Ojim.fr
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
Prix Pulitzer : la cure d’autosatisfaction américaine !

L’article que vous allez lire est gratuit. Mais il a un coût. Un article revient à 50 €, un portrait à 100 €, un dossier à 400 €. Notre indépendance repose sur vos dons. Après déduction fiscale un don de 100 € revient à 34 €. Merci de votre soutien, sans lui nous disparaîtrions.

13 mai 2023

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Prix Pulitzer : la cure d’autosatisfaction américaine !

Prix Pulitzer : la cure d’autosatisfaction américaine !

Temps de lecture : 3 minutes

La guerre d’Ukraine est un conflit armé mais aussi un champ de bataille médiatique dans lequel s’affrontent, souvent assez caricaturalement, un camp russe parfois tiers-mondiste et un camp ukrainien et étasunien généralement assimilé à l’Occident. Cette guerre dans la guerre se mue petit à petit dans une espèce de croisade pour la vérité. Une « vérité » évidemment très variable selon le camp envisagé. Côté occidental, c’est le très connu prix Pulitzer qui a été dégainé pour récompenser les médias porte-paroles (ou porte-flingues) de la Maison Blanche.

Associated press : l’agence qui vous veut du bien

Lun­di 8 mai 2023, l’une des plus grandes agences de presse du monde, l’Asso­ci­at­ed Press (AP) a été récom­pen­sée par le prix Pulitzer avec le « prix ser­vice pub­lic ». Une breloque pour un reportage qual­i­fié de « courageux » sur le siège de la ville ukraini­enne de Mar­i­oupol mais aus­si une autre pour un reportage photo.

Ce n’est pas une nou­veauté de voir une agence de presse obtenir ce prix décerné par l’université de Colum­bia (New York) mais le car­ac­tère très par­tial de l’AP peut ici éton­ner surtout quand celle-ci s’est fait le relais d’éléments de pro­pa­gande de guerre ukraini­enne ou américaine.

Le New York Times : la gauche qui aime la guerre

Classé au cen­tre gauche, le New York Times a aus­si été primé en rece­vant le prix du « reportage inter­na­tion­al » pour sa « cou­ver­ture inébran­lable de l’invasion de l’Ukraine par la Russie » et tout par­ti­c­ulière­ment pour une enquête sur les morts ukrainiens de Boutcha et sur l’unité russe accusée de tueries. Le manque de recul sur les charniers des deux camps devrait encour­ager à un peu de retenue pour s’éviter les scan­dales à la Timisoara. Le New York Times, jour­nal de va‑t’en guerre, qui s’en excuse même par­fois, applique la feuille de route éta­suni­enne sur la guerre d’Ukraine se faisant le porte-voix de la Mai­son Blanche.

Le Pulitzer, un prix surcoté

En 2018, le prix Pulitzer récom­pen­sait déjà le New York Times pour son traite­ment de la sup­posée ingérence russe dans l’élection prési­den­tielle éta­suni­enne de 2016 (une fable depuis écartée). En 2004, le final­iste Jack Kel­ley con­traint de démis­sion­ner du titre USA Today pour avoir racon­té des sor­nettes sur la Yougoslavie, Cuba ou encore Israël. Aujourd’hui, si ce ne sont pas des fauss­es infor­ma­tions qui sont directe­ment en cause (pour l’instant), le prix Pulitzer se com­plaît dans un exer­ci­ce d’autosatisfaction éta­sunien. Un prix éta­sunien récom­pense des médias éta­suniens qui sou­ti­en­nent la poli­tique menée par les États-Unis… C’est un peu comme si l’université de Moscou remet­tait un prix à la chaîne Rus­sia Today pour son traite­ment de la guerre en Ukraine…