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Mathieu Bock-Côté

19 octobre 2023

Temps de lecture : 8 minutes
Accueil | Portraits | Mathieu Bock-Côté
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Mathieu Bock-Côté

Temps de lecture : 8 minutes

De la Nouvelle France à la France éternelle

Né le 20 août 1980 à Lorraine dans les Laurentides, le Québécois Mathieu Bock-Côté est désormais une personnalité bien connue du PAF et plus globalement des médias français. Ancien chroniqueur du Journal de Montréal et figure de la vie intellectuelle montréalaise, essayiste et sociologue, il s’est imposé dans l’hexagone comme l’une des figures de proue de la nouvelle génération de journalistes et d’intellectuels « conservateurs » qui suscite l’ire de la gauche ne supportant pas l’intrusion d’une quelconque contradiction idéologique dans son pré-carré médiatique.

Formation

Diplômé en philoso­phie de l’U­ni­ver­sité de Mon­tréal, tit­u­laire d’une maîtrise et d’un doc­tor­at en soci­olo­gie de l’U­ni­ver­sité du Québec à Mon­tréal, ses travaux uni­ver­si­taires trait­ent essen­tielle­ment du nation­al­isme québé­cois,  de la cul­ture poli­tique québé­coise et de la con­fronta­tion de celle-ci avec le mul­ti­cul­tur­al­isme. Baigné famil­iale­ment dans le nation­al­isme québé­cois, son mémoire de maîtrise et sa thèse de doc­tor­at — « rédigés sur le ton de l’essai » selon son directeur Jacques Beau­chemin – sont déjà mar­qués par le con­ser­vatisme et la volon­té de dépass­er le cadre stricte­ment sci­en­tifique pour inscrire sa démarche soci­ologique dans une vision poli­tique glob­ale à rebours des ten­dances lour­des par­courant déjà l’université cana­di­enne qui fût l’un des prin­ci­paux berceaux de l’idéologie « woke » et de la course à la « repen­tance » vis à vis des divers­es minorités ethnico-culturelles.

Vie privée

Matthieu Bock-Coté est mar­ié avec la jour­nal­iste, ani­ma­trice et pro­duc­trice québé­coise Kari­ma Brikh, qu’il a ren­con­trée sur le plateau d’une émis­sion ani­mée par celle-ci. Kari­ma Brikh a depuis lors égale­ment rejoint la rédac­tion de CNews. Moins con­ser­va­trice que son con­joint, Kari­ma Brikh est sen­sée être l’un des con­tre­poids de « cen­tre gauche » sur la chaîne d’information.

À l’âge de 16 ans, il adhère au Par­ti Québé­cois (PQ), mou­ve­ment poli­tique indépen­dan­tiste dirigé aujourd’hui par Paul St-Pierre Pla­m­on­don. Il en restera mem­bre jusqu’en 2004.

Parcours Professionnel

Après avoir été chargé de cours à l’UQAM, à l’É­cole de poli­tique appliquée de l’U­ni­ver­sité de Sher­brooke ain­si qu’à HEC Mon­tréal, il se lance dans le jour­nal­isme et con­tribue à divers médias québé­cois, prin­ci­pale­ment le Jour­nal de Mon­tréal mais égale­ment le quo­ti­di­en 24 heures, QUB Radio, ou encore Télé-Québec.

C’est en 2014 qu’il tra­verse l’atlantique et entame de nom­breuses par­tic­i­pa­tions à des médias français, sig­nant notam­ment des arti­cles dans Le Figaro, Le Point ou Valeurs actuelles. Il col­la­bore égale­ment à Front Pop­u­laire, de Michel Onfray et à Causeur, dirigé par Élis­a­beth Lévy.

En 2020, il est recruté par CNews et Europe 1, au côté notam­ment de Char­lotte d’Or­nel­las et Eugénie Bastié, pour « rem­plac­er Éric Zem­mour » sur une ligne jugée « ultra­con­ser­va­trice » (on frémit !) par le jour­nal Le Monde. On peut aujourd’hui égale­ment le lire dans les colonnes du JDD nou­velle for­mule.

