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Régionales : Estrosi accuse Jean-Jacques Bourdin d’avoir favorisé le FN

8 décembre 2015

Temps de lecture : 3 minutes
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Régionales : Estrosi accuse Jean-Jacques Bourdin d’avoir favorisé le FN

Invité lundi matin sur RMC au lendemain du premier tour des élections régionales, Christian Estrosi a accusé la station d’avoir favorisé le Front National. Les chiffres publiés par la station montrent pourtant l’inverse.

Le ton est très vite mon­té entre le can­di­dat LR en PACA et Jean-Jacques Bour­din lorsque ce dernier lui a demandé s’il souhaitait débat­tre avec son opposante, Mar­i­on Maréchal-Le Pen, sur les ondes de RMC. « Vous m’avez posé la ques­tion au mois de juin, je vous ai répon­du oui et Mme Le Pen a refusé. Vous ne pou­vez pas me dire le con­traire. Alors je ne réponds pas aux con­vo­ca­tions de Mme Le Pen », a alors répon­du Estrosi.

« Ce n’est pas une con­vo­ca­tion de Mme Le Pen, c’est une invi­ta­tion de ma part », a rétorqué Bour­din. Con­tin­u­ant sur sa lancée, l’an­cien min­istre a affir­mé qu’il y a qua­tre jours de cela, c’est le directeur de la com­mu­ni­ca­tion de la can­di­date fron­tiste qu’il l’a appelé pour lui dire : « Nous vous deman­dons que ce soit sur RMC et sur BFMTV que nous fas­sions un débat de deux­ième tour. » Et Chris­t­ian Estrosi de s’é­ton­ner « que ce ne soit for­mulé, non pas par vous mais par votre inter­mé­di­aire ».

Agacé, Jean-Jacques Bour­din a alors men­acé de ren­dre publics « tous les mes­sages » qu’il a envoyé au maire de Nice, qual­i­fi­ant ses déc­la­ra­tions de « men­songe ». Mais pour Estrosi, BFMTV-RMC reste « la chaîne qui a soutenu le Front Nation­al de manière hon­teuse ». « Vous voulez que je décompte les min­utes que vous leur avez accordées par rap­port à ma can­di­da­ture ? Vous voulez que je les décompte ? Eh bien on va les décomptez, je vais les décompter », s’est-il ensuite emporté.

Avant de couper court à cette con­ver­sa­tion houleuse, M. Bour­din a rap­pelé que « le CSA veille scrupuleuse­ment à l’équité du temps de parole ». Souhai­tant « rétablir cer­taines vérités » et répon­dre à ces « accu­sa­tions sans fonde­ment », le présen­ta­teur est revenu une demi-heure plus tard sur cet échange, expli­quant que son émis­sion avait reçu chaque can­di­dat deux fois. « Deux partout. Alors il faut arrêter de dire des men­songes », a‑t-il con­clu.

Or il se trou­ve que le décompte réclamé par mon­sieur Estrosi existe… et qu’il con­tred­it totale­ment son affir­ma­tion. Dans la soirée, BFMTV a en effet pub­lié un arti­cle démon­trant que le CSA veil­lait bien à l’ap­pli­ca­tion des règles du plu­ral­isme poli­tique. « L’équité des temps de parole en péri­ode élec­torale tient compte des résul­tats aux précé­dentes élec­tions, de l’im­pli­ca­tion du can­di­dat ou du par­ti dans la cam­pagne, c’est-à-dire la “dynamique” de cam­pagne et, dans une moin­dre mesure, des sondages d’opin­ion », peut-on lire.

Ain­si, toutes les inter­ven­tions à l’an­tenne sont décomp­tées, « jour et nuit », puis envoyées par relevés chaque semaine au CSA. « À la fin de la cam­pagne, le CSA analyse les chiffres et pub­lie son appré­ci­a­tion », note Maxime Dari­dan, chef des infor­ma­tions et respon­s­able du plu­ral­isme pour BFMTV, RMC et BFM Busi­ness.

Bilan chiffré : au niveau nation­al le PS a eu 30,49% de temps de parole sur BFMTV, Les Répub­li­cains 28,30%, le FN 13,74% et EELV 6,26%. Con­cer­nant la région PACA, où se présente M. Estrosi, large­ment dis­tancé au pre­mier tour par Mar­i­on Maréchal-Le Pen, la liste PS a eu 36,83% de temps de parole, la liste LR-UDI 34,02%, la liste FN 17,80% et la liste EELV-FG 4,10%.

Ces chiffres démon­trent ain­si que c’est bel et bien le PS et LR qui ont été favorisé d’un point de vue du temps de parole, et non le FN. Chris­t­ian Estrosi devra sans doute trou­ver d’autres expli­ca­tions à son échec pour pré­par­er le sec­ond tour.

Crédit pho­to : ump-pho­tos via Flickr (cc)

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