Accueil E Portraits E Akim Omiri
16 juin 2026 | Temps de lecture : 12 minutes
Portrait

Akim Omiri

Faire un don à l'OJIM

Faire un don à l'OJIM
Levé 25 107,98€
Objecif 30 000,00€
Donateurs 248
83,7%

De l’actu à l’humour en passant (toujours) par la gauche

Akim Omiri appar­tient à cette généra­tion d’humoristes passés par les scènes ouvertes, le web, les col­lec­tifs de vidéos, puis revenus à la scène et à la radio avec un dis­cours de plus en plus politique.

Avec « La Riposte » sur Radio Nova, il est devenu l’une des fig­ures les plus vis­i­bles d’un humour qui se revendique de gauche, à la croisée de la satire médi­a­tique, du « stand-up » et du com­bat cul­turel de son patron Matthieu Pigasse. Une manière assumée de dyna­miter la « fenêtre d’Overton » et de faire évoluer les opinions.

Famille et jeunesse

Akim Omiri est né le 14 sep­tem­bre 1985 au Havre. Sa tra­jec­toire médi­a­tique ne sem­ble pas repos­er sur une fil­i­a­tion avan­tageuse mais sur son pro­pre travail.

« Déjà gamin, je fai­sais rire mes cama­rades de classe », a‑t-il con­fié au Lié­geois mag­a­zine en mars 2024. Il grandit dans les quartiers nord de la ville nor­mande, avant que sa mère ne démé­nage plus à l’ouest : « J’ai fait ma sco­lar­ité dans des étab­lisse­ments où on devait être deux à cinq rebeus max­i­mum ! J’y ai subi un racisme de fou venant des profs, du CPE… », dira-t-il à Mr Mon­di­al­i­sa­tion en avril 2026.

À 14 ans, il est hos­pi­tal­isé pen­dant plus d’un an. Sur Thinkerview, en avril 2026, il affirme avoir eu un lym­phome B non hodgkinien (un can­cer du sys­tème lym­pha­tique, sou­vent médi­asti­nal, qui touche la région tho­racique et peut atteindre/comprimer les poumons). Cette mal­adie grave à l’adolescence occupe une place cen­trale dans son réc­it per­son­nel et dans son rap­port au stand-up. Dans Pub­lic, il racon­tait avoir subi chimio­thérapie et radio­thérapie, tout en expli­quant que cette épreuve ne l’avait pas empêché de devenir ensuite vice-cham­pi­on de France uni­ver­si­taire de boxe.

Formation scolaire et universitaire

Akim Omiri obtient un bac­calau­réat lit­téraire, puis un DUT tech­niques de com­mer­cial­i­sa­tion au Havre. En 2007, il quitte sa ville natale pour Paris. Il présente alors ce départ comme un mélange d’études et de fuite vers la scène : il explique en juin 2025 avoir dit à ses par­ents qu’il par­tait pour­suiv­re sa for­ma­tion, tout en ayant déjà en tête l’idée de faire du stand-up.

À Paris, il suit des études de pub­lic­ité. Cer­taines biogra­phies men­tion­nent un bach­e­lor de chef de pub­lic­ité à l’ESP. Ce pas­sage par la pub­lic­ité n’est pas sec­ondaire : il explique peut-être une par­tie de son aisance dans les for­mats courts, la punch­line, la vidéo, le rythme et la capac­ité à con­denser un pro­pos poli­tique dans une forme immé­di­ate­ment partageable.

Comme plusieurs humoristes de sa généra­tion, Akim Omiri n’est pas d’abord un pro­duit de l’école de théâtre clas­sique. Il vient de la scène ouverte, de l’écriture, du web, puis du plateau. C’est un pro­fil hybride : auteur, comé­di­en, vidéaste, chroniqueur, ani­ma­teur, par­fois acteur. Sa tra­jec­toire épouse les muta­tions du rire français depuis les années 2010 : fin du mono­pole télévi­suel, mon­tée de YouTube, explo­sion des com­e­dy clubs, puis retour des humoristes dans l’audio, la radio et le podcast.

Parcours professionnel : du Havre au web

Akim Omiri com­mence par les scènes ouvertes après son arrivée à Paris. Il affirme (au Lié­geois Mag­a­zine) avoir décou­vert qu’il pou­vait faire rire en tes­tant de courts textes sur scène, dans des con­di­tions sou­vent dif­fi­ciles. Son mod­èle n’est pas seule­ment l’humoriste de diver­tisse­ment, mais celui qui « par­le aux gens » avec ses pro­pres mots. Il cite volon­tiers Les Incon­nus, Coluche ou Jamel Deb­bouze comme références.

