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Didier Maïsto

25 septembre 2021

Temps de lecture : 17 minutes
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Didier Maïsto

25 septembre 2021

Temps de lecture : 17 minutes

Nouvelle voix des radios

Ancien patron de Sud Radio et de Fiducial Médias, Didier Maïsto s’est révélé comme une voix indépendante au sein des médias français, notamment quand il a dévoilé en 2015 les dessous de l’attribution des fréquences TNT après avoir échoué à en obtenir une. Respecté par les gilets jaunes, il travaille dur pour imposer Sud Radio comme une des principales généralistes de France. Celui qui ne “voulait pas de journalisme militant à l’antenne” en 2014 semble avoir changé d’avis, en tout cas en ce qui le concerne. Car il est désormais le hérault des gilets jaunes et poil à gratter officiel de l’intelligentsia médiatique aux côtés de Juan Branco (ils partagent le même éditeur).

Didi­er Maïs­to est issu d’une famille qui a fui le fas­cisme ital­ien des années 30 – sa mère était sicili­enne et son père pêcheur napoli­tain. Ses grands-par­ents mater­nels s’exilèrent en Tunisie et furent rap­a­triés à l’indépendance. Du côté pater­nel, son grand-père Dominique Maïs­to fut mil­i­tant com­mu­niste et résis­tant, abat­tu par l’armée alle­mande en 1944. Il est né et a gran­di à Toulon, élevé par une mère céli­bataire au domi­cile de ses grands-par­ents rue Sainte-Andréa , dans des con­di­tions très modestes.

Formation

Hypokhâgne, maîtrise de let­tres (option « pra­tique de l’audiovisuel » et « gram­maire du français par­lé » )  puis licence DEUG  de droit obtenue en 1988  (La Ruche, 13/7/2016).

Parcours professionnel

À l’école, il s’occupait des jour­naux d’élèves. En 1981 au moment de l’explosion du nom­bre des radios libres – et de la fin du mono­pole radio­phonique d’État, il tra­vaille pour 89 FM à Toulon, en par­al­lèle de son groupe de musique Alba­tros. Ses émis­sions sont « de nuit et musi­cales ». Par­al­lèle­ment, il fait beau­coup de petits boulots pour join­dre les deux bouts (serveur, manu­ten­tion­naire, démé­nageur, pein­tre en bâtiment).

Il entre comme pigiste en 1989 au Figaro après un stage aux sup­plé­ments d’été régionaux (Rhône-Alpes et Méditer­ranée) du quo­ti­di­en . Pen­dant cette péri­ode, il effectue égale­ment des piges à VSD et à Cour­ri­er Inter­na­tion­al. Il renonce à la carte de presse en 1993.

Attaché par­lemen­taire pen­dant qua­tre ans, de ten­dance « gaullisme social », il vit la cam­pagne de Chirac en 1995. Il est d’abord l’attaché de Patrick Ollier (RPR) pen­dant six mois, qui nég­lige de le rémunér­er , puis de  Marc Fraysse, à Lyon. Il mène de front deux cam­pagnes : la can­di­da­ture de Chirac à la prési­den­tielle de 95 et celle de Fraysse à la mairie de Villeur­banne, qui échoue . Séguin­iste (il est cofon­da­teur du RAP) , il refuse d’intégrer la cel­lule com­mu­ni­ca­tion de Matignon quand Jup­pé devient pre­mier-min­istre, et quitte la poli­tique. Il entre peu après à Fidu­cial, d’abord pour faire du lob­by­ing poli­tique en faveur des TPE.

En 2008, Fidu­cial rachète le mag­a­zine Lyon Cap­i­tale où le groupe investit 350.000 €. Didi­er Maïs­to s’occupe du jour­nal et le relance, les ventes passent de 300 à 15.000 exem­plaires. A Lyon Cap­i­tale, où la direc­tion décide dès 2008 de refuser toute page pub­lic­i­taire des col­lec­tiv­ités locales, cepen­dant, trois jour­nal­istes, par­tis depuis à Rue 89 Lyon, mènent la fronde con­tre la nou­velle direc­tion et obti­en­nent 93.500 € aux prud’hommes en pre­mière instance.

En octo­bre 2011, il par­ticipe à l’appel d’offres du CSA pour les six nou­velles chaines de TNT – il échoue dans son pro­jet de chaîne doc­u­men­taire, D‑Facto, mais explique par le menu en 2015 que tout avait déjà été décidé par l’Élysée et Patrick Buis­son, patron de la chaine His­toire. C’est à ce moment qu’éclate le scan­dale de la chaîne Numéro 23, avec, en son cen­tre, l’influent lob­by­iste Pas­cal Houzelot.

Il explique en 2016 avoir été motivé par un grave acci­dent de moto en 2011, et par le souhait de son « père spir­ituel » Chris­t­ian Latouche, prési­dent-fon­da­teur de Fidu­cial, de met­tre en place une chaîne axée sur le documentaire.

