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Dossier : l’affaire Gourévitch, ou le pouvoir sans partage de l’AFP

3 décembre 2014

Temps de lecture : 9 minutes
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Dossier : l’affaire Gourévitch, ou le pouvoir sans partage de l’AFP

Elle tombe comme la foudre, remuant tout sur son passage et se répandant dans les rédactions comme un virus incurable que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter, sinon le temps et l’oubli : la dépêche AFP, fléau échappant à toute forme de contrôle, capable de faire et défaire les réputations en toute impunité.

Ce fléau, Jean-Paul Goure­vitch, con­sul­tant inter­na­tion­al et spé­cial­iste des migra­tions, l’au­ra con­staté à ses dépens lorsque le 11 sep­tem­bre 2014, l’A­gence France Presse s’est penchée sur son dernier livre, « Les Migra­tions pour les nuls » aux édi­tions First. Éton­né que la célèbre col­lec­tion « Pour les nuls » con­fie la rédac­tion de cet opus à un auteur indépen­dant qui ne donne pas l’impression de marcher sur des œufs, l’AFP a pon­du en bonne et due forme une dépêche assas­sine.

La foudre

« Est-il pos­si­ble de con­fi­er la rédac­tion d’un ouvrage de vul­gar­i­sa­tion sur l’im­mi­gra­tion à un auteur sou­vent cité par l’ex­trême droite ? » Dès la pre­mière phrase, le ton est don­né et le lien établi avec « l’extrême-droite ». Jean-Paul Gourévitch est un auteur repris par l’« extrême-droite », ce qui d’emblée le dis­qual­i­fie. Son crime ? « être cité à plusieurs repris­es par la prési­dente du Front nation­al (FN) Marine Le Pen et son entourage. » De quoi per­dre toute crédi­bil­ité avant même d’avoir pu dévelop­per la moin­dre thèse. Sans compter que son livre serait « déjà con­testé par des spé­cial­istes ». Des spé­cial­istes que l’AFP a spé­ciale­ment démarchés et qui s’avèrent tous être de gauche et d’ex­trême-gauche….

Mais la jour­nal­iste, Char­lotte Plan­tive, rédac­trice de cette dépêche, ne s’ar­rête pas là. Non con­tente de définir M. Gourévitch comme « un auteur très mar­qué à droite », elle va mul­ti­pli­er les attaques en-dessous de la cein­ture, tour­nant régulière­ment 25 ans de tra­vail en déri­sion.

Pour elle, l’ou­vrage n’est autre que « 400 pages où se mêlent lex­iques, chiffres et digres­sions sur la pros­ti­tu­tion, l’is­lami­sa­tion ou l’in­sécu­rité ». Com­prenez : un pur fan­tasme. Pour enfon­cer un peu plus le clou, l’AFP se paie le luxe de citer sans mod­éra­tion dif­férents chercheurs qui, bien enten­du, ne parta­gent pas les obser­va­tions de M. Gourévitch. Out­re l’his­to­rien Ben­jamin Sto­ra, qui estime que le coût de l’im­mi­gra­tion est « un cal­cul impos­si­ble », la direc­trice de recherch­es au Cen­tre d’é­tudes européennes de Sci­ence Po, Vir­ginie Guiraudon, estime de son côté qu’« il y a une manip­u­la­tion des chiffres » dans l’ou­vrage.

Celle-ci n’hésit­era pas à avancer sans rou­gir que l’au­teur « utilise aus­si des ter­mes qui n’ont aucune rigueur sci­en­tifique, par exem­ple migra­tion pré­na­tale, comme si les fœtus décidaient de migr­er », alors que n’im­porte qui est capa­ble de com­pren­dre que ce terme se rap­porte évidem­ment aux abus liés au droit du sol, que l’on peut notam­ment con­stater à May­otte.

