Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Accueil | Veille médias | L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Deuxième partie
L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Deuxième partie

2 juillet 2019

Temps de lecture : 3 minutes

Accueil | Veille médias | L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Deuxième partie

L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Deuxième partie

L’intox, c’est nous : France TV lance sa nouvelle attaque massive. Deuxième partie

L’OJIM suit l’offensive majeure menée par France TV afin de cibler les différents aspects des infox, appelés « intox » par ce média. Le 1er épisode s’annonçait ainsi : « L’ère du numérique est marquée par l’omniprésence des informations. Les informations sont là, partout, tout le temps, elles forment une « jungle » dans laquelle se mélangent vraies et fausses nouvelles. Mais comment distinguer le vrai du faux ? La distinction entre le vrai et le faux est-elle aussi simple que ça ? ». Le 2e épisode s’intéresse aux « marchands d’intox ».

Épisode 2 : marchands d’intox

Le pitch : « Qui sont celles et ceux qui créent et parta­gent de fauss­es infor­ma­tions ? Pourquoi le font-ils ? Dans quels buts ? L’ar­gent ? Le pou­voir ? Le fun ? La réal­ité est plus com­plexe que la sim­ple car­i­ca­ture de marchands d’in­tox tapis dans l’om­bre de nos échanges. Les réseaux numériques per­me­t­tent aujour­d’hui de brouiller les pistes et d’in­ven­ter de nou­velles logiques pour dés­in­former à grande échelle ».

Notons que le « celles et ceux » de départ, for­mule née dans l’officine de la gauche de gou­verne­ment Ter­ra Nova au temps de la splen­deur du par­ti social­iste est du plus bel effet. Il donne le ton de ce qui va (et ne peut du coup que) suivre.

Le pro­pos :

  • La ques­tion est claire d’entrée : « qui sont les dealers ? »
  • la parole est à la direc­trice de l’ONG améri­caine First Draft News. Une vis­ite sur le site de l’ONG don­nera une idée de l’ampleur du con­trôle de l’information qui est en train de se met­tre en place.

La direc­trice iden­ti­fie trois caus­es aux intox : finan­cière, poli­tique et psy­cho-sociale. Pour la 2e cause, l’intervenante affirme que « nous avons main­tenant des preuves que la Russie et l’Iran sont inter­venus dans l’élection » de Trump.

Con­tre-vérité. C’est juste­ment ce dont il n’y a pas de preuves, ce qui explique pourquoi en ce début de cam­pagne prési­den­tielle aux Etats-Unis les médias français ne par­lent plus d’une rumeur ou intox qu’ils ont large­ment con­tribué à propager, comme le fait d’ailleurs cette inter­venante annon­cée comme spé­cial­iste en lutte con­tre les fake news.

Pour la 3e rai­son, ce sont des « hommes jeunes, en colère, qui veu­lent foutre le bor­del ».

  • Un ingénieur de Tele­com Tech explique le proces­sus qui per­met de faire remon­ter les intox dans les moteurs de recherche. Il donne l’exemple de l’Inde et de ses « fer­mes à clics » où des ouvri­ers sont exploités pour cli­quer, cli­quer et cli­quer encore. Autrement dit, bien que juste­ment ce ne soit pas dit, mon­di­al­i­sa­tion et pau­vreté sont les mamelles réelles de l’intox.
  • Une autre inter­venante évoque un faux pro­fil twit­ter qui sem­blait être celui d’une améri­caine con­ser­va­trice lamb­da, dif­fu­sant des intox au milieu de sujets non con­tro­ver­sés, pro­fil en réal­ité géré par des ana­lystes mais cité par plus de « 200 médias offi­ciels », dit-elle.

Autrement dit, c’est l’écho don­né par les médias dits tra­di­tion­nels qui per­met la dif­fu­sion con­crète d’intox qui sinon demeur­eraient can­ton­nées, comme toutes les rumeurs, au sein de groupes modestes.

L’épisode 2 en arrive finale­ment à son véri­ta­ble objec­tif, une expli­ca­tion détail­lée de com­ment se propage une intox. Les exem­ples con­cer­nent évidem­ment Trump et « l’extrême droite » française.

  • Pour Trump : sa page Face­book aurait vu son nom­bre d’abonnés se démul­ti­pli­er en une nuit, « une explo­sion », suite à des mil­liers de clics mex­i­cains, ce qui, dit l’intervenant, « est ironique étant don­né les énor­mités de Trump con­tre les mex­i­cains ».
  • Pour « l’extrême droite », expres­sion jamais explic­itée dans les médias français, bien qu’elle le soit de façon claire par les sci­ences poli­tiques : la rumeur selon laque­lle Macron aurait été financé par l’Arabie Saou­dite. La rumeur grandit, dit-on, car elle est envoyé à des proches de Fil­lon, puis est retweeté « par l’extrême droite » et surtout par « Mar­i­on Maréchal Le Pen ».

Les méchants sont claire­ment iden­ti­fiés. Le doc­u­men­taire ne repère rien de cet ordre chez Macron et ses proches, pas plus du côté d’Obama ou de Clin­ton. Les intox ce sont les infor­ma­tions de l’adversaire poli­tique. Les mau­vais­es langues trou­veront étrange que France TV, vivant sur fonds publics, ait des adver­saires politiques…

Ne pas per­dre de vue : exem­ples récents d’observations menées par l’OJIM au sujet de France TV :

Voir aussi

L’intox, c’est nous : France TV lance sa nou­velle attaque mas­sive. Pre­mière partie

Publicité

Sur le même sujet

Related Posts

None found

Derniers portraits ajoutés

Laurent Solly

PORTRAIT — Énar­que au nez creux et au réseau ten­tac­u­laire, Lau­rent Sol­ly incar­ne plus qu’aucun autre la muta­tion numérique mon­di­al­iste de la haute administration.

Nicolas Demorand

PORTRAIT — Nico­las Demor­and a débuté sa car­rière comme enseignant en lycée pro­fes­sion­nel (Cer­gy) et en class­es pré­para­toires, avant de choisir la voie du jour­nal­isme, en com­mençant comme cri­tique gas­tronomique au Gault&Millau et comme pigiste aux Inrockuptibles.

Pierre Ménès

PORTRAIT — Pierre Ménès, né en juin 1963 à Paris, est un jour­nal­iste sportif français. Car­ac­téris­tiques : une grande gueule et une forte corpulence.

Pierre Plottu

PORTRAIT — Pierre Plot­tu, spé­cial­iste auto­proclamé de l’ex­trême-droite, a l’at­ti­rail du par­fait mil­i­tant. Vic­time col­latérale du virage édi­to­r­i­al de France-Soir, dont il fut viré sans ménage­ment, il prophé­tise dans Libéra­tion et Slate.

Gaël Brustier

PORTRAIT — Poli­to­logue né en 1978, Gaël Brusti­er a longtemps lou­voyé entre plusieurs chapelles de la gauche sou­verain­iste, dans l’e­spoir de rénover une sociale-démoc­ra­tie acquise au néolibéralisme.