Ça va mal pour la presse gratuite

En pleine crise du marché publicitaire, la presse gratuite, qui ne vit précisément que de la publicité, peine à trouver une alternative.

Les trois quotidiens gratuits que sont 20 Minutes, Direct Matin et Metronews ont vu leurs recettes baisser de 8,6 % sur les trois premiers trimestres 2013. Celles-ci devraient avoisiner les 80 millions d’euros sur l’année, contre 100 millions à l’époque de leur apogée. Selon un éditeur, « au rythme où vont les choses, on ne voit pas comment chacun d’eux pourrait échapper à des restructurations drastiques. À moins d’accepter de continuer de financer à perte ».

20 Minutes, le premier quotidien gratuit de France lancé en 2002, vient de terminer l’année dans le rouge après 5 années bénéficiaires. Avec ses 945 000 exemplaires, il reste le leader du marché mais concède une baisse de 10 % de ses recettes et devrait, selon Le Figaro, subir des pertes de 4 à 5 millions d’euros. En décembre dernier, un plan de départs avait été annoncé. Outre ces économies, 20 Minutes ne dessert plus que 36 villes sur les 45 d’origine. Pour survivre, le quotidien compte sur sa grosse présence numérique : 5,5 millions de visiteurs uniques par mois.

Du côté de Direct Matin, deuxième diffuseur avec 900 000 exemplaires, on subit des pertes depuis le lancement en 2007. Mais tant que Vincent Bolloré les épongera, l’aventure continuera… En attendant, Direct Matin n’est pas décidé à abandonner le papier pour le numérique. « Contrairement à 20 Minutes, nous ne baissons pas notre diffusion. Nous ne sommes pas dans une logique d’économies », a indiqué Jean-Christophe Thiery, président de Bolloré Média. Le quotidien vise 4 nouvelles villes à desservir d’ici fin mars.

Enfin, à Metronews, troisième diffuseur avec 743 000 exemplaires quotidiens, on cherche également à se raccrocher au numérique. Pour ce faire, le journal s’appuie sur son site internet, qui a doublé sa fréquentation et atteint aujourd’hui 3,1 millions de visiteurs uniques par mois.

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