Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Migrants, réfugiés, clandestins, envahisseurs : la guerre des mots

7 septembre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | Migrants, réfugiés, clandestins, envahisseurs : la guerre des mots

Migrants, réfugiés, clandestins, envahisseurs : la guerre des mots

Devant l’ampleur de la crise migratoire, devant les files de centaines de milliers de candidats à l’immigration quel vocable adopter ? L’analyse d’un éditorial de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération, dans l’édition papier des 5 et 6 septembre cerne quelques enjeux d’un vocable qui dépasse les querelles sémantiques.

L’article sem­ble ouvrir le débat. Mais le titre le referme de suite : « Ne dites plus migrant ». Il manque le point d’exclamation mais le mode impératif et per­for­matif est de mise. Pour com­mencer Qua­tremer éreinte ses con­frères français (il oublie Le Monde) qui « ont été les seuls en Europe à ne pas pub­li­er en une la pho­to d’Aylan ce petit garçon syrien noyé ». Ce manque de (bonne) con­science réside dans le mal français : « La crise human­i­taire actuelle est traitée comme une aggra­va­tion… d’une vague migra­toire, qui depuis des années vient s’échouer sur les côtes européennes … ». Le mot migrant ren­voie lui-même à « immi­grant » con­noté néga­tive­ment en France, « un cache-sexe séman­tique qui per­met de  nier la spé­ci­ficité du drame humain qui se joue à nos fron­tières ». Dia­ble ! Quelles fron­tières ? Celles de l’Eldorado fan­tas­mé européen ou celles de tous les con­flits de tous les pays. Les fron­tières de l’Europe iraient jusqu’à l’Irak, la Syrie, voire l’Erythrée ou la Soma­lie ? Il est vrai que l’Union Européenne ne con­sid­ère pas l’Europe comme un ensem­ble his­torique, géo­graphique et cul­turel mais comme un agglomérat rassem­blé par « les droits humains » et que les fron­tières morales ont l’avantage de pou­voir se pass­er plus facile­ment, pre­mière étape en atten­dant la sup­pres­sion des fron­tières physiques si mal­v­enues.

Allons plus loin dans l’article « Par­ler de migrants, c’est nier leurs souf­frances, c’est inter­dire aux citoyens de penser le drame qui se joue, c’est anesthési­er l’opinion publique… » . Les argu­ments com­pas­sion­nels peu­vent se retourn­er comme un gant : par­ler de « réfugiés » c’est inter­dire aux citoyens de penser les con­séquences à court, long et moyen terme de ce pre­mier mou­ve­ment mas­sif de pop­u­la­tion, c’est anesthési­er l’opinion publique sur la réal­ité des koso­vars, albanais, indi­ens, sri-lankais, pak­istanais qui ne vien­nent pas de zones de guerre. C’est priv­ilégi­er l’émotion – le cadavre du petit garçon – pour nier toute réflex­ion sur les respon­s­ables véri­ta­bles des noy­ades, c’est oubli­er le rôle de la France dans le chaos libyen, celui des États-Unis dans le chaos irakien, celui des islamistes dans le chaos syrien, celui de tous ceux qui encour­a­gent les passeurs en souhai­tant la fin de tout con­trôle.

Le meilleur de l’éditorial est pour la fin : la reduc­tio ad Lep­en­em. Employ­er le mot de « réfugié… c’est refuser cette lep­éni­sa­tion ram­pante des esprits ». Alors que les « “migrants” ne peu­vent qu’être ren­voyés vers la mis­ère des camps de tran­sit ou vers la mort ». Si vous par­lez de migrant vous êtes coupable de la mis­ère et de la mort de ceux qui veu­lent s’installer chez vous. Tous coupables sauf les Alle­mands qui en rede­man­dent, mais pour com­bi­en de temps ?

Crédit pho­to : Inter­na­tion­al Fed­er­a­tion of Red Cross and Red Cres­cent Soci­eties via Flickr

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Abel Mestre

PORTRAIT — Faut-il class­er Abel Mestre dans la caté­gorie jour­nal­iste ? Abel Mestre con­stitue à lui seul un fourre-tout de l’extrême extrême-gauche, allant du stal­in­isme à l’anarchisme en pas­sant par le trot­skisme expéri­men­tal et l’action de rue.

Sophia Aram

PORTRAIT — Issue d’une famille d’o­rig­ine maro­caine, Sophia Aram est née à Ris-Orangis (Essonne) le 29 juin 1973. Sophia Aram s’ini­tie à l’art de l’im­pro­vi­sa­tion dans les étab­lisse­ments sco­laires de Trappes puis au sein de la com­pag­nie « Déclic Théâtre », où elle côtoie Jamel Deb­bouze.

Christophe Ono-dit-Biot

PORTRAIT — Né en jan­vi­er 1975 au Havre, Christophe Ono-dit-Biot a fait Hypokhâgne et Khâgne au lycée Jan­son-de-Sail­ly, à Paris, puis un DEA de Lit­téra­ture com­parée sur les écrivains fin de siè­cle « déca­den­tistes ». Il est agrégé de let­tres mod­ernes (2000).

Ali Baddou

PORTRAIT — Ali Bad­dou n’est pas seule­ment présen­ta­teur-jour­nal­iste et pro­fesseur de philoso­phie poli­tique à Sci­ences-Po. Ce mem­bre de l’hyperclasse mon­di­ale est avant tout au cœur des réseaux de pou­voir maro­cains, français (mit­ter­ran­di­ens et social­istes) et médi­a­tiques.

Johan Hufnagel

PORTRAIT — Bien qu’il n’ait, pour un jour­nal­iste, pas écrit grand chose, Johan Huf­nagel n’en est pas moins par­venu à se hiss­er aux postes clés des médias où il a posé ses valis­es. Il n’y a là rien d’é­ton­nant : son secteur d’ac­tiv­ité n’est ni l’in­ves­ti­ga­tion, ni même la sim­ple rédac­tion, mais le numérique.

"Le partage, c'est le secret du bonheur."

Sylvain Augier, reporter, animateur de radio et de télévision