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Présidentielle : les agressions contre des militants de Reconquête et du RN au travers de la presse quotidienne

25 mars 2022

Temps de lecture : 5 minutes
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Présidentielle : les agressions contre des militants de Reconquête et du RN au travers de la presse quotidienne

25 mars 2022

Temps de lecture : 5 minutes

Ces derniers jours, plusieurs militants et sympathisants du mouvement Reconquête, et du Rassemblement national ont été agressés plus ou moins violemment. Sur la seule période du 10 au 20 mars 2022, la liste de ces agressions est impressionnante. La lecture de certains médias de grand chemin nous apprend que le terrain avait été bien préparé, si l’on ose dire.

Les préliminaires

Les men­aces con­tre des mil­i­tants de Recon­quête ont été par­ti­c­ulière­ment nom­breuses depuis l’essor de ce mou­ve­ment, notam­ment sur le réseau social Twit­ter. Une cible a eu une médi­ati­sa­tion plus par­ti­c­ulière, à l’instar de celle de CNew, : Tan­guy David, un mil­i­tant du par­ti d’Éric Zem­mour qui a fait l’objet de nom­breuses men­aces de mort, fréquem­ment à car­ac­tère raciste.

Le monde du busi­ness musi­cal n’est pas en reste. Ain­si, un « chanteur » de rap appelait récem­ment tran­quille­ment au meurtre dans l’une de ses « œuvres » :

« Pour moi le seul sang qui rav­ig­ote […] c’est celui qui coule des patriotes »

Cette banal­i­sa­tion de l’appel et du recours à la vio­lence est-elle isolée ?

Le 5 décem­bre, au meet­ing d’Éric Zem­mour à Villepinte, alors que de nom­breux médias comme Le Monde cher­chaient avant tout à met­tre des par­tic­i­pants à celui-ci en accu­sa­tion, ils étaient beau­coup moins pro­lix­es pour mon­tr­er la véri­ta­ble artillerie des mil­i­tants d’extrême gauche qui entendaient per­turber l’événement.

La com­plai­sance vis-à-vis des néo-fas (appelés à tort antifas) parait bien ancrée en France. La jour­nal­iste du site Boule­vard Voltaire Gabriel Cluzel présente ain­si sur Twit­ter un jeu de société bien curieux ven­du sur le site de la FNAC et dans cer­tains magasins :

Une saine occu­pa­tion pour nos chères têtes blondes élevées dans un cli­mat de respect, n’en dou­tons pas.

Désigner l’ennemi

Dans les médias de grand chemin, dans ce con­texte de qua­si guerre civile, la répar­ti­tion des rôles sem­ble bien définie : Emmanuel Macron est le prési­dent fédéra­teur, jamais cli­vant, qui sort le car­net de chèques des Français quand le besoin s’en fait sen­tir. Cette pluie d’euros déver­sée sur l’économie amène notam­ment Nico­las Bouzou à dress­er sur Europe 1 le 21 mars les louanges du pou­voir en place. Peu importe que les finances de l’Etat approchent chaque jour davan­tage de la banqueroute.

Pen­dant ce temps, alors que Marine Le Pen mène une cam­pagne dis­crète qui sem­ble selon les sondages lui réus­sir, Éric Zem­mour sert de para­ton­nerre. Il est plus sou­vent qu’à son tour affublé de qual­i­fi­catif de « polémiste » et son mou­ve­ment serait d’« extrême droite ».

Comme le souligne à pro­pos du RN Paul-François Paoli dans un essai paru en 2017, « quand les jour­nal­istes, presque tous, classent cette for­ma­tion à l’extrême droite, ils sont sous l’emprise mimé­tique de leur cor­po­ra­tion et ne font qu’attester ce que tant de gens pensent des jour­nal­istes : de con­fort­a­bles paresseux ».

Les jour­nal­istes des médias de grand chemin par­lent aus­si sou­vent d’Éric Zem­mour comme d’un « polémiste d’extrême droite »,  d’une pierre deux coups. Par con­traste, le prési­dent jupitérien est actuelle­ment fréquem­ment appelé le « prési­dent de l’Europe » à l’occasion de la prési­dence du con­seil des min­istres de l’Union européenne, à l’instar de la Tri­bune.

