Accueil | Actualités | Médias | NKM aurait demandé la tête de plusieurs journalistes
Pub­lié le 21 février 2014 | Éti­quettes : ,

NKM aurait demandé la tête de plusieurs journalistes

Les relations entre Nathalie Kosciusko-Morizet et les journalistes sont loin d’être au beau fixe.

En pleine campagne municipale pour la marie de Paris, la candidate UMP, qui fait face à la socialiste Anne Hidalgo, perd ses nerfs face aux journalistes qui la couvrent. Mercredi 19 février sur La Chaîne Parlementaire, l’ancienne secrétaire d’État à l’écologie de Nicolas Sarkozy s’en prenait à une journaliste du Monde avec laquelle elle entretient une relation tendue depuis plusieurs mois.

« Evidemment, si vous lisez toute la journée les articles de madame (Béatrice) Gurrey dans Le Monde, vous vous dîtes: "Wahou quel acharnement!" Mais c'est des gens qui défendent le système et quelque part y participent », a-t-elle déclaré, s’estimant de facto hors du système… Et de conclure en qualifiant Béatrice Gurrey de « 21ème tête de liste de Mme Hidalgo à Paris ».

Par la voix de Vincent Giret, directeur délégué des rédactions du quotidien du soir, Le Monde a aussitôt réagi : « Nous condamnons l'attaque personnelle de Nathalie Kosciusko-Morizet à l'encontre de notre journaliste, Béatrice Gurrey. La dureté de la campagne ne justifie en aucun cas des dérapages de la part des candidats. » Et d’assurer que « Le Monde assure sa couverture, à Paris comme ailleurs, avec ses règles habituelles, en toute indépendance ».

Le lendemain, Le Lab d’Europe 1 révélait que NKM avait déjà envoyé un courrier cinglant à Vincent Giret et Louis Dreyfus en dénonçant la « mauvaise foi » et l’« acharnement » de la journaliste en question, lui reprochant « mensonge », « haine », « volonté de nuire », « incompétence » et autres joyeusetés. « La liberté de la presse, que je chéris tout autant que vous, ne sera jamais pour moi synonyme de calomnie et de lynchage », estimait ainsi la candidate. Avec Béatrice Gurrey, NKM est en conflit larvé depuis plusieurs mois. Les deux femmes ne se parlent plus et ne se rencontrent plus depuis, semble-t-il, un article publié fin novembre 2013, consacré aux « faux-pas » de NKM dans sa campagne.

Ce matin, Libération nous apprend que Nathalie Kosciusko Morizet n’en est pas à son coup d’essai. Outre un journaliste de l’AFP dont elle avait mis en cause le travail en avril 2012, Libé révèle qu’« à l'automne, la candidate de la droite à Paris a appelé les dirigeants du Figaro, Yves Thréard et Alexis Brézet, pour réclamer la tête de Sophie de Ravinel, qui suit sa campagne de Paris (…) accusant la journaliste, par ailleurs tweeteuse facétieuse, de 'ne pas assez soutenir' sa campagne. NKM voulait un autre reporter, le Figaro a résisté. »

Et de conclure : « L'affaire s'est réglée entre gens bien élevés, sans bruit. Sophie de Ravinel est restée à son poste. » En difficulté face à la candidate socialiste Anne Hidalgo, qui veut prendre la succession de Bertrand Delanoë, Nathalie Kosciusko-Morizet semble ne plus maîtriser sa campagne et n’a d’autre choix que de réclamer des têtes parmi les journalistes qui la couvrent…

Voir également notre infographie du groupe Le Monde

Crédit photo : veni via Flickr (cc)

Puisque vous êtes là, une minute d’attention s’il vous plaît…

Appels aux dons

…nous avons une petite faveur à vous demander. Vous êtes chaque jour plus nombreux à nous lire. Le travail de l’Observatoire du journalisme (Ojim) est unique. Chaque jour nous contribuons à « vous informer sur ceux qui vous informent », à nous battre pour la liberté d’expression, pour le pluralisme dans les médias, contre les censures.

Tout ceci se fait avec une petite équipe motivée, certains sont bénévoles mais la plupart sont des journalistes indépendants ou des étudiants en journalisme qui sont rémunérés. La majorité des rédacteurs, le webmestre, le manager des réseaux sociaux, l’infographiste, le vidéaste, le dessinateur sont rémunérés. Nous aider c’est préserver notre indépendance et conforter une voix attaquée en justice par Ramzi Khiroun, numéro 2 du groupe Lagardère, pour nous faire taire. Votre don est éligible à un reçu fiscal de 66%. Un don de 50 € ne vous coûtera que 16 €. Un don de 100 € vous revient à 33 €. Un don même minime est un encouragement, cela ne vous prend qu’une minute. D’avance merci !

Claude Chollet
Président de l'Ojim

Share This