : Com­mence sa car­rière à Paris Match, dont il devient reporter en 1971.

1972 à 1995 : Il entre au mag­a­zine Le Point, nou­velle­ment créé, en sep­tem­bre 1972, comme reporter à la rubrique Ville-Envi­ron­nement, dont il sera chef d’enquête de 1976 à 1978, puis grand reporter au ser­vice Société (1978), chef du ser­vice Par­tis Poli­tiques (1980), avant de devenir chef du ser­vice Nation en 1985 puis chef du ser­vice poli­tique de l’hebdomadaire en 1988. Directeur de la rédac­tion en 1993, il quitte l’hebdomadaire en juil­let 1995. Durant cette péri­ode au Point, il occu­pa par­al­lèle­ment le poste de rédac­teur en chef aux mag­a­zines Vie Publique et à Musiques.

1995 à mars 1996 : Denis Jeam­bar quitte Le Point au mois de juil­let 1995 afin de pren­dre les fonc­tions de directeur général de l’antenne d’Europe l, à la demande de Jacques Lehn et de Jean-Luc Lagardère, mais ne les assume que jusqu’au mois de mars 1996. Il démis­sionne au bout de 9 mois : « Je n’y ai pas per­du mon temps. J’y ai appris des choses et, en pre­mier lieu, que ça n’était pas mon méti­er. La radio est quelque chose qui n’arrête pas de couler, de l’eau, du sable que l’on ne peut pas retenir. Moi, j’aime avoir les mains dans le cam­bouis de la presse écrite, pou­voir réfléchir en amont et con­trôler ensuite. J’en ai tiré les con­séquences d’autant plus facile­ment que, pour la pre­mière fois de ma vie pro­fes­sion­nelle, je me sen­tais mal­heureux. », « Denis Jeam­bar, l’homme qui pilote l’Express », revue-medias.com.

En 1995–1996 : il présente un mag­a­zine heb­do­madaire d’instruction civique « Affaires publiques » sur la Cinquième avec Christophe Bar­bi­er.

Mars 1996 à 2006 : Il prend la suc­ces­sion de Chris­tine Ock­rent à la direc­tion de la rédac­tion de L’Express. Il est nom­mé en 2001, prési­dent du direc­toire du groupe Express-Expan­sion.

1997–2000 : Chargé du sémi­naire de DESS de com­mu­ni­ca­tion poli­tique à La Sor­bonne

2006 à 2010 : En août 2006, Denis Jeam­bar quitte le groupe Express-Expan­sion (désor­mais pro­priété du groupe belge Roular­ta à qui le groupe Das­sault l’a cédé). Il prend à l’automne 2006, la prési­dence des édi­tions du Seuil qu’il quitte en jan­vi­er 2010.

2012 : Avec le pro­duc­teur Cyril Vigu­ier, il est l’auteur du doc­u­men­taire « Com­ment devenir prési­dent », retraçant la cam­pagne de François Hol­lande (mem­bre du Club Le Siè­cle). Il est dif­fusé le lende­main de la vic­toire du can­di­dat du Par­ti Social­iste à l’élection prési­den­tielle.

2013 : Denis Jeam­bar et Cyril Vigu­ier suiv­ent désor­mais François Fil­lon (mem­bre du Club Le Siè­cle). « Suivi sur le ter­rain, entre­tiens réguliers avec l’intéressé et ses proches, et se laiss­er le temps : la méthodolo­gie est la même, on ne change pas une équipe qui a gag­né. (…) Il s’est engagé à nous par­ler longue­ment de la péri­ode 2007–2012 qui est restée très secrète, annonce Denis Jeam­bar. Cela devrait être le grand apport de ce film. », « Fil­lon, nou­velle intu­ition ? », sud-ouest.fr, 01/09/2013. Cyril Vigu­ier était, selon le mag­a­zine Le Point (01/12/2011), l’un « des pro­tégés audio­vi­suels » du prési­dent de la République Nico­las Sarkozy (« Cyril Vigu­ier : l’art du rebond! », LePoint.fr)

Jour­nal­iste et admin­is­tra­teur de Mar­i­anne.

Chroniqueur à l’émission « Poli­tique Matin » sur LCP Assem­blée Nationale présen­tée par Patrick Chêne.

Ancien chroniqueur radio sur France Cul­ture, Sud-radio, Radio Monte Car­lo et Radio Clas­sique.

Ancien admin­is­tra­teur du Syn­di­cat de la presse mag­a­zine et d’information (SPMI)

Admin­is­tra­teur du Musée du Lou­vre depuis 2005.

En décem­bre 2012 il a été élu prési­dent du con­seil d’administration de l’Insti­tut pra­tique de jour­nal­isme. En 2009, il par­ticipe à la réno­va­tion du mag­a­zine VSD.

Parcours militant

Lutte con­tre le Front Nation­al : Denis Jeam­bar a tou­jours, au cours de sa car­rière, mis sa plume et ses pub­li­ca­tions au ser­vice de la lutte con­tre le Front Nation­al (voir IL A DIT). En 1997 et 1998, alors que le Front Nation­al engrange les suc­cès élec­toraux, les dossiers de l’Express sont sans ambigüité : « « FN : l’horreur poli­tique nous men­ace » ou « Con­tre Le Pen, L’Express signe ». Lors de l’accession de Jean-Marie Le Pen au sec­ond tour de l’élection prési­den­tielle en avril 2002, l’Express titre « le cauchemar Le Pen », Denis Jeam­bar, directeur de la pub­li­ca­tion, s’était déjà engagé pour Jacques Chirac dans le numéro précé­dent. (« France : plusieurs mag­a­zines enga­gent à vot­er Jacques Chirac » AFP Infos Economiques, 30/04/2002). Pour lui, la lutte con­tre le Front Nation­al néces­site le change­ment des règles démoc­ra­tiques comme de « mod­i­fi­er des sys­tèmes élec­toraux lorsqu’une minorité anti­dé­moc­ra­tique se trou­ve en posi­tion d’exercer le pou­voir à quelque niveau que ce soit. »

Sou­tien aux États-Unis et par­ti­san de la théorie du choc des civil­i­sa­tions : Après les atten­tats du 11 sep­tem­bre, il prend net­te­ment posi­tion dans ses dif­férents édi­to­ri­aux (voir IL A DIT) pour l’intervention améri­caine en Afghanistan et pour l’intégration de la France à cette coali­tion : « Fini, les dis­cus­sions sur le sexe des anges ! C’est bien une guerre qu’a engagée Ben Laden con­tre les démoc­ra­ties. C’est bien par la guerre que George W. Bush a choisi de répli­quer. Car il n’y a pas de façon ingénieuse, poli­tique ou diplo­ma­tique, de vain­cre un adver­saire qui a choisi de vers­er le sang. (…) Aus­si est-il indis­pens­able d’offrir une réplique sans faille. Il s’agit non pas de faire allégeance aux États-Unis ni de jouer les va-t-en-guerre aveu­gles, mais de faire preuve, à la manière bri­tan­nique, de ces deux qual­ités morales qu’exigent les cir­con­stances: la fer­meté et le courage », « Clarté », L’Express, 11/10/2001. Même si ses pris­es de posi­tion s’accompagnent tou­jours de quelques bémols, Denis Jeam­bar adhère à toutes les thès­es de Samuel Hunt­ing­ton sur le choc des civil­i­sa­tions et à la vision du monde des courants néo­con­ser­va­teurs améri­cain et français. Selon Denis Jeam­bar « qu’on le veuille ou non, dans les décom­bres de Man­hat­tan gît une ques­tion dérangeante sur le choc des civil­i­sa­tions. Le tri­om­phe du mod­èle occi­den­tal et de l’individualisme avait fini par nous faire croire au règne de l’instant et à la fin de l’Histoire, avec ses hauts et ses bas, ses pro­grès et ses tragédies. », « Le choc des civil­i­sa­tions », L’Express du 20/12/2001. Un édi­to de novem­bre 2004 don­né au mag­a­zine l’Express, « Le néo­con­ser­vatisme », il fait un joli aveu : « A force de martel­er que la com­mu­nauté transna­tionale est meilleure que la com­mu­nauté nationale, de soupçon­ner le peu­ple d’égarements nation­al­istes, nous nég­li­geons cette dimen­sion essen­tielle, et respectable, qu’est le patri­o­tisme. Nous ne fab­ri­querons pas l’Europe envers et con­tre les nations. Sauf à provo­quer des crispa­tions néo­con­ser­va­tri­ces com­pa­ra­bles à celles que vien­nent de con­naître les États-Unis. Les nations ne sont pas encore si mortes et l’âme des peu­ples si insen­si­ble qu’on puisse les ignor­er. Quand la peur s’empare d’eux, c’est vers leur pays et leur patrie qu’ils se tour­nent. Prenons garde que le réflexe iden­ti­taire améri­cain ne devi­enne, un jour ou l’autre, un réflexe français, anglais, alle­mand, ital­ien, etc. La con­struc­tion européenne, qui est notre avenir, n’y résis­terait pas. » Selon Le Monde diplo­ma­tique Denis Jeam­bar, réal­isa­teur du doc­u­men­taire « Huit jour­nal­istes en colère » et « insti­ga­teur en son temps du virage néo­con­ser­va­teur de L’Express », pos­sède « de solides con­vic­tions atlantistes ». (…) Leur cible prin­ci­pale : les con­temp­teurs de la poli­tique israéli­enne, qui seraient tous, de même que ceux qui trou­vent à redire à la poli­tique améri­caine, de fief­fés anti­sémites », « “Effroy­ables impos­teurs” sur Arte : le roi est nu », Monde diplo­ma­tique, 10/02/2010.

