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Allemagne : quand l’antiracisme devient plus raciste que le racisme

10 mars 2021

Temps de lecture : 4 minutes

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Allemagne : quand l’antiracisme devient plus raciste que le racisme

Allemagne : quand l’antiracisme devient plus raciste que le racisme

Nous reproduisons la traduction partielle d’un article de Junge Freiheit du 31 janvier 2021 sur les présupposés anti-européens de certaines universités allemandes appuyées par l’Union européenne. Certains intertitres sont de notre rédaction.

Schiller et la Déclaration d’Iéna

En sep­tem­bre 2019, l’In­sti­tut de zoolo­gie et de recherche sur l’évo­lu­tion de l’U­ni­ver­sité Friedrich Schiller a adop­té la « Déc­la­ra­tion d’Ié­na », dans laque­lle on lit : « L’ex­clu­sion du terme race doit désor­mais faire par­tie de l’éthique sci­en­tifique ». Car : « le racisme » « a inven­té les races ».

Nous auri­ons donc jusqu’à présent vécu dans un monde de con­struc­tions fauss­es dans lequel « les êtres sont dis­crim­inés pour des raisons apparem­ment biologiques ». Les auteurs inclu­ent égale­ment « la qual­i­fi­ca­tion de l’Africain comme men­ace pré­sumée pour l’Europe » dans le ban­nisse­ment linguistique.

Cette dernière phrase indique claire­ment que la déc­la­ra­tion provient de l’op­por­tunisme poli­tique et non d’une quel­conque éthique sci­en­tifique. Si les « races » ne sont que des con­struc­tions sociales ou racistes reste à voir. Quoi qu’il en soit, le con­cept de race est aujour­d’hui un élé­ment cen­tral de la poli­tique iden­ti­taire. Ses porte-parole déter­mi­nent leurs intérêts en fonc­tion de leurs orig­ines sociales ou eth­niques, de leur cul­ture, de leur sexe, de leur reli­gion, voire même de leur race et en tirent des reven­di­ca­tions. Le des­ti­nataire de ces reven­di­ca­tions est le «vieil homme blanc» qui refuse d’a­ban­don­ner sa dom­i­na­tion (« supré­matie blanche »).

Mise en œuvre du plan d’action de l’UE contre le racisme

Pour­tant, cette supré­matie n’ex­iste plus. Elle a été rem­placée par un antiracisme imposé par l’É­tat ‑un Etat qui répond pro­gres­sive­ment aux exi­gences des mou­ve­ments noirs, islamistes et autres fac­tions iden­ti­taires. Le gou­verne­ment fédéral a adop­té un ensem­ble de mesures à cette fin, dont les coûts s’élèveront à un mil­liard d’eu­ros d’i­ci 2025. Ce faisant, il a mis en œuvre le « Plan d’ac­tion de l’U­nion Européenne con­tre le racisme 2020–2025 », adop­té en sep­tem­bre 2020. Le pro­gramme de lutte con­tre le racisme com­prend égale­ment le pro­jet de sup­primer le terme «race» de la Loi fon­da­men­tale (n.d.t. : équiv­a­lent de notre constitution).

Cette idée, cepen­dant, a provo­qué une intéres­sante réac­tion de la part des lob­by­istes antiracistes. En juil­let 2020, Natasha A. Kel­ly, soci­o­logue spé­cial­iste du colo­nial­isme et du fémin­isme, a insisté dans un quo­ti­di­en berli­nois sur le fait que « le terme juridique de « race » est un instru­ment néces­saire pour pou­voir lut­ter par le biais de la loi con­tre le racisme anti-noir. Il est donc indis­pens­able d’adopter le terme «race» dans le vocab­u­laire de la résis­tance anti-raciste .” Kel­ly est mem­bre fon­da­teur du Black Euro­pean Aca­d­e­m­ic Net­work (BEAN), une plate-forme pour les uni­ver­si­taires qui promeut la for­ma­tion de réseaux pour la dif­fu­sion de l’his­toire des Noirs européens. Kel­ly met l’ac­cent sur l’u­til­i­sa­tion de la « race » comme caté­gorie sociale et non biologique. Son argu­men­ta­tion se résume à nier la réal­ité tan­gi­ble — y com­pris sociale – et à mod­el­er une réal­ité idéol­o­gisée jusqu’à fan­tas­mer une «his­toire alle­mande Noire (n majus­cule dans le texte orig­i­nal)» et cri­tique le fait que, « qui dit Alle­mand dit Blanc ».