En 2013, Fidu­cial rachète pour 7 mil­lions d’euros Sud Radio, ex-Andor­ra­dio (1958–1961) puis Radio des Val­lées d’Andorre (1961–1966) puis Sud-Radio. A par­tir de 1981 son émet­teur n’est plus au Pic Blanc en Andorre mais à Gau­ré près de Toulouse, le mono­pole radio­phonique français venant de tomber. Didi­er Maïs­to est alors prési­dent de Fidu­cial Médias.

Sud Radio pesait lour­de­ment sur les comptes de son ex-pro­prié­taire, désor­mais dénom­mé Groupe 1981 : « en inclu­ant Sud Radio, il affichait en 2012 un chiffre d’affaires de 22 mil­lions d’euros mais un résul­tat d’exploitation deux fois moin­dre, de 1,8 mil­lion, a pré­cisé M. Valli », écrivait TéléObs (11/12/2013). A par­tir de juin 2017, Sud Radio quitte Toulouse pour Paris.

En démé­nageant à Paris à par­tir de juin 2017, Sud Radio essaie de décoller et de devenir une grande général­iste – elle a à la ren­trée 2018 210.000 audi­teurs pour un « poids » estimé de 700.000 audi­teurs par Didi­er Maïs­to, qui con­teste les chiffres de Médiamétrie.

En 2015 dans la foulée de l’affaire Numéro 23, Didi­er Maïs­to et le groupe Fidu­cial Médias créent un média pure­play­er d’enquêtes, LeLanceur.fr

Chal­lenges (24/09/2018) décrit la muta­tion de la radio : « Didi­er Maïs­to, le patron de Fidu­cial Médias, pro­prié­taire de la sta­tion, entend y « organ­is­er des débats, par­fois mus­clés » et « don­ner la parole aux Français pour qu’ils puis­sent s’exprimer sans tabous ». Il veut « aller où cela cogne, en essayant de don­ner du sens aux Français qui nous rejoignent ». Cette radio d’opinions (au pluriel) ne lésine pas sur les moyens néces­saires pour séduire les audi­teurs. Par­mi les nou­veaux venus sous la houlette du patron de l’antenne Patrick Roger, ancien patron de France Info, Cécile de Ménibus, Yves de Ker­drel (ex-Valeurs actuelles et Le Figaro), Lau­rent Mauduit (Medi­a­part), Françoise Dego­is, Arlette Chabot ou l’ancien pro­cureur Philippe Bil­ger. Ils mêleront leurs voix à celles des valeurs sûres de l’antenne comme Valérie Expert, André Bercoff ou Brigitte Lahaie. Sport le week-end (Sud Radio cou­vre très large­ment le rug­by), poli­tique le dimanche soir, Sud Radio a tout d’une grande ».

L’audience décolle à la fin de l’année 2018, à la faveur de la crise des Gilets Jaunes, large­ment cou­verte par Sud Radio. La radio est notam­ment la pre­mière à inter­view­er Priscil­lia Ludos­ki, une des lead­ers des Gilets Jaunes.

En mars 2019 il recrute sur Sud Radio Eti­enne Chouard, par­ti­san du référen­dum d’initiative citoyenne, mais l’écarte en juin après qu’il ait déclaré au Média ne pou­voir s’exprimer sur le sujet des cham­bres à gaz car il n’a « jamais rien lu » sur le sujet. « J’ai fait tout ce que j’ai pu pour qu’il soit clair. Il faut qu’il fasse son chemin. Si on n’a pas cette rigueur, ça dis­qual­i­fie le reste », a réa­gi Didi­er Maïs­to en expli­quant sa déci­sion au sujet d’Etienne Chouard, déjà cible de cri­tiques pour sa prox­im­ité passée avec Soral, une vieille affaire fort mineure mais qui le suit comme une tunique de Nessus.

En juin 2019 il réag­it avec vigueur, sur Boule­vard Voltaire, aux cri­tiques de jour­nal­istes du ser­vice pub­lic audio­vi­suel qui accusent sa radio d’être néga­tion­niste – notam­ment eu égard aux pro­pos d’Etienne Chouard : « Les audi­ences de Sud Radio com­men­cent à bien grimper et à avoir un cer­tain suc­cès dans le pays en abor­dant tous les sujets. Les pou­voirs publics saut­ent sur l’occasion pour dire que c’est une radio néga­tion­niste et, comme l’avait dit Sophia Aram aus­si, une radio écoutée par des gros cons. On a tou­jours affaire au mépris de quelques bobos parisiens […] C’est d’abord une insulte à l’ensemble des Français qui nous écoutent. C’est une insulte aus­si à l’ensemble de mes col­lab­o­ra­teurs et à tous les invités de la radio. Et acces­soire­ment, c’est une insulte à ma famille de résis­tants qui a été fusil­lée en 42. Chaque cen­timètre car­ré de la France est une flaque de sang ».