Pour la soci­o­logue, ce livre ne fait qu’al­i­menter « un dis­cours anti-immi­grés et anti-élites qui prof­ite à l’ex­trême droite ». Et pour couron­ner le tout, le directeur de recherche à l’In­sti­tut nation­al des études démo­gra­phies (Ined) François Héran vient ain­si con­clure la dépêche : « Le fait qu’un auteur comme celui-là soit chargé d’un livre d’ini­ti­a­tion dans une col­lec­tion aus­si pop­u­laire est un signe révéla­teur de la lep­éni­sa­tion des esprits. »

Au milieu de ce tor­rent à charge, le lecteur lamb­da aura bien pu entrevoir une petite voix, celle de Gourévitch lui-même, cla­mant son indépen­dance d’e­sprit et sa rigueur, mais le bruit de la calom­nie a tout emporté. Pour l’AFP, Jean-Paul Gourévitch s’est « exprimé plusieurs fois dans des cer­cles d’ex­trême droite, comme lors des “Assis­es con­tre l’is­lami­sa­tion de l’Eu­rope” organ­isées en 2010 par le Bloc iden­ti­taire et l’as­so­ci­a­tion Riposte laïque, ou dans un entre­tien au site Égal­ité et Réc­on­cil­i­a­tion de l’es­say­iste Alain Soral ».

Et si le mal­heureux rétorque qu’il va « partout où (il est) invité, que ce soit à l’ex­trême droite, à droite, à gauche ou au cen­tre », le poids de la dépêche incen­di­aire tire irrémé­di­a­ble­ment sa défense par le fond. Même lorsqu’il assure avoir été reçu par SOS Racisme ou la LICRA, l’ar­ti­cle pré­cise que les deux asso­ci­a­tions antiracistes n’ont pas retrou­vé trace de son pas­sage depuis au moins huit ans. Menteur, vous dit-on.

Mais au fait, une dépêche AFP ne se doit-elle pas d’être impar­tiale, brute de décof­frage et com­por­tant le moins de sub­jec­tiv­ité pos­si­ble ?

L’épidémie

Dans un mécan­isme effrayant, la moin­dre dépêche de l’AFP, placée au rang de parole d’é­vangile, est capa­ble d’ir­riguer toute la presse aus­si bien écrite que numérique et audio­vi­suelle. Le cas Gourévitch n’au­ra pas échap­pé à la règle : le jour-même, 51 médias dif­fu­saient le texte accusa­teur sans même avoir pris la peine de s’in­ter­roger sur le bien-fondé de l’ar­gu­men­taire ou de pren­dre con­nais­sance du con­tenu du livre. Alea jac­ta est !

Du ser­vice pub­lic à la presse quo­ti­di­enne régionale, des généra­teurs de flux comme Yahoo! ou Orange aux médias spé­cial­isés dans l’édi­tion ; tous ont repris l’in­for­ma­tion brute don­née en pâture à chaque client désireux de combler son vide édi­to­r­i­al. Plus révéla­teur, même des médias plutôt classés à droite, comme Le Figaro, ont hurlé avec les loups – ou en tout cas se sont nour­ris à la même gamelle.

Cer­tains ne se sont pas privés d’en rajouter. C’est le cas par exem­ple de David Per­rotin qui, en se bas­ant sur la dépêche fraîche­ment parue, qual­i­fie dans Metronews M. Gourévitch de « chou­chou de l’ex­trême-droite » en rap­pelant sa par­tic­i­pa­tion aux Assis­es de l’is­lami­sa­tion ou encore ses con­férences au Local de Serge Ayoub et auprès de l’Ac­tion Française. Traces d’analyse de l’ou­vrage ? Aucune. M. Per­rotin s’est con­tenté de repren­dre la dépêche AFP en pimen­tant son arti­cle de quelques remar­ques ironiques mal placées.

