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Alba Ventura ou le vocabulaire orienté

18 juillet 2019

Temps de lecture : 3 minutes

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Alba Ventura ou le vocabulaire orienté

Alba Ventura ou le vocabulaire orienté

Avec le parti des médias politiquement corrects, tout est question de vocabulaire. La majeure partie des journalistes ne s’en aperçoit même pas : ils forment un groupe qui dit la même chose, chaque jour, avec le même vocabulaire et les mêmes peurs. Chez Alba Ventura, la grande peur c’est le mot « droite » incarné par Marion Maréchal.

Elle n’est pas la seule, Alba Ven­tu­ra, à s’effrayer dès que le mot « droite » est pronon­cé. Pour se ras­sur­er cer­tains font même régulière­ment des dîn­ers homards chez tel ou tel homme poli­tique libéral lib­er­taire ten­dance Macron. Mais elle, Alba, ne lâche pas le micro et cela dure. Avec ses obses­sions, lâchées au pub­lic en forme d’éditoriaux de jour­nal­iste alors que ce ne sont rien d’autre que paroles de mil­i­tant. Un bel exem­ple, le 28 juin dernier, quand la droite à la mau­vaise idée de s’incarner en une femme jeune et jolie.

La droite et Marion Maréchal, Alba elle n’aime pas ça

C’est par­ti­c­uli­er la jeune droite, ou bien la jeunesse de la droite, ou mieux la jolie jeunesse fémi­nine de la droite et c’est cela qu’Alba Ven­tu­ra n’aime pas. On l’écoute, on la regarde, on le voit. La jour­nal­iste est dépitée. Jalouse ? Du coup, les mots sont per­fides, d’une méchanceté toute en aigreur rance, comme dans un épisode de Des­per­ate house­wives ou dans une cour de récréa­tion de lycée, verbatim :

« On dirait bien qu’elle est dev­enue fréquentable. Peut-être parce qu’elle a renon­cé au nom Le Pen… »

« Il sem­ble qu’il y ait une clien­tèle de plus en plus intéressée par la nièce de Marine Le Pen »

« Une clien­tèle de droite à la recherche d’une droite plus dure »

« Cette droite qui s’affiche comme étant tra­di­tion­nelle, catholique, plus focal­isée sur l’immigration, pro­tec­tion­niste, euroscep­tique, eurovigilante… »

« Elle est red­outable » (Calvi : « oui, oui, ah ah ah ah »)

« Il y a une digue qui se fis­sure, des dis­cus­sions et cela c’est nou­veau, elle n’a pas encore cédée mais elle est quand même abîmée par endroits »

Et de penser à la place de….

« Mar­i­on maréchal a bien com­pris que le moment était venu de se met­tre en mou­ve­ment » (c’est sans doute du factuel ?).

« Elle est en train de faire des œil­lades », comme une péripatéticienne ?

Chronique orientée

Ques­tion d’Yves Calvi, tout sourire et se pen­sant malin : « ôtez moi un doute, elle roule pour qui Mar­i­on Maréchal ? »

Rare moment d’analyse au cours de ce qui s’apparente plus à un « débat » entre mêmes opin­ions qu’à du jour­nal­isme : « pour ses idées… stratégie d’alliances en arc de cer­cle… de la droite à la droite extrême ». Evidem­ment, comme il y a longtemps qu’elle n’a pas étudié les sci­ences poli­tiques, Alba Ven­tu­ra a oublié ce qu’est l’extrémisme en his­toire des sci­ences poli­tiques et s’évertue à attribuer ce mot à quiconque ne lui con­vient pas à titre personnel.

Mais atten­tion… la psy­cholo­gie de mag­a­zine n’est jamais loin : « Elle roule aus­si pour sa tante, alors ce n’est peut-être pas sa pre­mière inten­tion mais elles ont un intérêt com­mun aujourd’hui. La tante cherche à faire pro­gress­er son par­ti, la nièce à couper le cor­don san­i­taire avec LR… ». Ven­tu­ra ne sem­ble pas s’apercevoir de l’origine de son vocab­u­laire : « san­i­taire », c’est médi­cal. Il s’agit de se pré­mu­nir de mal­adies… Une cer­taine droite qui serait épidémique ? Ou bien des gens ? Comme ces pré­ten­dues ver­mines dont on voulait se pro­téger par divers moyens « san­i­taires » ?

« La nièce apporte des troupes à la tante… elle sert d’agent recru­teur… pour l’instant, il y en a une qui tra­vaille pour l’autre avant de tra­vailler pour elle-même ».

Allo, RTL ? Une ques­tion : à quel moment cette chronique est-elle « poli­tique » ? Au sens jour­nal­is­tique ou intel­lectuel du terme ? Avec Alba Ven­tu­ra, l’auditeur prend chaque jour sa dose de poli­tique­ment cor­rect. Comme d’habitude ?

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