Petit remplacement dans les universités allemandes

L’Alle­magne aurait besoin d’un « revire­ment racial », pour lequel « des sci­en­tifiques noirs et des sci­en­tifiques de couleur devraient être embauchés sur le long terme dans les uni­ver­sités alle­man­des » et « des études sur les Noirs devraient être mis­es en œuvre dans toutes les uni­ver­sités d’Alle­magne ». Bref, il ne s’ag­it pas de sci­ence ou de recherche, mais de lob­by­ing, de sub­ven­tions, de l’in­stal­la­tion d’une bureau­cratie poli­tique par­a­sitaire sup­plé­men­taire, de la sat­is­fac­tion des instincts pré­da­teurs et de domination…

La com­préhen­sion de la cul­ture et de l’his­toire, façon­née par l’Eu­rope du Nord, les anglo-sax­ons, l’an­tiq­ui­té gré­co-romaine et le judéo-chris­tian­isme, est égale­ment remise en ques­tion. Et ça con­tin­ue : en Alle­magne, les pis­teurs antiracistes ont égale­ment iden­ti­fié les règles de gram­maire et d’orthographe comme out­ils de la répres­sion raciste colo­niale de la supré­matie blanche.

Ils spécu­lent sur la con­science coupable, la honte du « vieil homme blanc ». Les réal­i­sa­tions du monde occi­den­tal sont le fruit d’une auto-réflex­ion col­lec­tive et d’une aut­o­cri­tique. Con­traire­ment à ce que pense l’Eu­ropéen bien inten­tion­né héri­ti­er for­cé des Lumières, il ne s’ag­it pas de principes uni­versels, mais de spé­ci­ficités cul­turelles. Il en résulte une asymétrie dan­gereuse : si une par­tie ne s’im­pose aucune réflex­ion cri­tique et se forge des armes poli­tiques de plus en plus acérées sous cou­vert de reproche moral, l’autre reste sans défense. Le dal­ton­isme – que l’on retrou­ve dans la «Déc­la­ra­tion d’Ié­na» — est uni­latéral et aveu­gle à la réal­ité : il refuse d’ac­cepter le fait que l’an­tiracisme s’est trans­for­mé en racisme con­tre les Blancs.

Les Blancs sont une minorité de plus en plus petite

Si toutes les autres eth­nies, races, cul­tures, reli­gions pour­suiv­ent une poli­tique iden­ti­taire et défend­ent de plus en plus agres­sive­ment leurs intérêts de groupe sur le ter­ri­toire même du «vieil homme blanc», celui-ci n’a d’autre choix que de réaf­firmer vigoureuse­ment sa pro­pre iden­tité et de définir ses pro­pres intérêts. Ce, en songeant que les Blancs représen­tent une minorité de plus en plus petite à l’échelle mondiale.

Aban­don­ner les illu­sions uni­ver­sal­istes ne doit pas être syn­onyme de se détourn­er d’idéaux qui vont au-delà de son pro­pre cer­cle — qu’il soit cul­turel, eth­nique ou racial. Mais qui, en poli­tique, par­le d’ «human­ité», triche. L’an­cien chance­li­er Hel­mut Schmidt l’a bien rap­pelé : on ne peut pas faire de poli­tique avec le Nou­veau Tes­ta­ment sous le bras.

Le « vieil homme blanc » hon­ni a le devoir de trac­er enfin une ligne de défense spir­ituelle et morale,derrière laque­lle il pour­ra puis­er des forces nou­velles pour défendre froide­ment ses intérêts.

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