Défenseur d’Israël : L’autre con­stante dans la vision poli­tique de Denis Jeam­bar est sa défense acharnée d’Israël, de ce « mir­a­cle frag­ile et incer­tain parce que nous atten­dons plus de cet État que de tout autre, « Mir­a­cle Frag­ile », L’Express, 30/04/1998. « Au temps de Denis Jeam­bar, directeur de la rédac­tion de 1996 à 2006, l’Express rejoue en ver­sion hard un duo con­nu. Le face-à-face, de plus en plus ten­du au fil des ans, entre un cap­i­taine [Denis Jeam­bar] prô­nant un sou­tien sans faille à Israël et une poignée de matelots (…) sus­pec­tés de par­ti pris pro-pales­tiniens, sinon de pul­sions inavouables.» (« Une loy­auté lucide », L’Express, 08/01/2009).

Un engage­ment qui le pousse à franchir avec sub­til­ité la ligne jaune de la déon­tolo­gie jour­nal­is­tique en étant l’instigateur de la rumeur, selon Guil­laume Weill-Ray­nal, avo­cat et essay­iste, d’une « mise en scène » de la mort de Mohamed al-Durah en 2000 tué par des sol­dats israéliens et filmée par l’envoyé de France 2, Charles Ender­lin. En 2004, avec Daniel Lecon­te, directeur de Docs en Stock, il avait accep­té de suiv­re et d’accompagner la con­tre-enquête sur le sujet de Luc Rosen­zweig, ex-jour­nal­iste du Monde et col­lab­o­ra­teur occa­sion­nel de la Mena (site pro-israélien) « à con­di­tion que le secret soit bien gardé. Or en octo­bre, une dépêche de l’agence La Mena révélait le tra­vail de M. Rosen­zweig. Alertée par cet arti­cle, Mme Chabot a ren­con­tré à deux repris­es MM. Jeam­bar et Lecon­te pour leur mon­tr­er les preuves de la bonne foi de France 2. Pas tout à fait con­va­in­cus mais ne souhai­tant pas porter des accu­sa­tions sans preuves formelles, MM. Jeam­bar et Lecon­te ont préféré renon­cer à pour­suiv­re leur col­lab­o­ra­tion avec M. Rosen­zweig. », « Accusée de mise en scène, France 2 porte plainte », Le Monde, 20/11/2004. Dans une tri­bune au quo­ti­di­en Le Figaro, Denis Jeam­bar et Daniel Lecon­te exposent leurs con­vic­tions : « la thèse de la mise en scène de la mort de l’enfant par des Pales­tiniens » est une tromperie. « Non seule­ment nous ne parta­geons pas ce point de vue, mais nous affir­mons qu’en l’état actuel de notre con­nais­sance du dossier, rien ne per­met de l’affirmer, bien au con­traire ». Mais « qu’au moment où Charles Ender­lin donne le gamin pour mort, tué par les Israéliens, c’est-à-dire le soir même sur le jour­nal de France 2, rien ne lui per­met d’affirmer qu’il est vrai­ment mort et encore moins qu’il a été tué par des sol­dats israéliens. Tout, bien au con­traire, à com­mencer par l’emplacement des uns et des autres sur le ter­rain, incrim­in­erait plutôt une ou des balles pales­tini­ennes. Face à cette dernière remar­que, nos con­frères de France 2 recon­nais­sent que rien effec­tive­ment ne per­met de dire que l’enfant a été touché par des tirs israéliens. (…) Autrement dit, en attribuant la mort de l’enfant à des tirs israéliens le soir même sur France 2, Charles Ender­lin a extrapolé à par­tir des rush­es et de la ver­sion des événe­ments fournie par son cam­era­man. », « Guet-apens dans la guerre des images », Le Figaro, 25/01/2001. Autre affaire de moin­dre mesure celle-ci, c’est la démis­sion de l’historien Alfred Gross­er du con­seil de sur­veil­lance de L’Express en juin 2003 provo­quant des ten­sions au sein de la rédac­tion. Sa démis­sion inter­ve­nait à la suite d’une cri­tique pos­i­tive de sa part du livre de Pas­cal Boni­face, directeur de l’Institut de rela­tions inter­na­tionales et stratégiques à Paris, « Est-il per­mis de cri­ti­quer Israël ». « Cer­tains lecteurs de L’Express n’ont guère appré­cié ces pro­pos. En date du 19 juin, l’hebdomadaire a pub­lié cinq let­tres qui s’en pren­nent toutes verte­ment à l’article d’Alfred Gross­er. Lequel n’aurait pas été aver­ti de leur pub­li­ca­tion en vue de répon­dre à ses détracteurs, comme le veut l’usage. Selon Le Monde du 26 juin, il aurait démis­sion­né notam­ment pour cette rai­son. De plus, il jugerait “inéquitable la ligne édi­to­ri­ale imprimée par la direc­tion de la rédac­tion au traite­ment du dossier israé­lo-pales­tinien et des ten­sions entre les com­mu­nautés juives et musul­manes”, selon un com­mu­niqué interne de la Société des jour­nal­istes », « Une démis­sion provoque de vives ten­sions à «L’Express», Le Temps, 27/06/2003

Oui au référen­dum de 2005 sur la con­sti­tu­tion Européenne : « Mutatis mutan­dis, un oui raison­né, ni religieux ni béat, pour­rait offrir à l’Union une crois­sance por­teuse de nou­veaux fruits. Ce futur-là est, certes, loin d’être écrit. Faut-il, alors, choisir, comme Lau­rent Fabius, de dif­fér­er l’édification de l’Europe pour redéfinir son archi­tec­ture? Un fait est cer­tain: l’Union y perdrait un temps con­sid­érable. Dévot empressé d’un «non européen», Fabius dia­bolise, d’ailleurs, ce qu’il ado­rait hier sans réserve. Cette Con­sti­tu­tion n’est pas une autoroute poli­tique tracée pour l’éternité ni la fin de l’Histoire. Ce n’est pas une solu­tion mir­a­cle, mais ce n’est pas non plus un car­can pour l’avenir. L’Europe que nous avons édi­fiée peut nous inspir­er un sen­ti­ment de fierté légitime. Le 29 mai, les Français, qui ont été au cœur de cette ambi­tion européenne, vont pren­dre une respon­s­abil­ité qui les engagera bien au-delà d’eux-mêmes: il leur revient de dire com­ment ils enten­dent pour­suiv­re la recherche d’une cer­taine idée de l’Europe à 25 qui nous aiderait à retrou­ver une cer­taine idée de la France », « Le oui, le non et l’eau du bain », L’Express, 23/05/2005.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné

Publications

  • Sur la route de Flagstaff, édi­tions Stock, 1980
  • George Gersh­win, édi­tions Mazarine, 1982
  • Le PC dans la mai­son, édi­tions Cal­mann-Lévy, 1984
  • Dieu s’amuse, édi­tions Robert Laf­font, 1985
  • Éloge de la trahi­son : de l’art de gou­vern­er par le reniement, en col­lab­o­ra­tion avec Yves Rou­caute, édi­tions du Seuil, 1988
  • Le pois­son pour­rit par la tête, avec José Frèch­es, édi­tions du Seuil, 1992
  • Le self-ser­vice élec­toral, avec Jean-Marc Lech, édi­tions Flam­mar­i­on, 1993
  • Le jour ou la girafe s’est assise, édi­tions Arléa, 1994
  • La Grande Lessive : anar­chie et cor­rup­tion (en col­lab­o­ra­tion avec Jean-Marc Lech), édi­tions Flam­mar­i­on, 1995
  • L’inconnu de Goa, édi­tions Gras­set, 1996
  • Ques­tions de France, édi­tions Fayard, 1996
  • Un secret d’état, édi­tions Odile Jacob, 1997
  • Les dic­ta­teurs à penser et autres don­neurs de leçon, édi­tions du Seuil, 2004
  • Accusé Chirac, lev­ez-vous !, édi­tions du Seuil, 2005
  • Le défi du monde, avec Claude Allè­gre, édi­tions Fayard, 2006
  • Nos enfants nous haïront, avec Jacque­line Rémy, édi­tions du Seuil, 2006
  • Chroniques des années 70, avec André Perl­stein, édi­tions du Seuil, 2010
  • Por­traits crachés, Édi­tions Flam­mar­i­on, 2011
  • Ne vous représen­tez pas, Let­tre ouverte à Nico­las Sarkozy, Édi­tions Flam­mar­i­on, 2011
Documentaires

Huit jour­nal­istes en colère : « Ancien directeur de L’Express, Denis Jeam­bar a sol­lic­ité des jour­nal­istes, des directeurs de rédac­tion et des patrons de presse : huit hommes et femmes qui vivent de l’intérieur cette révo­lu­tion et qui s’interrogent sur leur méti­er. D’Arlette Chabot à David Pujadas en pas­sant par Edwy Plenel, Éric Fot­tori­no, Franz-Olivi­er Gies­bert, Jean-Pierre Elk­a­b­bach, Philippe Val et Axel Ganz, cha­cun pousse un coup de gueule face caméra. Dic­tature de l’émotion, con­fu­sion entre infor­ma­tion et diver­tisse­ment, manque de moyens, nou­veaux défis imposés par le Web… : ils dénon­cent les excès et s’inquiètent d’un jour­nal­isme qui va mal, met­tant en dan­ger la démoc­ra­tie. À l’heure de l’info disponible à tout moment, du bruit médi­a­tique, du peo­ple, de la presse gra­tu­ite, de la vic­tim­i­sa­tion, ils dis­ent ce qu’ils ont sur le cœur et recon­nais­sent aus­si leurs erreurs. » (arte.tv)