En sep­tem­bre 2020 il annonce son départ de Sud Radio, peut-être sur fond de con­flit avec ses action­naires. Il ani­me ensuite une émis­sion sur RT « La France oubliée » avant de lancer sa pro­pre web télé Place des auda­cieux en sep­tem­bre 2021.

Publications

  • SEXITÉ, roman, Édi­tions Ray­mond Castells, 2000
  • TNT, un scan­dale d’État, éd. Les enquêtes de Lyon Cap­i­tale, 2015, 192 pages, 12 €
  • Hé ho, on est chez nous ! La télé française, entre no man’s land et mafia d’État, éd. Les enquêtes de Lyon Cap­i­tale, juin 2016
  • Pas­sager clan­des­tin, en col­lab­o­ra­tion avec Antoine Peil­lon, éd. Au Dia­ble Vau­vert, 304 pages, 19 mars 2020.

Parcours militant

En avril 2017, encore qua­si invis­i­ble  dans les médias, il com­pare En Marche d’Emmanuel Macron à Ben­i­to Mus­soli­ni sur TV Lib­ertés. « C’est du soft fas­cisme », déclare-t-il à l’antenne. En mai 2019 il revient sur ses pro­pos sur Twit­ter : « J’avais dit, quelques jours avant le 1er tour de la prési­den­tielle qu’on serait en marche vers le fas­cisme soft. Le mot « soft » était-il de trop ? À vous de voir ».

En sep­tem­bre 2017, il embauche comme édi­to­ri­al­iste Hen­ri Guaino, à la con­di­tion qu’il n’affiche pas à l’antenne ses opin­ions par­ti­sanes. Il le limoge en mars 2018, après qu’il ait fait état de ses con­vic­tions pro-sarkozystes sur l’antenne d’une chaîne con­cur­rente. Le limo­geage se passe mal, Guaino traite Maïs­to de « cerveau dérangé par le com­plo­tisme » tan­dis que Maïs­to le ren­voie à son incompétence.

Il dévoile les dessous de l’attribution des fréquences de la TNT en 2011 par le CSA et l’Elysée, et s’élève à plusieurs repris­es, à par­tir de 2015, con­tre la con­cen­tra­tion des médias aux mains de quelques oli­gar­ques, dénonçant les scan­dales Radio Nova et Numéro 23. En avril 2018 sur le Figaro, il plaide pour la sup­pres­sion du CSA – con­seil supérieur de l’audiovisuel – qui a plutôt été com­plice du pou­voir que l’instance de con­trôle indépen­dante qu’il est cen­sé être. Il dresse par ailleurs le même con­stat con­cer­nant l’institut Médi­amétrie  et met en doute sa mis­sion de ser­vice de public.

Il sou­tient et cou­vre le mou­ve­ment des Gilets Jaunes depuis fin 2018, notam­ment par des lives dans les man­i­fes­ta­tions qu’il dif­fuse sur Face­book, ce qui lui vaut finale­ment de voir son compte Twit­ter défini­tive­ment sus­pendu. Il s’insurge et dénonce la cen­sure sur son nou­veau compte, sus­pendu aussi.

Il explique à France 3 :  « J’ai été sig­nalé mas­sive­ment par des comptes pro-Macron ouverts récem­ment et de manière anonyme. Ils ont prof­ité d’une con­ver­sa­tion à pro­pos de Jérôme Rodriguez, qui per­du un oeil pen­dant une man­i­fes­ta­tion. Un twit­tos se moquait de lui. Je lui ai dit « si je venais vous crev­er un oeil, vous trou­ver­iez ça mar­rant ? ». Dans la foulée, alors qu’en fait je demandais de la décence, j’ai été sig­nalé à Twit­ter ».

Et dénonce une cen­sure poli­tique : « C’est claire­ment une cen­sure poli­tique. Je me suis aperçu plus tard que quelqu’un avait ajouté le compte Twit­ter d’Emmanuel Macron à la con­ver­sa­tion. Je ne dis pas que c’est lui qui m’a sig­nalé mais comme il était dans la con­ver­sa­tion, Twit­ter a agi très vite. C’est de la cen­sure poli­tique ». Finale­ment, il récupère l’usage de son compte Twit­ter initial.

Au sujet de sa posi­tion et de l’articulation avec son poste de patron d’une sta­tion de radio, il s’explique : « Je recon­nais que ça peut trou­bler. Mais je suis dans mon rôle. Je dénonce ce qui doit l’être mais je dis aus­si quand les choses sont faites cor­recte­ment, y com­pris du côté des forces de l’ordre. Je laisse la place au débat, tout comme sur l’antenne de ma radio. Certes c’est une par­ti­tion un peu dif­fi­cile mais je mets en accord mes con­vic­tions pro­fondes, humaines, morales avec mon activ­ité pro­fes­sion­nelle ».