De son côté, L’Hu­man­ité titre car­ré­ment : « Les édi­tions First migrent vers l’ex­trême-droite » en pointant du doigt « un choix ahuris­sant au regard du pas­sif de ce per­son­nage ». L’Hu­man­ité se garde de citer la dépêche AFP qu’il ne fait que réécrire presque à l’i­den­tique. Sous la plume du Monde, Jean-Paul Gourévitch devient un auteur « de référence pour l’ex­trême-droite ». Et les exem­ples sont légion…

Début octo­bre, c’est Rue89 qui revient à la charge, avec cette fois-ci un recul sur les événe­ments. Ce recul n’empêche pas la jour­nal­iste Nol­wenn Le Bleven­nec de qual­i­fi­er l’ou­vrage de « tract poli­tique déguisé en ouvrage péd­a­gogique ». S’ap­puyant sur un « expert des migra­tions qui ne veut pas être nom­mé », Rue89 reproche à l’au­teur de s’en référ­er à des sources jugées « nauséabon­des », de par­ler sans gêne des « immi­gra­tionnistes » ou encore d’u­tilis­er le terme de « Français de souche », que la presse repren­dra pour­tant quelques semaines plus tard à l’unanimité lors de l’affaire Hauchard.

Emboî­tant le pas à l’AFP, la jour­nal­iste tourne en déri­sion le terme d’« immi­gra­tion pré­na­tale », feignant à son tour de ne pas le com­pren­dre, et min­imise l’im­mi­gra­tion de charme (pros­ti­tu­tion) qui, rap­pelle-t-elle, ne con­cerne « que » 120 000 per­son­nes par an. Pour­tant, 120 000, c’est déjà pas mal ! Mais pas­sons.

La contre-attaque

Désireux de défendre son hon­neur et sa répu­ta­tion, Jean-Paul Gourévitch s’est aus­sitôt rap­proché de son avo­cat, Me Gilles-William Gold­nadel, en s’at­taquant directe­ment à la source : l’AFP. Dans un cour­ri­er, que l’O­jim s’est procuré, l’avocat dénonce un arti­cle « totale­ment à charge » con­tre l’ou­vrage, pré­cisant que son client « s’é­tonne que la dépêche stig­ma­tise sa par­tic­i­pa­tion sous forme d’en­tre­tiens ou d’in­ter­ven­tions à des man­i­fes­ta­tions organ­isées par les uns en oubliant celles organ­isées par les autres ou en niant qu’elles aient eu lieu ».

L’av­o­cat reproche égale­ment à la jour­nal­iste de « soumet­tre de façon ten­dan­cieuse des élé­ments de lan­gage extraits du livre unique­ment à des per­son­nal­ités de gauche ou d’ex­trême-gauche », et ter­mine son cour­ri­er en récla­mant que l’in­jus­tice soit réparée.

Dans sa réponse, le rédac­teur en chef-France de l’a­gence rétorque que « cette dépêche a fait l’ob­jet d’un tra­vail jour­nal­is­tique inclu­ant une inter­view télé­phonique avec (M. Gourévitch) de 45 min­utes et le citant à plusieurs repris­es ». Ain­si, celui-ci estime que le cour­ri­er de Me Gold­nadel « ne démon­tre aucune­ment un préju­dice subi » par l’au­teur de l’ou­vrage incrim­iné.

Autant dire que la messe est dite. Inter­rogé par l’O­jim, M. Gourévitch nous con­fie qu’il ne compte pas pour­suiv­re l’AFP pour un procès qu’il serait extrême­ment dif­fi­cile de rem­porter au regard de l’im­por­tance et des moyens de l’a­gence.

Reste donc à ten­ter, autant que faire se peut, de stop­per l’in­cendie. Mais là encore, il est bien trop tard. Par­mi tous les médias con­tac­tés, rares sont ceux qui acceptent de touch­er ne serait-ce qu’une ligne du papi­er, encore moins d’ac­corder à M. Gourévitch un droit de réponse. Une fois la machine enclenchée, il est impos­si­ble de ren­vers­er la vapeur.

