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De quoi est mort George Floyd à Minneapolis ?

8 juin 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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De quoi est mort George Floyd à Minneapolis ?

Nous reprenons un article de Breizh Info du 2 juin 2020 sur la mort de George Floyd, apportant d’intéressantes informations dans un climat d’hystérie sur le sujet des médias de grand chemin.

Le med­ical exam­in­er de Hen­nepin Coun­ty a pub­lié ce lun­di un com­mu­niqué offi­ciel sur la cause de la mort de George Floyd le 25 mai. Il la décrit ain­si : « Car­diopul­monary arrest com­pli­cat­ing law enforce­ment sub­d­ual restraint, and neck com­pres­sion » (arrêt car­dio-pul­monaire suite à immo­bil­i­sa­tion for­cée et com­pres­sion du cou).

Le médecin légiste fait ain­si un pas en arrière par rap­port à ses pre­mières déc­la­ra­tions (repris­es dans l’acte d’accusation con­tre le polici­er Derek Chau­vin). Selon celles-ci, la cause du décès était triple : le geste du polici­er, l’état de san­té de la vic­time et l’usage d’une sub­stance non déter­minée. Le com­mu­niqué ne retient finale­ment que la pre­mière. Mais il ouvre une bouteille à l’encre en l’assortissant d’« oth­er sig­nif­i­cant con­di­tions » (autres prob­lèmes de san­té nota­bles) : George Floyd souf­frait d’artériosclérose et de car­diopathie, il était intox­iqué au fen­tanyl et venait de con­som­mer de la métham­phé­t­a­mine. Il est prob­a­ble que le procès de Derek Chau­vin se jouera en par­tie sur le sens du mot « sig­nif­i­cant ».

Deux experts man­datés par la famille de la vic­time, Michael Baden et Alle­cia Wil­son (l’un blanc, l’autre noire), ont de leur côté affir­mé lun­di que la mort est due à une asphyx­ie et con­testé tout prob­lème de san­té préex­is­tant. Les médias qui avaient ignoré les pre­mières con­clu­sions du médecin légiste se sont empressés de réper­cuter cette opin­ion diver­gente…

De quoi est mort George Floyd à Min­neapo­lis ? Ques­tion facile ! Tout le monde a pu voir dans une vidéo qu’il est mort étouf­fé sous le genou du polici­er Derek Chau­vin. Et telle est la ver­sion presque unanime­ment répan­due par la presse, sans par­ler des réseaux soci­aux, qui ont déjà bouclé l’enquête, organ­isé le procès et ren­du leur ver­dict. Or, en l’état, c’est une fake new.

Derek Chau­vin a appliqué à George Floyd une tech­nique bien con­nue, autorisée depuis longtemps dans cer­taines unités de police améri­caine, le neck restraint. Cette prise issue du jiu-jit­su est des­tinée à com­press­er l’une des veines jugu­laires avec le genou. Elle n’a pas pour but de couper la res­pi­ra­tion. De toute évi­dence, une per­son­ne qui parvient à crier : « I can­not breathe » (je ne peux pas respir­er) respire encore. Cepen­dant, le sujet est alors couché sur le ven­tre, posi­tion qui rend la res­pi­ra­tion dif­fi­cile, a for­tiori si ses mains sont main­tenues der­rière le dos.

George Floyd n’est pas mort par asphyxie

Il ne s’agit pas ici de jus­ti­fi­er la tech­nique du neck restraint, con­testée au sein même de la police améri­caine, encore moins l’usage qu’en a fait Derek Chau­vin sur un sus­pect dont le com­porte­ment, les vidéos en témoignent, n’était pas vio­lent. Il s’agit de soulign­er le con­traste entre l’unanimité de la presse et des réseaux pour désign­er « l’arme du crime », le genou du polici­er, et leur silence presque aus­si unanime pour relater les con­clu­sions de l’autopsie.

Celle-ci n’est pas encore pub­liée in exten­so mais ses pre­miers résul­tats sont formels : George Floyd n’est pas mort par asphyx­ie ou stran­gu­la­tion du fait du neck restraint. Son décès est prob­a­ble­ment dû tout à la fois à la com­bi­nai­son de son immo­bil­i­sa­tion par la police, de son mau­vais état de san­té (mal­adie car­diaque et hyper­ten­sion) et de la con­som­ma­tion d’une sub­stance non déter­minée. Les vidéos sont d’ailleurs élo­quentes : George Floyd marche avec dif­fi­culté et doit être soutenu par deux policiers pour tra­vers­er la rue. Il s’effondre sur lui-même au moment de mon­ter dans la voiture de police, avant toute vio­lence poli­cière.

L’autopsie, il est bon de le soulign­er, n’a pas été réal­isée par un médecin dépen­dant de la police mais par le med­ical exam­in­er de Hen­nepin Coun­ty. Le statut de med­ical exam­in­erétroite­ment régle­men­té par la loi du Min­neso­ta, assure l’indépendance de son tit­u­laire, qui est oblig­a­toire­ment un pathol­o­giste ayant une qual­i­fi­ca­tion en médecine légale.

Des informations inexactes rarement rectifiées

L’attention de la presse et du pub­lic a évidem­ment été acca­parée par les émeutes qui sec­ouent les États-Unis depuis le 25 mai. Cepen­dant, un souci d’exactitude de l’information aurait au moins dû con­duire la presse à rec­ti­fi­er ses com­men­taires antérieurs sur la cause du décès de George Floyd. Beau­coup de lecteurs n’ont enten­du par­ler de l’autopsie que lorsque la famille du défunt a annon­cé son inten­tion de faire réalis­er une con­tre-autop­sie par un expert de son choix ! En l’occurrence, elle aurait désigné le doc­teur Michael Baden, 85 ans, ancien med­ical exam­in­er de New York et vedette médi­a­tique.

Les lecteurs français ont-ils été mieux infor­més ? Pas vrai­ment. Néan­moins, au détour d’un arti­cle sur Derek Chau­vin, francetvinfo.fr a cité un extrait de l’acte d’accusation évo­quant explicite­ment les pre­mières con­clu­sions de l’autopsie. Seul RT France a pub­lié un arti­cle con­sacré au sujet, sous le titre : « Une pre­mière autop­sie indique que George Floyd ne serait pas mort asphyx­ié, la famille con­teste ». Notons que le pub­lic belge a été mieux traité : rtbf.be a pub­lié un titre explicite le 30 mai. Plusieurs autres organes belges ont titré sur la con­tre-exper­tise annon­cée par la famille, faisant état ipso fac­to de l’autopsie con­duite à Min­neapo­lis.

Alors que les résul­tats de l’autopsie étaient con­nus depuis deux jours, Anne-Claire Coudray assur­ait encore le 31 mai, dans le jour­nal de 20 heures de TF1, que George Floyd est mort « étouf­fé ». À ce jour, aucun site spé­cial­isé dans les fauss­es nou­velles ne s’est emparé du sujet.

E.F.

Source : breizh-info.com. Crédit pho­to : John Lucia via Flickr (cc). Man­i­fes­ta­tion à Bal­ti­more en 2016.

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