Le quotidien Présent va-t-il disparaître ?

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Sale temps pour les magazines, tour à tour L’Ebdo, Vraiment, Aime disparaissent de la circulation après quelques mois ou quelques semaines d’existence. Pire, Laurent Beccaria patron des éditions des Arènes perd également ses deux mooks à succès XXI et Six Mois au profil d’Hugues Jallon comme nous vous le disions ici. Le temps est-il meilleur pour les quotidiens ? Alors que L’Humanité est sous perfusion continue des pouvoirs publics et que l’édition papier de Libération n’en a plus pour longtemps, c’est le quotidien national catholique Présent qui est en grand danger.

Un procès perdu qui coûte cher

Après avoir rajeuni les cadres, renouvelé sa maquette, doublé sa pagination, le journal semblait être reparti avec une présence en kiosque plutôt notable. Mais un procès avec un de leurs anciens collaborateurs en arrêt maladie depuis de nombreuses années (et payé chaque mois) a été perdu. On peut supposer excellent catholique cet ancien collaborateur qui va empocher plus de 200 000 euros (après avoir été rémunéré à rester chez lui pendant une longue période), sans faire cadeau de cette somme à son ancien journal, le plaçant en très grande difficulté. On dit que charité commence par soi-même, le proverbe se trouve confirmé.

Et Presstalis en plus

Présent est un quotidien national et en tant que tel obligé de passer par le désastre Presstalis dont nous vous avons parlé longuement ici et aussi ici. Le distributeur a ponctionné de 25% des recettes sur deux mois fin 2017 et impose une « taxe temporaire » de 2,25% du chiffre d’affaires pendant plusieurs années mettant en difficulté nombre de petites entreprises de presse dont le quotidien catholique qui « doit » plus de 50 000 euros à son distributeur pour des prestations que tous les éditeurs considèrent comme indignes.

Dans son numéro du samedi 2 juin 2018 que nos lecteurs peuvent consulter ici, Francis Bergeron, le directeur de la publication, lance un appel à l’aide. Ne pouvant compter sur les indulgences des pouvoirs publics (contrairement à L’Humanité, comme nous vous le disions ici), Présent doit faire appel à ses lecteurs pour survivre.