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Coups de projecteur sur la participation citoyenne aux États Généraux de l’Information (5)

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25 avril 2024

Temps de lecture : 8 minutes
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Coups de projecteur sur la participation citoyenne aux États Généraux de l’Information (5)

Temps de lecture : 8 minutes

Ce cinquième article poursuit le focus entamé dans les précédents articles du dossier que l’OJIM consacre à la recension du rapport sur les grands enseignements tirés par les auteurs du rapport du CESE de la participation citoyenne aux États généraux de l’information (EGI).

Com­plé­tant le qua­trième arti­cle dédié aux répons­es apportées aux trois pre­mières ques­tions ouvertes par les par­tic­i­pants à cette con­sul­ta­tion en ligne, il porte sur celles apportées aux deux dernières.

Quelle action prioritaire pour protéger le droit à l’information ?

S’il ne fal­lait retenir qu’une seule action à met­tre en place pour pro­téger le droit à l’information, quelle serait-elle ?
Un tiers des par­tic­i­pants estime pri­or­i­taire de lut­ter con­tre les manip­u­la­tions de l’information, dont le détail des thèmes sous-jacents est indiqué page suivante.
Le plu­ral­isme est égale­ment un sujet de préoc­cu­pa­tion (23%), notam­ment du point de vue de la con­cen­tra­tion médi­a­tique et de la lib­erté d’expression.
La pro­tec­tion du droit à l’information passe égale­ment par l’éducation aux médias (21% des par­tic­i­pants), et ce dès le plus jeune âge.

Groupes thé­ma­tiques % de par­tic­i­pants[1] Sous-groupes thé­ma­tiques
Les manip­u­la­tions de l’information 33% Garan­tir l’indépen­dance de la presse (20%) ; Sépar­er les rédac­tions des action­naires (5%) ; Sanc­tion­ner plus sévère­ment la manip­u­la­tion (4%) ; Lut­ter con­tre les fake-news des réseaux soci­aux (4%) ; Sup­primer l’anony­mat des réseaux soci­aux (2%)
Le plu­ral­isme des médias 23% Réguler la déten­tion des médias (8%) ; Soutenir la lib­erté d’ex­pres­sion médi­a­tique (6%) ; Assur­er le plu­ral­isme de l’in­for­ma­tion (6%) ; Ren­forcer le ser­vice pub­lic de l’in­for­ma­tion (3%)
L’é­d­u­ca­tion aux médias et le pou­voir d’agir 21% Dévelop­per la for­ma­tion et l’EMI (17%) ; Créer un véri­ta­ble pro­gramme d’EMI (2%) ; Éla­bor­er un droit de regard citoyen (1%) ; Ren­dre l’in­for­ma­tion de qual­ité acces­si­ble (1%)
Les con­tenus 17% Lut­ter con­tre la dés­in­for­ma­tion (6%) ; Encour­ager la véri­fi­ca­tion des sources (5%) ; Sécuris­er l’éthique des jour­nal­istes (3%) ; Lim­iter le mono­pole de l’opin­ion (2%) ; Ren­forcer la place du tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion (1%) ; Amélior­er la neu­tral­ité de la presse (1%) ; Favoris­er le jour­nal­isme local (0%)
La pro­tec­tion des jour­nal­istes et de leurs sources 8% Ren­forcer la pro­tec­tion des jour­nal­istes (6%) ; Pro­téger les sources et les lanceurs d’alertes (1%)
La via­bil­ité économique des médias 7% Soutenir finan­cière­ment les rédac­tions (3%) ; Être trans­par­ent sur le finance­ment médi­a­tique (2%) ; Diver­si­fi­er les ressources de finance­ment (1%) ; Con­di­tion­ner le finance­ment pub­lic des médias (1%) ; Soutenir économique­ment les rédac­tions indépen­dantes (0%) ; Sup­primer la pub­lic­ité (0%) ; Pri­va­tis­er les médias publics (0%)
Autres 3%

Verbatims

Par­mi les ver­ba­tims for­mulés par les par­tic­i­pants à l’égard de cette ques­tion, le rap­port relève ceux-ci :

