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L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Première partie

27 juin 2019

Temps de lecture : 3 minutes

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L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Première partie

L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Première partie

La lutte pour le monopole de « la vérité », dans le cadre de l’information, par le biais du combat idéologique contre les vérités (nombreuses) ou les informations (tout aussi nombreuses) qui dérangent, est devenue une occupation majeure des médias officiels, occupation d’autant plus utile qu’elle provoque la naissance de nouveaux médias, et donc de nouveaux emplois dans une sphère journalistique en souffrance qui en avait bien besoin. Cette capacité de redéploiement semble être devenue une politique centrale dans la stratégie médiatique menée par France TV.

Un œil sur France TV

L’OJIM garde un œil sur France TV. Un média appar­tenant à un État n’est pas n’importe quel média (c’est ce que dis­ait Emmanuel Macron en 2017 au sujet de la Russie, cela doit bien val­oir aus­si pour la France).

Exem­ples récents d’observations menées par l’OJIM au sujet de France TV :

Ce n’est qu’un aperçu…

France TV se met au format des djeuns : l’intox, c’est vous

La chaîne de télévi­sion de l’Etat français a com­pris depuis peu, avril 2019 en réal­ité, que la jeunesse regarde de moins en moins de longs for­mats, plutôt des for­mats courts et incisifs (de 7 à 12 min­utes). Elle sem­ble aus­si com­pren­dre que cette même jeunesse n’appuie guère sur les bou­tons de la télé­com­mande, préférant utilis­er inter­net. Il n’en fal­lait pas plus pour que naisse « L’intox c’est nous », une série télévisée de doc­u­men­taires visant à ce que nous deve­nions tous sen­si­bles à un statut qui sem­ble nous avoir con­quis à notre insu : nous col­la­bore­ri­ons avec l’intox… Autrement dit, sans notre parte­nar­i­at, pas de « fake news ».

Voir aussi  L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Deuxième partie

Le pitch : « Face à une fausse infor­ma­tion, on se pense sou­vent extérieur à la chose, on se demande d’où elle vient ? Qui l’a pro­duite ? Pourquoi ? Sauf qu’aujourd’hui le par­a­digme a changé et, dans l’écosystème numérique, nous ne sommes plus extérieurs à la dés­in­for­ma­tion, nous en sommes toutes et tous les relais poten­tiels ».

L’épisode 1 de la série L’intox c’est nous est titré : Bien­v­enue dans la jun­gle.

Le pro­pos :

  • Pitch : « L’ère du numérique est mar­quée par l’omniprésence des infor­ma­tions. Les infor­ma­tions sont là, partout, tout le temps, elles for­ment une « jun­gle » dans laque­lle se mélan­gent vraies et fauss­es nou­velles. Mais com­ment dis­tinguer le vrai du faux ? ».
  • La manière : « Elles sont tou­jours là, au fond de nos poches ou dans un coin d’écran, dans la rue, au bureau ou sous la cou­ette, de jour comme de nuit, vacances et week-end com­pris, elles débor­dent de nos appli­ca­tions et de nos réseaux numériques, elles vibrent, son­nent et clig­no­tent, alertes, pub­li­ca­tions… ». La voix est celle d’une nou­velle Pas­cale Clark. « Elles sont partout, tout le temps, une nou­velle info est tombée, bien­v­enue dans une jun­gle sous amphé­t­a­mines, une forêt trop­i­cale qui ne cesse de croître, il y a tou­jours une infor­ma­tion à portée de main, cer­taines sont vraies, d’autres fauss­es… ». La voix est accom­pa­g­née d’une musique ryth­mée, con­tem­po­raine, et affirme ain­si sans fard que « cer­taines infor­ma­tions » sont « fauss­es ». On peine à le croire.
  • De l’info à l’intox : « Rien ne ressem­ble plus à une info qu’une intox, com­ment résis­ter ? Com­ment faire le tri ? Com­mençons par faire le point. » Des invités mon­trent que nous avons mul­ti­plié les infor­ma­tions comme jamais dans l’histoire de l’humanité et que cela joue un rôle sur le fait que nos cerveaux doivent choisir de plus en plus vite. L’un des invités note que nous auri­ons voulu dévelop­per une société de la con­nais­sance mais que nous auri­ons « con­fon­du disponi­bil­ité de l’information et vis­i­bil­ité de l’information ». Le « vraisem­blable l’emporterait sur le vrai ».
  • Une jour­nal­iste améri­caine insiste sur la com­plex­ité du prob­lème et surtout sur le fait que la « vérité » est un mot biaisé. Une intox est dans « la jun­gle », quelque part entre toutes les déf­i­ni­tions de l’info, de la mes-infor­ma­tion, de la dés­in­for­ma­tion, du men­songe… d’après le com­men­ta­teur à la voix clarkienne.
  • Comme le débat poli­tique sur les réseaux soci­aux est, d’après une autre inter­venante améri­caine, dom­iné « par les extrêmes », le com­men­ta­teur de cette vidéo l’indique : « donc la diver­sité des opin­ions serait une illu­sion ». Nous iri­ons instinc­tive­ment, comme des ani­maux, vers ce qui est le même que nous. Autrement dit, nous ne seri­ons pas aptes à écouter une opin­ion autre et con­sid­ére­ri­ons cette autre opin­ion comme étant fausse. Nous seri­ons binaires.
Voir aussi  France TV et la convention identitaire

Un « cock­tail tox­ique… qui le fab­rique ? Nous ? ».

Peut-être que le poids de ce nou­v­el univers d’informations, les réseaux soci­aux, mon­tr­era en fait une réal­ité : le cock­tail tox­ique est loin d’être une nou­veauté. Ce qui a changé ? Il n’est tout sim­ple­ment plus entre les mains d’une seule vision du monde, du coup cette dernière réag­it de façon en effet instinc­tive en reje­tant qui pense autrement. Les chantres de « l’info vraie » sont juste ceux qui ont défi­ni ce qui était ou non vrai. Leur souci ? La perte d’un mono­pole. Cette vidéo oublie d’ailleurs un point d’une impor­tance cap­i­tale : les réseaux soci­aux ne sont pas la réal­ité, et per­son­ne n’est en capac­ité de mesur­er leur influ­ence véri­ta­ble sur les choix électoraux.

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