Brèves : A. Wintour / P. Chapelotte / V. Bolloré

Le Diable s’habille en Prada… et vote Obama. Anna Wintour, célèbre rédactrice en chef du magazine Vogue, a levé plus d’un demi-million de dollars de dons pour la nouvelle campagne du président américain. En récompense de ses bons et loyaux services, elle pourrait obtenir le poste d’ambassadeur à Londres. Un bel exemple de relations incestueuses entre pouvoir et contre-pouvoir.

Patricia Chapelotte, ancienne conseillère de Dominique Perben au ministère de la Justice, s’est recyclée dans le conseil en communication. Elle vient de publier un livre, De Kerviel à Clearstream, L’art de communiquer lors des grands procès (éd. Eyrolles), où elle raconte son expérience de « démineuse de pièges », notamment médiatiques. On y apprend comment elle a tenté de redorer l’image de Jean-Louis Gergorin dans le dossier Clearstream ou accompagné le trader Jérôme Kerviel, bouc émissaire d’une finance devenue folle. Patricia Chapelotte bâtit les plans de communication, rythme les apparitions de ses clients, imagine les formules « qui seront retenues par la presse » et organise les rendez-vous qui peuvent « infléchir le jugement médiatique ». Intéressante plongée dans un univers qui, involontairement, révèle comment la communication tente de se substituer à l’information.

Vincent Bolloré est un patron catholique qui met des actes au bout de ses idées. Raison pour laquelle il va débourser 60 millions d’euros pour racheter le couvent des Petites sœurs des pauvres, rue de Varize, dans le 16ème arrondissement de Paris. Le milliardaire a notamment prévu d’investir 20 à 30 millions pour ses bonnes œuvres. Il a confié la gestion du site au consultant religieux de sa chaîne, Direct 8, l’abbé Gabriel Grimaud, fondateur de l’association traditionnaliste Mater Amoris (également financée par Bolloré). Le religieux sera assisté d’Aymeric Pourbaix, ancien directeur des programmes de Radio Notre-Dame et nouveau directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Famille Chrétienne.