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Le franco-israélien Dov Alfon (Libération) n’aura pas de carte de presse

14 octobre 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Le franco-israélien Dov Alfon (Libération) n’aura pas de carte de presse

14 octobre 2021

Pour bénéficier d’une carte de presse et des avantages (plutôt modestes) qui y sont liés il faut que l’activité principale du candidat soit liée à une action strictement journalistique, Dov Alfon, rédacteur en chef de Libération, vient de se la voir refusée, à notre avis indûment.

Dov Alfon et l’unité 8200

Né en 1961 en Tunisie alors sous pro­tec­torat français, Dov Alfon béné­fi­cie de la nation­al­ité française mais pren­dra la nation­al­ité israéli­enne (sa mère a alors émi­gré en Israël) lorsqu’il choisit de faire son ser­vice mil­i­taire dans l’unité 8200, la crème de la crème des ser­vices de ren­seigne­ment israéliens.

Selon le Times of Israël en français (16 juin 2019, 25 juin 2020)

« L’unité 8200 – ou unité Shmoneh-Matay­im en hébreu – est con­sid­érée par la majorité des ana­lystes des ren­seigne­ments comme l’une des unités d’espionnage les plus sophis­tiquées – et quelque peu con­tro­ver­sées – de toute la planète. Une enquête parue en 2014 dans le Guardian avait par exem­ple révélé qu’elle était chargée d’espionner les civils pales­tiniens en Cisjor­danie…. Il est de notoriété publique que le jour­nal­iste, édi­teur et auteur Dov Alfon, 58 ans, a par­ticipé à la col­lecte de ren­seigne­ments en vue de l’opération israéli­enne Opéra, un raid aérien sur­prise mené au mois de juin 1981 qui avait détru­it un réac­teur nucléaire iranien situé aux abor­ds de Bagdad.
Mais lorsqu’on lui demande de citer des exem­ples spé­ci­fiques d’opérations aux­quelles il a par­ticipé quand, jeune homme, il apparte­nait à l’unité 8200 de l’armée israéli­enne, Dov Alfon fait une pause, mar­quant une hésitation.
« Je ne peux pas par­ler des choses que j’ai pu faire ou ne pas faire dans les rangs de l’unité 8200 », explique-t-il au Times of Israël avec un détache­ment que ne renierait pas James Bond, lors d’une inter­view réal­isée à Paris, dans un lieu qui ne sera pas divulgué. »

Tou­jours de la même source, on pré­cise que cette unité (à laque­lle Dov Alfon n’appartient plus depuis la fin de son ser­vice mil­i­taire selon les sources offi­cielles) a été récem­ment décorée pour ser­vices ren­dus, comme le dit le général Hay­man, son responsable :

« L’excellence par un besoin clair, l’excellence par la soif de suc­cès, l’excellence par le fait de ne pas tran­siger sur les petits détails – c’est l’esprit du ren­seigne­ment mil­i­taire et cela s’exprime égale­ment lors de cet événe­ment », a déclaré Hay­man. « Les activ­ités opéra­tionnelles ont été menées de manière clan­des­tine, avec créa­tiv­ité et un fort désir de réussite. »

« Les capac­ités opéra­tionnelles, la col­lab­o­ra­tion et les réal­i­sa­tions uniques qui se sont reflétées dans vos actions ne peu­vent pas être pris­es à la légère », a‑t‑il déclaré. « Cette opéra­tion est une pre­mière et la plus impor­tante étape d’un long chemin qui nous attend. »

Voir aus­si : Libéra­tion : Dov Alfon, ancien des ser­vices de ren­seigne­ments israéliens, nou­veau rédac­teur en chef

La carte de presse

C’est la Com­mis­sion de la carte d’identité des jour­nal­istes pro­fes­sion­nels (CCIJP) qui délivre cette carte qui per­met à la fois un dégrève­ment fis­cal et de se faire admet­tre dans cer­taines con­férences de presse, sémi­naires, con­ven­tions, etc. Cette com­mis­sion avait déjà refusé en jan­vi­er 2021 la fameuse carte à Patrick Hal­fon (son vrai nom, Dov Alfon est un pseu­do­nyme), arguant que ses fonc­tions man­agéri­ales pré­domi­nent sur ses activ­ités de jour­nal­iste ; et vient de con­firmer son refus. Un appel est pos­si­ble mais Dov Alfon a indiqué qu’il n’utiliserait pas cette procédure.

Sous cette jurispru­dence Denis Olivennes s’était vu refuser la carte en 2009 alors qu’il était à la tête du Nou­v­el Obser­va­teur. Le cas nous paraît dif­férent de celui de Halfon/Alfon. Olivennes (ex Fnac, Air France, Canal+- etc) n’a jamais été jour­nal­iste. Dov Alfon l’est incon­testable­ment, il a effec­tué (en-dehors de ses activ­ités d’espion)  et exerce une activ­ité jour­nal­is­tique, certes de direc­tion mais bien dirigée sur le jour­nal­isme. Lui refuser la carte sem­ble plutôt obéir à un réflexe cor­po­ratiste de fer­me­ture qu’à la logique du jour­nal­isme en soi.

Voir aus­si : La pseu­do-indépen­dance de Libération

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