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Pub­lié le 11 juin 2019 | Éti­quettes : , ,

Il, elle ou iel dans Le Monde, examen d’une série de pathologies

Brieuc, vous connaissez ? Pas Saint-Brieuc en Bretagne, mais une pauvre chose, vaguement barbue, aux cheveux violets ou bleus, habillée d’une jupe, en photo dans le quotidien du soir daté des 9/11 juin 2019. Brieuc est un grand adolescent de 21 ans qui a choisi d’être non-binaire. Ce qui aurait été considéré au mieux comme une plaisanterie de potache, au pire comme un trouble de l'adolescence, est pris très au sérieux, voire comme un modèle, sous la signature de Solène Cordier.

De Conchita Wurst à Bilal Hassani, la médiatisation en marche

Conchita la saucisse de l’Eurovision, Bilal du même concours revendiquant « n’être pas dans les codes » font partie d’une nouvelle cohorte portée aux nues par les diverses associations LGBT, et par la rédactrice du Monde. Le quotidien s’extasie devant ce « phénomène de plus en plus visible et médiatisé, qui bouleverse les représentations traditionnelles du masculin et du féminin ». Insistons sur l’aspect médiatisé dont l’article en question est un parfait exemple. Être homosexuel (comme tout le monde, pourrait-on ajouter) ne suffit pas. Comme Raphaell (il n’y a pas de faute d’orthographe, c’est bien Raphaell), ce charmant garçon (?) voulait qu’on « le genre au féminin » puis « perdue entre deux identités de genres » a choisi « Non binaire c’est encore plus simple ».

À Albi, un lycéen se rend en classe avec du fard et des chaussures à talon haut. Ailleurs, Yane née fille a choisi d’être « agenre » et veut que l’on emploie « iel » et non il ou elle en parlant de sa personne. Sa mère « résolument féministe » l’accompagne dans sa démarche. Et se demande si Yane ne deviendra pas « gender fluid », personne dont le genre varie autour du temps. Certains parents raisonnables, comme ceux de Raphaell, prennent rendez-vous chez un psy et demandent à leur rejeton « d’arrêter son délire ». Au grand dam d’une « professeure de sociologie », ou d’une « animatrice au planning familial » et autres « président de la fédération LGBTI+ » qui militent activement pour l’essor de ce qui ressort le plus souvent de troubles de la personnalité au moment délicat de l’adolescence.

Nous ne savons pas si Solène Cordier est cisgenre, transgenre, travestie, non binaire ou agenre. À titre de solidarité nous lui proposons une nouvelle liste de genres parue dans un récent numéro de L’Incorrect, avec l’autorisation de l’auteur. Une liste sous forme de lettres de lecteurs au mensuel après un article ne mentionnant « que » les LGBT.

LGBTQIAIZPPSMF+

« Du CQFD, Comité Queer de Flers et Dompierre (Orne). Nous nous élevons vivement contre l’oubli des Queers (en anglais : bizarre, différent). Inclassables, incompris, nous ne devons pas pour autant être jetés aux oubliettes, ni celles de l’histoire ni celles du journalisme.

Du CIA, Comité des Incertains des Alpes. Le CIA rappelle avec force que l’incertitude ne doit plus être une tare. Si les décidés sont majoritaires, ce n’est pas une raison pour brimer notre minorité militante. Notre balancement circonspect mérite considération. Nous attendons votre rectification.

De la FAO, Fédération des Asexués Organisés. Nous constatons avec regret que le a privatif de notre condition, au-delà de nous enlever un monde que nous ne pouvons que deviner, nous prive également d’un statut, d’un nom, nie notre existence. Vous aurez à cœur de nous faire découvrir par votre public.

De l’OJIM, Observatoire Joyeux des Intersexuels du Mans. Nous changeons de sexe en fonction de notre humeur, du jour, de l’heure, du temps, des vêtements que nous portons. Et alors ? Votre rédacteur est-il toujours le même, immuable ? Nous avons notre place au soleil, le changement c’est maintenant !

Du ZOO, Zoophilie Ouverture Objectivité. Le ZOO rassemble intellectuels, artistes, universitaires, journalistes qui veulent enfin unir dans un même élan amoureux, hommes et bêtes. Vous ne pouvez exclure les animaux et leurs amants sans les condamner à une mort symbolique inacceptable.

De la CPI, Communauté Pédophile Internationale. Nous avons hélas bien compris votre silence sur notre mode de vie. Comme l’a si bien montré Daniel Cohn Bendit dans une séquence télévisée fameuse, l’amour s’apprend aussi au jardin d’enfants. Si vous ne détestez pas les enfants et les nourrissons vous nous inclurez au lieu de nous ignorer.

De l’OPEP, Organisation Pansexuelle Espagne Pologne. Nous avons su dépasser nos différences, aller du sud à l’est, inclure la paella et la vodka, unir Madrid et Varsovie, les brunes et les blondes. Allant plus loin nous avons découvert l’amour des végétaux, des arbres, des lichens, des champignons. Qui sommes-nous pour ignorer la nature ? Vous ne saurez rester à l’écart de ce mouvement universel.

Du SME, Sado Masochisme et Espérance. Notre communauté existe depuis toujours. Bien avant Sacher Masoch les femmes et les hommes ont découvert (et pratiqué) le plaisir à travers la souffrance donnée, reçue, partagée comme une oblation. Vous pensez pouvoir nous condamner en nous ignorant ? Mais dans le secret de votre intimité, ne vous arrive-t’il pas de nous envier ? Ce n’est pas par l’oubli ou la négation que vous nous ferez disparaître.

De la FAO, Fétichisme Amour Offrande. Monsieur, votre esprit étriqué de petit bourgeois réactionnaire choisit l’évitement en omettant notre existence. Le fétichisme a pourtant ses lettres de noblesse et depuis longtemps. Fétichisme des dessous féminins, fétichisme du pied, du cheveu, des ongles, la liste est infinie. Cherchez bien, vous trouverez votre fétiche. Si vous nous donnez droit de cité nous pourrons vous guider dans cette quête. »

Cet article faisait réponse à un papier du Monde (encore) daté du 14 février 2019, nous citons « quand on refuse de nommer, on rejette non seulement dans l’invisible mais dans l’impensé ». Alors n’hésitons pas : LGBTQIAZPPSMF, et plus si affinités.

Photo : capture d'écran vidéo "Bric à brac de Brieuc" via YouTube

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