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La trop discrète tentative de justice punitive du militant no-border Cédric Herrou

17 mai 2022

Temps de lecture : 3 minutes
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La trop discrète tentative de justice punitive du militant no-border Cédric Herrou

17 mai 2022

Temps de lecture : 3 minutes

Cédric Herrou est un militant en faveur de l’abolition des frontières très populaire parmi les médias de grand chemin. Il est fréquemment invité sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio pour exposer ses généreuses convictions sur la grande communauté humaine. Ces mêmes médias ont par contre été très discrets sur les dernières frasques du militant no border, qui a récemment essayé de mener une expédition punitive à l’encontre d’un clandestin suspecté de viol. Dommage, car c’est du lourd !

Cédric Herrou, la coqueluche des médias

La France est un pays for­mi­da­ble. On peut y revendi­quer avoir fait pass­er la fron­tière clan­des­tine­ment à des dizaines de migrants et être présen­té comme un héros, une fig­ure roman­tique digne de l’admiration de tous. C’est le cas du mil­i­tant no-bor­der Cédric Herrou.

On ne compte plus ses pas­sages dans les médias. En novem­bre 2020, sur la chaine France 5, l’émission C l’Hebdo invi­tait Cédric Her­rou afin qu’il présente son dernier livre. En décem­bre 2020, la radio de ser­vice pub­lic France Info don­nait la parole au mil­i­tant d’extrême gauche. L’occasion pour lui de nous don­ner la leçon : « appren­dre à partager, c’est l’éducation ».

« Sym­bole de l’aide aux migrants en France » selon Le Monde en mars 2021, « paysan rebelle ami des migrants » pour Ouest France en juin 2021. On pour­rait mul­ti­pli­er les exem­ples de tri­bunes qui lui sont don­nées pour expos­er ses con­vic­tions en faveur de l’abolition des fron­tières, qu’il a mis­es à exé­cu­tion en allant chercher des clan­des­tins à la fron­tière ital­i­enne pour les amen­er en France.

Côté pile et côté face

L’Observatoire du jour­nal­isme a plusieurs fois eu l’occasion de soulign­er la présen­ta­tion manichéenne du mil­i­tant d’extrême gauche dans les médias. Ain­si, en jan­vi­er 2017, nous con­sta­tions que le passeur avait été dépassé dans son domi­cile par l’ampleur de l’immigration clan­des­tine qu’il appelle de ses vœux. En novem­bre 2017, nous rele­vions quelques out­rances dans ses déc­la­ra­tions et sa propen­sion à faire jus­tice lui-même. A l’occasion du fes­ti­val de Cannes en juin 2018, nous con­sta­tions que la par­tic­i­pa­tion du passeur de clan­des­tins à cet événe­ment était pour lui et son réal­isa­teur l’occasion de pop­u­laris­er son com­bat, sous l’œil plus que bien­veil­lant d’une large frange des médias.

Justice punitive

La car­rière mou­ve­men­tée du mil­i­tant d’extrême gauche vient de con­naître un nou­v­el épisode passé sous silence dans les médias de grand chemin. Ven­dre­di 13 mai, Cédric Her­rou a mis en ligne sur son compte Twit­ter une vidéo, vite sup­primée. Sur celle-ci, il dénonce le fait qu’une per­son­ne sus­pec­tée du viol de l’une de ses amies a été remise en lib­erté après 48 heures de garde à vue.

N’écoutant que son courage face à une jus­tice décidem­ment trop lax­iste, le mil­i­tant no bor­der indique tou­jours sur Twit­ter, dans un tweet déjà sup­primé mais sauve­g­ardé par un inter­naute vigilant :

« Une jeune femme a été vio­lée par cet homme et le pro­cureur de Nice vient de le libér­er. Cet homme arrivera en gare de Nice dans la journée. Nous avons ten­té de faire jus­tice nous-mêmes mais les policiers sont venus avant ».

Hormis le site Fdes­ouche et Valeurs actuelles, la seule cou­ver­ture médi­a­tique que nous avons trou­vé de cet événe­ment est celle de Nice-Matin. On apprend dans un arti­cle du 13 mai que l’individu sus­pec­té du viol d’une amie de Cédric Her­rou, relâché à Breil sur Roya (la com­mune où C. Her­rou vit), a finale­ment été arrêté à Nice. « L’homme est sous le coup d’une oblig­a­tion de quit­ter le ter­ri­toire », indique laconique­ment le jour­nal­iste en guide conclusion.

Arroseur arrosé

Résumons. Un mil­i­tant en faveur de l’abolition des fron­tières, qui jouit d’une grande pop­u­lar­ité dans le monde médi­a­tique, a essayé de faire jus­tice lui-même con­tre un étranger en sit­u­a­tion irrégulière sus­pec­té de viol, car il trou­vait la jus­tice de notre pays trop lax­iste. Par chance, la police est inter­v­enue avant que l’expédition puni­tive tourne mal.

En 2019, des habi­tants d’un vil­lage où des migrants sont hébergés par un mem­bre de l’association de Cédric Her­rou n’ont pas eu cette chance. Trois migrants nigéri­ans et un Cen­trafricain y ont agressé un vil­la­geois. À la suite de cette agres­sion, la vic­time et deux de ses amis ont essayé de faire jus­tice eux-mêmes. Comme Le Figaro nous l’apprend, ils ont été con­damnés en décem­bre 2021 à respec­tive­ment 18 mois de prison dont 12 avec sur­sis, six et huit mois de prison ferme. Le juge­ment les con­damnant n’a donc pas retenu le principe de « fra­ter­nité » con­sacré par un autrement juge­ment, celui du Con­seil con­sti­tu­tion­nel en faveur de Cédric Herrou…

En con­clu­sion, le tweet lap­idaire d’Arpège LA résume les événements :

« L’im­mi­gra­tionniste Cédric Her­rou se plaint qu’un migrant vio­leur soit aus­sitôt relâché par la “jus­tice”. Belle syn­thèse ».

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