Com­ment devenir prési­dent : « Dès le début de l’année 2011, alors qu’il se pré­parait à se présen­ter aux pri­maires du Par­ti social­iste, François Hol­lande a accep­té qu’une équipe de télévi­sion le suive tout au long de sa cam­pagne. Il s’est égale­ment engagé à recevoir très régulière­ment Denis Jeam­bar et Stéphanie Kaïm pour des entre­tiens exclusifs. Au cours de cette dizaine de ren­con­tres, cet homme pudique a lais­sé s’approcher au plus près la caméra intimiste de ce doc­u­men­taire, qui con­stitue aujourd’hui la seule véri­ta­ble référence biographique sur le final­iste du deux­ième tour de l’élection prési­den­tielle. Il a autorisé, égale­ment, ses plus proches, à dévoil­er ce qu’ils savent de lui. Lead­ers poli­tiques, famille, col­lab­o­ra­teurs, amis, plus d’une trentaine de per­son­nes se sont livrés à une analyse de sa per­son­nal­ité. Ce doc­u­men­taire répond à la ques­tion que tout le monde se pose : com­ment devient-on Prési­dent et qui est vrai­ment François Hol­lande ? » (lectures.revues.org)

Collaborations

Avril 2007 : Invité par le can­di­dat Nico­las Sarkozy à une réu­nion avec d’autres acteurs de la cul­ture. Les invités : « les pro­duc­teurs Nico­las Sey­doux, Chis­t­ian Fech­n­er, et Jacques Per­rin, ou Pas­cal Nègre, le patron de la mai­son de disque Uni­ver­sal. Côté Edi­tion et la villepin­iste Chris­tine Orban », « Sarkozy détaille ses pri­or­ités cul­turelles », Le Figaro, 05/04/2007.

Févri­er 2007 : Témoin en faveur de Char­lie Heb­do lors du procès inten­té par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, prési­dent du Con­seil français du culte musul­man (CFCM), l’Union des organ­i­sa­tions islamiques de France (UOIF) et la Ligue islamique mon­di­ale, après la pub­li­ca­tion en 2005 de car­i­ca­tures de Mahomet dans le jour­nal satirique de Philippe Val. A cette occa­sion « Denis Jeam­bar, ancien directeur de l’Express lâche une “bombe” à l’audience (jour­nal­is­tique s’entend). Il racon­te com­ment un action­naire lui a demandé de ne pas pub­li­er les car­i­ca­tures pour ne pas faire échouer les con­trats qu’il s’apprêtait à sign­er en Ara­bie Saou­dite lors de son prochain voy­age avec Chirac : “J’avais pris la déci­sion de pub­li­er ces car­i­ca­tures […]. En févri­er 2006, un mar­di soir, vers 21h40, j’ai été con­tac­té par un action­naire. Il m’a demandé : “Allez-vous pub­li­er les car­i­ca­tures ?” Je lui ai répon­du : “Naturelle­ment.” “Il faut arrêter tout ca”, m’a-t-il dit. Je lui ai indiqué qu’il aurait à en assumer les con­séquences : ma démis­sion et les pertes entraînées par la non-paru­tion du jour­nal.” Un avo­cat lui demande l’identité de cet action­naire. La réponse de Jeam­bar laisse pass­er un ange : “M. Serge Das­sault”. Denis Jeam­bar n’a pas plié. Et Das­sault a ven­du l’Express. On com­prend mieux pourquoi seuls les jour­naux indépen­dants — notam­ment des annon­ceurs ou d’actionnaires ven­dant des armes — ont eu envie de mon­ter au front pen­dant la crise des car­i­ca­tures… », « Le procès de Char­lie Heb­do », Pro­Choix, févri­er 2007, n°39.

2004 : Lau­réat de la meno­ra d’or « pour son action per­son­nelle dans la défense des valeurs d’humanité et de lutte con­tre l’antisémitisme » lors de la céré­monie organ­isée par la loge Moshé Dayan du B’nai B’rith.

1994 : Par­ticipe à un dîn­er du club « Phares et Balis­es » fondé en 1991 par Jean-Claude Guille­baud et Régis Debray, « ce club icon­o­claste, aux allures par­fois de réu­nion de quarti­er, est très cen­tré sur la rue de l’Odéon, dans le VIe arrondisse­ment de Paris. “Deux élé­ments nous avaient réu­ni. Notre oppo­si­tion à la guerre du Golfe et au traité de Maas­tricht”, explique Guille­baud. Chi­raquien, le duo Guille­baud-Debray ? L’éditeur-journaliste ouverte­ment de gauche et l’ancien con­seiller de Mit­ter­rand au passé de guérillero ? Un peu ; mais avant tout antibal­laduriens. ”» En octo­bre 1994, la « réu­nion men­su­elle du club, qui s’est agran­di. Bruno Frap­pat, ancien directeur de la rédac­tion du Monde devenu directeur de la Croix, s’y rend. Mais aus­si Denis Jeam­bar, directeur du Point, Alexan­dre Adler, directeur de Cour­ri­er inter­na­tion­al, Paul Thibaud, ancien directeur d’Esprit, Bernard Guet­ta, etc. Les “amis” ont man­i­feste­ment pris du poids. Et ce soir-là, l’invité n’est autre que Jacques Chirac. Le maire de Paris est alors au plus bas, mal­traité par tous. On évoque même le retrait de sa can­di­da­ture. Et Til­l­inac dés­espère. Il a beau avoir mul­ti­plié les dîn­ers (une dizaine en six mois), Philippe Séguin a beau ten­ter de ral­li­er “les vrais répub­li­cains”, la sauce chi­raqui­enne ne prend pas », « Club “Phares et Balis­es” et Fon­da­tion Saint-Simon : Ces dîn­ers qui ont brisé la glace entre Chirac et des intel­lectuels de gauche », Libéra­tion, 14/03/1995.

1993 : Le pre­mier min­istre, Edouard Bal­ladur, invite cinq intel­lectuels à déje­uner : le philosophe Alain Finkielkraut, l’historien Michel Winock, les uni­ver­si­taires Blan­dine Kriegel et Alain-Gérard Sla­ma, ain­si que Denis Jeam­bar, alors directeur de la rédac­tion du Point. La dis­cus­sion « a tourné autour de la cohab­i­ta­tion, de l’emploi, de la place du tra­vail dans la société, de l’Europe, de l’Allemagne, de la crise yougoslave, de la con­cep­tion de la nation­al­ité, du bilan de la gauche et du rôle de l’État », « Rece­vant des intel­lectuels à déje­uner. Edouard Bal­ladur s’interroge sur le des­tin de l’Europe », Le Monde, 7/11/1993.

Il l’a dit

Lutte contre le Front National

« Les guêpes du Front nation­al bour­don­nent désor­mais dans toutes les insti­tu­tions de notre démoc­ra­tie. Après avoir fait leur nid dans la poli­tique et les syn­di­cats, les voici qui affo­lent la jus­tice. L’affaire NTM ne survient pas, en effet, par hasard à Toulon. Depuis plus d’un an main­tenant, cette ville est gou­vernée par un maire fron­tiste par­ti­san d’un ordre moral qui bâil­lonne et inter­dit », « Le traque­nard de Toulon », L’Express, 21/11/1996.

« Pour le pou­voir, mais aus­si pour la gauche, une sit­u­a­tion poli­tique nou­velle, en fait, s’installe. L’ignorer, ce serait courir le risque de la laiss­er per­dur­er et se ren­forcer. Le Front nation­al, depuis douze ans main­tenant, chem­ine obstiné­ment dans la vie poli­tique et élec­torale française, qui se réveille avec une nou­velle et douloureuse excep­tion. Com­ment la com­bat­tre et la réduire ? Voici le gou­verne­ment con­fron­té à l’une des ques­tions les plus déli­cates dans un pays démoc­ra­tique : à quelles mesures peut-on et doit-on recourir pour com­bat­tre l’extrémisme sans met­tre en dan­ger la lib­erté du peu­ple ? », « Mar­i­anne mar­quée au Front », Le Point, 24/06/1995.

« Quand les habi­tants de Vit­rolles votent Le Pen et quand les intel­lectuels descen­dent dans la rue con­tre le pro­jet Debré, ils obéis­sent à la même démarche : régler des comptes avec le sys­tème. Ain­si se développe une sit­u­a­tion inédite dans laque­lle chaque indi­vidu s’imagine encore citoyen mais agit dans l’anarchie. En apparence, la citoyen­neté et l’anarchie sont deux notions incom­pat­i­bles. Le désor­dre qui envahit notre archi­tec­ture nationale définit cepen­dant une France étrange où se con­juguent ces deux élé­ments. L’individu se sert tou­jours aux guichets éta­tiques, mais il refuse de plus en plus de servir l’État (…) Le dan­ger désor­mais est que cet anar­chisme citoyen para­dox­al dégénère en une anar­chie pure et sim­ple. », « Dans la presse », Le Monde, 28/02/1997.