Il rem­porte en 2010 la « Coupe du monde pour rire » organ­isée par Le Pran­zo et passe occa­sion­nelle­ment par le Jamel Com­e­dy Club.

Sa ren­con­tre la même année avec Nor­man Thavaud et Hugo Tout Seul l’introduit dans l’univers des vidéastes. Il écrit pour d’autres, tra­vaille avec Nor­man, Natoo, Cyprien, Le Rire Jaune, puis rejoint entre 2013 et 2016 le col­lec­tif Gold­en Mous­tache créé en 2012 par le groupe M6.

Dans une inter­view à Lié­geois Mag­a­zine en mars 2024, il recon­naît que cette péri­ode lui avait per­mis de vivre de l’écriture, mais aus­si qu’elle l’éloignait en par­tie de sa pro­pre voix. C’est le para­doxe clas­sique du web humoris­tique : il offre une vis­i­bil­ité et un méti­er, mais peut aus­si absorber l’auteur der­rière les codes du col­lec­tif, de la plate­forme et de la vidéo virale.

Akim Omiri se recen­tre ensuite sur ses pro­pres pro­jets. Sa chaîne YouTube cumule plusieurs vidéos à fort suc­cès. Au print­emps 2025, cette chaîne comp­tait près de 800 000 abonnés.

Rapi­de­ment, ses con­tenus l’ont iden­ti­fié sur la gauche de l’échiquier poli­tique avec une propen­sion à la vic­tim­i­sa­tion et des thèmes très con­venus : mal­adie, sui­cide, racisme, rap­port à la société, hypocrisie médi­a­tique, vio­lence symbolique.

Le stand-up comme outil politique

Son pre­mier spec­ta­cle, « Akim Omiri est super gen­til », est présen­té en 2017, mis en scène par Kad­er Aoun. La voix encore ado­les­cente et le vocab­u­laire fleuri, le sketch est repris sur Rire et Chan­sons et témoigne de l’intérêt déjà majeur pour les ques­tions raciales.

Son deux­ième spec­ta­cle, « Con­texte », qui sera joué en sep­tem­bre 2026, est présen­té par le théâtre des Math­urins comme « explo­rant des thèmes tels que l’éducation for­matée, la « Can­cel Cul­ture » et les théories com­plo­tistes. Plus qu’un sim­ple diver­tisse­ment, ce spec­ta­cle s’attaque aux enjeux soci­aux de fond. »

Akim Omiri utilise l’humour comme un moyen de vul­gar­i­sa­tion, d’agitation et de com­bat cul­turel. Son pub­lic y voit une satire néces­saire et légitime, ses adver­saires y voient un mil­i­tan­tisme sous cou­vert d’humour.

Radio Nova : de chroniqueur à animateur de « La Riposte »

L’arrivée d’Akim Omiri sur Radio Nova pour lancer « La Riposte » en mars 2025 s’inscrit dans un con­texte plus large. La sta­tion, pro­priété du groupe Com­bat de Matthieu Pigasse, a pris un virage très gauch­er, notam­ment après l’arrivée de Guil­laume Meurice et de plusieurs anciens vis­ages de France Inter à l’automne 2024. Avec « La Dernière », puis « La Riposte », Radio Nova a cher­ché à faire du rire poli­tique un mar­queur éditorial.

L’émission est alors présen­tée comme une chronique quo­ti­di­enne d’Akim Omiri, du lun­di au ven­dre­di à 12 h 30. La page pod­cast actuelle présente le pro­gramme comme un ren­dez-vous heb­do­madaire en pub­lic, avec une équipe de chroniqueurs et une ligne assumée : répon­dre à des médias « main­stream » accusés de se droitiser.

Le vocab­u­laire employé par Radio Nova est révéla­teur. L’émission est décrite comme le « cortège de tête d’une manif » ou le « QG » d’une riposte con­tre les médias tra­di­tion­nels et con­siste en une revue de presse sar­cas­tique et de la con­tre-offen­sive idéologique.