Rue89, qui avait con­sacré un arti­cle assas­sin aux « Migra­tions pour les nuls », a cepen­dant accep­té un droit de réponse de l’au­teur. Dans celui-ci, il explique que « dans sa volon­té de démon­tr­er une thèse, (la jour­nal­iste) en a oublié la sim­ple déon­tolo­gie jour­nal­is­tique ». Et après avoir bro­cardé le fameux « expert » de l’ar­ti­cle de Nol­wenn Le Bleven­nec qui ne voulait pas être nom­mé, le con­sul­tant inter­na­tion­al rap­pelle que « la seule recen­sion des per­son­nes remer­ciées page VIII fait appa­raître, comme le lecteur pour­ra le con­stater, 33 sites, organ­ismes ou per­son­nes de gauche ou d’extrême gauche con­tre 12 de droite ou d’extrême droite et une cinquan­taine d’inclassables ».

Aus­si, il souligne que « le lecteur pour­ra con­stater que dans les dix débats de fond qui sont présen­tés sur les migra­tions, cha­cun est con­stru­it sur un mod­èle péd­a­gogique indis­cutable : his­torique- argu­ments du Oui- argu­ments du Non-Con­tro­ver­s­es, pour le laiss­er se faire sa pro­pre opin­ion en toute lib­erté d’esprit ».

Et de con­clure en insis­tant sur le fait que « si on veut com­bat­tre les thès­es extrêmes ce n’est pas en cam­ou­flant des faits, des chiffres ou des don­nées mais en les présen­tant sous leur éclairage par­fois con­tra­dic­toire à des lecteurs qui sont des adultes ».

Quant à Metronews, qui avait égale­ment com­mis un arti­cle à charge, le rédac­teur en chef, Christophe Joly, avait tout d’abord accep­té un droit de réponse de l’in­téressé avant de revenir sur sa déci­sion. Par ailleurs l’au­teur de l’ar­ti­cle, David Per­ot­tin, a men­acé M. Gourévitch d’une con­tre-attaque en cas de droit de réponse…

« On peut en effet  débat­tre démoc­ra­tique­ment d’un sujet sen­si­ble comme les migra­tions dans un jour­nal grand pub­lic en faisant cir­culer une infor­ma­tion hon­nête et sans essay­er de dia­bolis­er un auteur qui tra­vaille depuis 25 ans sur cette ques­tion dans des organ­ismes nationaux et inter­na­tionaux et qui lutte con­tre les amal­games, les phan­tasmes et la dés­in­for­ma­tion quelles que soient leurs orig­ines », pou­vait-on lire dans le droit de réponse. Des pro­pos dont les lecteurs du quo­ti­di­en gra­tu­it n’au­ront pas con­nais­sance… Devant cet état de fait, l’écrivain a décidé de porter l’af­faire en cor­rec­tion­nelle.

Ces démarch­es, en plus d’être titanesques (il est en effet impos­si­ble de se jus­ti­fi­er auprès de 51 médias, voire plus), coû­tent cher à l’in­téressé. Bien plus cher en tout cas que les droits d’au­teur liés à l’ou­vrage lui-même, nous con­fie-t-il. Un chemin de croix qui n’est donc pas à la portée de tous.

Une bouteille à la mer

À défaut de pou­voir vider la mer avec un dé à coudre, l’au­teur s’est con­tenté d’y jeter une bouteille.

Dans une tri­bune pub­liée sur le site Con­tribuables Asso­ciés, il estime qu’il y a « une ten­ta­tive de désta­bil­i­sa­tion d’une col­lec­tion péd­a­gogique de haut niveau et de grande audi­ence en prê­tant à un de ses auteurs des engage­ments qu’il récuse lui-même ».

Et de s’in­ter­roger : « Pourquoi n’a‑t-on inter­rogé que des gens situés à gauche ou à l’extrême-gauche et non Gérard-François Dumont, directeur de Pop­u­la­tion et Avenir et pro­fesseur à l’Université Paris IV (qui depuis a d’ailleurs pub­lié un arti­cle élo­gieux sur Atlanti­co) , Dominique Reynié , pro­fesseur des uni­ver­sités à Sci­ences-Po, directeur de la Fon­da­tion pour l’Innovation Poli­tique, Michèle Trib­al­at direc­trice de recherch­es à l’INED, Mali­ka Sorel, spé­cial­iste des migra­tions et mem­bre de l’ex- Haut Con­seil à l’Intégration…. ? » Réponse : parce que le point de vue de ces auteurs ne con­vient pas à l’AFP, tout sim­ple­ment.