S’affirmant « gaulliste », ce qui aujourd’hui ne mange pas de pain tant la « gaullo­manie » sem­ble égale­ment partagée d’un côté à l’autre de l’échiquier poli­tique, « MBC », comme on le surnomme, fait sou­vent référence à des fig­ures « libérales-con­ser­va­tri­ces » comme Mar­garet Thatch­er ou Hel­mut Kohl et affirme se situer dans la lignée de l’intellectuel Ray­mond Aron. Ses pro­fes­sions de foi « libérales » ne l’empêchent pas d’être la cible de vio­lentes attaques de la gauche et de l’extrême gauche qui cherchent régulière­ment à faire inter­dire ou à per­turber ses inter­ven­tions publiques.

Ain­si, en décem­bre 2020, en pleine crise du Covid, alors que l’Association des librairies du Québec pro­duit des vidéos de per­son­nal­ités inci­tant à la lec­ture, elle décide de cen­sur­er celle dans laque­lle le Pre­mier min­istre québe­cois, François, Legault, sug­gérait la lec­ture de son l’essai L’empire du poli­tique­ment correct.

En France, les 7 et 8 jan­vi­er 2022, Math­ieu Bock-Côté par­ticipe à un col­loque organ­isé dans l’enceinte de la Sor­bonne, inti­t­ulé « Après la décon­struc­tion : recon­stru­ire les sci­ences et la cul­ture ». Cet événe­ment provoque de fortes polémiques et un cer­tain nom­bre d’universitaires et de syn­di­cats, notam­ment la CGT et SUD, appel­lent à son annu­la­tion, au nom « des lib­ertés académiques », comme il se doit.

La gauche ne peut en effet lui par­don­ner ses pris­es de posi­tion anti-wok­istes, sa remise en cause du dogme du « racisme sys­témique » pas plus que ses dénon­ci­a­tions des indul­gences dont béné­fi­cie l’islamisme et sa défense du droit des « autochtones » à vivre selon leur héritage et leurs traditions.

Publications

  • Math­ieu Bock-Côté (dir.) et Jacques Beau­chemin (dir.), La Cité iden­ti­taire, Out­remont, Athé­na Édi­tions, 2007, 304 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, La Déna­tion­al­i­sa­tion tran­quille : mémoire, iden­tité et mul­ti­cul­tur­al­isme dans le Québec post-référendaire, Mon­tréal, Boréal, 2007, 216 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, Fin de cycle, Mon­tréal, Boréal, 2012, 185 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, Exer­ci­ces poli­tiques, Mon­tréal, VLB édi­teur, 2013, 384 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, Le Mul­ti­cul­tur­al­isme comme reli­gion poli­tique, Paris, Édi­tions du Cerf, 2016, 368 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, Le Nou­veau Régime : Essais Sur les Enjeux Démoc­ra­tiques Actuels, Mon­tréal, Boréal, 2017, 328 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, L’Em­pire du poli­tique­ment cor­rect : essai sur la respectabil­ité politi­co-médi­a­tique, Paris, Édi­tions du Cerf, 2019, 299 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, La Révo­lu­tion racial­iste : et autres virus idéologiques, Paris, Press­es de la Cité, 2021, 240 p.
  • Math­ieu Bock-Côté, Le total­i­tarisme sans le goulag, Paris, Press­es de la Cité, 2023, 272 p.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Il a dit…

« Ce n’est pas à la société majori­taire de s’in­clin­er devant les reven­di­ca­tions iden­ti­taires ou religieuses. C’est au nou­v­el arrivant de « pren­dre le pli » de la majorité his­torique, sans nier les droits et lib­ertés. Les Québé­cois doivent assumer « sans com­plexe » leurs 400 ans d’his­toire (…) y com­pris la mémoire du catholi­cisme (…) et pou­voir se souhaiter « Joyeux Noël » sans crain­dre d’of­fenser personne ».
Math­ieu Bock-Côté, table ronde, Uni­ver­sité de Sher­brooke, mai 2011.