Collaborations

Non ren­seigné.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Il l’a dit

« Je suis farouche­ment attaché à l’équité des temps de parole, et je ne veux pas de jour­nal­isme mil­i­tant à l’antenne. Ce serait pren­dre les audi­teurs pour des idiots, et man­quer de respect à nos invités », Téléra­ma, 24/3/2014

« J’observe que, depuis cet appel à can­di­da­tures pour de nou­velles chaînes de la TNT – notre pro­jet en avait été écarté –, les choses ont net­te­ment évolué. Olivi­er Schrameck [prési­dent du CSA depuis jan­vi­er 2013] est un homme dis­cret, sobre, effi­cace, auda­cieux. C’est de l’histoire anci­enne. J’ai d’ailleurs fait en sorte qu’on n’ait plus accès à cet arti­cle », ibid [où il avait rebap­tisé sur Lyon Cap­i­tale le CSA = copinage, sexe et argent]

« N ’ayant ni la sur­face finan­cière ni le tal­ent pour porter un pro­jet audio­vi­suel digne de ce nom, ayant par ailleurs accu­mulé les plan­tages et les fias­cos pro­fes­sion­nels, Pas­cal Houzelot a cepen­dant, de l’avis général, “de l’entregent”. Ancien lob­by­iste de TF1 du temps de la splen­deur d’Étienne Mougeotte, intime de Pierre Bergé, qui l’installera au con­seil de sur­veil­lance du Monde, Pas­cal Houzelot a la bise, l’accolade et le tutoiement faciles, surtout avec ses amis poli­tiques, para­poli­tiques et du CAC 40, qu’il appelle par leur petit nom et à voix haute, sur un air enten­du », dans son livre TNT, un scan­dale d’État, 2015.

« Fidu­cial Médias a répon­du à l’appel à can­di­da­tures du CSA du 18 octo­bre 2011 pour 6 chaînes de télévi­sion en haute déf­i­ni­tion sur la TNT. Ayant vécu cette his­toire de l’intérieur et patiem­ment rassem­blé – et con­servé – toutes les pièces du puz­zle, c’est en con­nais­sance de cause que je puis affirmer que, lors de cet appel, les choix étaient en réal­ité déjà opérés en amont par l’Élysée. Je vais donc vous racon­ter cette his­toire digne de Mil­le­ni­um de la façon la plus factuelle, la plus sobre et la plus sincère qui soit », 28 sep­tem­bre 2015 devant le CSA – repris sur Lyon Cap­i­tale.

« Après le rachat de Sud Radio et notre accord, nous étions vrai­ment passés à AUTRE CHOSE, nous avions tourné la page et même enlevé du site Lyon Cap­i­tale – ce que je n’avais encore jamais fait de ma vie et que je ne ferai plus jamais – la TOTALITÉ des arti­cles con­sacrés à cet appel à can­di­da­tures et à ses suites. Il est impor­tant de le pré­cis­er pour la suite de l’histoire », ibid.

« La diver­sité telle qu’elle a été basse­ment util­isée dans cette affaire [Numéro 23] – au fond, c’est ça le plus grave – rap­pelle la lutte con­tre le can­cer dans les années 1990, quand les Français décou­vrirent que seule­ment 27 % des sommes col­lec­tées par l’ARC étaient con­sacrées à la recherche », ibid.

« Le pou­voir est par­ti­c­uli­er et pour réelle­ment influ­encer sur le quo­ti­di­en des gens, il faut être à côté et non dedans. Le pou­voir poli­tique aujourd’hui est vidé de sa sub­stance parce qu’il n’y a plus vrai­ment de sou­veraineté du pays. La voix de la France est assez fine », la Ruche, 13/07/2016.

« Je ne passerai pas sous silence les per­son­nes qui ont ten­té (en vain) de tor­piller méthodique­ment mes travaux[…] Pas­cal Houzelot et son réseau de “jour­nal­istes” – Car­o­line Sal­lé et Enguérand Renault (Le Figaro), qui m’ont accusé, sans rire, dans le pre­mier quo­ti­di­en de France (mon anci­enne mai­son) d’appartenir à “la fachos­phère anti­sémite, raciste et homo­phobe”, Alexan­dre Picard (Le Monde) tou­jours prompt à tress­er des couronnes de lau­ri­ers à Numéro 23 sans jamais me don­ner la parole ; des hommes de médias tels qu’Étienne Mougeotte, qui a per­son­nelle­ment caviardé tous les arti­cles s’intéressant de trop près à son pro­tégé Houzelot (récem­ment encore dans Valeurs actuelles), Pierre Bergé, télépho­nant directe­ment à des patrons de presse avec son style inim­itable de vieux baron déca­dent et tou­s­sotant, ou encore Alain Weill, qui, d’après ce que j’ai eu à en con­naître, ne sem­ble respecter rien ni per­son­ne, même pas sa pro­pre parole ; des hommes poli­tiques tels que Franck Riester (LR), ami proche de Pas­cal Houzelot et con­ces­sion­naire Peu­geot aux tar­ifs attrac­t­ifs n’hésitant pas à sor­tir ses griffes, Chris­t­ian Kert (LR), qui a passé son temps à dis­créditer la com­mis­sion d’enquête dont il est pour­tant prési­dent (!), Patrick Bloche (PS) qui siège dans toutes les fro­mageries cul­turelles de la Généreuse République Française et prend la pose au théâtre. Je ne par­lerai pas de Michel Boy­on et de ses amis, ni du cab­i­net de Nico­las Sarkozy et de ses affidés… », Sud-Radio, 15/12/2016, op. cit.