Après avoir répon­du point par point aux accu­sa­tions de la dépêche AFP, le spé­cial­iste s’indigne que l’on remette en cause aus­si ouverte­ment son indépen­dance. « Là nous sommes car­ré­ment dans la diffama­tion puisqu’on laisse enten­dre que je ne tra­vaille que pour l’extrême droite ou l’UMP et que mes autres allé­ga­tions sont fauss­es », souligne-t-il.

« Cet arti­cle malveil­lant et ten­dan­cieux écrit par une jour­nal­iste qui n’a inter­rogé que des gens situés à gauche ou à l’extrême-gauche pour étay­er ses dires passe volon­taire­ment sous silence l’aspect péd­a­gogique de l’ouvrage pour dia­bolis­er l’ auteur et l’éditeur et inciter à ne pas le lire », ajoute M. Gourévitch avant de con­clure : « Quand le com­mu­niqué de presse de l’ouvrage sig­nale que cet ouvrage entend lut­ter con­tre les fan­tasmes, les amal­games et la dés­in­for­ma­tion, il ne pou­vait trou­ver de meilleure cible. »

Cette tri­bune esseulée, et les rares droits de réponse et mod­i­fi­ca­tions obtenus, c’est tout ce que Jean-Paul Gourévitch aura su tir­er de ce com­bat de David con­tre Goliath.

La toute-puissance de l’AFP

C’est ain­si que le pou­voir insen­sé d’une agence de presse omniprésente vient, un matin, frap­per à la porte de quiconque aura eu le mal­heur d’at­tir­er l’at­ten­tion d’un jour­nal­iste de l’AFP en con­férence de rédac­tion. Face au fait accom­pli, un retour en arrière relève presque de l’ex­ploit. Le cas Gourévitch en dit long sur le par­cours du com­bat­tant qu’il faut entre­pren­dre, à con­di­tion d’avoir l’én­ergie et les moyens, par­cours qui ne per­met en out­re générale­ment pas d’obtenir gain de cause.

Suite à cette polémique née dans un bureau parisien, le peu d’ef­fort des édi­tions First pour pro­mou­voir l’ou­vrage fut vis­i­ble. Pas sûr non plus, après cette mar­que d’infamie col­lée sur son dos, qu’une autre mai­son d’édi­tion « général­iste » ne fasse appel à M. Gourévitch sans y réfléchir à deux fois, et ce mal­gré sa grande expéri­ence et ses com­pé­tences jamais remis­es en cause. C’est ce que l’on pour­rait appel­er « l’ef­fet AFP ». Un effet dévas­ta­teur face auquel il n’ex­iste, pour l’in­stant, aucun remède.

L’AFP est un rouleau com­presseur red­outable que rien n’ar­rête et, surtout, que rien ni per­son­ne ne sem­ble pou­voir con­trôler. Dans une société démoc­ra­tique qui se respecte, un organe de presse four­nissant près de 80 % de l’in­for­ma­tion des médias nationaux ne devrait-il pas souf­frir d’un con­trôle plus strict et d’oblig­a­tions déon­tologiques accrues ? En soi, cet état de qua­si-mono­pole est-il tolérable ? Des ques­tions qui demeurent pour l’heure bien inaudi­bles.

Aujour­d’hui, Jean-Paul Gourévitch a fait les frais de cette créa­ture toute-puis­sante qui, chaque matin, rem­plit la gamelle de médias affamés avides de dépêch­es portées au rang de vérité absolue. Demain, en allumant votre télévi­sion ou en ouvrant votre jour­nal, vous pour­rez, qui sait, décou­vrir qui vous êtes ou, en tout cas, ce que tout le monde est som­mé de penser de vous.

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