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Présidentielle américaine : le New York Times en ordre en bataille idéologique

31 juillet 2020

Temps de lecture : 5 minutes
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Présidentielle américaine : le New York Times en ordre en bataille idéologique

[Pre­mière dif­fu­sion le 9 juil­let 2020]

Samedi 4 juillet 2020, jour de la fête de l’indépendance des États-Unis d’Amérique, un jour où l’Amérique se gausse des valeurs de ses Pères fondateurs, le New York Times, quotidien archétypique à l’échelle mondiale de ce que peut être un média bobo-libéral, a donné un exemple caricatural de pratique du journalisme propagandiste. La cible ? Donal Trump.

Alors que la cam­pagne prési­den­tielle bat son plein dans des con­di­tions étranges, l’épidémie de coro­n­avirus se pour­suiv­ant, et les deux can­di­dats, Biden et Trump, n’adoptant pas la même atti­tude, le pre­mier demeu­rant en retrait de l’espace pub­lic, le sec­ond menant une cam­pagne de meet­ings, le New York Times a claire­ment choisi son camp démoc­rate et surtout affronte Trump avec une absence de recul sans mesure. Le jour­nal daté du same­di 4 juil­let en est un bel exemple.

Le cadre de l’article

Le titre : « Trump livre un dis­cours con­flictuel et un appel à la guerre cul­turelle lors de son dis­cours du mont Rush­more »

L’accroche : « En chute dans les sondages et inca­pable de con­trôler une pandémie qui fait rage, le prési­dent s’est présen­té en com­bat­tant d’un « nou­veau fas­cisme d’ex­trême gauche » qui met en péril les valeurs améri­caines et cherche à effac­er l’histoire. »

La référence est claire : il s’agit du débat actuel sur les « minorités » et de la volon­té de réécri­t­ure de l’histoire, volon­té qui se saisit de chaque occa­sion, l’affaire Floyd actuelle­ment, les élec­tions aus­si, et à laque­lle le prin­ci­pal quo­ti­di­en de la gauche sociale libérale améri­caine, amoureux des com­bats des minorités, s’associe ouverte­ment, par exem­ple dans ses pages édu­ca­tion. Un phénomène que l’OJIM a déjà analysé en deux parties :

La pro­pa­gande dans ce domaine, celui de l’éducation et de la réécri­t­ure de l’histoire améri­caine con­tre l’histoire « blanche », est une véri­ta­ble machine de guerre dans les médias des « élites libérales lib­er­taires » des côtes Est et Ouest, ain­si que des cam­pus et des franges mil­i­tantes des minorités, au point qu’il est devenu habituel d’entendre, dans les médias améri­cains, que les noirs auraient été le pre­mier peu­ple d’Amérique. A cette pro­pa­gande, le New York Times se joint assidu­ment, et pas seule­ment par le biais de ses pages d’éducation. Chaque arti­cle con­sacré à Trump, qui est automa­tique­ment, et depuis son élec­tion, une charge anti-Trump, est sus­cep­ti­ble de l’attaquer à ce pro­pos. Ce fut donc le cas suite au dis­cours du prési­dent des États-Unis devant le mont Rush­more, haut lieu sym­bol­ique, con­nu dans le monde entier du fait de sculp­tures géantes des Pères fon­da­teurs des États-Unis.

Les mots de l’article

L’article démarre sur les cha­peaux de roue :

« Debout face à un amphithéâtre bondé, devant le mont Rush­more, pour célébr­er la fête de l’indépendance, le prési­dent Trump a pronon­cé un som­bre dis­cours, source de divi­sions, visant à relancer sa cam­pagne pour un sec­ond man­dat sur le ton de la lutte con­tre un « nou­veau fas­cisme d’ex­trême gauche » cher­chant à effac­er les valeurs et l’histoire de la nation. »

Le New York Times ne com­prend pas ce que dit Don­ald Trump, un fait qui est par­fois analysé comme une des raisons de l’incapacité du quo­ti­di­en à saisir les raisons pro­fondes de la mon­tée des pop­ulismes dans le monde. Pourquoi ? Comme ses homo­logues du Monde ou de Libéra­tion en France, pour les médias libéraux libertaires,l’identité des peu­ples et des civil­i­sa­tions est une chimère.

L’article est bour­ré de coups bas, presque à chaque ligne : ici, Trump est accusé d’utiliser une occa­sion offi­cielle (le dis­cours du jour de la fête de l’indépendance est pour­tant une pra­tique nor­male), le début des vacances ; de ne pas tenir compte aus­si, et de ne pas par­ler, de l’épidémie, dont il est par ailleurs jugé respon­s­able par le même quo­ti­di­en. Le tout par machi­avélisme, Trump n’étant aux yeux du New York Times mu que par une obses­sion, sa réélec­tion. Comme s’il dif­féren­ci­ait en cela des autres politi­ciens pro­fes­sion­nels, ain­si ceux soutenus par le quo­ti­di­en ces dernières années, Oba­ma ou Clin­ton par exem­ple, ou Biden actuellement.