« J’ai le cerveau dérangé par le com­plo­tisme de Mon­sieur Guaino. On l’a embauché en sep­tem­bre 2017. J’ai pris l’engagement auprès du CSA pour ne pas tromper les audi­teurs que Mon­sieur Guaino aban­don­nerait la poli­tique par­ti­sane ». […] Pourquoi je l’ai viré ? Il avait pris l’engagement d’être édi­to­ri­al­iste. Quel ne fut pas notre sur­prise de le voir sur une chaîne con­cur­rente, le dimanche à 13 heures, seul invité poli­tique dans une émis­sion poli­tique sans con­tra­dicteur. On ne peut pas être édi­to­ri­al­iste la semaine et homme poli­tique le week-end […] « Il se voit comme le nou­veau Mal­raux. Je crois que c’est un océan d’insignifiance et de mal­hon­nêteté. […] C’est quelqu’un qui ne sait pas se servir d’un ordi­na­teur, qui ne sait pas se com­man­der un taxi. Ce sont des gens qui ne pour­raient pas vivre une semaine dans une entre­prise », sur Moran­di­ni Live, 03/04/2018.

« À quoi sert le CSA ? Et, au-delà, quelle est l’utilité de la plu­part des huit «autorités publiques indépen­dantes» et autres dix-huit «autorités admin­is­tra­tives indépen­dantes»? […] elles coû­tent encore près d’un demi-mil­liard par an aux con­tribuables, dans un pays où les prélève­ments oblig­a­toires ont atteint 45 %! Et mal­heureuse­ment, on ne peut pas dire que ces comités kafkaïens aient joué un jour un rôle décisif: le CSA n’a rien fait pour empêch­er l’escroquerie Radio Nova, implan­tée à Lyon par une prise de con­trôle illé­gale d’une radio asso­cia­tive dédiée «au dia­logue inter­com­mu­nau­taire», ni celui de la chaîne Numéro 23 dédiée à «la diver­sité» et obtenue par fraude, puis reven­due à prix d’or (presque 100 mil­lions d’euros) à Nex­tRa­dioTV (BFM/RMC), puis à SFR. Le régu­la­teur a au con­traire organ­isé et mis en œuvre ces scan­dales, en par­faite sym­biose avec un pou­voir poli­tique qui lui don­nait méthodique­ment des ordres, par­fois jusqu’à la car­i­ca­ture », Le Figaro, 18/04/2018.

« Ces autorités, qui n’ont pas grand-chose d’indépendant sinon leur sigle et qui béné­fi­cient d’un cadre juridique déroga­toire du droit com­mun, sont dev­enues anachroniques et pour la plu­part par­a­sitaires dans la France de 2018. […] Ce sont des États puis­sants dans un État impuis­sant, comme autant de rouages essen­tiels de mécaniques inutiles, qui tour­nent sur elles-mêmes et ne ren­con­trent que rarement le réel, si ce n’est pour le con­train­dre et l’acculer dans des impass­es », ibid.

« ll est ain­si com­muné­ment admis que le CSA est «le gen­darme de l’audiovisuel chargé de sur­veiller la bande FM». Pourquoi? Y aurait-il un dan­ger? Lequel? Les carottes sont-elles cuites? Ici Radio Lon­dres?! Nous tra­vail­lons plus de soix­ante-dix heures par semaine, nous sommes des pas­sion­nés et des entre­pre­neurs respon­s­ables, nous n’avons pas besoin d’être «sur­veil­lés». La sit­u­a­tion devient ubuesque, et la lib­erté d’expression ne cesse de reculer », ibid.

« Je suis vul­gaire comme un gilet jaune […] la France des tro­quets, du tier­cé et des plats du dimanche.  La France des types qui matent le cul des filles et celle des filles qui font sem­blant d’être offusquées. (…) La France qui se fout de l’écologie, mais qui con­naît le nom des arbres, des champignons et des oiseaux. (…) Je suis un beauf. J’aime les gilets jaunes », 17/12/2018.

« On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par ces gens-là », à son épouse au sujet des Gilets jaunes, fin 2018.

« Mon ancien compte défini­tive­ment sus­pendu. Alors que juste­ment j’appelais à la retenue et à la décence. Pas grave. Plus « on » voudra me faire taire, plus je ferai des petits, petits, petits ruis­seaux. Orwell, c’est déjà demain », Twit­ter, 03/04/2019.

