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Pub­lié le 12 octobre 2019 | Éti­quettes :

Incendie d’une église à Grenoble : France 3 se prend les pieds dans la traque aux fake news

Dans la nuit du 16 au 17 janvier 2019, un incendie a totalement détruit l’église Saint-Jacques de Grenoble. D’abord présumé comme accidentel, il restait des doutes sur l’origine de cet incendie, mais le 8 octobre 2019, le procureur de Grenoble a finalement confirmé la thèse criminelle.

France 3 Auvergne-Rhône-Alpes avait rapporté l’information en janvier et validé haut et fort en avril, la thèse accidentelle, avant de finalement faire marche arrière le 8 octobre.

Quand France 3 dépublie un article au lieu d’admettre ses erreurs

Le 19 avril, dans le contexte de l’incendie de Notre-Dame, France 3 décide de publier un article intitulé “Non, l’église Saint-Jacques de Grenoble n’a pas été incendiée volontairement en janvier” pour répondre aux “fake news” mettant en doute à ce moment-là, la thèse accidentelle de l’incendie de l’église Saint-Jacques.

Mais le 8 octobre, après affirmation du parquet établissant que l’incendie était bien criminel, le même média publie “Grenoble. Tout comme l'incendie de la mairie, celui qui a ravagé l'église Saint-Jacques est criminel”. Pris en flagrant délit de contradiction par rapport à leur article d’avril, ce dernier finit par être largement relayé, ce à quoi France 3 répond en le dépubliant, au lieu d’accepter son erreur aux yeux de tous.

L’épineuse défense de France 3

Cette suppression de leur propre article n’étant pas passée inaperçue, France 3 décide de s’en justifier le 10 octobre.

Ils expliquent avoir “préféré dépublier l’article temporairement, le temps de l'actualiser, étant donné que les informations qu'il comportait n'étaient plus d'actualité” tout en ajoutant par la suite “maintenir toutefois son contenu : il était erroné de laisser penser, à cette époque, que l'incendie de l'église Saint-Jacques était d'origine criminelle”. Donc ils suppriment un article “pour ne pas induire nos lecteurs en erreur”, dont ils justifient cependant la pertinence au moment de sa publication. Les lecteurs ne sont pas bêtes, s’ils voient deux versions différentes d’un même fait à 5 mois d’intervalle, ils se douteront bien que le plus ancien était simplement une erreur de la rédaction. Mais se cacherait-il une autre explication derrière la volonté de dissimuler cette erreur ?

France 3 ou l’arroseur arrosé voulant lutter contre l'extrême droite

Dans sa justification du 10 octobre, France 3 désigne clairement ceux l’accusant de censure, il s’agit de “groupuscules” et plus particulièrement, du “blog d'extrême droite » “F de Souche””. Somme toute, une explication à l’envers : l’identification de personnes à qui France 3 ne veut surtout pas donner raison, “l'extrême droite”partageant fréquemment des intox”. Y compris en ne respectant pas le réel, base d’une information honnête.

En effet, l’article du 19 avril avait pour unique but de répondre au site Damoclès, accusé de “partager régulièrement de fausses informations” par le média et mettant en doute la thèse accidentelle de l’incendie de Grenoble. Cocasse. Pris elle-même en flagrant délit de diffusion de fausses informations, France 3 a donc préféré s’auto-censurer. A trop vouloir traquer les “fake news”, on finit par se faire attraper par ceux que l’on veut traquer.

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