« Droite et gauche ont la respon­s­abil­ité de bar­rer la route au par­ti d’extrême droite. Il en va de notre démoc­ra­tie comme de l’image de la France. La nation française aura-t-elle encore l’”âme sere­ine” après les élec­tions régionales de mars 1998 ? Cette ques­tion, qui ren­voie au Cahi­er noir de François Mau­ri­ac, l’un des plus grands textes de la lit­téra­ture de résis­tance, doit être posée ouverte­ment, et dès à présent, pour que per­son­ne, non per­son­ne, ne puisse dire, après le ver­dict des urnes régionales de mars prochain: “Nous n’avions pas vu arriv­er cette hor­reur poli­tique. (…)Une fois encore, donc, nul ne veut vrai­ment le croire, n’ose l’imaginer et, pour­tant, le scé­nario lep­éniste de la con­quête du pou­voir par la voie répub­li­caine et élec­torale tran­quille­ment chem­ine. Certes, l’issue est loin d’être acquise. Le Pen, lui-même, récidi­viste de l’odieux avec sa déc­la­ra­tion sur “les cham­bres à gaz, détail de l’Histoire”, brouille sa stratégie. Mais trop d’éléments du puz­zle sont d’ores et déjà en place pour ignor­er la men­ace. Plus per­son­ne ne peut vrai­ment sourire devant ce slo­gan en forme de promesse que le FN vient d’afficher sur la plu­part des murs de France: “Tenez bon, on arrive”. Que penserons-nous de nous-mêmes si cette réal­ité nous explose demain à la fig­ure? Et quel regard l’Europe, voire la planète jet­teront-elles sur ce peu­ple français qui, en 1793, sur propo­si­tion de Saint-Just, voulait vot­er la “lib­erté du monde”? N’aurions-nous donc rien appris de ce trag­ique XXe siè­cle? », « FN l’horreur poli­tique nous men­ace », L’Express, 11/12/1997

« Enfin, il ne faut pas hésiter — même si on ne sup­prime pas la fièvre en cas­sant le ther­momètre — à mod­i­fi­er des sys­tèmes élec­toraux lorsqu’une minorité anti­dé­moc­ra­tique se trou­ve en posi­tion d’exercer le pou­voir à quelque niveau que ce soit. » Ibid.

« Auri­ons-nous dû nous taire et rester silen­cieux devant une réal­ité poli­tique que per­son­ne ne veut vrai­ment regarder en face et avec lucid­ité? Le cour­ri­er con­sid­érable que nous avons reçu témoigne de la justesse de notre cou­ver­ture con­sacrée au Front nation­al. Nous avons voulu nous engager. Nous l’avons fait claire­ment et ouverte­ment. Nous ne sommes donc pas sur­pris par les réac­tions que L’Express a ain­si provo­quées. Notre objec­tif n’était pas d’insulter les électeurs du Front nation­al, comme cer­tains nous le reprochent, mais, en nous inscrivant dans la tra­di­tion d’engagement de L’Express, d’alerter nos lecteurs sur le phénomène lep­éniste et sur les con­séquences d’une nou­velle pro­gres­sion du par­ti fron­tiste. Voulons-nous être le pays européen qui rou­vre la voie à l’extrême droite? La réponse de L’Express est non et sa respon­s­abil­ité est de le dire sans détour à ses lecteurs. », « Con­tre Le Pen, L’Express signe — La réponse de L’Express », L’Express, 08/01/1998.

Néoconservateur / Choc des civilisations

« La Troisième Guerre mon­di­ale a com­mencé mar­di 11 sep­tem­bre sur la côte est des États-Unis. Une guerre mon­di­ale d’un nou­veau genre, inédite dans l’Histoire, entre le ter­ror­isme, selon toute vraisem­blance islamiste, et l’Occident. (…)Le mar­di 11 sep­tem­bre 2001 appa­raît donc, par l’ampleur de l’assaut et les vic­times qu’il a faites, comme le pre­mier jour de cette “guerre civil­i­sa­tion­nelle” entre l’islam et l’Occident. Mais c’est aus­si le cours de l’Histoire qui s’emballe. (…)Les Européens, eux-mêmes, sont con­fron­tés à ce défi: com­ment pour­raient-ils ne pas faire preuve de sol­i­dar­ité envers un peu­ple qui, par deux fois, au siè­cle dernier, est venu à leur rescousse. Certes, l’ennemi est insai­siss­able, mais il est impératif de trou­ver les voies et les moyens d’une réplique sans tomber dans un con­flit général­isé. Mal­heureuse­ment, l’Histoire en est la preuve, à la force ne peut que répon­dre la force. », « Guerre con­tre l’Occident », L’Express, 13/09/2001.

« Plus qu’une renais­sance des affron­te­ments idéologiques qui ont mar­qué au fer rouge le XXe siè­cle, c’est un choc des civil­i­sa­tions du Nord et du Sud qui se durcit en ce début de IIIe mil­lé­naire. Les som­bres prémices de cette con­fronta­tion se pré­cisent jour après jour. (…) Le cli­mat de la Con­férence mon­di­ale des Nations unies con­tre le racisme, qui vient de s’achever à Dur­ban, révèle, égale­ment, une rage nou­velle dans les rela­tions entre les pays occi­den­taux et les nations du tiers-monde, soutenues sou­vent par des ONG. La volon­té réitérée d’assimiler le sion­isme au racisme et la reven­di­ca­tion d’une indem­ni­sa­tion pour les pays vic­times de l’esclavage con­cré­tisent le mariage offi­ciel et vénéneux de Dieu et du Droit, de l’intégrisme islamiste et d’un abso­lutisme moral aveu­gle qui mécon­naît l’Histoire et la poli­tique. Cette alliance de la haine, qui trou­ve sa force dans sa «rad­i­cal­ité», crée une sit­u­a­tion d’urgence pour les sociétés les plus dévelop­pées. », « État d’urgence », L’Express, 13/09/2001.

« Si les moyens matériels de la coali­tion rassem­blée par les États-Unis sont impres­sion­nants, les armes d’Al-Qaeda sont, elles, red­outa­bles. La prin­ci­pale est la peur. Ben Laden l’utilise de manière dia­bolique parce qu’il con­naît notre monde et ses faib­less­es. Il a com­pris que le spec­ta­cle de la mort avait été radié des sociétés occi­den­tales. (…) Sa force, en revanche, est de ne pas la crain­dre et de nous plac­er sous sa men­ace per­ma­nente afin de créer une psy­chose avilis­sante. Pour lui résis­ter, et finale­ment le vain­cre, il va nous fal­loir rap­pren­dre que nous sommes mor­tels. Et l’accepter. », « Désarmer la peur », L’Express, 18/10/2001.

« Enfin, les islamistes ont trans­for­mé le phénomène majeur de l’immigration mas­sive en une véri­ta­ble bombe à retarde­ment. Une sus­pi­cion non dite et nou­velle pèse sur les musul­mans instal­lés en Europe et aux États-Unis comme si émergeait un nou­v­el empire du mal porté par sa cul­ture et sa démo­gra­phie. Là encore, Ben Laden a mar­qué des points, car son objec­tif est de cass­er tous les proces­sus d’intégration et d’assimilation hors du monde islamique. Face aux faits, seul compte le principe de réal­ité. C’est l’équilibre des peu­ples dans leur entier qui est, aujourd’hui, en cause. C’est notre civil­i­sa­tion que Ben Laden veut détru­ire. Et, pour l’heure, dans cette guerre rad­i­cale, il engrange les bul­letins de vic­toire face à nos démoc­ra­ties, qui n’ont pas encore trou­vé les clefs d’une réponse effi­cace. », « Pre­mière leçon », L’Express, 01/11/2001.

« A force d’expliquer que les États-Unis et l’Europe sont de plus en plus dif­férents, nous tombons dans la car­i­ca­ture, oubliant ce phénomène récur­rent: les ten­dances lour­des qui affectent l’Amérique con­t­a­mi­nent tou­jours le Vieux Con­ti­nent. Ain­si com­met­tri­ons-nous une erreur en faisant de la réélec­tion de George W. Bush une sim­ple ques­tion eth­no-améri­caine, une révo­lu­tion néo­con­ser­va­trice, religieuse et puri­taine, dont nous seri­ons pro­tégés, tant elle est con­traire à nos tra­di­tions. Cette approche idéologique masque un fait qui nous con­cerne autant que l’hyperpuissance: l’opposition entre des élites déna­tion­al­isées tant elles sont impliquées dans la mon­di­al­i­sa­tion et un peu­ple saisi par un nation­al­isme galopant. (…) Le vote du 21 avril 2002 fut l’illustration de la crise ouverte entre ces deux pays et rien ne prou­ve que la plaie soit refer­mée. Dans son dernier ouvrage, Samuel P. Hunt­ing­ton, l’auteur du fameux Choc des civil­i­sa­tions, dresse ce con­stat: ”En 1927, écrit-il, alors que la lutte des class­es et le nation­al­isme atteignaient leur apogée en Europe, Julien Ben­da, dans son bril­lant pam­phlet La Trahi­son des clercs, a vio­lem­ment attaqué les intel­lectuels, les accu­sant […] d’avoir suc­com­bé aux pas­sions du nation­al­isme. La trahi­son des intel­lectuels con­tem­po­rains est dif­férente. Ils aban­don­nent l’engagement vis-à-vis de la nation et de leurs com­pa­tri­otes et défend­ent la supéri­or­ité d’une iden­ti­fi­ca­tion avec l’ensemble de l’humanité.” Cette analyse, qui éclaire l’échec du démoc­rate John Ker­ry, s’applique à la France et à l’Europe. A force de martel­er que la com­mu­nauté transna­tionale est meilleure que la com­mu­nauté nationale, de soupçon­ner le peu­ple d’égarements nation­al­istes, nous nég­li­geons cette dimen­sion essen­tielle, et respectable, qu’est le patri­o­tisme. Nous ne fab­ri­querons pas l’Europe envers et con­tre les nations. Sauf à provo­quer des crispa­tions néo­con­ser­va­tri­ces com­pa­ra­bles à celles que vien­nent de con­naître les États-Unis. Les nations ne sont pas encore si mortes et l’âme des peu­ples si insen­si­ble qu’on puisse les ignor­er. Quand la peur s’empare d’eux, c’est vers leur pays et leur patrie qu’ils se tour­nent. Prenons garde que le réflexe iden­ti­taire améri­cain ne devi­enne, un jour ou l’autre, un réflexe français, anglais, alle­mand, ital­ien, etc. La con­struc­tion européenne, qui est notre avenir, n’y résis­terait pas. », « Néo­con­ser­vatisme » L’Express, 15/11/2004.

