Ojim.fr
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
Pigasse (Lazard), Niel (Free), Capton (3ème œil) nouveaux czars des contenus via Mediawan

L’article que vous allez lire est gratuit. Mais il a un coût. Un article revient à 50 €, un portrait à 100 €, un dossier à 400 €. Notre indépendance repose sur vos dons. Après déduction fiscale un don de 100 € revient à 34 €. Merci de votre soutien, sans lui nous disparaîtrions.

23 avril 2018

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | not_global | Pigasse (Lazard), Niel (Free), Capton (3ème œil) nouveaux czars des contenus via Mediawan

Pigasse (Lazard), Niel (Free), Capton (3ème œil) nouveaux czars des contenus via Mediawan

Temps de lecture : 3 minutes

Mediawan vous connaissez ? Prononcez Media One comme en anglais, le premier indépendant (enfin indépendant…) dans la production de contenus en Europe. Petit Mediawan deviendra grand ? En tout cas de riches fées se tenaient au dessus de son berceau, et avaient même tissé ses langes dorés.

Un peu d’histoire

Ça com­mence comme les Trois Mous­que­taires (ils étaient qua­tre, mais atten­dez un peu). Matthieu, l’homme de toutes les sit­u­a­tions et de la Banque Lazard, pro­prié­taire des Inrocks, Le Monde, et autres prin­ci­pautés médi­a­tiques. Et Xavier, l’empereur de l’opérateur Free et autres mul­ti­ples par­tic­i­pa­tions dans l’information et ailleurs. Enfin Pierre-Antoine, l’homme qui a un troisième œil dans la pro­duc­tion télévi­suelle. Matthieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre-Antoine Cap­ton pren­nent un verre de (bon) pur malt chez l’un, ou chez l’autre. Et si on investis­sait 400 mil­lions d’euros dans la pro­duc­tion de con­tenus ? dit l’un (ou l’autre). Allez, on le fait dit le deux­ième. Ils l’ont fait. Récit.

Encore un peu plus d’histoire

Créons un SPAC dit le troisième. Un SPAC ? Autrement dit un véhicule d’acquisition côté en bourse. Une procé­dure clas­sique aux États-Unis mais peu util­isée en Europe. En avril 2006 le fameux SPAC lève 230 mil­lions d’euros.

Les emplettes com­men­cent. On achète quoi ? Le groupe AB par exem­ple, un bon édi­teur de con­tenus dans le monde fran­coph­o­ne, 12000 titres au cat­a­logue. Medi­awan l’ingère en mars 2017. Un peu plus tard on met dans son cabas (Vuit­ton) CCC qui dif­fuse la série Apoc­a­lypse, dis­tribuée dans 165 pays. Au pas­sage on digère 100% de RTL9 via AB, vous suivez ?

Les hommes sont mor­tels et à la dis­pari­tion de Pierre Bergé en sep­tem­bre 2017, Pierre Les­cure (ex Canal+) le rem­place à son poste de direc­tion du Con­seil de Sur­veil­lance. Il fera office de qua­trième Mousquetaire.

En 2018, les choses s’accélèrent, rachat d’Europa­corp pour ses activ­ités Europe, de Mak­er ever le pro­duc­teur de Cherif, enfin de Mon­voisin Prod père de la série à suc­cès Dix pour cent. 

Et maintenant, que vais je faire ?

Grossir, tou­jours grossir. Con­cur­rencer Net­flix, Dis­ney, Ende­mol, Ban­jay et autres Ama­zon. Medi­awan lorgne du côté des dépouilles de l’empire Lagardère. Il y a quelques pépites, comme la chaine enfants acquise en 2013 Gul­li dif­fusée sur la TNT et très prof­itable. Pour faire quoi ? Exacte­ment la même chose que les autres. Surtout pas quelque chose de dif­férent. De l’enter­tain­ment (pronon­cer enteure taine mante), du pur diver­tisse­ment au kilo­mètre, EBITDA (prof­its avant impôts et amor­tisse­ments) garan­ti. Un opi­um du peu­ple revu avant-garde. La société est déjà val­orisée 400M€ (Le Figaro, 8 avril 2018, pro­pos recueil­lis par Enguérand Renault).

Dormez braves gens, Xavier, Matthieu, Pierre Antoine et Pierre veil­lent sur votre som­meil comme sur vos moments de loisir. Quel mau­vais esprit a pu par­ler d’excessive con­cen­tra­tion des médias ? Les con­tenus (Medi­awan, Le Monde) nour­ris­sent les véhicules (Free). Les véhicules dif­fusent les con­tenus, la main invis­i­ble d’Adam Smith se fait de plus en plus visible.