Les Suisses continueront à payer la redevance

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Si les médias suisses ne sont pas plus enclins au pluralisme (au moins pour la partie francophone) que les français, le secteur audiovisuel public coûte une fortune : 451 FS (environ 392 €) à chaque ménage, soit trois fois le prix de la redevance française. Une votation dite No Billag proposait de supprimer cette redevance. Le vote du 4 mars 2018 fût net : les Suisses veulent garder un secteur public de l’information.

71% de non, un net rejet de la proposition

Le résultat est net : plus de 70% des votants ont voté non à l’initiative de suppression et tous les cantons ont voté non. Est ce pour autant un chèque en blanc qui a été signé à la SSR ? Considéré comme un mammouth bien pensant et bien gras, la SSR dispose d’un budget dépassant largement le milliard d’euros. Son directeur Gilles Marchand s’est voté un accessit d’auto-satisfaction, voyant dans le vote « une forme de légitimation ». Rien n’est moins certain. Le texte proposé, trop simple, allait trop loin. Comme le notaient certains opposants au texte « la radicalité du texte, interdisant tout subventionnement fédéral de la radio et de la télévision et rayant de la Constitution la notion de service public audiovisuel, l’avait rendu inacceptable pour la plupart des partis politiques comme pour les milieux de la culture et du sport. » (Le Temps du 5 mars 2018).

Et des réformes à venir

Première conséquence du débat autour de la votation : la redevance va être réduite très prochainement. à un franc suisse par jour soit 365FS par an, en diminution de 19%. La SSR va donc devoir faire des économies, réduire une partie de ses 6000 employés ou diminuer certains salaires. Chapeautant outre la RTS nationale, la SSR contrôle 17 stations radio, 7 chaînes de télévision, elle diffuse des programmes dans les quatre langues du pays : suisse allemand, français, italien et romanche. Bénéficiant de la redevance nationale (qu’elle répartit ensuite) elle profite également de la publicité à la radio comme à la télévision, appauvrissant d’autant les ressources du secteur privé. Là aussi, on parle de réduction.