« Mme @SibyleVeil, une chroniqueuse de France Inter, Char­line Van­hoe­nack­er, a indiqué dans une inter­view au Parisien que @SudRadio était une sta­tion néga­tion­niste. Je pour­rais porter plainte pour diffama­tion, je ne le ferai pas. Mais des excus­es publiques seraient bien­v­enues », Twit­ter, 23/06/2019.

« Ce n’est pas nou­veau : il y a quelques années, une autre humoriste pas drôle, Sophia Aram, qui s’est ridi­culisée dans une émis­sion de télé, qui s’est arrêtée à peine avoir com­mencé, avait dit : « Les audi­teurs de Sud Radio sont des cons », ibid.

« Il suf­fit de dire que le peu­ple est éborgné et énu­cléé et de lui don­ner la parole, pour aus­sitôt être cat­a­logué de droite, voire d’extrême droite, voire fas­ciste, sédi­tieux et haineux.
Ça suf­fit ! C’est tout à fait le macro­nisme ambiant. Aujourd’hui, une soi-dis­ant gauche nous impose sa pen­sée. Mais c’est en réal­ité une gauche con­tre le peu­ple. Si je ne me trompe pas, la prési­dente de France Inter est une amie de pro­mo de mon­sieur Macron.
Cette gauche s’offusque tou­jours, avec de grands dis­cours. La planète, par exem­ple, avec Gre­ta Thun­berg, la fig­ure extra­or­di­naire de tous les temps… Une lycéenne qui vient faire la leçon à la planète entière. Voilà où on en est !
Cela ne représente pas le pays réel. Cette caste représente en tout et pour tout 5.000 per­son­nes qui font jou­jou entre elles avec 700 mil­lions d’euros de bud­get et veu­lent nous dire le bien et le mal. Ce n’est pas pos­si­ble !
 », Boule­vard Voltaire, 25/06/2019.

« Quand vous met­tez en face de lui [Thier­ry Ardis­son] Char­line Van­hoe­nack­er, qui se per­met de le juger, on peut s’interroger sur ce qu’elle a fait de sa vie. Que con­naît-elle de la France ? Elle est belge. Elle crache sans arrêt sur la France sur une radio payée par nos impôts. Elle est tou­jours en train de dire qu’en Bel­gique, c’est mieux. La Flan­dre ceci, la Wal­lonie cela. Si la France ne lui plaît pas, qu’elle y retourne, en Bel­gique ! », ibid.

« Les blacks blocks étaient arrivés par cen­taines sur des Champs Élysées entière­ment ouverts. Puis l’avenue a été blo­quée et on les a lais­sé piller, sauf chez Vuit­ton et à la bou­tique du PSG. Mais quand je dis ça, on me traite de con­spir­a­tionniste, comme quand je mon­tre que les chiffres des man­i­fes­tants annon­cés par la pré­fec­ture sont grotesques », Mar­i­anne 04/09/2019.

« Les réseaux soci­aux per­me­t­tent de sor­tir de la chape de plomb des médias tra­di­tion­nels, sans les tun­nels de pub et en prenant le temps. On touche un autre pub­lic, plus exigeant, que l’on peut d’ailleurs par­fois ramen­er vers des médias tra­di­tion­nels où il n’allait plus, ce qui se com­prend », ibid.

« Il y a d’ailleurs le petit jour­nal­iste qui fil­mait qui se l’est pris en pleine face alors qu’il dis­cu­tait sim­ple­ment avec des Gilets jaunes. Qu’on me dise pas après que les gens ne sont pas ciblés de façon nom­i­na­tive parce que je dirai ensuite quelque chose : la sécu­rité des Français, la sécu­rité des man­i­fes­tants, comme la sécu­rité des gens qui vien­nent juste relater le réel, n’est plus assurée aujourd’hui. Et moi j’incite tous les gens à ne plus tomber dans ces guet-apens organ­isés et d’essayer de réfléchir. Je ne suis rien par­mi les Gilets jaunes, je ne suis ni une autorité morale ni un chef, mais à un moment j’ai pas envie que les Français­es et les Français se fassent tir­er dessus, éborgn­er, arracher des mains, voire tuer parce qu’ils vien­nent faire part de leurs reven­di­ca­tions et qu’ils tombent dans un piège ten­du par les forces de l’ordre et les man­i­fes­tants, c’est inac­cept­able ! », Sud Radio, 18 novem­bre 2019.

[Sur l’affaire Griveaux] « Je ne vais pas vers­er une larme car les hommes poli­tiques les ont beau­coup util­isé, les ont beau­coup instru­men­tal­isé, pen­dant la cam­pagne prési­den­tielle notam­ment. Je rap­pelle qu’Israël Emelien venait sur le plateau de France 5 dire devant Patrick Cohen que la règle sur Twit­ter, c’était d’avoir des faux comptes. Moi je l’ignorais, j’ai un vrai compte, avec mon nom, prénom, ma fonc­tion, ma pho­to. Puis je rap­pelle que le prési­dent de la République a 4 mil­lions de fol­low­ers dont 40 à 60% sont des faux fol­loweurs, des robots. Donc je ne crois pas du tout à la can­deur, je ne crois pas du tout à l’accident ; je crois à beau­coup de légèreté, d’inconséquence. », RT France, 19 févri­er 2020.

