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Le lent déclin de Politis

29 avril 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Le lent déclin de Politis

L’hebdomadaire Politis, proche du Front de gauche, est autant en forme dans les kiosques que la coalition de Jean Luc Mélenchon ne l’est dans les urnes. Pour la 25e fois, en un quart de siècle d’existence, le titre s’est retrouvé en pertes en 2014 (100 000 euros, pour moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires). Ce déclin structurel pousse le titre à nourrir des projets de diversification comme la formation. Fuite en avant ou véritable projet de développement ?

Le directeur délégué de Poli­tis, Lau­rent Labau­rie, suc­cesseur prob­a­ble du dirigeant his­torique, Denis Sief­fert, vient de sor­tir de son cha­peau un nou­veau pro­jet. La mar­que lancera cet été des for­ma­tions sur l’é­conomie sociale et sol­idaire, l’en­vi­ron­nement et l’é­colo­gie. Asso­cié à un cab­i­net spé­cial­isé stras­bour­geois, Poli­tis pro­posera un troisième cycle à la ren­trée, con­sacré aux nou­veaux médias. En 2016, le titre espère porter le nom­bre de ces cycles à cinq. Ces mod­ules, à des­ti­na­tion des col­lec­tiv­ités, des entre­pris­es, mais aus­si du grand pub­lic, font l’ob­jet d’un plan de développe­ment gardé secret. Si la PME de presse fonde de grands espoirs sur cette diver­si­fi­ca­tion, elle reste man­i­feste­ment pru­dente quant à ses chances de suc­cès. Réalis­er quelques dizaines de mil­liers d’eu­ros de recettes sur ce créneau serait de bon augure.

Ce chiffre d’af­faires addi­tion­nel per­me­t­trait notam­ment de com­penser la baisse des recettes his­toriques de Poli­tis. Avec une dif­fu­sion de l’or­dre de 15 000 exem­plaires, le titre a du mal à boucler ses fins de mois. Les effets de la nou­velle for­mule, lancée en 2011, se sont estom­pés depuis belle lurette. La mod­erni­sa­tion de la for­mule papi­er serait donc à nou­veau à l’or­dre du jour, sans doute en 2016. Côté numérique, la sit­u­a­tion n’est guère plus reluisante. Si Politis.fr béné­fi­cie d’une audi­ence cor­recte (420 000 VU en févri­er, selon l’édi­teur), elle ne se traduit par aucune monéti­sa­tion réelle. La refonte du site, afin de gag­n­er de la pub­lic­ité dig­i­tale, serait égale­ment à l’or­dre du jour.

Le cli­mat interne n’est guère prop­ice non plus au redresse­ment tant atten­du. Le recrute­ment en mai 2014 de Lau­rent Laborie, un ancien des Cahiers du ciné­ma, a certes ini­tié quelques axes de développe­ment. Dans le même temps, le nou­veau dirigeant se serait mis à dos la plu­part des vingt salariés. Plusieurs ont d’ailleurs quit­té le jour­nal en 2014, à l’in­star de la respon­s­able des rela­tions presse, Mar­i­on Biti. Son objec­tif reste mal­gré tout de remet­tre à flot la SAS Poli­tis, qui ne dis­pose plus de fonds pro­pres, et ce dès 2015. Sous peine de lass­er défini­tive­ment les action­naires.

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