«Qui sommes-nous?” Cette inter­ro­ga­tion est d’autant plus néces­saire que la glob­al­i­sa­tion sec­oue les iden­tités nationales et met partout à mal leurs élé­ments con­sti­tu­tifs tra­di­tion­nels. Samuel P. Hunt­ing­ton, auteur du célèbre Choc des civil­i­sa­tions, résume ain­si ce phénomène mon­di­al dans un nou­veau livre événe­ment sur l’identité nationale améri­caine : «La mod­erni­sa­tion, la crois­sance économique, l’urbanisation et la mon­di­al­i­sa­tion ont mené à un rétré­cisse­ment des iden­tités et à leur redéf­i­ni­tion à une échelle plus réduite, com­mu­nau­taire et intime.» (…) ”Qui sommes-nous?” Dans l’arène publique, cette défail­lance con­duit à un recul de la laïc­ité, por­teuse de moder­nité. Allons-nous céder à ce retour du religieux qui se man­i­feste, comme l’observe Hunt­ing­ton, dans toutes les régions du monde, hormis l’Europe occi­den­tale ? «Qui sommes-nous?» Les Français sont dans l’attente d’une réponse. Ils broient du noir mais, comme sou­vent dans leur his­toire, il faudrait peu de chose pour qu’ils échap­pent à leur neurasthénie. Sans doute, comme dis­ait le général de Gaulle, une cer­taine idée de la France. Et de l’Europe. », « Une cer­taine idée de… », L’Express, 31/01/2005.

Soutien à Israël

« Qu’est-ce qu’Israël? L’aboutissement d’un plan prov­i­den­tiel dont les fils d’Abraham ont été les exé­cu­tants per­sévérants ou une vir­gule dans l’histoire du peu­ple juif, con­damné à l’errance depuis qua­tre mille ans, et pour l’éternité ? Cinquante ans après sa nais­sance, l’État d’Israël demeure une inter­ro­ga­tion douloureuse. (…) Mal­gré son demi-siè­cle, Israël est donc, encore et tou­jours, un mir­a­cle. Un mir­a­cle frag­ile et incer­tain parce que nous atten­dons plus de cet État que de tout autre. Pourquoi ? Sans doute parce que l’histoire du plus vieux peu­ple du monde, avec ses drames mil­lé­naires, est l’incarnation de la con­di­tion humaine. », « Mir­a­cle Frag­ile », L’Express, 30/04/1998.

« Idéal human­i­taire fondé par un peu­ple per­sé­cuté durant des mil­lé­naires, Israël a mal­heureuse­ment dû appren­dre, au cours de ses cinquante années d’existence, que pour sur­vivre dans un monde hos­tile il faut être impi­toy­able. Ter­ri­ble ambiva­lence, que nul ne cherche vrai­ment à com­pren­dre, au point de pouss­er cet État rêvé, dont on ne répétera jamais assez qu’il est le seul démoc­ra­tique dans cette région de tem­pête, vers la schiz­o­phrénie. Une nou­velle guerre au Proche-Ori­ent serait donc, aus­si, notre guerre, le miroir de notre pro­pre incurie et — j’en ai peur — le révéla­teur d’une croy­ance occi­den­tale enfouie qui veut que l’exil du peu­ple juif ne soit pas un acci­dent de l’Histoire mais sa des­tinée. Ne l’oublions pas alors que tout, de nou­veau, chan­celle: les dilemmes d’Israël sont aus­si les nôtres. Ceux d’une human­ité frag­ile et vul­nérable, déchirée entre l’idéalisme et la réal­ité. Sur cette terre où la moin­dre pierre est sym­bole, peut-être faut-il revenir à l’esprit et à ce pat­ri­moine com­mun qu’est la Bible. On y lit, dans le livre d’Ezéchiel (47, 21–22): “Vous partagerez ce pays entre vous, entre les tribus d’Israël. Vous vous le partagerez en héritage, pour vous et pour les étrangers qui séjour­nent au milieu de vous et qui ont engen­dré des enfants par­mi vous, car vous les traiterez comme le citoyen israélite.” », « Vous partagerez ce pays», L’Express, 12/10/2000.

« Plus que jamais Israël est une écharde insup­port­able dans le flanc d’Ismaël. Plus que jamais Israël a de fortes raisons de croire que sa dis­pari­tion est le but ultime d’une grande par­tie du monde arabo-musul­man. », « Grand jeu », L’Express, 27/09/2001.

« La jubi­la­tion étrange qui sourd, ici ou là, dans les com­men­taires sur le retrait israélien du sud du Liban trahit des sen­ti­ments ambi­gus. Mais qu’attend-on de ce pays? Seul État démoc­ra­tique du Proche-Ori­ent, men­acé de tous côtés depuis sa créa­tion, en 1948, il fait un geste d’apaisement, et aus­sitôt il se retrou­ve au banc des accusés! Quelle mouche pique donc nos bons esprits, plus enclins à son­ner la charge con­tre Ehud Barak, le Pre­mier min­istre de Jérusalem, qu’à dénon­cer Mon­sieur Hafez el-Assad, le cru­el Bis­mar­ck de Damas? La cause pales­tini­enne provoque une émo­tion légitime et exige une pres­sion diplo­ma­tique con­tin­ue, mais faut-il vrai­ment acca­bler en per­ma­nence Israël de tous les péchés du monde? (…) L’équité voudrait donc que l’on salue le geste de paix d’Israël. Mais l’Occident a du mal à s’y résoudre. Comme s’il ne par­ve­nait tou­jours pas à assumer le fait d’avoir présidé à sa créa­tion. », « Ne tirez pas sur Israël! », L’Express, 01/06/2000.

« Israël n’est ni intouch­able ni à l’abri des cri­tiques. Sa démoc­ra­tie n’est sans doute pas par­faite, mais quel État peut, aujourd’hui, revendi­quer la per­fec­tion démoc­ra­tique? Israël vit, depuis tou­jours, dans un envi­ron­nement hos­tile et sous la men­ace de con­flits. Bien des reproches peu­vent lui être adressés sur sa ges­tion de la douloureuse ques­tion pales­tini­enne. Il n’en demeure pas moins qu’Israël recherche la paix et chem­ine vers elle. Sa démoc­ra­tie est respectable. Certes, la per­fec­tion qu’on attend tou­jours de l’État hébreu — plus que de tout autre État de la région ou d’ailleurs! — est louable. Cette exi­gence ne doit pas, cepen­dant, con­duire à ignor­er la réal­ité et à dress­er, en per­ma­nence, un tableau à charge de ce pays. », « Une terre promise à toutes les pas­sions- La réponse de L’Express », L’Express, 22 /06/2000.

« Arafat nav­igue entre une fausse bonne volon­té paci­fiste et des provo­ca­tions cap­tieuses. Il ne dérape pas, il mène sa bar­que. Son but: enfer­mer Israël dans le cycle de la vio­lence, le pouss­er à l’escalade mil­i­taire pour ali­menter son procès et le dis­créditer sur la scène inter­na­tionale. Il ne recherche pas la paix, mais tra­vaille patiem­ment à la dis­pari­tion de l’État juif en le délégiti­mant sur le ter­rain des droits de l’homme. Par­fait Machi­av­el, il abuse d’autant plus le monde qu’Israël, aveu­gle et sourd, tombe dans tous ses guets-apens. », « Dou­ble jeu », L’Express, 06/09/2001.

« Mais, dans ce fleuve de souf­france, l’horreur, aujourd’hui, ne trou­ve plus de lim­ites en visant la jeunesse, placée au cœur des affron­te­ments pour exac­er­ber la haine, l’instinct de vengeance et l’aveuglement des enne­mis. Déjà, avec l’Intifada, les Pales­tiniens ont choisi d’envoyer en pre­mière ligne leurs enfants et d’interpeller le monde en lui offrant le spec­ta­cle de ces jeunes vic­times frap­pées par les balles israéli­ennes. », « Le sang de la jeunesse », L’Express, 07/06/2001.

« Une fois encore, donc, les juifs français décou­vrent que l’Histoire, avec ses som­mets et ses gouf­fres, leur donne ren­dez-vous. Et que l’on attend d’eux et d’Israël plus que de tout autre peu­ple. Sur­vivants envers et con­tre tout parce que, comme l’a écrit Paul John­son dans sa mon­u­men­tale His­toire des juifs, “ils pos­sè­dent la loi de la survie” », « Les juifs français et Israël », L’Express, 01/02/2001.