« Je suis prob­a­ble­ment l’intellectuel le plus insulté au Québec. »
Math­ieu Bock-Côté, « L’effet MBC », L’Actualité, 6 août 2022.

« Il y a une meute lyncheuse qui se rassem­ble sur les réseaux soci­aux et qui mène des cam­pagnes de diffama­tion con­tre ceux qui con­tre­dis­ent le dogme du moment. Dès qu’on la con­tred­it, il y a la ten­ta­tion du lyn­chage et du procès de l’Inquisition. »
Math­ieu Bock-Côté, émis­sion « Tout le monde en par­le », ver­sion Québé­coise, ICI Radio-Cana­da, décem­bre 2020.

« Je crois au respect mais je n’accepte pas ceux qui se trans­for­ment en petits inquisi­teurs, qui font des listes d’interdits, qui mènent des cam­pagnes de dén­i­gre­ment à temps plein. »
Math­ieu Bock-Côté, émis­sion « Tout le monde en par­le », ver­sion Québé­coise, ICI Radio-Cana­da, décem­bre 2020.

« Cette frag­men­ta­tion infinie de la sub­jec­tiv­ité est vis­i­ble dans l’acronyme LGBTQI+, qui sem­ble appelé à s’é­ten­dre en mobil­isant toutes les ressources de l’alphabet. »
Math­ieu Bock-Côté, L’empire du poli­tique­ment cor­rect, 2019, Le Cerf.

« La beauté de notre his­toire, c’est d’abord celle d’un peu­ple qui ne veut pas dis­paraître et qui s’accroche à l’existence de toutes les manières possibles. »
Math­ieu Bock-Côté, « Gilles Vigneault : poète de l’enracinement et de la renais­sance », Le Jour­nal de Mon­tréal (blog), 24 novem­bre 2014.

Ils ont dit de lui…

« Math­ieu Bock-Côté martèle un dis­cours hos­tile au mul­ti­cul­tur­al­isme. Inver­sant le sens des dom­i­na­tions, il se présente comme une sen­tinelle antitotalitaire. »
Fabi­en Escalona, Medi­a­part, « Math­ieu Bock-Côté, expor­ta­teur de paniques morales à tra­vers l’Atlantique », 16 juil­let 2023.

« On pour­rait dire que c’est un con­ser­va­teur nav­iguant entre extrême droite et extrême centre. »
Philippe Cor­cuff, La grande con­fu­sion, 2020.

« Matthieu Bock-Coté, l’immigré québé­cois, le chum de Mon­tréal, qui a rien à foutre ici, le chum de Tchicouti­mi, qui se pogne sur la France. L’immigré qui met la France dans la laveuse en jas­ant, celui qui pète une coche sur les affaires qui le con­cer­nent pas ».
Yann Barthès, Chronique « Ferme ton taber­na­cle », in émis­sion Quo­ti­di­en, TMC, octo­bre 2022.

« Plutôt que de se don­ner la peine de les lire (…) les con­tra­dicteurs de Math­ieu Bock-Côté se con­tentent sou­vent de lui coller une éti­quette (« nation­al­iste con­ser­va­teur », « homme droite », etc.), de railler la forme de ses inter­ven­tions, de car­i­ca­tur­er ses argu­ments, quand ce n’est pas son physique. »
Éric Bédard, Revue Argu­ment, « Revi­talis­er la démoc­ra­tie: quelques réflex­ions sur le dernier livre de Math­ieu Bock-Côté sur le mul­ti­cul­tur­al­isme », 2016.

« Le fait d’avoir un pied au Québec et un autre en France lui apporte un œil nou­veau, et sa pen­sée apporte incon­testable­ment au débat d’idée à droite même si ce ne sont pas mes opin­ions poli­tiques. Et c’est assez rare, pour un intel­lectuel étranger, de se faire une place dans le débat d’idée à droite au sein de grands jour­naux généralistes. »
Jean-Yves Camus, 20 Min­utes, « Qui est le Québé­cois Math­ieu Bock-Côté, nou­velle voix de la droite con­ser­va­trice française? », 28 octo­bre 2017.