L’aveuglement du jour­nal qua­si offi­ciel du par­ti démoc­rate améri­cain est impres­sion­nant. Ain­si, Trump ne fait par moment que décrire une évi­dence que tout obser­va­teur de bonne foi ne peut qu’agréer : « Notre nation est l’objet d’une cam­pagne sans mer­ci pour effac­er notre his­toire, dif­famer nos héros, effac­er nos valeurs et endoc­triner nos enfants », a déclaré M. Trump, s’adressant à une foule de par­ti­sans agi­tant des pan­car­tes, dont peu por­taient des masques. « Des foules en colère ten­tent de démolir les stat­ues de nos fon­da­teurs, de défig­ur­er nos mon­u­ments les plus sacrés et de déclencher une vague de crimes vio­lents dans nos villes. »

N’est-ce pas ce à quoi nous avons assisté, et ce qui est importé ici en France?

Le fil rouge de cette attaque en règle con­tre le prési­dent des États-Unis est sim­ple : Trump, obsédé par sa réélec­tion et par la néces­sité de mobilis­er sa base, met en péril les Améri­cains en min­imisant la crois­sance de la pandémie et en favorisant les rassem­ble­ments impor­tants de per­son­nes non masquées. Ni dis­tan­ci­a­tion sociale ni masques, le quo­ti­di­en mime le fait d’être choqué, insiste sur ce sujet puisque c’est… l’axe de cam­pagne de « son » can­di­dat, Biden. Des pho­tos mon­trant des man­i­fes­tants anti-Trump, tous jeunes et masqués, et blancs pour l’essentiel, sont mis­es en avant dans le corps de l’article. C’est la vieille ren­gaine offi­cielle : Trump est dan­gereux. Les deux pre­mières années de son man­dat, il devait même con­duire, dis­ait-on, les États-Unis, et le monde, à une guerre con­crète avec la Chine, la Russie ou la Corée du Nord, ou même les trois. Cela n’a pas eu lieu et a donc dis­paru des pages et des écrans libéraux lib­er­taires améri­cains, comme européens d’ailleurs.

Reste que l’organisation des fes­tiv­ités devant le mont Rush­more, tan­dis que l’épidémie con­tin­ue de croître, est présen­tée comme une déci­sion volon­taire de divis­er les Améri­cains, au prix de leur vie. Le New York Times n’y va pas avec des pincettes, mal­gré son statut de jour­nal dit « de référence » à l’échelle mon­di­ale. Le jour­nal­iste note par exem­ple que « quelques per­son­nes » dans le pub­lic « fai­saient référence à CNN comme « Com­mu­nist News Net­work », un com­porte­ment que l’on sait et que le jour­nal sait minori­taire, ce qui n’est pas le cas des accu­sa­tions de racisme sys­témique à l’encontre de toute per­son­ne n’appartenant pas à l’une ou l’autre minorité, raciale ou de genre, en par­ti­c­uli­er dans les pages du New York Times. Et sur CNN, juste­ment.

Le New York Times est entré dans une péri­ode élec­torale où, comme à son habi­tude, il n’est plus un jour­nal mais un organe de pro­pa­gande par­ti­san en faveur du par­ti démoc­rate et de son can­di­dat aux prochaines prési­den­tielles, ce qu’il est déjà habituelle­ment mais de façon tout de même moins ouverte. Il n’y a ici plus de jour­nal­isme, sim­ple­ment un arti­cle qui exsude de détes­ta­tion à l’égard de Trump, au point de l’accuser de « tor­dre la réal­ité », ce qui est fort de café de la part du New York Times, et surtout de met­tre le pays en dan­ger, de par son atti­tude face au coronavirus.
A aucun moment le quo­ti­di­en n’interroge sa pro­pre idéolo­gie, la mon­di­al­i­sa­tion à tout prix, une idéolo­gie dont il est et a été dès son développe­ment forcené l’un des prin­ci­paux pro­mo­teurs, une idéolo­gie qui a con­duit à la fab­ri­ca­tion d’un monde où la cir­cu­la­tion de tous les virus est en effet folle­ment favorisée. Le New York Times mon­tre du doigt mais n’interroge jamais ses pro­pres responsabilités.

Voir égale­ment notre arti­cle sur le New-York Times et l’auto-censure, ain­si que celui sur la démis­sion du respon­s­able de sa page idées.

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