Peu importe que, comme François Asse­lin­eau le démon­tre sur YouTube, les com­pé­tences de la prési­dence du con­seil des min­istres de l’UE sont plus que lim­itées et somme toute assez honorifiques.

Entre les deux et au regard de la dif­férence de stature telle que présen­tée en peu de mots, le choix sem­ble vite fait…

Éric Zem­mour serait donc un « polémiste » : ce voca­ble est-il choisi au hasard alors que les presta­tions d’Éric Zem­mour en tant que « polémiste » sur les plateaux de télévi­sion ont été peu nom­breuses au regard de sa longue car­rière de jour­nal­iste et d’écrivain ?  On aura com­pris qu’il s’agit pour de nom­breux jour­nal­istes d’employer les qual­i­fi­cat­ifs les plus cli­vants et les plus négatifs.

Autre ques­tion : est-il oppor­tun de qual­i­fi­er le mou­ve­ment d’Éric Zem­mour d’« extrême droite » ?

Nos courageux jour­nal­istes en ont-ils cher­ché la déf­i­ni­tion ? Ont-ils écouté un spé­cial­iste des rad­i­cal­ités en France, comme le poli­to­logue Jean-Yves Camus ?  Sur le plateau de Quo­ti­di­en le 4 octo­bre, celui-ci affirme qu’Éric Zem­mour est « un homme de droite » et aucune­ment « d’extrême droite ».

Mais l’on ne désigne pas à la vin­dicte pop­u­laire, l’on ne stig­ma­tise pas impuné­ment quelqu’un ni le mou­ve­ment qu’il représente. La lec­ture de la presse quo­ti­di­enne durant les derniers jours nous en donne un aperçu édifiant.

Festival de violence

C’est un véri­ta­ble fes­ti­val.  Actu.fr ouvre le feu. Le média nous informe que du 10 au 14 mars, un mil­i­tant d’Éric Zem­mour a été vic­time de deux agres­sions vio­lentes à Bordeaux.

Ouest-France nous relate les déboires d’un mil­i­tant du mou­ve­ment inévitable­ment « d’extrême droite » :

« Dans la nuit du 14 au 15 mars, un colleur d’affiches par­ti­san du can­di­dat d’extrême droite à la prési­den­tielle Éric Zem­mour a été agressé. Il a déposé une plainte au com­mis­sari­at ».

Le Parisien place les deux ter­mes fétich­es dans son arti­cle quand il s’agit de par­ler d’E. Zem­mour : « polémiste d’extrême droite ».

« c’est une nou­velle fois le camp du polémiste d’extrême droite qui a été visé. Ven­dre­di (18 mars), six de ses mil­i­tants, et trois ado­les­cents qui les accom­pa­g­naient avec des dra­peaux tri­col­ores, ont été aspergés d’essence par deux indi­vidus après avoir déployé une ban­de­role au-dessus de la Fran­cili­enne, à Linas (Essonne) ».

Sur le site JeanmarcMotrandini.com,  on apprend que le ven­dre­di 18 mars, «  après le meet­ing d’Éric Zem­mour à Metz, Stanis­las Rigault le patron de Généra­tion Z et Denis Cies­lik, Respon­s­able des par­rainages et porte-parole du par­ti Recon­quête! ont été agressés à la gare par une dizaine de jeunes les trai­tant de “fils de pute” ou encore de  “sale pd” selon les images dif­fusées sur les réseaux soci­aux »

On fran­chit un pas sup­plé­men­taire dans l’abject : selon Le Figaro le même soir, à la sor­tie du meet­ing d’E. Zem­mour à Metz « une jeune femme enceinte nous racon­te avoir été agressée à la sor­tie, alors qu’elle était seule. « J’ai dû par­tir un peu avant la fin pour ne pas rater mon train. Une jeune femme antifa m’a fait un croche-pied par-derrière ».