« Par­tis pour faire notre tra­vail jour­nal­is­tique de façon hon­nête, nous voilà aujourd’hui accusés d’être les com­plices d’une manœu­vre mal­hon­nête, voire con­spir­a­tionniste, un comble. C’est dire l’état d’une cer­taine presse en France.(…) C’est dans ce con­texte que nous sommes approchés, il y a six mois env­i­ron, par Luc Rozensweig, ancien du jour­nal Le Monde. Nous savons les rav­ages causés par cette image, la haine qu’elle a entretenue et dévelop­pée sur place, chez nous, dans les ban­lieues dites sen­si­bles, et partout ailleurs dans le monde, où elle a été présen­tée sur la base du com­men­taire fourni par Charles Ender­lin comme un exem­ple de la bar­barie israéli­enne .Après dis­cus­sions, nous accep­tons donc d’accompagner Luc Rozensweig dans son enquête pour ten­ter de savoir ce qui s’est vrai­ment passé ce jour-là au car­refour de Net­zarim. Mais pour empêch­er les manœu­vres médi­a­tiques habituelles, nous deman­derons à Luc Rozensweig de garder le secret jusqu’au bout. Nous enten­dons même nous réserv­er la pos­si­bil­ité de ne rien dire s’il n’y a rien à dire de plus que ce qu’on con­naît déjà. En revanche, le vision­nage per­met de relever, avec l’approbation de nos con­frères de France 2 présents autour de la table que, dans les min­utes qui précè­dent la fusil­lade, les Pales­tiniens sem­blent avoir organ­isé une mise en scène. Ils « jouent » à la guerre avec les Israéliens et simu­lent, dans la plu­part des cas, des blessures imag­i­naires. Le vision­nage inté­gral des rush­es démon­tre aus­si qu’au moment où Charles Ender­lin donne le gamin pour mort, tué par les Israéliens, c’est-à-dire le soir même sur le jour­nal de France 2, rien ne lui per­met d’affirmer qu’il est vrai­ment mort et encore moins qu’il a été tué par des sol­dats israéliens. Tout, bien au con­traire, à com­mencer par l’emplacement des uns et des autres sur le ter­rain, incrim­in­erait plutôt une ou des balles pales­tini­ennes. Face à cette dernière remar­que, nos con­frères de France 2 recon­nais­sent que rien effec­tive­ment ne per­met de dire que l’enfant a été touché par des tirs israéliens. Leurs experts ont même démon­tré, nous assurent-ils, que l’enfant a été touché par des éclats ( ?) ou par des balles qui auraient ric­oché sur la chaussée, des balles qui en tout état de cause ne visaient ni l’enfant ni son père. « De toute façon, con­clut l’un d’entre eux, on ne pour­ra jamais savoir d’où venaient les tirs. » Autrement dit, en attribuant la mort de l’enfant à des tirs israéliens le soir même sur France 2, Charles Ender­lin a extrapolé à par­tir des rush­es et de la ver­sion des événe­ments fournie par son cam­era­man. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il priv­ilégié cette inter­pré­ta­tion ? Dans quel but ? Peu importe, le fait est là et suf­fit en soi à revis­iter toute cette affaire de fond en comble pour tri­er le vrai du faux. A cer­tains jour­nal­istes « médias » qui ont ten­té d’amalgamer notre point de vue à celui de la Mena pour mieux le dis­créditer, nous voulons dire qu’ils par­ticipent une fois de plus à ren­dre ce dossier opaque. Il n’en avait pas besoin. En tout cas, compte tenu de la valeur sym­bol­ique de ces images et de leurs effets ravageurs, c’est un devoir pro­fes­sion­nel pour tous, nous sem­ble-t-il, d’éviter les approx­i­ma­tions et de dire exacte­ment ce que l’on sait. Ni plus ni moins. », « Guet-apens dans la guerre des images », Le Figaro, 25/01/2001.

Géopolitique

« Ain­si, le réal­isme s’impose devant l’irrésistible (ou résistible, les urnes ital­i­ennes en décideront ce 13 mai) ascen­sion de Sil­vio Berlus­coni. En fait, cet usurpa­teur d’Histoire, avec ce titre de Con­dot­tiere qui est une insulte aux princes mécènes de la Renais­sance, est le pro­duit car­i­cat­ur­al d’une économie qui colonise tout. Cet envahisse­ment, dont l’Italie est la maque­tte extrême, fre­late, aujourd’hui, l’esprit même des démoc­ra­ties. », « Le chien­dent Berlus­coni », L’Express, 10/05/2001.

« Fal­lait-il offrir l’apparat d’une vis­ite d’État au jeune prési­dent syrien, Bachar el-Assad? La réponse est non. Certes, la diplo­matie n’est pas une affaire d’enfants de chœur et la realpoli­tik est une néces­sité. La France a une poli­tique arabe qui exige qu’elle par­le avec tout le monde. Cepen­dant, il était inutile d’en faire autant et de met­tre les petits plats dans les grands pour accueil­lir cet authen­tique satrape. Rien n’a changé en Syrie depuis que Bachar el-Assad a suc­cédé à son père. La lib­erté y est bafouée, la vio­lence y est la règle, la haine y règne. Les pro­pos d’Assad fils sur les juifs en sont la preuve : com­ment peut-on oser déclar­er que ”le racisme israélien a sur­passé le nazisme”? (…) Ce régime incar­ne le pire et pra­tique ce que les démoc­ra­ties ont le plus de dif­fi­culté à com­bat­tre : le ter­ror­isme. La France n’est pas oblig­ée, pour rester dans la cour des grands pays, de dérouler le tapis rouge à un État aus­si peu recom­mand­able. Une vis­ite, certes, mais pas ce faste pour un homme qui est venu sans offrir le moin­dre gage. Car, en retour, nous n’obtiendrons rien, ou si peu, pour la paix au Proche-Ori­ent. », « Mémoire courte », L’Express, 28/06/2001.

« Ain­si, depuis quelques années, nous sommes-nous acharnés sur la Tunisie, alors que ce pays est le plus avancé du monde arabe sur le ter­rain des lib­ertés civiles. Les femmes y dis­posent d’un statut à nul autre pareil dans l’univers arabo-musul­man (la polyg­a­mie et la répu­di­a­tion y sont inter­dites, le divorce autorisé, les emplois ouverts), le poli­tique y est séparé du religieux, le taux de sco­lar­i­sa­tion y est celui des pays occi­den­taux et l’économie y galope autour de 5% de crois­sance. Certes, les lib­ertés poli­tiques n’ont pas eu le temps d’y naître et l’intégrisme y est très sévère­ment réprimé, mais le régime autori­taire de Ben Ali a besoin de la durée pour créer une véri­ta­ble assise démoc­ra­tique, à tra­vers notam­ment l’éducation. Il ne s’agit pas d’être com­plaisant mais sim­ple­ment lucide: la démoc­ra­tie ne naît pas en un seul jour, notre pays a, lui-même, traîné en chemin. Depuis les atten­tats con­tre les Twin Tow­ers, il est devenu, en tout cas, évi­dent qu’il faut oppos­er Ben Ali à Ben Laden. », « Ben Ali con­tre Ben Laden », L’Express, 08/11/2001.

« La respon­s­abil­ité du monde occi­den­tal est pour­tant con­sid­érable, voire entière, dans le naufrage de ce con­ti­nent [Afrique]. Elle se résume dans un rac­cour­ci his­torique qui claque comme un acte d’accusation. Deux à trois siè­cles d’esclavage ont privé cette terre de ses hommes, de ses fils et de son sang. La razz­ia s’est pour­suiv­ie avec l’exploitation sys­té­ma­tique des matières pre­mières, une mise en coupe réglée. Tout ce qui fai­sait cul­ture, les fameux arts pre­miers, racines des peu­ples africains, a été ensuite pil­lé pour rem­plir les étagères des musées et des col­lec­tion­neurs privés. Aujourd’hui encore, le sac se pour­suit avec le brain drain, la chas­se à grand ren­fort de bours­es d’études des meilleurs cerveaux. Le sang, la terre, les racines, les neu­rones: com­ment l’Afrique ne serait-elle pas un grand corps épuisé! Ces­sons de la fustiger et de la cor­rompre avec des aides aveu­gles qui finis­sent dans des comptes en Suisse. Depuis des siè­cles, l’Occident ne tend pas la main à l’Afrique pour l’aider mais pour lui met­tre son poing dans la gueule. », « Saigneurs d’Afrique » L’Express, 25/01/2001.

Politique française

« Le pou­voir de dis­sim­u­la­tion, qui garan­tis­sait la péren­nité de ces tré­soreries cachées, atteint aujourd’hui ses lim­ites. Sauf à réa­gir de manière bru­tale et autori­taire, les poli­tiques mènent donc, con­tre la vérité, un com­bat d’arrière-garde. C’est d’eux, en fait, que dépend désor­mais la fin des scan­dales politi­co-financiers. Il suf­fit qu’ils met­tent de l’ordre dans leurs affaires et s’appliquent à eux-mêmes ce qu’ils exi­gent, à juste titre, des citoyens : le respect scrupuleux de la loi et des procé­dures judi­ci­aires. Pour le reste — leur action, leur com­porte­ment, leur éthique — les élec­tions sont là pour les sanc­tion­ner ou pour les couron­ner. C’est entre les bornes du droit et du suf­frage uni­versel que doit chem­iner désor­mais la poli­tique. », « Les casseroles des par­tis », Le Point, 08/07/1995.

« Charles Her­nu fut un agent au ser­vice de l’Est il y a trente ans, mais nul ne peut dire si son passé a pesé sur ses activ­ités min­istérielles », « Her­nu démasqué ? », Sud Ouest, 30/10/1996.

« Dès ses pre­miers pas à Matignon, il [Alain Jup­pé] affiche les tra­vers qui vont le per­dre : une ambi­tion sans mesure qui ne tolère aucun rival, une inca­pac­ité absolue à s’élever pour man­i­fester de la grandeur d’âme, un tem­péra­ment auto­crate qui étouffe toute générosité, un mépris qui rend sourd et ali­mente des réac­tions d’une rare vio­lence. », Un secret d’État de Denis Jeam­bar.

« Dans le sys­tème Chirac, écrit-il, se niche un sys­tème Jup­pé qui s’est rodé pen­dant les deux années passées au Quai d’Orsay. Le min­istre des Affaires étrangères a pris comme directeur de cab­i­net et directeur adjoint, deux diplo­mates atyp­iques, véri­ta­bles guer­ri­ers du chi­raquisme. Dominique Galouzeau de Villepin et Mau­rice Gour­dault-Mon­tagne… Ces deux-là sont aus­si intel­li­gents que fidèles, mais aus­si bru­taux que rusés ». Ibid.

