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Réactions à la lettre du président français aux « Citoyens d’Europe » : revue de presse européenne

27 juillet 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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Réactions à la lettre du président français aux « Citoyens d’Europe » : revue de presse européenne

Pre­mière dif­fu­sion le 11/03/2019

Emmanuel Macron a publié le 5 mars 2019 dans des journaux choisis des 28 pays de l’UE une tribune intitulée « Pour une Renaissance européenne » préalablement traduite en 22 langues. Les réactions chez les 28 (France comprise) ont été variées, allant de l’enthousiasme au rejet en passant par l’indifférence et les moqueries. On notera que si le président français se pose une fois de plus, par cette tribune, en leader du camp progressiste-fédéraliste en Europe (« il manque à Macron un opposant libéral en Europe », a ainsi constaté le quotidien allemand Die Welt), le leader naturel, au moins par l’ancienneté, du camp d’en face, c’est-à-dire le Hongrois Viktor Orbán, a lui aussi une fois de plus relevé le défi en estimant à voix haute que « ce pourrait marquer le début d’un vrai débat européen ».

Hongrie

Qu’en pensent les médias hon­grois ? Le grand jour­nal de droite (pro-Fidesz) Mag­yar Nemzet y con­sacre un arti­cle sur son site. Dans cet arti­cle, la dimen­sion intérieure, des­tinée aux Français, de la tri­bune de Macron est soulignée. Le site d’information Index.hu, de gauche (anti-Fidesz), ne con­sacre quant à lui à cette tri­bune qu’un très court arti­cle résumant briève­ment les propo­si­tions du prési­dent français. D’une manière générale, les médias hon­grois ne sem­blent pas s’être beau­coup intéressés aux propo­si­tions du prési­dent Macron.

Pologne

Et puisque nous avons com­mencé par la Hon­grie, con­tin­uons avec la Pologne où gou­ver­nent aus­si ces « pop­ulistes »/« nation­al­istes » dénon­cés par Emmanuel Macron (même si eux-mêmes ne se recon­nais­sent pas dans ces épithètes, pas plus que dans le qual­i­fi­catif d’« esprits fous » util­isé à leur égard par un prési­dent français pas tou­jours très diplo­mate). Curieuse­ment, le jour­nal libéral-lib­er­taire Gaze­ta Wybor­cza, média de référence des cor­re­spon­dants étrangers depuis bien­tôt trois décen­nies et par­ti­san ent­hou­si­aste d’Emmanuel Macron et de sa vision pour l’Europe, sem­ble avoir un peu ignoré la tri­bune prési­den­tielle, avec seule­ment un arti­cle pure­ment descrip­tif le 5 mars et un rap­pel de cette tri­bune dans un entre­tien avec le Belge Guy Ver­hof­s­tadt, chef du groupe des libéraux au Par­lement européen. Peut-être la rédac­tion du jour­nal était-elle vexée que cette tri­bune macronesque eût été pub­liée par un con­cur­rent, Rzecz­pospoli­ta. Le jour­nal le plus proche du PiS, Gaze­ta Pol­s­ka codzi­en­nie, n’a quant à lui pas daigné s’intéresser à cette tri­bune qui a fait tant de bruit en France. Pas un mot depuis le début de la semaine ! Ce sont les médias sur Inter­net qui se sont donc chargés de com­menter plus large­ment cette let­tre aux « citoyens d’Europe », tel le site con­ser­va­teur wPolityce.pl qui a titré dés le 4 mars : « Il n’arrive pas à régler les prob­lèmes chez lui et il appelle à une ‘renais­sance européenne’. Macron demande une révi­sion des traités. »