  • « L’État a le devoir d’of­frir à tout citoyen l’ac­cès à une infor­ma­tion libre et indépen­dante à un coût acces­si­ble. C’est une néces­sité démoc­ra­tique. Pour cela, il doit met­tre en place les con­di­tions : pro­téger les médias des con­cur­rences des plate­formes en légiférant et défen­dant les droits et oblig­a­tions (respon­s­abil­ité des plate­formes, droits voisins…), per­me­t­tre aux citoyens d’ac­céder à l’in­fo par un crédit/réduction d’impôt. » 
  • « Faire con­naître à l’u­til­isa­teur la bulle infor­ma­tion­nelle induite par les algo­rithmes. Ceux-ci devraient mieux val­oris­er le con­sen­sus sci­en­tifique sur la ques­tion et met­tre en avant les paroles d’ex­perts, car non, tous les dis­cours ne se valent pas et leur pop­u­lar­ité n’est pas gage de qualité. »

Le journalisme en 2035, les principaux items

Écrivons ensem­ble le futur de l’information.
Imag­inez-vous en 2035 : à quoi ressem­ble le jour­nal­isme de demain ?
L’indépendance des médias occupe encore une très grande place dans le cor­pus. Ain­si, les sujets liés aux manip­u­la­tions de l’information sont une impor­tante source de préoc­cu­pa­tion pour les par­tic­i­pants (29%).
Les répon­dants se sont égale­ment par­ti­c­ulière­ment pro­jetés sur les con­tenus de demain (28%), imag­i­nant une infor­ma­tion plus fiable, et un jour­nal­isme qui prend plus le temps de creuser les sujets en évi­tant de tomber dans le sensationnalisme.
Enfin, 17% des par­tic­i­pants ont imag­iné plus pré­cisé­ment les out­ils et sup­ports du futur : ils inter­ro­gent notam­ment le rôle de l’IA et imag­i­nent un monde médi­a­tique tou­jours plus per­son­nal­isé, grâce aux out­ils numériques.
Le sujet du plu­ral­isme a égale­ment été abor­dé par les par­tic­i­pants (15%).
Alors que la majorité des répons­es dépeint un futur posi­tif, cer­tains par­tic­i­pants en ont une vision bien plus pessimiste.
Cette ques­tion fait donc à la fois sur­gir les souhaits et les inquié­tudes des par­tic­i­pants pour l’avenir.

Groupes thé­ma­tiques % de par­tic­i­pants[2] Sous-groupes thé­ma­tiques
Indépen­dance, éthique et fiabilité 33% Il repose sur une presse indépen­dante (12%) ; Il est factuel et objec­tif, fiable (8%) ; Il pro­pose des infor­ma­tions sour­cées, véri­fiées, trans­par­entes (6%) ; Il fait preuve de déon­tolo­gie (4%) ; Il est davan­tage sur­veil­lé pour lim­iter les fauss­es infor­ma­tions (3%) ;
Plu­ral­isme et objectivité 23% Il pro­pose davan­tage de cri­tiques et d’in­ves­ti­ga­tions (5%) ; Il garan­tit une infor­ma­tion neu­tre et aparti­sane (4%) ; Il respecte un cer­tain plu­ral­isme (4%) ; Il est moins sen­sa­tion­nal­iste (4%) ; Il laisse la place au débat et à la nuance (3%) ; Il présente plusieurs points de vue (2%) ; Il est acces­si­ble à tous (1%)
Prox­im­ité et engagement 16% Il est pen­sé sur le temps long, moins dans l’im­mé­di­ateté (4%) ; Il a une approche de prox­im­ité (2%) ; Il met en avant des infor­ma­tions pos­i­tives (2%) ; Il se fait sur le ter­rain (2%) ; Il est ori­en­té vers les solu­tions (1%) ; Il laisse plus de place à l’ex­per­tise (1%) ; Il est plus engagé sur les ques­tions envi­ron­nemen­tales (1%) ; Il est engagé (1%) ; Il est humain et bien­veil­lant (1%) ; il s’ou­vre à davan­tage de sujets et à l’in­ter­na­tion­al (1%) ; Il donne la parole à tous (0%)
Nou­velles tech­nolo­gies et numérique 15% Il est assisté par l’IA (5%) ; Il repose sur l’in­ter­ac­tiv­ité et une expéri­ence per­son­nal­isée (3%) ; Il s’ap­puie sur les out­ils numériques (3%) ; Il est humain, sans util­i­sa­tion de l’IA (1%) ; Il revient au papi­er et s’éloigne des réseaux soci­aux (1%) ; Il est phago­cyté par l’IA (1%) ; Il est pro­téi­forme et mul­ti­canal (1%) ; Il est dématéri­al­isé (moins de papi­er) (1%) ; Il est moins sur le ter­rain (0%)
Edu­ca­tion aux médias et pou­voir d’agir 10% Il est par­tic­i­patif et citoyen (4%) ; Il est com­plété par une EMI ren­for­cée (3%) ; Il est porté par des pro­fes­sion­nels bien for­més (1%) ; Il con­tex­tu­alise l’in­for­ma­tion et recon­naît ses biais (1%) ; Il recrée un lien avec les citoyens (1%)
Via­bil­ité économique 5% Il est financé par l’É­tat au nom de l’in­térêt pub­lic (2%) ; Il est davan­tage financé par ses lecteurs (1%) ; Il pro­pose un meilleur mod­èle de rémunéra­tion des jour­nal­istes (1%) ; Il offre un accès gra­tu­it à l’in­for­ma­tion (1%)
Pro­tec­tion des journalistes 3% Il pro­tège les jour­nal­istes dans leur exer­ci­ce (2%) ; Il pro­tège ses sources (1%) ; Il pro­tège les lanceurs d’alerte (0%)
Manip­u­la­tions de l’information 5% Il est manip­ulé et instru­men­tal­isé (4%) ; Il est men­acé par les réseaux soci­aux (1%)