Médias

« Nous voulons redonner une iden­tité poli­tique, mais pas par­ti­sane, à L’Express, faire savoir que c’est un jour­nal qui a une analyse poli­tique. Je veux que L’Express soit le lieu du débat. Cela a été le cas avec Gis­card et le franc fort ou sur la par­ité hommes-femmes en poli­tique même si ça ne plait pas à tout le monde. Il faut avoir une capac­ité d’anticipation, être capa­ble de créer l’actualité, d’être en amont le plus sou­vent pos­si­ble. C’est là que réside l’avenir de la presse. On ne peut pas se bat­tre avec les valeurs de la télévi­sion.», « Le ter­rain poli­tique retrou­ve une place priv­ilégiée », Le Monde, 12/02/1997.

Justice

« Pour que le procès Papon ne tourne pas au fias­co, et si l’on veut que l’accusé lui-même regarde en face la vérité de sa vie sans s’en réjouir, il faut donc avoir le courage d’accélérer le cours de la jus­tice et de pronon­cer, au plus vite, une sen­tence qui peut, dès à présent, être ren­due. », « Dans la presse », Le Monde, 24/01/1998.

Franc-maçonnerie

« Le secret de l’appartenance maçon­nique s’est imposé au XVIIIème siè­cle, dans la mesure où la franc-maçon­ner­ie lut­tait con­tre le pou­voir absolu. Il était alors affaire de survie et au ser­vice du com­bat pour la lib­erté. Aujourd’hui, nous vivons sous un régime répub­li­cain et démoc­ra­tique dont la règle d’or est la trans­parence. Ce régime, les francs-maçons ont très large­ment con­tribué à le bâtir. Si le secret sur les travaux en loge est tout à fait jus­ti­fié, celui sur l’appartenance est incon­gru. Il est con­traire à ces principes démoc­ra­tiques et répub­li­cains qui con­stituent l’idéal maçon­nique. A ce titre, notre enquête était légitime. », « Francs-maçons: mis­es au point — La réponse de L’Express », L’Express, 16/02/1998.

« L’engagement spir­ituel qui a fondé la maçon­ner­ie demeure, certes, mais son pou­voir va bien au-delà d’une sim­ple réflex­ion philosophique sur la vie publique. Les francs-maçons jouent sou­vent un rôle impor­tant bien au-delà des loges. Ils sont des acteurs influ­ents de la vie poli­tique et économique. Et le secret qu’ils cul­tivent est une manière de mas­quer la réal­ité de leur puis­sance. Ce livre, dont L’Express pub­lie en exclu­siv­ité un chapitre essen­tiel sur les con­nex­ions maçonnes invis­i­bles dans l’économie française au sens large, fait événe­ment parce qu’il soulève, à tra­vers l’accumulation des révéla­tions, une ques­tion fon­da­men­tale: l’empire occulte de la franc-maçon­ner­ie ne devient-il pas une men­ace pour la démoc­ra­tie? », « La vérité sur les francs-maçons », L’Express, 19/04/2001.

Antisémitisme

« Imag­i­nons un seul instant ce scé­nario: des juifs attaquant, en France, des mosquées ou des écoles coraniques. L’indignation, à juste titre, se trans­formerait en une tem­pête publique. Alors pourquoi les actes anti­sémites qui, jour après jour, se mul­ti­plient dans notre pays lais­sent-ils les gou­ver­nants et les médias sans voix? Les faits sont pour­tant acca­blants. Depuis le déclenche­ment de la deux­ième Intifa­da, en sep­tem­bre 2000, en Israël, une onde de choc tra­verse notre société et un cli­mat de vio­lence, sans précé­dent depuis des décen­nies, y men­ace les juifs. L’empressement, poli­tique, à rel­a­tivis­er ces agres­sions et leur mino­ra­tion médi­a­tique traduisent, bien sûr, la peur d’importer chez nous «les pas­sions du Proche-Ori­ent», selon la for­mule de Lionel Jospin. Car, c’est un fait, ces actes sont com­mis, pour l’essentiel, par des musul­mans. (…) Ceux qu’elle délaisse ont le sen­ti­ment qu’ils ne sont plus mem­bres à part entière de la com­mu­nauté nationale. Le risque, aujourd’hui, est d’autant plus sérieux que l’intégration des juifs a été sacral­isée — pour effac­er leur exclu­sion trag­ique dans le passé — et exploitée face à la mon­tée du Front nation­al dans les années 80. Il est donc temps d’en finir avec cette omer­ta française qui cou­vre des exac­tions anti­sémites. Il n’est de pires mal­adies que celles qui ne se diag­nos­tiquent pas. Ou ne s’avouent pas. », « Silence coupable », L’Express, 06/12/2001.

Sa nébuleuse

Club Le Siè­cle : Le club Le Siè­cle a été fondé en 1944, il réu­nit, depuis plus de 60 ans, la qua­si-total­ité du pou­voir poli­tique, économique, financier ou médi­a­tique français. Soit env­i­ron 600 per­son­nes qui con­cen­trent entre leurs mains l’essentiel du pou­voir. Tout gou­verne­ment, qu’il soit de droite ou de gauche, a du tiers à la moitié de ses mem­bres qui y appar­tient (Au cœur du pou­voir, Emmanuel Rati­er). D’autres jour­nal­istes par­ticipent à ces dîn­ers men­su­els comme David Pujadas (France 2), Michel Field (Europe 1), Arlette Chabot (Pub­lic Sénat), Alain-Gérard Sla­ma (Le Figaro, France Cul­ture), Claude Imbert (Le Point), Franz-Olivi­er Gies­bert (Le Point, France 2), Emmanuel Chain (présen­ta­teur), Lau­rent Jof­frin, etc…

Ils ont dit

« A mesure que les grands réseaux tra­di­tion­nels décli­nent ou se trans­for­ment, d’autres mon­tent en puis­sance. Plus ou moins pres­tigieux, plus ou moins secrets, plus ou moins act­ifs, il en existe des dizaines, con­fes­sion­nels, poli­tiques, syn­di­caux, économiques, régionaux, médi­a­tiques, sportifs, aris­to­cra­tiques, qu’on ne peut tous citer ici. Le plus sélect est sans con­teste le Siè­cle, que pré­side actuelle­ment Gérard Worms (Roth­schild et Cie). On y ren­con­tre le gratin du Who’s Who, les plus influ­ents représen­tants de la poli­tique, de l’économie et des médias. Jean Peyrel­e­vade (Crédit lyon­nais), Michèle Cot­ta (France 2), Mar­tine Aubry (min­istre de l’Emploi), Louis Gal­lois (SNCF), Patrick Poivre d’Arvor (TF 1), Ernest-Antoine Seil­lière (Medef), Renaud Denoix de Saint Marc (Con­seil d’État), Jean- Marie Colom­bani (Le Monde), Jean- Claude Trichet (gou­verneur de la Banque de France), Olivi­er Schrameck (directeur du cab­i­net de Lionel Jospin), Denis Jeam­bar (L’Express) et bien d’autres encore. L’entrée y est naturelle­ment très sélec­tive et l’organisation rigoureuse. », « Les nou­veaux réseaux d’influence », L’Express, 01/06/2000.

« Faut-il le pré­cis­er ? Si cour­toise que soit, ou doive être, l’atmosphère générale, tous les mem­bres du Siè­cle ne se por­tent pas, bien sûr, une affec­tion mutuelle et démesurée. D’abord, on y compte fatale­ment des rivaux, des con­cur­rents, des enne­mis aus­si. Et, dans le cas qui nous occupe, par­fois issus du même média. Affil­iés, l’un et l’autre, au Siè­cle, deux anciens dirigeants d’une grande radio se vouent une sym­pa­thie à ne pas laiss­er traîn­er sur les tables trop de couteaux effilés. Ex-patron de L’Express, Denis Jeam­bar, autre mem­bre, n’a pas pris de gants, quand il dirigeait les édi­tions du Seuil, pour com­man­der un ouvrage vachard (et par­ti­c­ulière­ment doc­u­men­té) sur la Siè­cle woman Rachi­da Dati. », « Les jour­nal­istes embed­ded dans les cer­cles du pou­voir », revue-medias.com, n°29.

« Très vifs remous, orchestrés par l’extrême gauche, à la suite de la réédi­tion, aux édi­tions La Baleine, qui se situent très net­te­ment à gauche (y est notam­ment parue la série Le Poulpe), de Faut toutes les buter !, un roman polici­er signé par François Brigneau en 1948. Tou­jours aus­si tolérant, l’inénarrable Didi­er Daen­inckx a lancé une péti­tion deman­dant aux auteurs de La Baleine de retir­er leurs noms et leurs écrits du cat­a­logue de l’éditeur. Son directeur, Jean-François Platet, révèle à cette occa­sion que le livre aurait dû paraître déjà il y a plusieurs années mais que Denis Jeam­bar, à l’époque PDG du Seuil (qui con­trôle La Baleine) s’y était opposé. » Faits et doc­u­ments (1er au 15 mars 2010, n°292)

« Joint au télé­phone, l’éditeur sem­ble se réjouir du mini-scan­dale provo­qué par cette reprise, avouant même compter dessus pour « faire du buzz » et ven­dre des livres. Il racon­te être « tombé par hasard sur ce livre il y a deux ans env­i­ron, et l’avoir trou­vé génial, sans savoir qui était l’auteur ». S’étant ren­seigné sur la biogra­phie de Brigneau (wikipedia ici, par exem­ple), Jean-François Platet explique qu’il l’a ren­con­tré et qu’il a vaine­ment ten­té de con­va­in­cre le groupe Le Seuil auquel il apparte­nait alors de le pub­li­er. C’est Denis Jeam­bar, à l’époque PDG du Seuil, qui s’y était opposé, pré­cise-t-il. », « Le Poulpe: du noir au brun ? », Mediapart.fr, 18/02/2010.