Italie

Même chose en Ital­ie, autre pays gou­verné par les « pop­ulistes » agités comme un épou­van­tail par le prési­dent français dans sa let­tre pour mobilis­er les Européens « pro­gres­sistes » et surtout les électeurs français en sa faveur : on ne trou­ve sur les sites jour­naux de gauche La Repub­bli­ca et La Stam­pa que des arti­cles pure­ment descrip­tifs de cette tri­bune. Ces deux jour­naux ont sem­ble-t-il préféré réserv­er beau­coup plus de place à l’interview don­née le 3 mars par Emmanuel Macron pour la télévi­sion ital­i­enne, après plusieurs mois de rela­tions dif­fi­ciles entre la France et l’Italie. Le jour­nal de cen­tre-droit Il Gior­nale a en revanche com­men­té la tri­bune du prési­dent français en des mots pas tou­jours très ten­dres dans un arti­cle inti­t­ulé « Macron et l’UE – L’écart entre les paroles et la poli­tique ». « Le locataire de l’Élysée cible à nou­veau le sou­verain­isme et les pop­ulistes », écrit le quo­ti­di­en ital­ien, et « ses appels et déc­la­ra­tions con­ti­nus sur l’importance de l’Europe, sur l’intégration des États, sur la sol­i­dar­ité, s’usent ». Pour Il Gior­nale, cette tri­bune du prési­dent français est motivée par la mon­tée des par­tis sou­verain­istes à l’approche des élec­tions européennes, mais Macron n’est pas crédi­ble à cause du fos­sé entre ses paroles et ses actes, et notam­ment ses « choix uni­latéraux » et son manque de sol­i­dar­ité avec l’Italie en matière d’immigration.

En Grande Bretagne

Les plus féro­ces ont toute­fois été les jour­naux bri­tan­niques. Pour le Tele­graph, « Emmanuel Macron fait main­tenant courir un plus grand dan­ger à l’UE que le Brex­it » et pour le tabloïd The Sun, les Bri­tan­niques devraient « remerci­er le prési­dent français méga­lo­mane pour avoir joli­ment résumé les raisons pour lesquelles la Grande-Bre­tagne fait bien de quit­ter l’UE » dans une let­tre pleine de « suff­i­sance ». Même pour le jour­nal de gauche Guardian, hos­tile au Brex­it qui serait dû, à en croire la tri­bune de Macron, au « men­songe », à « l’irresponsabilité » et aux « manip­u­la­tions », « la vision pom­peuse de Macron pour l’Europe mon­tre à quelle point celle-ci a besoin de la Grande-Bre­tagne ».

Allemagne

Le prési­dent français aura donc eu à se tourn­er vers les jour­naux alle­mands pour se met­tre du baume au cœur, avec des com­men­taires au pire neu­tres et au mieux ent­hou­si­astes dans tous les grands jour­naux (le plu­ral­isme des grands médias alle­mands ressem­blant beau­coup à celui de leurs homo­logues français). Le Frank­furter All­ge­meine Zeitung estime que « la réponse alle­mande à l’appel de Macron dans les jour­naux européens est unanime » pour van­ter cette impul­sion en faveur de l’Europe. Pour le FAZ, cette tri­bune est un « plaidoy­er pas­sion­né pour une renais­sance de l’Europe », même si elle a une fois de plus, comme le dis­cours de la Sor­bonne pronon­cé en sep­tem­bre 2017, peu de chances d’aboutir sur du con­cret. Pour le média pub­lic Deutsche Welle, néan­moins, « Emmanuel Macron saisit le tau­reau européen par les cornes ».

Les réac­tions très pos­i­tives en Alle­magne con­for­tent d’une cer­taine manière les cri­tiques aperçues dans la presse ital­i­enne et anglaise. Les réformes voulues par le prési­dent français vis­eraient en fait à asseoir la dom­i­na­tion fran­co-alle­mande sur l’UE.

Espagne

En Espagne, le quo­ti­di­en de gauche El País a pub­lié la tri­bune de Macron à laque­lle il n’a ensuite plus fait référence, à en croire les résul­tats des recherch­es sur le con­tenu du site. Sinon dans la même inter­view avec Ver­hof­s­tadt que celle pub­liée par Gaze­ta Wybor­cza et d’autres pays de l’UE, l’ancien pre­mier min­istre belge ayant fait la même opéra­tion de com­mu­ni­ca­tion que le prési­dent français dont il partage les con­vic­tions, puisqu’il a pub­lié une inter­view dans plusieurs jour­naux européens à la fois. De son côté, le quo­ti­di­en de cen­tre-droit ABC a fait remar­quer à pro­pos de cette tri­bune que « Macron veut con­va­in­cre l’Europe mais ne con­va­inct pas en France ». Avec un déficit des finances publiques à 3,5 % du PIB et une dette à 100 % du PIB, « la France de Macron va con­tin­uer [cette année] à vio­l­er ses engage­ments vis-à-vis de l’Europe que le prési­dent français promet­tait de ‘relancer’ dès le mois de sep­tem­bre 2017 » (encore une allu­sion au dis­cours de la Sor­bonne).

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