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Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, tente de censurer un journal local

14 mars 2021

Temps de lecture : 2 minutes

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Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, tente de censurer un journal local

Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, tente de censurer un journal local

Avez-vous entendu parler de Rodéo ? Ce nouveau mensuel bordelais créé fin 2020 dont la ligne éditoriale fait déjà trembler la mairie EELV de Pierre Hurmic. Mais comment fait-on trembler un maire écologiste ?

Société, Police, Justice de quoi faire un Rodéo

Le jour­nal défend-il la déforesta­tion, le réchauf­fe­ment cli­ma­tique ou la fonte de la ban­quise au pôle nord ? Que nen­ni ! Ce men­su­el gra­tu­it, pro­duit par trois jour­nal­istes bor­de­lais, pré­tend faire la lumière sur la face cachée de leur ville. Rodéo se définit lui-même ainsi :

« Société, Police, Jus­tice, sans écri­t­ure inclu­sive ni langue de bois, c’est la promesse de ce nou­veau média qui sec­oue ! Jour­nal péri­odique et satirique d’information, Rodéo attaque l’insécurité au scalpel et jette sur l’actualité des tri­bunaux et la vie poli­tique locale un regard acéré et décalé ».

La délinquance à Bordeaux, sujet tabou

Ce nou­veau média détail­lé et pré­cis a pour ambi­tion de faire pren­dre con­science de la sit­u­a­tion bor­de­laise et ne se gêne pas pour dénon­cer l’inaction des pou­voirs publics le cas échéant. Le tort de ce jour­nal est donc de vouloir dénon­cer la délin­quance gran­dis­sante au sein de la ville de Bor­deaux. N’importe quel maire soucieux du bien-être de ses citoyens pour­rait utilis­er cette mine d’information pour réa­gir de façon adéquate, mais il sem­ble qu’à Bor­deaux on préfère défendre une cer­taine image de sa ville avant tout. Mon­sieur le maire a prob­a­ble­ment été un peu vexé étant don­né les réac­tions qui suivent.

Twitter, la mairie, et même le financement participatif censurent

Le jour­nal local, dont le tout pre­mier tirage avait été un suc­cès en étant dis­tribué à 12 000 exem­plaires dans 140 points de dis­tri­b­u­tion dif­férents, se voit donc tout sim­ple­ment cen­suré. Le bal s’est ouvert avec la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion de la police de Bor­deaux qui a demandé le retrait des exem­plaires mis à dis­po­si­tion dans les com­mis­sari­ats de la ville (comme si le lieu n’était pas appro­prié pour y par­ler de délin­quance). Puis la danse s’est pour­suiv­ie avec KissKiss­BankBank. Cette plate­forme de lev­ée de fonds a con­fisqué les 1.500 € récoltés par le jour­nal en trois jours seule­ment au pré­texte que leur ligne édi­to­ri­ale était con­traire à l’ »éthique de la plate­forme ». Bien évidem­ment Rodéo n’a pas man­qué de réa­gir sur Twit­ter pour dénon­cer cet abus, la suite vous la devinez sûre­ment, l’oiseau bleu a tem­po­raire­ment cen­suré leur compte.

Faut-il pré­cis­er que le jour­nal s’était sim­ple­ment con­tenté de relay­er le mes­sage reçu par KissKiss­BankBank ? Les lecteurs de l’OJIM com­men­cent à con­naître la façon de procéder de Twit­ter et ne s’étonneront même plus de l’arbitraire d’une telle cen­sure. Pré­cisons égale­ment que Rodéo n’a jamais été sus­pec­té par la jus­tice de relay­er quelque con­tenu haineux ou pro­pos diffam­a­toire que ce soit. Marc Petrov, co-fon­da­teur du média déclarait dans une inter­view que le jour­nal est : « pure­ment bénév­ole. On l’a fondé avec nos pro­pres moyens, et on n’a aucune arrière-pen­sée idéologique. […] Rodéo est né d’une tristesse, celle de voir Bor­deaux rejoin­dre la cohorte des villes de France frap­pées par l’insécurité ».

Imag­i­nons un instant que le maire de votre ville réponde à votre cri d’alarme par une telle démon­stra­tion de cen­sure, qu’en penser ?  De là à y voir un acte de com­plai­sance ou l’expression de la volon­té du « vivre ensem­ble » (voy­ous et munic­i­pal­ité) entre cer­tains pou­voirs publics et la délin­quance, il n’y a qu’un pas. Franchi ?

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