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Le Progrès : 77 postes menacés par un plan de départs volontaires au quotidien lyonnais

19 avril 2018

Temps de lecture : 4 minutes
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Le Progrès : 77 postes menacés par un plan de départs volontaires au quotidien lyonnais

D’après la section syndicale SNJ du Progrès, 77 postes sont menacés dans le cadre d’un plan de départs volontaires au Progrès. Le journal lyonnais pourrait ainsi perdre 27 postes à la rédaction et 30 dans les services administratifs, sur une masse salariale totale de 500 postes. Ce plan s’inscrit dans les difficultés générales du groupe Ebra (Crédit Mutuel) qui mise sur la réorientation vers le web des titres de presse quotidienne régionale (PQR) dont il dispose.

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Dans ce cadre, qua­tre postes seront créés au Pro­grès : deux « com­mu­ni­ty man­agers », un web­mas­ter et un mon­teur vidéo, tous sans carte de presse. Selon le SNJ, après des négo­ci­a­tions au print­emps, les pre­miers départs auront lieu dès le mois de juin. Un autre sujet tend les rela­tions entre les jour­nal­istes et leur rédac­tion : Lau­rent Wauquiez. Selon un com­mu­niqué de la sec­tion SNJ, « Lau­rent Wauquiez et son entourage sont à de nom­breuses repris­es inter­venus dans le but d’influer sur le tra­vail jour­nal­is­tique de notre rédac­tion, surtout quand elle ne se con­tente pas de relay­er sa com­mu­ni­ca­tion. En retour, la direc­tion de la rédac­tion lui ouvre plus que très abon­dam­ment nos colonnes ». Ce qui n’est pas sans lien, on s’en doute, avec les pub­lic­ités de la région et des organ­ismes ou entre­pris­es qui y sont liées et froisse un jour­nal de sen­si­bil­ité plus à gauche.

Autre sujet de ten­sion, la place des femmes, selon un com­mu­niqué de jour­nal­istes qui s’in­scrivent dans une série d’ap­pels de con­soeurs du Parisien, de l’Obs et de la Provence : « Au sein de notre rédac­tion en chef, nous comp­tons une femme sur cinq per­son­nes; au siège lyon­nais du Pro­grès, il y a deux femmes sur neuf chefs de ser­vice et chefs d’information; à la tête des édi­tions départe­men­tales, une femme pour trois hommes. […] dans les six groupes de tra­vail chargés de réfléchir à l’évolution de nos con­tenus print, il y a six pilotes, tous des hommes. En ter­mes de rémunéra­tion, par­mi les 50 meilleurs salaires de jour­nal­istes, il y a 12 femmes. Dans le top 30 des salaires de l’entreprise, qua­tre femmes ».

EBRA en difficulté

De façon plus générale, le groupe EBRA (pro­priété de la banque Crédit Mutuel) con­naît des dif­fi­cultés dans tous ses titres, à savoir, pour ses quo­ti­di­ens L’Al­sace, Le Bien pub­lic, Le Dauphiné libéré, Dernières Nou­velles d’Al­sace, L’Est répub­li­cain, Le Jour­nal de Saône-et-Loire, Le Pro­grès, Le Répub­li­cain lor­rain et Vos­ges Matin. Ain­si, pour ces deux derniers titres, la pub­lic­ité et la dif­fu­sion con­tin­u­ent de chuter début 2018, comme le sig­nale la CGT Est-Médias – depuis trois ans la dif­fu­sion a reculé en moyenne de 3.9 % et 4.4% pour la dif­fu­sion, tous titres con­fon­dus.

Le refus de la direc­tion de l’Est Répub­li­cain de défendre ses trois jour­nal­istes pris pour cible par des opposants à Bure n’a pas amélioré le cli­mat au sein de la rédac­tion. Ce titre con­naît par ailleurs un résul­tat net en déficit de 16 mil­lions d’eu­ros fin décem­bre, dénonce la CGT-Fil­pac.

