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Fatoumata Bond, Norman Thavaud et la police de la pensée

4 janvier 2021

Temps de lecture : 2 minutes
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Fatoumata Bond, Norman Thavaud et la police de la pensée

4 janvier 2021

Norman Thavaud est un célèbre YouTubeur français, présent sur la toile depuis une dizaine d’années. Il est humoriste, acteur et pratique le one-man-show depuis peu. En termes de chiffres, il est le 3ème plus gros vidéaste français sur internet et sa chaîne YouTube comptabilise plus de 2,4 milliards de vues. À la suite d’un sketch, il a été rattrapé par la police de la pensée.

Un humour adolescent

Depuis 10 ans la ligne direc­trice de Nor­man n’a pas changé. Son humour est très ado­les­cent et s’adresse essen­tielle­ment aux jeunes. Il est dif­fi­cile de faire moins sub­ver­sif : du point de vue de la “bien pen­sance”, Nor­man Thavaud a tou­jours été par­faite­ment dans les clous.

Une James Bond noire ?

Pour­tant, son dernier spec­ta­cle, dif­fusé sur Ama­zon Prime a déclenché une très vive polémique. Dans un sketch, Nor­man se per­met d’ironiser sur le fait qu’une femme noire se ver­ra endoss­er le rôle de James Bond dans le prochain film.

La chanteuse noire Yseult réag­it sur Twitter :

Et ses fol­low­ers embraient instan­ta­né­ment dans un défer­lement de haine assez spectaculaire.

Twit­ter s’est enflam­mé si brusque­ment avec tant d’ardeur qu’un grand nom­bre de médias, par­mi lesquels de très respecta­bles noms, se sont empressés de pon­dre un papi­er sur cette ridicule affaire : Cnews, Ouest-France, Huff­in­g­ton­post, Valeurs Actuelles

Mais c’est surtout la presse fémi­nine qui s’en donne à cœur joie dès qu’il y a pos­si­bil­ité de dénon­cer un peu de misog­y­nie sup­posée : Ter­raFem­i­na, Aufem­i­nin, Clos­er, Femme Actuelle

Norman s’excuse

Ce défer­lement de cri­tiques exces­sive­ment vio­lentes a for­cé Nor­man a réa­gir. Il s’est empressé de rap­pel­er que son spec­ta­cle n’était pas raciste : « dans ce spec­ta­cle, je par­le du priv­ilège blanc, de la cul­pa­bil­ité blanche, de mes potes rebeu qui passent leur temps à se faire con­trôler, des iné­gal­ités salar­i­ales… (…) bref, la liste est longue ». Le mal­heureux garçon s’agenouille morale­ment (c’est à la mode) et demande plate­ment par­don pour son sketch qu’il recon­naît mal­adroit. Il ajoute tout de même à la fin de son mea cul­pa :

« Le con­tenu du spec­ta­cle ne laisse plan­er aucun doute sur le fond de ma pen­sée et sur la sincérité de mon engage­ment antiraciste. »

Mais les cri­tiques ont con­tin­ué : plus vous vous excusez plus la meute s’acharne con­tre vous.

Un jour de plus au pays de la bien­pen­sance total­i­taire où même des humoristes ultra con­formistes sont oblig­és de s’excuser lorsque cer­taines minorités sus­cep­ti­bles mon­tent au créneau pour dénon­cer un humour qu’elles jugent oppres­sant. Le tout aux dépens de la majorité des indigènes, nous par­lons ici des Européens en Europe.

Comme l’écrit Jean-Yves Le Gal­lou (1) « Ces­sons de crain­dre les qual­i­fi­cat­ifs des adver­saires : les épithètes ne mor­dent pas… Il faut assumer avec fierté la con­di­tion de dia­bolisé et ne pas pli­er » (Manuel de lutte con­tre la dia­boli­sa­tion, La Nou­velle Librairie éd, 2020, 80p, 7€).

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