Sa nébuleuse

  • Chris­t­ian Latouche, PDG de Fidu­cial, « mon père spir­ituel, mon père tout court », écrit-il dans un papi­er sur l’attribution de la chaîne Numéro 23 sur Sud Radio le 15 décem­bre 2016.
  • Ses sou­tiens lorsqu’il a dénon­cé le « com­plot d’État» dans l’attribution des fréquences TNT, qu’il liste le 15 décem­bre 2016 : Lau­rent Mauduit (Medi­a­part), Marc Bau­driller (Chal­lenges), Michel Revol (Le Point), Christophe Beau­grand (LCI), Mar­tial Bild (TV Lib­ertés), Jean-Jacques Cor­di­val (CGC Médias).
  • Sur le plan poli­tique, dans les mêmes con­di­tions, Mar­tine Mar­tinel (PS), Mar­cel Roge­mont (PS), Thier­ry Brail­lard (UDI), Bernard Debré (LR).
  • Éti­enne Chouard.
  • Antoine Peil­lon, grand reporter à La Croix.
  • Paul-André Pel­loux du groupe immo­bili­er du même nom

On a dit à son sujet

« Là, je suis tombé sur un cerveau qui est dérangé par le com­plo­tisme [en par­lant du patron de Sud Radio, ndlr]. Quelqu’un qui s’imagine et qui vit dans cette han­tise du com­plot dont il serait la vic­time et dont le chef de l’État à l’époque aurait été le grand ordon­na­teur, j’appelle ça du com­plo­tisme », Hen­ri Guaino sur Moran­di­ni Live, 30/03/2018.

« Didi­er Maïs­to est un patron de médias assez passe-partout et plutôt calme, qui par­le à feu doux ; il est aus­si un citoyen féroce par­ti à l’abordage d’un com­bat immense et ter­ri­ble. Il tente de récolter tous les indices pos­si­bles pour prou­ver com­bi­en notre pays est absurde ou pitoy­able, trag­ique et beau à la fois. Que le jaune est la couleur de l’espoir, que le peu­ple vaut large­ment les élites », Le Monde, 05/04/2019, op.cit.

« Il est cer­taine­ment très sym­pa­thique, mais le peu­ple qu’il veut représen­ter mérite mieux que le fond de vul­gar­ité qu’il étale par­fois », Jean-Michel Aphatie, Càvous, 07/04/2019.

« Je suis tou­jours hal­lu­cinée qu’on déroule le tapis rouge à l’extrême droite. En Wal­lonie, elle n’est jamais sur les plateaux et, aux européennes, elle a fait moins de 5 %. En France, Marine Le Pen est partout et a gag­né le scrutin…  Les médias sont respon­s­ables de la banal­i­sa­tion de ses idées. Surtout ceux comme Sud Radio dont les théories d’Alain Soral sont le fonds de com­merce », Char­line Van­hoe­nack­er au sujet de Sud Radio, Le Parisien, 23/06/2019.

« Aujourd’hui, Sud Radio ver­sion Didi­er Maïs­to a donc pris le par­ti de don­ner la parole à ceux que, selon lui, on ne voit pas ou que l’on entend peu sur les grands médias. Au risque de déra­pages plus ou moins con­trôlés. Lui-même inter­vient sou­vent à l’antenne et lors de longs Face­book Live pour exprimer une parole qu’il qual­i­fie de « vraie » et de « libre ». Durant la cam­pagne prési­den­tielle de 2017, dans une longue inter­view à la web-télé d’extrême droite TVLib­ertés, il avait com­paré le can­di­dat Macron à Mus­soli­ni. Mal­gré une audi­ence tou­jours faible, le posi­tion­nement de la radio, qui s’est ouverte­ment placée comme la radio des Gilets jaunes au plus fort du mou­ve­ment, fait réa­gir : Sud Radio, à défaut d’être très écoutée, fait beau­coup par­ler d’elle. Elle est dev­enue selon son pdg « la radio du peu­ple » con­tre les élites », France 3, blog Médias d’ici, 24/06/2019.

« Vu sa posi­tion, aller comme il l’a fait sur le ter­rain est très sur­prenant. Il m’a impres­sion­né par sa per­sévérance à ren­dre compte et à s’interroger en obser­va­teur », Antoine Peil­lon (la Croix) à son sujet, Mar­i­anne 04/09/2019.

