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L’incroyable boulette de l’AFP sur la fausse mort de Martin Bouygues

3 mars 2015

Temps de lecture : 3 minutes
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L’incroyable boulette de l’AFP sur la fausse mort de Martin Bouygues

3 mars 2015

Temps de lecture : 3 minutes

Après l’annonce erronée de la mort de Martin Bouygues, l’Agence France Presse s’est confondue en excuses et a annoncé qu’une enquête interne serait ouverte pour que cette « erreur inacceptable » ne se reproduise plus.

Same­di après-midi, à 14h27 pré­cisé­ment, l’a­gence pub­li­ait une alerte stip­u­lant : « Mar­tin Bouygues est décédé same­di matin dans sa rési­dence de l’Orne (mairie). » Et l’AFP d’a­jouter que le décès était sur­venu « à l’âge de 62 ans, dans sa rési­dence de La Roche Mabile, près d’Alençon (Orne), a‑t-on appris auprès du maire de la com­mune voi­sine de Saint-Denis-sur-Sarthon ». Aus­sitôt, les réseaux soci­aux se sont embal­lés et de nom­breux médias, dont TF1, pro­priété de Bouygues, ont repris l’information.

Exem­ple par­mi d’autres, l’édi­to­ri­al­iste Jean-Michel Apathie fai­sait état du décès sur son compte Twit­ter, van­tant au pas­sage les mérites d’un « grand indus­triel ». Seule­ment voilà… À peine une trentaine de min­utes plus tard, les groupes TF1 et LCI démen­taient l’in­for­ma­tion. « URGENT INFO @LCI @TF1 : La direc­tion de @TF1 dément la mort de Mar­tin Bouygues », ont-ils pub­lié sur Twit­ter. « J’ai eu Mar­tin Bouygues il y a dix min­utes. Il va bien et est sur­pris par cette annonce », ajoutait Cather­ine Nayl, direc­trice générale adjointe à l’in­for­ma­tion du groupe.

Que s’est-il passé ? En réal­ité, il s’a­gi­rait d’un ter­ri­ble malen­ten­du. Les pom­piers sont bien inter­venus à La Roche Mabile pour un décès ce same­di, mais pas pour celui de l’in­dus­triel, qui ne s’y trou­vait même pas. Con­tac­té par l’AFP, le maire de la com­mune voi­sine a alors con­fir­mé le décès mais a expliqué ensuite avoir été piégé. « Il y a bien un mon­sieur Mar­tin qui est mort ce matin, mais ce n’est pas Mar­tin Bouygues. Le jour­nal­iste m’a par­lé de cette mort et j’ai con­fir­mé que Mon­sieur Mar­tin était décédé. Il y a une erreur phénomé­nale car on ne m’a pas par­lé de Mar­tin Bouygues. C’est une sur­prise totale, en réal­ité je me suis fait piéger. (…) Je suis navré d’une telle con­fu­sion. (…) Con­fu­sion de nom quoi », a expliqué l’élu à francetv info. Quoi qu’il en soit, l’AFP aura atten­du 57 min­utes (à 15h24) pour démen­tir sa pro­pre infor­ma­tion. « La direc­tion de TF1 dément la mort de Mar­tin Bouygues », a annon­cé l’a­gence. À 15h39, une nou­velle dépêche de l’a­gence Reuters pub­li­ait égale­ment le démen­ti. Par la suite, l’AFP a présen­té ses excus­es en pub­liant sur Twit­ter : « Mar­tin Bouygues : toutes les excus­es de l’AFP pour cette ter­ri­ble erreur. » Le PDG lui-même, Emmanuel Hogg, s’est fendu d’un mes­sage : « Nous présen­tons à Mar­tin Bouygues et à sa famille nos plus sincères excus­es pour cette faute inac­cept­able. »

« Sur la base d’une pre­mière alerte obtenue par un jour­nal­iste de l’a­gence, l’AFP avait ten­té d’obtenir des con­fir­ma­tions. L’in­for­ma­tion erronée a ensuite été dif­fusée sur la base d’un malen­ten­du avec un élu local », a expliqué l’a­gence. Un malen­ten­du qui n’au­rait pas pu avoir lieu sans « une série de dys­fonc­tion­nements qui sont à l’o­rig­ine de l’er­reur », et c’est pourquoi la direc­tion ne compte pas en rester là.

Le jour-même, celle-ci annonçait l’ou­ver­ture d’une enquête interne dans le but de « com­pren­dre com­ment une telle faute a pu être com­mise ». « Nous sommes habitués à la pres­sion, nous pesons chaque mot et recoupons tou­jours nos infos sachant que nous sommes repris partout », a rap­pelé un jour­nal­iste AFP, une agence mon­di­ale­ment sol­lic­itée qui pub­lie 5.000 dépêch­es par jour.

Out­re les dys­fonc­tion­nements éventuels de l’en­tre­prise, c’est surtout la réelle dépen­dance des médias d’in­for­ma­tion à l’é­gard de l’AFP qu’il con­vient de relever. À l’heure de l’in­ter­net et de l’in­for­ma­tion en con­tinu, les sites des grands médias se retrou­vent dans l’oblig­a­tion d’al­i­menter leurs colonnes en per­ma­nence, au risque de se retrou­ver par­fois à annon­cer des morts qui n’ont pas eu lieu…

Voir également notre dossier « L’affaire Gourevitch, ou le pouvoir sans partage de l’AFP »

Crédit pho­to : DR

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