Au Dauphiné Libéré, l’im­pli­ca­tion du PDG dans une affaire de vio­lence sur con­jointe est ressen­tie avec douleur par les salariés du jour­nal et pèse sur le con­texte général, d’au­tant que le jour­nal s’est abstenu de traiter ce fait divers en par­ti­c­uli­er, relève l’in­ter­syn­di­cale : « en tant que quo­ti­di­en région­al, le Dauphiné Libéré doit une infor­ma­tion trans­par­ente aux lecteurs. Au lende­main de la révéla­tion de l’affaire, nous con­sta­tons un man­que­ment à cette mis­sion ».

Aux Dernières Nou­velles d’Al­sace, en perte nette de 4 mil­lions d’€ en 2016, ce sont les men­aces con­tre un jour­nal­iste pigiste qui con­teste ses notes de frais qui ont jus­ti­fié un com­mu­niqué incen­di­aire du SNJ : « aux DNA depuis plusieurs années, nom­bre de pigistes voient leur rémunéra­tion moyenne baiss­er régulière­ment et par­fois dra­ma­tique­ment, car la hiérar­chie fait moins appel à eux. Cer­tains pigistes aux­quels la direc­tion pro­po­sait l’été des CDD d’un mois ou deux, n’y ont plus accès ».

Digital First ou plan d’économies first ?

Au cœur des inquié­tudes on retrou­ve le pro­jet Dig­i­tal First, com­mun à tous les titres du groupe. Résumé par le SNJ : « le web et les con­tenus en mul­ti­mé­dia en pre­mier, le jour­nal papi­er ensuite. Les jour­nal­istes des DNA devront pro­duire plus de con­tenus pub­li­ables en ligne (arti­cles, pho­tos, vidéos, don­nées mis­es en forme) dans la journée ».

A tra­vers Dig­i­tal First, la direc­tion espère sup­primer des cen­tres d’im­pres­sion (Woip­py et Mul­house – cette imprimerie seule pèse 74 emplois) implan­tés dans des régions déjà forte­ment éprou­vées par la déprise indus­trielle et 126 postes tech­niques. A terme, cela reviendrait à fusion­ner l’Est Répub­li­cain et le Répub­li­cain Lor­rain, imprimés au même endroit à Houde­mont, et les deux jour­naux alsa­ciens, selon les salariés.

Cepen­dant, ce con­cept Dig­i­tal Fisrst déjà déployé par le Télé­gramme (Fin­istère), Sud-Ouest ou encore la Voix du Nord est, selon le SNJ, « insuff­isant pour combler l’énorme endet­te­ment que nos titres ont cumulé ces dernières années à cause de la frilosité du Crédit Mutuel à inve­stir et à mod­erniser nos jour­naux ». Comme alter­na­tive, Neo­me­dias pro­pose une « imprimerie du futur » soutenue par la Ville de Mul­house et la CGT-Fil­pac, afin d’in­té­gr­er sur le même site off­set et impres­sion numérique.

La présen­ta­tion du pro­jet au Pro­grès en octo­bre 2017 fait état de « baisse de la pag­i­na­tion, baisse de la masse salar­i­ale », mais aus­si de l’« aug­men­ta­tion du prix de vente de dix cen­times, pour­suite du développe­ment des sup­plé­ments, de l’événementiel, aug­men­ta­tion de l’audience pour génér­er des recettes pub­lic­i­taires » et d’une « monéti­sa­tion des con­tenus dig­i­taux » encore dif­fi­cile dans d’autres titres de la PQR.

Vérification de l’information

Le SNJ accuse le pro­jet de ratio­nal­i­sa­tion qui se ferait au détri­ment de l’in­for­ma­tion, qui sera « non véri­fiée, non soignée, pro­duite par des salariés hybrides (sic) et dif­fusée sur des sup­ports qui nous échap­pent par des équipes mar­ket­ing externes ». Remar­quons que pour ce qui con­cerne l’information non véri­fiée, des jour­nal­istes non hybrides en pub­lient tous les jours. Que ce soit à l’AFP ou dans cer­tains titres de la presse locale, voire mas­sive­ment comme dans l’affaire Théo fièvre col­lec­tive des médias comme lors de l’af­faire Théo qui a vu les médias piétin­er les forces de l’or­dre sur la base de fauss­es infor­ma­tions. Hélas, l’in­for­ma­tion « col­lec­tée, véri­fiée, hiérar­chisée et dif­fusée par des jour­nal­istes » peut être par­faite­ment bidon.

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