Akim Omiri s’y installe comme chef de bande. Il n’est pas seule­ment chroniqueur : il devient ani­ma­teur, édi­to­ri­al­iste humoris­tique, pro­cureur satirique et fig­ure de ral­liement pour un pub­lic de gauche rad­i­cal­isée par les débats sur les médias, la Pales­tine, « l’extrême droite », le macro­nisme ou les chaînes d’information en con­tinu, CNews en tête.

En mars 2026, Radio Nova revendique un suc­cès d’audience excep­tion­nel, à con­tre-courant d’un marché radio en baisse, avec 1,6 mil­lion d’auditeurs quo­ti­di­ens, une audi­ence mul­ti­pliée par qua­tre en deux ans.

Accusé d’antisémitisme

Israël et la ques­tion pales­tini­enne sont l’un des sujets récur­rents de son humour quelque­fois noir, surtout depuis la guerre à Gaza. Il raille les com­mu­niqués de Tsa­hal et Ben­jamin Netanyahu.

Cette ligne lui vaut des accu­sa­tions répétées d’antisémitisme de la part de col­lec­tifs pro-israéliens.

Le 26 mai 2026, des mil­i­tants sion­istes se sont ain­si invités sur son plateau arguant que le présen­ta­teur était « anti­sémite ». Ce dernier fait alors preuve de sang-froid, répon­dant aux cri­tiques en direct avant de décor­ti­quer la séquence dans une vidéo.

Au print­emps 2026, un bras de fer oppose Car­o­line Fourest (et le mag­a­zine Franc-Tireur) à la suite de sketchs de Pierre-Emmanuel Bar­ré visant Sophia Arram, humoriste/chroniqueuse du Point. Fourest a qual­i­fié Nova de « radio Dieudon­né ». Élé­ment notable : là où l’humoriste Dieudon­né avait été évincé des médias pour des accu­sa­tions d’antisémitisme et des con­damna­tions judi­ci­aires, une nou­velle généra­tion d’humoristes sem­ble épargnée par l’excommunication médiatique.

Omiri cible aus­si Éric Zem­mour depuis les années 2010.

Convictions et engagements

Akim Omiri n’exerce pas de man­dat poli­tique ni de respon­s­abil­ités par­ti­sanes offi­cielles et n’a pas d’appartenance par­ti­sane déclarée. En revanche, son posi­tion­nement pub­lic est mar­qué. Il abor­de les prob­lèmes de société à tra­vers une lec­ture qui le rap­proche de La France insoumise, dénonçant les forces finan­cières et le racisme comme prin­ci­paux maux.

En 2024, il fig­ure par­mi les sig­nataires de l’appel « Artistes pour la Pales­tine – France », réseau d’artistes et de « tra­vailleurs cul­turels » sou­tenant le peu­ple palestinien.

Filmographie et activités audiovisuelles

Akim Omiri a égale­ment mené une car­rière de comé­di­en. Il appa­raît notam­ment dans « Raid dingue » de Dany Boon (2017), « Les Tuche 4 » d’Olivier Baroux (2021), ain­si que dans la série « La Faute à Rousseau » dif­fusée sur France 2 (2021–22). Il est aus­si scé­nar­iste de courts for­mats, notam­ment dans l’univers web.

Cette fil­mo­gra­phie reste sec­ondaire par rap­port à son activ­ité de stand-up et de radio, mais elle con­firme son pro­fil de touche-à-tout. Akim Omiri est moins une vedette de ciné­ma qu’une fig­ure médi­a­tique très con­tem­po­raine, capa­ble de pass­er d’un for­mat à l’autre et donc de tra­vailler dans des milieux et à dans des rôles très dif­férents : auteur, inter­prète, vidéaste, ani­ma­teur, chroniqueur et entre­pre­neur de sa pro­pre image.

Ce qu’il gagne

Non doc­u­men­té.

Il con­vient néan­moins de not­er que les revenus d’Akim Omiri intè­grent plusieurs sources poten­tielles de revenus : la scène, les droits d’auteur, les pro­duc­tions vidéo, les appari­tions audio­vi­suelles, sa rémunéra­tion liée à Radio Nova et les revenus numériques.

Prix et récompenses

Akim Omiri a rem­porté la « Coupe du monde pour rire » en 2010.

Il a aus­si été vice-cham­pi­on de France uni­ver­si­taire de boxe dans sa jeunesse.

