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Pub­lié le 20 juillet 2017 | Éti­quettes : ,

Marine Le Pen et le Vel d’Hiv : du point de détail au point Godwin

[Rediffusions estivales 2017 – article publié initialement le 11/04/2017]

Invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro dimanche 9 avril, Marine Le Pen était interrogée sur l'un des aspects de son programme, à savoir le refus des déclarations de repentance historique au nom de la France.

Partant de là, le journaliste Olivier Mazerolle a cru bon de lui demander si Jacques Chirac avait eu tort de reconnaître, en 1995, la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv et la déportation des juifs de France. « Je pense que la France n’est pas responsable du Vel d’Hiv », a aussitôt répondu la présidente du Front National.

Et celle-ci de poursuivre en estimant que, « de manière générale, (...) s’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas LA France ». Enfin, la candidate juge que, depuis des années, la France « a été malmenée dans les esprits ». « On a appris à nos enfants qu’ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n’en voir peut-être que les aspects historiques les plus sombres », a-t-elle ajouté, affirmant vouloir en conséquence « qu’ils soient à nouveau fiers d’être Français ».

Il n'en a pas fallu plus pour provoquer l'« indignation » du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), abondamment relayé par les médias. Dans un communiqué, l'organisation communautaire dénonce « des propos révisionnistes qui dévoilent le véritable visage du Front national ». Pour le CRIF, les propos de Marine Le Pen sont « une insulte à la France, qui s'est honorée en 1995 à reconnaître sa responsabilité dans la déportation des juifs de France et faire face à son histoire, sans mémoire sélective ».

Et d'ajouter que la présidente du Front National s'inscrit ainsi « dans la tradition vichyste et collaborationniste de son père ». Et c'est bien là que le bât blesse, jusqu'au ridicule même. En effet, estimer que le gouvernement de Vichy, responsable des déportations, n'était pas « LA France », comme l'a précisément fait Marine Le Pen, est une position historiquement... gaulliste. Dans l'esprit gaulliste, si le pays légal se trouvait bien à Vichy, le pays réel était quant à lui à Londres.

Quoi qu'on pense de cette analyse historique, c'est bien dans cette tradition que Marine Le Pen s'est inscrite, à l'instar de François Mitterrand, qui refusait toute repentance à ce sujet. Y voir quelque chose de moralement condamnable est déjà assez absurde ; y voir, comme le fait le CRIF, une posture « vichyste » dépasse l'entendement.

Ou alors Mitterrand était-il révisionniste lui aussi, lui qui refusait toute excuse ?

En écho avec les condamnations des médias et les éditos de Patrick Cohen, des hommes politiques comme Emmanuel Macron ou Christian Estrosi y sont également allés de leur jugement. Pour Estrosi, Marine Le Pen « rejoint son père sur le banc de l'indignité et du négationnisme ». Quant à Macron, il a estimé que la candidate commettait-là « une faute grave », rappelant au passage qu'elle était bien « la fille de son père »...

Quand l'ignorance des journalistes se conjugue avec la volonté de nuire à quelques jours maintenant du premier tour, les électeurs se retrouvent contraints d'assister à cette tentative désespérée de lancer une nouvelle affaire du « point de détail », version fille.

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