« À 8h30 appa­raît Pierre Sled, un garçon dont le meilleur emploi est ailleurs, joueur de gui­tare rock. C’est lui qui dirige un débat amu­sant. Le principe est de pren­dre des invités par­mi les gens qui passent dans la rue. Ain­si, vous avez un cer­tain Denis Jeam­bar, qui est tou­jours là. Il doit être éboueur dans le quarti­er. ça tombe bien, ce Jeam­bar est, paraît-il, appré­cié dans la pro­fes­sion de jour­nal­iste. Déjà, c’est un ami de Séguéla et ensuite, il bal­ance ses con­frères, deux qual­ités pour pass­er à la télé. », « Le 20 heures, prozac du peu­ple », Bakchich Heb­do n°25, same­di 22 au ven­dre­di 28 mai 2010.

« Car­los, cette inter­minable saga, est pro­duite par Daniel Lecon­te, très grand ami de Denis Jeam­bar. Au moment de la mort du petit Mohamed al-Dura, tué à gaza par des tirs israéliens, Lecon­te et Jeam­bar ont mené une cam­pagne farouche con­tre notre con­frère Charles Ender­lin, jour­nal­iste à France 2 et auteur du ter­ri­ble scoop sur la mort du gamin en direct. Non pas en s’exprimant dans leurs jour­naux – Lecon­te a son rond de servi­ette sur Arte –, mais en inter­venant, en douce, auprès des dirigeants du ser­vice pub­lic, priés de vir­er Ender­lin. Lecon­te et Jeam­bar, voilà des experts en matière de pas­sion portée au jour­nal­isme.», « Lecon­te est bon », ; Bakchich Heb­do n°25, same­di 22 au ven­dre­di 28 mai 2010.

« Le social­iste Jacques Attali con­fie à L’Express, où il tient chronique en com­pag­nie d’éditorialistes qui pensent comme lui, que la con­ver­sa­tion du marc­hand d’armes dis­paru [Jean-Luc Lagardère] lui “don­nait le goût de croire encore en la pos­si­bil­ité de chang­er le monde” (20 mars 2003). Denis Jeam­bar regrette, dans le même numéro du même heb­do­madaire, “la plis­sure d’un sourire pétil­lant de mal­ice et d’intelligence”, le “charme irré­sistible” d’ “un cheva­lier” », Les nou­veaux chiens de garde Nou­velle édi­tion actu­al­isée (2005) et aug­men­tée, Serge Hal­i­mi.

« Quant à informer les autres de sa dépen­dance et de son sort… En 1996, Denis Jeam­bar rem­plaça Chris­tine Ock­rent à la direc­tion de la rédac­tion de L’Express, heb­do­madaire alors con­trôlé par Havas. Dans cette affaire, le lecteur fut traité un peu à la manière des krem­li­no­logues de l’ex-Union sovié­tique. Une purge secrète devait avoir eu lieu puisque, soudain, l’éditorial de la direc­trice avait dis­paru, chose qu’un abon­né excep­tion­nelle­ment vig­i­lant eût pu remar­quer. Mais, la semaine de cette dis­pari­tion, Chris­tine Ock­rent fig­u­rait encore dans l’“ours” du jour­nal (l’encadré où sont indiqués les noms des respon­s­ables de la pub­li­ca­tion). C’est dans le numéro suiv­ant, le 2335, qu’on apprit, tou­jours par l’“ours”, que désor­mais le directeur de la rédac­tion se nom­mait Denis Jeam­bar. » Idem.

« Jacques Duquesne use de la litote : ”Denis n’est pas vrai­ment un épi­curien. C’est le genre de Provençal froid qui a des pas­sions brûlantes. Il a besoin de s’enthousiasmer.” Claude Imbert : ”Ça ne se voit pas de prime abord mais c’est quelqu’un d’émotif, assez cyclothymique, donc sujet aux baiss­es de ten­sion. » Un ”ami de trente ans” : ”Insat­is­fait ? Je ne dirais pas ça. Comme tout le monde il a dû égar­er quelques rêves en chemin. Mais surtout, il est telle­ment exigeant, il se met une telle pres­sion ! Bien sûr, il y a les voy­ages, il adore ça, la famille, Grig­nan, mais je crois qu’il n’est heureux que lorsqu’il tra­vaille trop !” Un autre : ”Peut-être qu’il échang­erait beau­coup de cette réus­site pro­fes­sion­nelle pour un peu plus de con­sid­éra­tion lit­téraire.” »

« Reste, cepen­dant, l’éloge. Fal­lait-il aller jusque-là et, surtout, jusqu’à cette forme extrême d’apologie du crime ? Les auteurs, Denis Jeam­bar, rédac­teur en chef au Point, et Yves Rou­caute, agrégé de philoso­phie et de sci­ence poli­tique, n’osent-ils pas affirmer, en guise d’introduction, que loin d’être un moyen de gou­verne­ment archaïque la trahi­son reste d’actualité, néces­saire même ” comme fac­teur de cohé­sion sociale “, dans ces régimes frag­iles, ver­sa­tiles, vib­ri­on­nants que sont les démoc­ra­ties mod­ernes. A les suiv­re, ” la trahi­son est désor­mais la seule méth­ode pour gér­er le temps et la durée sociale “. Elle est perçue et analysée par nos auteurs comme ” l’expression supérieure du prag­ma­tisme “; comme la capac­ité de s’adapter à la volon­té du peu­ple, aux pul­sions de la société; comme une défense con­tre le despo­tisme. Elle a le courage, affir­ment encore Denis Jeam­bar et Yves Rou­caute, d’éviter les rup­tures et les frac­tures. Bref, ” le reniement est au coeur de notre vie poli­tique “. », « Traité de la traitrise », Le Monde, 07/11/1988.

« Les meilleurs cou­ples sont sou­vent ceux qui asso­cient deux per­son­nal­ités con­trastées. Claude Allè­gre et Denis Jeam­bar ne se ressem­blent pas. Le sci­en­tifique et le lit­téraire, le grand savant jubi­la­toire et l’analyste exigeant, le lanceur d’idées icon­o­clastes et l’observateur fitzgéral­dien, l’homme de gauche et celui qui ne l’est pas… les cli­vages qui les sépar­ent ne man­quent pas. (…)Les saintes colères des deux auteurs con­tre les vices de l’Union européenne, qu’ils aiment d’une ardente cru­auté, com­por­tent des sug­ges­tions ingénieuses. Les aperçus-escapades vers la Chine, et surtout vers les États-Unis, met­tent l’accent sur des orig­i­nal­ités fécon­des, notam­ment en ce qui con­cerne le sys­tème uni­ver­si­taire améri­cain et les con­di­tions de la cir­cu­la­tion sociale out­re-Atlan­tique. », « La France en état d’urgence », Le Point, 14/09/1996.

Jean d’Ormesson : « Volon­taire­ment ou involon­taire­ment, les extrémistes de gauche, comme sou­vent, font à cet égard le lit de l’extrémisme de droite. Un accord n’est pas loin de se dessin­er sur ce point entre une gauche et une droite qui rejet­tent égale­ment l’extrémisme. Il suf­fit de lire des esprits aus­si dif­férents que Jean Daniel dans L’Observateur, Max Clos dans Le Figaro, Denis Jeam­bar dans L’Express ou Claude Imbert dans Le Point pour s’en per­suad­er. », « Tolérance et vérité », Le Figaro, 20/02/1997.

Serge Hal­i­mi : « Des « mains sales » ou plutôt des mains qui s’imaginent assez pures pour manier le scalpel. En juin dernier, la firme Alca­tel annonce qu’elle envis­age de fer­mer la plu­part de ses usines. Sans tarder, M. Denis Jeam­bar s’offusque de l’inaction publique : « Les gou­ver­nants vivent sous l’empire des marchés et des entre­pris­es mon­di­al­isées. Bref, il n’y a plus de poli­tique. » Mais l’auteur de cette per­spi­cace rép­ri­mande est à la fois directeur de L’Express et prési­dent du pôle infor­ma­tion générale de Viven­di Uni­ver­sal Pub­lish­ing — ex-Havas, un groupe autre­fois détenu par Alca­tel … Lieu­tenant d’une des prin­ci­pales multi­na­tionales de la planète, peut-il dis­sert­er sur les évo­lu­tions de l’actualité comme si celles-ci lui étaient tout à fait extérieures ? Les « entre­pris­es mon­di­al­isées » qui vivent « sous l’empire des marchés », n’est-ce pas aus­si, et de plus en plus, les con­glomérats de la com­mu­ni­ca­tion ? Et, dans ce cas, ne con­viendrait-il pas d’activer de temps en temps les bal­ais devant ces portes-là ? », « Lib­erté de la presse, cen­sures de l’argent », Le Monde diplo­ma­tique, août 2001.

Denis Jeam­bar, l’ancien patron édi­to­r­i­al du Point, puis du Seuil, relate dans l’hebdomadaire Mar­i­anne un déje­uner “privé” récent lors duquel Strauss-Kahn invi­ta Szafran et Dom­e­n­ach, les respon­s­ables de la rédac­tion, à soutenir son ambi­tion prési­den­tielle. C’était son droit de les embobin­er, et leur droit de suc­comber à ses avances. Sans les tribu­la­tions new-yorkaises de l’intéressé, le déje­uner fût resté secret, et les lecteurs de Mar­i­anne n’auraient rien su d’une con­nivence mondaine à vrai dire banale au sein du sérail médi­a­tique parisien, mais pas sans inci­dence sur la ligne poli­tique de ce jour­nal.” “Con­nivences” valeursactuelles.com, 01/06/2011

Crédit pho­to : Siren-Com via Wiki­me­dia (cc)

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