« La pre­mière fois que nous nous sommes ren­con­trés, Didi­er, c’était le 14 mai 2019, а Sud Radio, où André Bercoff et toi-même m’aviez invité, avec l’avocat Philippe de Veulle, а par­ler de Christophe Det­tinger, de mon livre Cœur de boxeur, des vio­lences poli­cières, du régime Macron… Je me sou­viens d’une con­ver­sa­tion pleine d’intelligence, de respect et de sen­si­bil­ité. Ton émo­tion, а pro­pos des Gilets jaunes blessés, estropiés, éborgnés était pal­pa­ble. Un com­mu­ni­cant m’avait pour­tant prévenu : « Sud Radio ? C’est pinard-saucis­son ! » « Mais, plus pré­cisé­ment ? », m’étais-je inquiété. « Pop­ulisme », « bruns-rouges », avais-je récolté, sans plus d’arguments…

Cette bêtise bobo, Didi­er Maïs­to la con­naît trop bien. Et il sait com­ment elle a par­tie liée, en tant que servi­tude volon­taire post-mod­erne, avec la dom­i­na­tion oli­garchique dont Emmanuel Macron, comme Nico­las Sarkozy et François Hol­lande avant lui, est un cham­pi­on mon­strueux. Lors de l’émission d’André Bercoff, la médi­s­ance de Cour qui m’avait été assénée fut bal­ayée par les paroles human­istes du « patron » de Sud Radio. », Antoine Peil­lon, pré­face à Pas­sager Clan­des­tin.

« Je pour­rais mul­ti­pli­er les exem­ples et les anec­dotes, sur des mil­liers de pages : un petit groupe de per­son­nes, une cen­taine tout au plus en France, alliance entre le pou­voir poli­tique (quel qu’il soit), le CAC 40, les médias (qui ne sont que leur pro­pre caisse de réson­nance) et quelques mag­nats étrangers, qui vien­nent ren­dre de menus ser­vices aux « élites français­es », sans doute parce qu’ils adorent la démoc­ra­tie et les Droits de l’homme. », Pas­sager Clan­des­tin, p.158–159.

« Je leur pro­pose d’aller pren­dre un verre au bar-tabac des Chi­nois, avenue de Ver­sailles. En quelques min­utes, tout le monde se tutoie. Je ne suis plus Mon­sieur le prési­dent, mais sim­ple­ment Didi­er. Ils m’ont iden­ti­fié comme faisant par­tie de ce qu’ils appel­lent leur monde. Je suis impres­sion­né par leur per­ti­nence, sur les sujets les plus com­plex­es. On échange sur la France, sur le monde de la finance, sur Trump, Pou­tine, le Brex­it, on par­le musique et philoso­phie, économie et lit­téra­ture, pro­duit intérieur brut, dette, référen­dum d’initiative citoyenne… », Ibid, p.190.

« D’origine ital­i­enne, ma famille a ver­sé son sang pour la France et, à aucun moment, que ce soit du côté mater­nel ou pater­nel, je n’ai enten­du la moin­dre parole anti­sémite, la plus petite allu­sion désagréable, larvée dans des sous-enten­dus vaseux. Au con­traire, il y avait chez eux « un désir de France », celui d’un pays ouvert, qui libère, intè­gre, assim­i­le, la terre de tous les pos­si­bles, notre terre.

Enfin, c’est l’idée qu’ils s’en fai­saient… jusqu’à ce qu’ils devi­en­nent des « rap­a­triés », véri­ta­bles juifs errants, catholiques dépos­sédés de leur tra­vail, de leur mai­son, de leurs rêves, de l’amour du sol natal et même de leur mort – com­ment dès lors pour­raient-ils per­dre à nou­veau leur vie ? – ni Arabes, ni Français, ni Ital­iens, apa­trides d’un pays dont ils avaient con­tribué, dans la douleur, à définir les con­tours, qu’ils pen­saient uni­versels, groupe san­guin O, tou­jours don­neurs, rarement receveurs. La France : en la regar­dant dans la noirceur de son âme et à tra­vers l’épaisseur de son sang amer, j’ai aus­si appris à l’aimer. Parce qu’elle est avant tout l’idée qu’on s’en fait, elle nous oblige à don­ner le meilleur de nous-mêmes. », Ibid, p.260–261.

« Avoir vécu dans des quartiers pop­u­laires, où tout le monde se mélangeait sans aucun prob­lème, par la force des choses et des événe­ments, m’a sans doute empêché de nour­rir des sen­ti­ments hos­tiles à l’égard de telle ou telle com­mu­nauté. La sit­u­a­tion s’est dégradée à par­tir du moment où, lycéens, on a arboré la main jaune sur le revers de notre blou­son, avec le slo­gan « Touche pas à mon pote ». On est ain­si passé du droit à l’indifférence au droit à la dif­férence », Ibid, p. 261.

« L’ambition qu’il assigne à sa chaîne fleure bon l’opportunisme dém­a­gogique : « L’idée, c’est de ren­dre les gens libres, de les décul­pa­bilis­er de penser par eux-mêmes », décrit-il depuis les bureaux qu’il occupe dans la société de ses deux asso­ciés, Thomas Binet et Paul-André Pel­loux, respec­tive­ment directeur général et prési­dent du groupe immo­bili­er Pel­loux » Le Monde, 13/09/2021

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