Retour sur Daniel Kretinsky, nouvel investisseur dans les médias français

Télécharger en PDF

L’Observatoire du journalisme a déjà présenté le Tchèque Daniel Kretinsky qui vient de racheter l’hebdomadaire Marianne, une partie des titres de Lagardère Active et bon nombre de radios locales d’Europe centrale rattachées au groupe d’Arnaud Lagardère. Petit à petit sa personnalité se précise.

People tchèques

C’est La Lettre A qui nous l’apprend dans son édition du 9 mai 2019, DK (c’est son surnom dans son groupe), est divorcé, père d’un enfant et vivrait avec la fille de Petr Keller… l’homme le plus riche du pays (DK figure à la cinquième place du classement). Son empire médiatique tchèque est géré par une proche Libuse Smuclerovà, plus connue dans son pays pour être la compagne du gardien de but de l’équipe tchèque de hockey sur glace, le sport national.

Négociations difficiles

L’absorption de Marianne devrait provoquer le déclenchement de la clause de conscience pour certains journalistes ayant de l’ancienneté, une procédure certainement intégrée dans le prix de cession.

Les choses sont plus compliquées du côté de Lagardère. Les radios cédées se trouvent en Pologne, Roumanie, République tchèque et Slovaquie avec des régimes sociaux différents mais DK est à l’aise dans ces pays qu’il connaît bien. Ce serait plus difficile pour la partie magazine en France où les managers de Lagardère auraient un peu dissimulé quelques chausse-trappes : charges de personnel peu claires, contraintes sociales et immobilières, grande complexité de la cession d’une partie des licences internationales liées au magazine Elle.

DK est assisté de deux poissons-pilote, Yves de Chaisemartin qui lui a vendu Marianne et Étienne Bertier, ancien secrétaire général d’EDF. Nul doute que DK saura se faire de nouveaux amis, l’épaisseur de son portefeuille le permet.

Photo : Capture d’écran vidéo Kryštof Raška. DR