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L’Obs : l’éviction d’Aude Lancelin était bien politique

3 juin 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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L’Obs : l’éviction d’Aude Lancelin était bien politique

Comme le révèle Le Figaro après avoir eu accès à un SMS envoyé par Claude Perdriel, l’éviction d’Aude Lancelin de L’Obs revêt bien une dimension politique.

Jusqu’à présent, la direc­tion de l’heb­do­madaire met­tait en avant des raisons man­agéri­ales. Mais ce SMS de Claude Per­driel, action­naire à 34 % du mag­a­zine qu’il a fondé, vient offi­cialis­er ce que tout le monde savait déjà. Le 14 mai à 18h26, il envoit à Lancelin : « Chère Aude. Vous avez toute ma sym­pa­thie mais la déci­sion du dernier con­seil (de sur­veil­lance, NDLR) est évidem­ment irrévo­ca­ble. Votre tal­ent est indis­cutable. Vous êtes jeune, vous n’au­rez pas de prob­lème pour trou­ver du tra­vail, nom­breux sont ceux qui vous sou­ti­en­nent. Morale­ment, c’est impor­tant. Je respecte vos opin­ions mais je pense qu’elles ont influ­encé votre tra­vail. Cela n’empêche pas le tal­ent. Amicalement. »

Lors de ce con­seil de sur­veil­lance, qui s’é­tait tenu trois jours aupar­a­vant, les action­naires avaient estimé que les pages Débats, ani­mées par Aude Lancelin, étaient en con­tra­dic­tion avec la ligne « sociale-démoc­rate » de l’heb­do­madaire. Con­tac­té par Le Figaro, Claude Per­driel a préféré expli­quer ce qui était reproché à la numéro 2 du jour­nal. « Quand on respecte son lecteur, on ne lui impose pas une idée. Aude Lancelin donne la parole à Nuit debout! Cela la regarde mais ce n’est pas la ligne du jour­nal », a‑t-il lancé.

En effet, au sein des pages Débats du mag­a­zine, Aude Lancelin don­nait la parole au mou­ve­ment de protes­ta­tion. Pour ne pas arranger son cas, elle est depuis un an et demi en cou­ple avec Frédéric Lor­don, écon­o­miste, soci­o­logue, con­tribu­teur du Monde Diplo­ma­tique et… par­tic­i­pant fréquent à Nuit Debout. « Avec Lor­don, Aude a ajouté à sa dimen­sion poli­tique d’ex­trême gauche une pen­sée économique abra­sive: l’é­conomie telle que l’on nous l’en­seigne est remise en ques­tion par les écon­o­mistes dits atter­rés. Ils remet­tent en cause les principes comme l’au­torégu­la­tion des marchés. Don­ner une place à ces penseurs devient sub­ver­sif », a com­men­té une jour­nal­iste de L’Obs. Pour elle, c’est évi­dent, « on s’est séparé de Madame Lordon ».

Pour François Ruf­fin, rédac­teur en chef de Fakir, auteur du doc­u­men­taire « Mer­ci Patron ! » et proche de Frédéric Lor­don, il s’ag­it d’une « élim­i­na­tion poli­tique, de l’or­dre de l’as­sainisse­ment ». Mais selon lui, l’Élysée n’a même pas eu besoin d’in­ter­venir tant les action­naires savent « très bien ce que l’on attend d’eux ». Un sen­ti­ment con­fir­mé par un proche du Prési­dent de la République : « Hol­lande n’a même pas besoin de le deman­der. Cette presse cri­tique le prési­dent mais c’est pour la forme. Au final, elle se rabat­tra sur lui et le soutiendra. »

De son côté, Frédéric Lor­don a jugé que le fait que sa rela­tion avec Aude Lancelin soit « l’une des raisons de cette vio­lence insti­tu­tion­nelle qui lui est faite est très per­tur­bante per­son­nelle­ment et poli­tique­ment ». « Nous sommes revenus à un principe de respon­s­abil­ité par tiers inter­posé. Lui faire porter des faits et gestes dont je suis l’au­teur est scan­daleux », a‑t-il con­clu. Enfin, l’Élysée a égale­ment com­mu­niqué sur l’af­faire, assur­ant au Figaro que les infor­ma­tions par­lant d’un limo­geage poli­tique sont « absol­u­ment fauss­es, absur­des et diffamatoires ». 

En réal­ité, les raisons de cette évic­tion pour­raient être à la fois poli­tique et « man­agéri­ales ». Dans les couloirs de l’heb­do­madaire, on évoque en effet le côté « insup­port­able » d’Aude Lancelin. D’après un jour­nal­iste, celle-ci avait « du mal à com­mu­ni­quer avec les autres » et « n’a pas démon­tré ses capac­ités à ani­mer une rédaction ».

Voir notre por­tait de Claude Perdriel

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