Les censeurs Potier et Stasi frappent encore et veulent aller plus loin

Télécharger en PDF

Il y a des noms qu’il faut retenir pour l’histoire. Par exemple ceux qui veulent imposer la censure pour tous et partout. Au moment où le livre prophétique de George Orwell 1984 ressort chez Gallimard dans une nouvelle traduction, il n’est pas indifférent de se pencher sur le cas de deux partisans de la novlangue. La novlangue dont Syme, cadre administratif travaillant dans le roman d’Orwell à la nouvelle (et dernière) édition du dictionnaire de la novlangue, en proclame l’objectif « Ne voyez vous pas que le véritable but du novlangue est de réduire les limites de la pensée ? À la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer ».

Deux artisans de la novlangue, Mario Stasi et Frédéric Potier

Mario Stasi porte le même nom que son père Mario Stasi, avocat comme lui. Il a remplacé fin 2017 Alain Jacubowicz démissionnaire à la tête de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA)

Frédéric Potier est énarque, il a travaillé notamment aux cabinets de Claude Bartolone (PS) lorsque ce dernier présidait l’Assemblée Nationale et de Manuel Valls lorsqu’il était premier ministre. Il a remplacé à la tête de la Dilcrah, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (marchez, soufflez) le préfet Gilles Clavreul en mai 2017.

La Dilcrah a été créée par Nicolas Sarkozy et ses pouvoirs ont été élargis par François Hollade. Potier s’est notamment illustré par son action au moment de l’affaire Defend Europe. Rappelons les faits : un groupe de militants du groupe Génération Identitaire bloque symboliquement une frontière dans les Alpes en posant une banderole et appellent au contrôle des clandestins, il n’y a ni violence ni intervention de la police.

Quelques jours plus tard la page Facebook de Defend Europe est supprimée par Facebook, puis ensuite celle de Génération Identitaire. Le sous-préfet Potier se vante d’être à l’initiative de cette interdiction, découvrant ainsi la nouvelle alliance d’une censure d’État avec la censure privée d’une multinationale américaine. Voir notre article du 11 mai 2018 sur le sujet. Cette démarche a provoqué la surprise chez le politologue Dominique Reynié dans un article remarqué du Figaro.

Stasi et Potier s’acharnent contre la liberté d’expression

Un peu plus tard nos deux comparses ont cosigné une tribune dans le Figaro du 21 mai 2018. Un véritable florilège, nous citons « Facebook a fait application de ses propres règles d’utilisation contre un groupuscule d’extrême droite véhiculant un discours xénophobe. Nulle censure d’État. Nul complot. Nulle violation d’une liberté fondamentale ».

Une analyse sémantique simple et de bon sens permet de dévoiler, de dévoiler quoi ? Le mensonge tout simplement. Le sous-préfet Potier s’est vanté d’être à l’origine de la suppression des pages Facebook concernées. Quand il dit Nulle censure d’État, il ment tout simplement. Et quand le couple Anastasie (la figure de la censure avec ses grands ciseaux) dit tranquillement Nulle violation d’une liberté fondamentale, il illustre les valeurs de Big Brother dans 1984 :

LA GUERRE C’EST LA PAIX

LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE

Mario Stasi a un nom prédestiné, nous ignorons s’il est originaire de Corse, d’Italie, d’Allemagne de l’est ou d’ailleurs mais son patronyme évoque irrésistiblement la police politique de la partie orientale de l’Allemagne, alors communiste. Nous lui recommandons chaudement de voir (ou revoir) le superbe film consacré à cette charmante institution en 2006 par Florian Henckel von Donnersmark, La Vie des autres. Hélas la Stasi ne recrute plus, mais on dit que les services secrets cubains…