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FOG roule-t-il désormais pour Juppé ?

24 novembre 2014

Temps de lecture : 3 minutes
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FOG roule-t-il désormais pour Juppé ?

24 novembre 2014

Temps de lecture : 3 minutes

Franz-Olivier Giesbert est la grenouille météo de la rumeur orientée. Dès que quelque chose ou quelqu’un paraît nécessaire, dès qu’il a entendu dire, dès qu’on lui a suggéré de dire, qu’un personnage devenait à la mode ou indisposait tout le monde, il joue le rôle du bouffon qui profère la vérité obligatoire du moment. Il grimpe sur l’une des nombreuses échelles que le système a mis à sa disposition et nous explique où vont les nuages. Certains amuseurs profèrent des incongruités. Lui ce sont des jugements recommandés, qu’il recueille à la sortie des dîners du Siècle, dans les studios du service public et les antichambres ministérielles.

Titr­er sa chronique dans Le Point sur la « Jup­pé­mamia » (lien abon­nés), après quinze jours de cam­pagne jour­naux-télé en faveur du rassem­bleur sep­tu­agé­naire qui ne rassem­ble pas (cf le meet­ing Sarkozy à Bor­deaux), ce n’est pas très orig­i­nal mais cela peut rap­porter gros. D’une manière générale quand Franz-Olivi­er Gies­bert fait une sor­tie en fin d’émis­sion ou en tête de colonne on ne se demande pas ce qui lui prend mais qui l’a envoyé. On l’a vu récem­ment vengeur à pro­pos des dis­sen­sions de la Droite, comme Alex­is Brézet dans Le Figaro lors de l’af­faire Fil­lon-Cop­pé mais, hélas, pour les mêmes raisons. Il est dif­fi­cile en effet de ne pas voir dans leur affec­ta­tion d’indig­na­tion autre chose qu’un plan con­certé de leurs nom­breux sou­tiens dans les milieux d’af­faires. En ce moment vis­i­ble­ment, le monde de l’Économie aimerait porter au pou­voir un homme de droite aus­si mal­léable que pos­si­ble, et les social­istes con­courent à ce pro­jet vu le désas­tre qui les attend. C’est avec Jup­pé qu’ils sont sus­cep­ti­bles de per­dre le moins d’in­flu­ence dans les années futures. C’est avec lui que les agents d’in­flu­ence seront sûrs de pou­voir con­tin­uer à gou­vern­er comme ils l’entendent.

L’ activ­ité télévi­suelle de l’homme-lige de ce gou­verne­ment de l’om­bre mérite un mot car, dans un milieu où les places sont très chères et où les faibles audi­ences se paient très rapi­de­ment, il per­siste à jouer, à fonds publics per­dus, les chroniqueurs “cul­ture” dans l’in­dif­férence générale. Ceux qui ont fréquen­té ses plateaux peu­vent témoign­er qu’il tutoie min­istres et maquilleuses avec la famil­iar­ité bien­veil­lante de celui qui n’a rien à crain­dre de per­son­ne. On sent l’homme pro­tégé par tout un sys­tème. Extraits de son CV: “Cul­ture et dépen­dances”, émis­sion dif­fusée sur France 3 entre 2001 et 2006, puis “Chez F.O.G.”, sur France 5 jusqu’en 2009. Ensuite il revient à la cul­ture, avec “Vous aurez le dernier mot”, qu’il présente sur France 2 pen­dant un an, suiv­ie de “Semaine cri­tique !” jusqu’en 2011. Depuis 2012, il présente “Le monde d’après”, un mag­a­zine men­su­el sur la société et l’é­conomie dif­fusé sur France 3. En France où la vie publique doit oblig­a­toire­ment faire un détour par la case lit­téra­ture, s’an­cr­er ain­si au car­refour de toutes les idées per­met de dis­pos­er les pan­neaux “stop” à sa guise. Notre homme, tout en arbo­rant le large sourire du libéral­isme qui n’a rien à cacher, est devenu un expert dans la préven­tion routière idéologique. Il fait mon­ter dans la lumière tout ce qui frémit au bord de la notoriété, pour ren­voy­er dans les ténèbres ce qui ne con­vient pas à ses maîtres. Pro­mou­voir ce qui leur est utile et ménag­er leurs amis (par exem­ple on ne l’a jamais vu cri­ti­quer BHL, il préfère s’at­ta­quer à Cécile Duflot). Son atti­tude à l’é­gard d’Alain Jup­pé témoigne que ce dernier vient d’être choisi par « les milieux autorisés » (dix­it Coluche) comme la solu­tion la moins mau­vaise pour préserv­er le statu quo en France. Mais le peu­ple, pour la pre­mière fois depuis quar­ante ans, pour­rait bien être en mesure d’en­voy­er Gies­bert à la retraite.

Voir le portrait de FOG que l’Ojim lui a consacré

Crédit pho­to : The­su­per­mat via Wikimé­dia (cc)

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