Le journalisme en 2035, les verbatims

Par­mi les ver­ba­tims for­mulés par les par­tic­i­pants à l’égard de cette ques­tion, le rap­port relève celui-ci :

« 2035 : le jour­nal­isme est devenu pluriel, engageant et… patient. Il n’est pas amnésique de la nou­velle d’a­vant-hier et hyper­mnésique de la nou­velle du jour. Il présente des points de vue con­trastés sur une même infor­ma­tion, en “tour­nant” à 360 degrés autour du sujet traité. Il sait vari­er les for­mats (slow jour­nal­ism, nou­veaux vecteurs…) et a fait le choix de l’in­ter­ac­tiv­ité afin d’être moins descen­dant (jour­nal­isme par­tic­i­patif mobil­isant les citoyens pour iden­ti­fi­er les sujets d’in­térêt). Il a égale­ment diver­si­fié son pool d’ex­perts afin de met­tre un terme à la pra­tique des “bons clients” des plateaux. Il donne la parole à des voix nou­velles, trans­généra­tionnelles (jeunes et moins jeunes), orig­i­nales, inat­ten­dues. Bref, le jour­nal­isme de 2035 sur­prend. Enfin, il est tourné vers les solu­tions, au-delà des con­stats et des diag­nos­tics qui monop­o­lisent l’essen­tiel de la pro­duc­tion médi­a­tique aujourd’hui. »

Un six­ième arti­cle clôt cette recen­sion en présen­tant, d’une part, une éval­u­a­tion suc­cincte des modal­ités comme des résul­tats de cet exer­ci­ce de con­sul­ta­tion en ligne artic­ulé sur les ques­tion­nements évo­qués ci-avant, et d’autre part, une appré­ci­a­tion glob­ale de ce qu’il ressort de cet exer­ci­ce des EGI à ce stade de son déroulement.

Patrice Car­dot

[1] Les don­nées sont exprimées en pour­cent­age des par­tic­i­pants ayant répon­du à la ques­tion. Par ailleurs, un par­tic­i­pant peut indi­quer plusieurs répons­es : le total des pour­cent­ages des idées peut donc dépass­er les 100%.

[2] Les don­nées sont exprimées en pour­cent­age des par­tic­i­pants ayant répon­du à la ques­tion. Par ailleurs, un par­tic­i­pant peut indi­quer plusieurs répons­es : le total des pour­cent­ages des idées peut donc dépass­er les 100%.

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