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Pub­lié le 7 septembre 2017 | Éti­quettes : , ,

Diabolisation par le langage : l’exemple américain

« La guerre c’est la paix, l’esclavage c’est la liberté, l’ignorance c’est la vérité », George Orwell, 1984

Dans un piquant article, le site conservateur américain Lifezette détaille sous la signature de Brendan Kirby comment les activistes américains – largement financés par Georges Soros – utilisent le langage. Quelques exemples concrets.

Alt Right. Le terme est utilisé pour criminaliser et amalgamer le conservatisme populiste aux courants folkloriques néo-nazis que Stephen Bannon animateur de Breitbart a brutalement condamnés comme « des clowns ».

Mots codés. Kirby emploie l’expression dog whistles, comme un chien réagit de manière pavlovienne à un coup de sifflet « couché, assis, attaque ». Exemple, parler de « cosmopolitisme » dans un contexte défavorable entraine le réflexe pavlovien « anti-sémitisme ».

Clivant (divisive en anglais). Le mot aux États-Unis n’est appliqué qu’à une partie des républicains en particulier aux soutiens de Trump. Encourager l’immigration n’est pas clivant, mais demander l’application stricte des lois sur l’immigration l’est.

Microagression. Ce néologisme permet de clore tout débat concernant une minorité ou déclarée telle. Parler du fameux « melting pot » américain est une microagression envers les immigrés qui pourraient y voir une tentative d’assimilation forcée. Dire à une femme « j’aime vos nouvelles chaussures » est une microagression sexiste.

Courage. Qualité de tout opposant à Trump. John McCain le néo-conservateur républicain, sénateur de l’Arizona, qui fait tous ses efforts pour destituer (impeach) Donald Trump est forcément courageux. Quand bien même son âge et son état de santé indiquent qu’il ne fera plus jamais face à ses électeurs qui pourraient sanctionner ses déclarations et ses actions.

Comme les européens suivent volontiers la mode américaine il sera intéressant d’observer si certains de ses termes seront prochainement introduits en France, par exemple par le nouveau porte-parole de l’Élysée Monsieur « indignation correcte » Bruno Roger-Petit. Des expressions qui pourraient se rajouter à l’excellent Nouveau Dictionnaire de novlangue de la fondation Polemia.

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