Le Rassem­ble­ment nation­al n’est pas en reste. Boule­vard Voltaire nous informe que le 20 mars, des élus et des mil­i­tants du Rassem­ble­ment nation­al ont été « agressés et insultés en pleine journée par « des jeunes » à Vedène, près d’Av­i­gnon (Vau­cluse) ».

Si aucun titre de la presse quo­ti­di­enne régionale n’en a par­lé, le Figaro évoque à l’occasion d’un arti­cle sur une démarche de Jor­dan Bardel­la envers le min­istre de l’intérieur d’autres faits men­tion­nés par le leader poli­tique : des mil­i­tants du RN «pris pour cible» à Hyères, dans le Var, avec « les vit­res de leur voiture détru­ites par des indi­vidus lors d’un col­lage ».

Le Figaro annonce le 21 mars de façon plus exhaus­tive que « depuis le début de la cam­pagne, une cinquan­taine de mil­i­tants ont été «attaqués avec des couteaux, des poings améri­cains, des chiens d’at­taque, des gaz lacry­mogènes, des armes à feu, des chais­es, des tes­sons de bouteille et des tirs de morti­er ».

Char­line Van­hoe­nack­er, la gri­maçante humoriste de France Inter, n’avait-elle lâché les chiens il y a quelques mois  en gri­mant Éric Zem­mour en Adolf Hitler ? Ne savait-elle pas que l’on ne débat pas avec Adolf Hitler, on cherche à l’éliminer ? Cela va-t-il émou­voir la cor­po­ra­tion des grands moralistes ?

Ces actes de vio­lence ne sont pos­si­bles que parce qu’un cli­mat prop­ice a con­cou­ru à leur essor. Le proces­sus de dia­boli­sa­tion-stig­ma­ti­sa­tion com­porte plusieurs étapes :

- associ­er en per­ma­nence le qual­i­fi­catif d’extrême-droite à deux can­di­dats à l’élection prési­den­tielle, E. Zem­mour et M. Le Pen, bien que, comme le souligne notam­ment le poli­to­logue Jean-Yves Camus, cette qual­i­fi­ca­tion ne soit pas adéquate. Par symétrie, Jean-Luc Mélen­chon n’est jamais qual­i­fié de can­di­dat d’extrême gauche mais d’« insoumis ». Une curiosité que souligne fréquem­ment G.W. Gold­nadel sur Twitter,

- laiss­er propager sur les réseaux soci­aux des men­aces de mort con­tre de per­son­nal­ités comme Tan­guy David, qui affichent un sou­tien à l’un ou l’autre de ces deux candidats,

- puis vient le temps de l’agression physique, d’autant plus facil­itée que lorsque les agresseurs des mil­i­tants poli­tiques sont inter­pel­lés, ils béné­fi­cient par­fois d’une étrange clémence.

Ain­si, les voy­ous qui ont aspergé d’essence dimanche 20 mars des mil­i­tants du par­ti d’Éric Zem­mour ont été con­damnés à…un stage de citoyenneté.

Cela amène Soureya Nad­ji à réa­gir sur Twit­ter :

« Vio­lence car­ac­térisée, en plus envers des mineurs. Résul­tat judi­ci­aire : une “peine” qui ne dis­suade pas de récidiv­er et plus pro­tec­trice des agresseurs que des vic­times. On se fiche des con­séquences psy­chiques qu’elles vont endur­er. Et on hypothèque l’avenir des jeunes agresseurs en ne leur faisant pas pren­dre con­science de la grav­ité de l’acte ».

Par l’action con­juguée de cer­tains jour­nal­istes, de mil­i­tants néo-fas et de racailles, le béné­fice est triple pour le pou­voir en place : la car­i­ca­ture des opposants poli­tiques les mieux placés, l’association de ces mêmes opposants à des faits de vio­lence, même si c’est bien mal­gré eux, et la pos­si­bil­ité d’apparaitre comme un recours, celui du juste milieu et de la mesure.

Une affaire ron­de­ment menée. Quant aux graves prob­lèmes que posent ces agres­sions et leur qua­si impunité dans un régime poli­tique qui se veut démoc­ra­tique, la ques­tion mérit­erait d’être posée.

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