Plus éton­nant : il reçoit en 2023 la médaille de bronze pour actes de courage et de dévoue­ment. L’arrêté de la pré­fec­ture de police de Paris du 7 févri­er 2023 men­tionne expressé­ment : « La médaille de bronze pour actes de courage et de dévoue­ment est décernée à M. Akim Omiri, né le 14 sep­tem­bre 1985 au Havre. » Il a rap­porté en novem­bre 2024 lors d’un spec­ta­cle être inter­venu seul pour pro­téger une femme enceinte, agressée par deux hommes dans la rue, une nuit à Paris. Il a indiqué ignor­er la grossesse de celle-ci.

Sa nébuleuse

La nébuleuse Akim Omiri se com­pose de plusieurs cercles.

Le pre­mier est celui du stand-up parisien : scènes ouvertes, Paname Art Café, Kad­er Aoun, Jamel Com­e­dy Club, com­e­dy clubs et fes­ti­vals. C’est l’espace de for­ma­tion du comédien.

Le deux­ième est celui du web humoris­tique des années 2010 : Nor­man, Natoo, Cyprien, Le Rire Jaune, Gold­en Mous­tache. C’est l’espace de l’écriture courte, de la vidéo virale et du pas­sage de l’humour de scène vers l’humour de plateforme.

Le troisième est celui de Radio Nova et du groupe Com­bat. Depuis Matthieu Pigasse, la sta­tion s’est rap­prochée d’un imag­i­naire d’extrême gauche, satirique et antifas­ciste revendiqué. Autour d’Akim Omiri gravi­tent Guil­laume Meurice, Pierre-Emmanuel Bar­ré, Aymer­ic Lom­pret, mais aus­si toute une nou­velle galax­ie de chroniqueurs, humoristes et mil­i­tants de la satire politique.

Le qua­trième est celui des engage­ments pro-pales­tiniens et anti-médias dom­i­nants. Sa sig­na­ture de l’appel « Artistes pour la Pales­tine – France », sa cri­tique de la poli­tique israéli­enne et ses attaques con­tre cer­taines chaînes d’information l’inscrivent dans un espace très ancré à gauche.

Cet espace le pro­tège auprès d’un pub­lic, mais l’expose aus­si à des con­tro­ver­s­es permanentes.

Il l’a dit

« J’ai tou­jours été un bat­tant et j’ai rapi­de­ment eu envie de faire un méti­er orig­i­nal. », Pub­lic, 22 mars 2014.

« Je ne fais pas que des vidéos. Je me pro­duis égale­ment sur la scène du Paname à Paris tous les samedis à 20 heures. », Pub­lic, 22 mars 2014.

« Déjà gamin, je fai­sais rire mes cama­rades de classe, mais jamais au détri­ment des autres. », Lié­geois Mag­a­zine, 7 mars 2024.

« J’avais envie de par­ler aux gens mais pas avec de vieux textes. », Lié­geois Mag­a­zine, 7 mars 2024.

« Mais les annon­ceurs ne veu­lent jamais de trucs mar­rants. », Lié­geois Mag­a­zine, 7 mars 2024, à pro­pos de ses études de publicité.

« Cela m’a per­mis de vivre de mon méti­er d’auteur, mais cela m’a con­duit aus­si à un peu m’oublier, à ne pas avancer dans le stand-up. », Lié­geois Mag­a­zine, 7 mars 2024, à pro­pos de son tra­vail d’écriture pour les vidéastes.

« J’arrêterai de par­ler d’infos quand les jour­nal­istes arrêteront d’être des clowns. », Radio Nova, 14 mars 2025, annonce de « La Riposte ».

« La satire poli­tique a tou­jours été et doit con­tin­uer à être con­sid­érée comme l’un des piliers d’une démoc­ra­tie fonc­tion­nelle. », vidéo de réponse pub­liée en mai 2026

Ils l’ont dit

« Il a 28 ans, vient du Havre et fait par­tie du col­lec­tif Gold­en Mous­tache dont les vidéos postées sur le Web sont vues par des mil­lions de per­son­nes. », Pub­lic, 22 mars 2014.

« À 32 ans, cet humoriste a déjà vécu plusieurs vies. », Elle, 30 novem­bre 2018.

« Son émis­sion “La Riposte” sur Radio Nova est claire­ment le deux­ième fer au feu de la riposte d’extrême gauche théorisée et assumée par le “ban­quier rouge” Matthieu Pigasse. », Times of Israel, 26 mai 2026.

Ce portrait vous a plu ? Vous souhaitez en lire d’autres ? Soutenez l’OJIM, faites un don en ligne !